Serbie : Roadtrip au cœur des Balkans avec A l’Arash Crew…

Une fois n’est pas coutume, découvrir la richesse des origines des différents membres de mon groupe de danse constitue un extraordinaire motif de voyage et de découvertes. Après, la Martinique, le Cambodge, l’Algérie et la Côte d’Ivoire, il nous paraissait excitant de partir en vacances en Serbie en famille ! En effet, l’un d’entre nous arborait depuis des années son drapeau serbe à la moindre occasion, fier de ses origines slaves et rrom ! On s’imagine déjà dans le jardin de la maison familiale de Tomi en dansant autour d’un feu avec ses oncles qui se curent les dents avec leur couteau ! L’idée est lancée avec les membres du groupe et on monte un programme de choix avec à la clé un projet de clip réalisé avec un drone dans plusieurs spots de choix à découvrir ici :

La Serbie constitue le plus important pays de l’ex-Yougoslavie tant en terme de superficie que de population. C’est un pays à l’histoire riche, extraordinaire carrefour de culture entre l’Occident et l’Orient, les peuples slaves, autrichiens et méditerranéens. La Serbie souffre aussi d’une réputation extrêmement sulfureuse à l’instar de son voisin rival l’Albanie. La mafia, les hooligans mais aussi et surtout les stigmates de la guerre qui fit rage dans les années 90 restent encore bien palpables dans les esprits serbes et l’opinion internationale. Mais on aime dépasser les clichés et on embarque donc pour Belgrade !

Belgrade

Il fait chaud, il fait beau. On rejoint Niko, un autre pote serbe en vacances au pays. Il connait bien sa ville natale et on lui demande de nous la faire découvrir. La capitale serbe est étendue mais ne manque pas d’intérêt ! Notre appartement est situé à côté du Konak (résidence) de la princesse Ljubica qui mérite le détour. C’est un bâtiment à l’architecture métissée entre Orient et Occident merveilleusement conservé. On poursuit vers l’imposante forteresse de Belgrade qui domine la ville et le confluent stratégique du Danube et de la Sava. C’est un passage obligé dans la ville et on y croise de nombreux touristes et locaux qui viennent profiter du panorama et des espaces verts ombragés.

On file ensuite boire un café serbe traditionnel dans le plus vieux kafic de la ville accompagné d’un petit verre de rakija (eau de vie des Balkans). Il est situé à deux pas de la Cathédrale Saint-Michel aux intérieurs richement décorés.

Nikola nous balade dans les rues de la ville et l’ambiance y est bonne. On visite ensuite la très minérale Mosquée Bajrakli, plus ancienne mosquée de la ville encore en activité construite à l’époque ottomane. Puis l’Eglise Saint-Marc à l’architecture serbo-byzantine. Les plafonds y sont très hauts, le marbre omniprésent, les icônes majestueuses et le lustre surdimensionné ! Petit coup de cœur pour l’ambiance qui s’y dégage.

Petit arrêt à la boutique officielle du club de foot Etoile Rouge de Belgrade, passage obligé pour moi qui suit fan de l’Olympique de Marseille depuis mon adolescence ! Maillot en poche, on continue vers LE TEMPLE de Belgrade, l’Eglise Saint-Sava ! C’est un des emblèmes de la ville. C’est aussi la deuxième plus grande église orthodoxe au monde qui dispose de la plus grande mosaïque du monde en coupole (devant Sainte-Sophie à Istanbul) ! Les extérieurs sont finalisés mais l’intérieur reste encore largement en travaux. Au-delà de ces dimensions impressionnantes, la véritable surprise se situe en descendant dans la crypte de Saint-Sava. On y prend littéralement une claque ! Colonnades dorées à l’or fin, superbes fresques et icônes. Les chants traditionnels orthodoxes viendront compléter la magie du moment…

En rentrant à l’appartement, on passera devant les bâtiments de l’Etat-Major des forces armées de Serbie et Montenegro qui ont été bombardés en 1999 par l’ONU. Ca glace le sang et nous replonge dans l’ambiance de l’époque. Ces bâtiments n’ont pas été rasés et constituent un mémorial de cette douloureuse histoire de l’Ex-Yougoslavie, symbole avec lequel on ne plaisante pas à Belgrade. 

Place à la détente à Ada Ciganlija à quelques encablures du centre historique. Il s’agit en fait d’une île située sur le fleuve Sava aménagée en zone de loisirs et lieu de baignade qui attire chaque jour 100 000 visiteurs en été. Une baignade bien méritée après toutes ces pérégrinations. 

Portes de Fer du Danube et Parc National du Derdap

Après cette introduction serbe à Belgrade, on décide de s’enfoncer dans les terres, direction le Danube ! C’est en fait, le deuxième fleuve d’Europe après la Volga et il marque notamment la frontière entre Serbie et Roumanie mais également deux massifs  montagneux, les Balkans et les Carpates.

Les Portes de Fer du Danube constituent sans conteste la plus imposante section du fleuve. Le Canyon de Kazan, où le cours d’eau se rétrécit considérablement, présentent des falaises de plus de 300 mètres de haut et un panorama à couper le souffle. Il est situé au cœur du Parc National du Derdap qui proposent de nombreux sentiers de randonnée et de superbes observatoires. On profitera de l’un d’entre eux pour notre clip avant de se préparer pour un shooting improvisé dans ce lieu magique !

Nis

On file ensuite vers le Sud pour une pause à Nis. On sent que l’Orient commence à pointer le bout de son nez. Une petite balade dans la ville nous mène à la forteresse ottomane de Nis qui développe plus de 2 kilomètres de remparts de 8 mètres de haut et 3 mètres d’épaisseur. C’est l’une des mieux conservées des Balkans. Elle renferme un beau parc arboré et une ancienne mosquée. Un festival de Jazz s’y déroule également en été.

La ville abrite aussi un lieu de mémoire important pour les Serbes. Il s’agit de la Tour des Crânes, Cele Kula en serbe. Il rappelle le premier soulèvement serbe contre les Ottomans. La Tour a été érigée en 1809 par le grand vizir après la bataille du Mont Cegar, marquant la défaite serbe et signe fort d’avertissement contre les velléités d’autonomie. Une ambiance particulière se dégage du site qui compte de très nombreux crânes serbes accrochés à cette tour. Le Vizir en aurait incorporé plus de 900 !

Devil’s Town

On poursuit vers le Sud à 6 kilomètres du Kosovo, à proximité de Kursumlija. Une curiosité naturelle nous y attend : Devil’s Town ou Djavolja Varos en serbe. Au cœur  des Monts Radan à plus de 1 400 mètres d’altitude, se déploient plus de 200 cheminées naturelles pétrifiées façonnées par l’érosion. L’eau qui s’y écoule se caractérise par un très fort taux d’acidité expliquant en partie ces étranges formations. Le décor est spectaculaire !

Les méandres de l’Uvac

Petite escale à Novi Pazar, certainement la plus orientale des villes de Serbie. Il y flotte comme un air de Turquie. Ce n’est pas la plus belle ville que nous ayons découvert dans ce pays mais on a beaucoup apprécié l’ambiance et la nourriture !

Après cette petite pause exotique et une fois requinqués, on s’enfonce plus dans les terres en direction de la Réserve naturelle de l’Uvac. L’Uvac est un cours d’eau qui présente des paysages tout à fait uniques marqués par de majestueuses méandres sur un petit territoire protégé depuis la fin des années 80. Le coin est bucolique et encore assez sauvage. Des ours, loups et de très nombreux vautours y ont élu domicile. Il s’agit probablement du spot le plus impressionnant qu’il nous ait été donné de voir en Serbie avec les Portes de Fer du Danube !

Kustendorf

On décide de partir à l’assaut des montagnes de l’Ouest du pays vers Mokra GoraLe plus grand cinéaste contemporain serbe, le talentueux Emir Kusturica, adore ce coin et y a fait construire les décors de son film « La vie est un miracle ». Il s’agit en fait d’un véritable village traditionnel nichée sur une colline avec une église, un restaurant, des boutiques, des maisons et une école de cinéma… 

Monastère de Zica

Dernière étape pour le crew avant notre retour vers Belgrade. La Serbie c’est aussi le pays des monastères orthodoxes ! Ils sont nombreux et assez différents et marquent la ferveur religieuse de ses habitants. L’un des plus beau d’entre eux se situe à Zica. Il a été fondé vers l’an 1 200 et constitue l’un des monastères les plus importants du pays. De très anciennes fresques y sont encore visibles. Il est peint de couleur rouge vif à l’instar des monastères du Mont Athos.

Au-delà des clichés, cette expérience serbe en famille avec mon groupe a vraiment été un plaisir. J’adore les Balkans, je suis tombé sous le charme de la Croatie avec sa merveilleuse Dalmatie, de la Bosnie-Herzégovine avec son charme oriental, du Monténégro avec son fjord spectaculaire. Mais je dois dire que pour la Serbie, c’est du peuple dont je suis tombé sous le charme ! Nous avons fait de superbes rencontres et contrairement à ce que veulent bien nous faire croire les médias, les Serbes ne sont pas des barbares sans cœur (hooligans haineux, mafiosi dangereux et anciens soldats aux lourds faits d’armes) mais des gens sympas et simples. Encore une fois, il y a les stratégies politiques et la réalité des habitants du pays et je dois dire qu’encore une fois, les clichés ont la vie dure lorsqu’on voyage… Espérons que la paix durable s’installera un jour dans les Balkans.

Norvège, sur les traces des Vikings…

Trolltunga-91

La Norvège est sans hésitation le pays scandinave le plus mystérieux et attirant à mes yeux ! Quand j’étais plus jeune, mon père avait fait quelques recherches sur nos origines et il s’avère que nous avons des origines scandinaves lointaines. Une simple recherche de la signification de mon patronyme m’avait rendu à l’évidence de nos origines norvégiennes et donc par conséquent viking par nos aïeux, Lett signifiant « léger » en norvégien. Il n’en fallait pas plus pour faire rêver un gamin : un peuple de marin conquérant et puissant, les fameux Vikings, des paysages à couper le souffle avec les fjords monumentaux et le saumon dont je raffole depuis mon plus jeune âge ! Je m’étais donc promis de fouler cette terre un jour. J’ai donc décidé d’y amener ma sœur pour écumer ce beau pays et rendre hommage à notre père parti dix ans plus tôt

Bergen

Première découverte sous un grand soleil de la ville de Bergen, deuxième du pays. L’ambiance y est décontractée. On rejoint le port en passant par un magnifique parc. Puis nous tombons sur le célèbre marché aux poissons qui se tient depuis le 11ème siècle. Le saumon et les produits de la mer y sont rois ! Rien à voir avec le saumon que nous trouvons en France, il est juste succulent ! Non loin de là, on arrive sur le vieux quartier médiéval de Bryggen. Les terrasses sont bondées. On se faufile dans les ruelles étroites intégralement construites en bois. Ce quartier typique est classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. C’est très impressionnant. Puis on poursuit en direction du Floybanen, un funiculaire qui amène sur un promontoire offrant une vue spectaculaire sur la ville et le fjord ! Le décor est planté ! On récupère notre voiture de location pour filer vers Odda, d’où nous ferons une randonnée inoubliable. Les routes sont splendides et les cascades nombreuses. On kiffe !

Trolltunga, la langue du troll

Après une courte nuit, on décide de partir tôt à l’assaut du spot le plus dingue de toute la Scandinavie, la fameuse Trolltunga ou langue du Troll en français. En préparant le voyage, j’ai découvert ce site hors du commun et eu envie de gravir les 1 000 mètres de dénivelé positif et quelques 28 kilomètres aller-retour ! Un défi de taille que nous avons accompli avec ma sister. Pas peu fiers d’ailleurs. On décolle à 6 heures du matin de l’appart pour rejoindre le parking en contrebas. Au début, nous pensions être seuls au monde sur la route, puis surprise en arrivant il n’y a déjà plus que quelques places sur le second parking en contrebas (2 kilomètres de montées sans intérêt sur un chemin goudronné avec un bon dénivelé pour se mettre en jambe avant le début de la rando). Let’s go !

Mais avant cela, nous nous délestons de 50€ pour les frais de stationnement journalier, ça pique ! On constatera d’ailleurs que nous n’avons pour ainsi dire aucun pouvoir d’achat dans ce pays. Un pauvre menu McDo coûte 15€, deux sacs de courses chez Lidl plus de 50€…

Les paysages sont majestueux, vastes, un vrai sentiment de liberté. Et le soleil est toujours là. On pensait avoir froid mais finalement il fera plus de 27 degrés toute la journée ! Incroyable ici, cela ne se produit quasiment jamais dans cet endroit où il pleut sans cesse… On passe par des paysages d’alpages, puis des pierriers, enfin les premiers fjords se dessinent devant nous. On verra de la neige, de l’herbe extrêmement verte, des petites cascades avec une eau incroyablement pure. Aucun besoin d’acheter de l’eau, il suffit de remplir sa gourde. Et enfin après une marche longue et harassante, on y arrive. C’est époustouflant, le site est dingue. On fait une pause en appréciant le paysage. Puis on fait la queue comme les dizaines de personnes devant nous, et oui c’est un spot connu, la patience est de mise mais ça en vaut la peine ! Incroyable.

Stavanger

Encore une superbe route, encore de belles cascades et toujours le soleil ! On arrive bientôt à Stavanger bien fatigués il faut le dire. La randonnée de la veille nous a littéralement achevé. On arrive donc à l’hôtel et on baisse le rythme. Petite pause méritée avant d’embarquer sur un bateau pour une virée dans le Lysefjord en direction du Preikestolen (chaire du prêtre), une imposante falaise culminant à 604 mètres de hauteurs qui offre également une superbe vue sur les alentours. On ne la verra que d’en bas, une nouvelle grosse randonnée ça va pas être possible tout de suite !

Stavanger est une plus petite bourgade que Bergen mais l’ambiance est très sympa, surtout en cette période de coupe du monde. Le vieux centre est très mignon avec ces belles petites maisonnettes en bois peintes en blanc et bien fleuries. On ira également faire un petit saut aux Epées sur les rochers, un monument qui commémore une célèbre bataille entre trois rois vikings.

Oslo

Dernière étape scandinave à Oslo, capitale du pays. On s’empare du pass musée et deux d’entre eux retiennent particulièrement notre attention : l’écomusée norvégien et le musée des navires vikings. Le premier met en scène l’héritage culturel du pays et ses habitats typiques. On sera impressionnés par les belles bâtisses en bois dont certaines présentent des toits végétaux et des sculptures assez travaillées. Mais le clou du spectacle reste la Stavkirke (église en bois debout) viking datant de plus de 500 ans et remontée au sein du parc. Elle est ultra impressionnante. Elle dégage vraiment quelque chose. Bluffant de finesse pour un peuple qui me semblait si barbare. La chaire est ornée d’une superbe peinture et j’avoue que j’ignorais que ses bâtisseurs maîtrisaient cet art… Le musée des navires vikings lui aussi dégage quelque chose de particulier. On découvre ces immenses navires dans un état de conservation remarquable malgré le poids des âges et on imagine ces vaillants guerriers parcourir une bonne partie des mers du globe pour partir à la conquête de nouvelles contrées. Encore de belles prouesses avec rien ou si peu !

Et voilà, ce séjour de 5 jours a été très rapide mais à la limite, tant mieux pour nos porte-monnaies ! Quelle chance d’avoir eu le soleil avec nous pendant tout le roadtrip, on se sent privilégiés ! Les grands espaces norvégiens sont une merveille et ces marins conquérants ont laissé des traces visibles et éloquentes. Ça donne envie de revenir et pourquoi pas monter encore plus vers le Nord pour les aurores boréales… Mais un des souvenirs les plus marquant restera quand même le soleil de minuit. Se balader dans la ville et voir la nuit tomber vers 23h sans jamais tomber dans l’obscurité totale, ça fait quand même bizarre !

Russie / Ukraine : De la Place Rouge au Khanat de Crimée…

La Crimée, cette contrée m’intrigue depuis ma tendre enfance. Je me souviens du jour où l‘équipe de Sylvain Augier présentait la destination comme la Côte d’Azur des Russes dans son émission « Faut pas rêve! » Mais la Crimée c’est aussi Sébastopol et l’offensive de Napoléon, Yalta et les fameux accords décisifs de la Seconde Guerre Mondiale, ou plus récemment l’annexion russe cristallisant les tensions entre Europe et Russie. Cet article ne sera pas consacré à ces événements mais bien aux richesses de ce territoire si peu connu des Européens de l’Ouest.

La Crimée, qui signifie « ma colline » en tatar, est une péninsule russo-ukrainienne qui s’invite dans la Mer Noire. Elle est bercée par des influences antiques Grecques, Romaines, Scythes, Mongoles, Génoises, Arménienne, Ottomanes puis Russes. 

Les monts de Crimée sur la côte Sud-Est sont assez élevées (1 500 mètres d’altitude), et se jettent dans la Mer Noire en dessinant des plateaux intérieurs de 500 mètres d’altitude. Le climat méditerranéen en fait une destination balnéaire de choix.

Moscou

Les vols directs vers Simferopol et la Crimée n’existent pas, on en profite donc d’une escale de deux jours pour découvrir la Capitale russe et nous ne le regretterons pas !

Nous sommes littéralement tombés sous le charme de cette ville grouillante qui compte plus de 12 millions d’habitants. Evidemment en deux jours nous devons faire des choix. Le temps est au beau fixe et notre première découverte sera la majestueuse Cathédrale du Christ Sauveur toute blanche et coiffée de dômes dorés dominant le fleuve Moskova. On profitera d’une soirée sympathique en terrasse sur l’île Bolotny à deux pas de là !

Kremlin

Le lendemain on se dirige vers la vaste Place Rouge, symbole de la Russie où se déroulent les grandioses défilés militaires. La Place envahie de badauds jouxte le Kremlin et ses remparts imprenables, la surréaliste Cathédrale Basile-le-bienheureux et ses dômes colorés, le Musée historique d’Etat couleur écarlate et le Mausolée de Lénine. Le décor est planté. L’excitation monte, on y est !

En fait, contrairement à ma maigre connaissance sur le sujet, le Kremlin n’est pas que le siège politique du pays. Il s’agit d’une forteresse qui englobe de nombreux bâtiments, palais, tours et lieux sacrés. La Place des Cathédrales est sans comparaison possible. Sur la même Place, il suffit de tourner sur soi-même pour admirer 3 Cathédrales, 2 églises, 3 Palais et un clocher ! Et les intérieurs sont encore plus impressionnants flanqués d’icônes dorées à l’or fin. Quel faste !

Eglise Basile le Bienheureux

La Basilique surmontée de clochers qui ressemblent à des cup-cakes bariolés est le symbole de Moscou et il mérite amplement une visite, contrairement à ce que nous avons pu lire avant de venir. La légende veut que les architectes qui ont conçu l’édifice se firent crever les yeux sur ordre du tsar pour les empêcher de reproduire cette architecture si extraordinaire. L’intérieur est un dédale de méandres et passages qui mènent à des petites salles de prières richement décorées. On aura l’occasion d’assister à un concert de chants orthodoxes particulièrement prenant dans ce cadre enchanteur.

On quitte le Kremlin pour faire un saut express au fameux Goum, le plus luxueux centre commercial de Russie. Puis on prend de la hauteur en allant se balader du côté de l’Université que nous rejoindrons en métro. La vue sur la ville y est somptueuse entre centre historique et quartier des affaires plus moderne. La longue avenue qui longe le promontoire est également le spot des bikers et autres fous du volant qui n’hésitent pas à faire rugir leur moteur, crisser leurs pneus et se défier pour devenir le boss des lieux. Les bâtiments universitaires sont monumentaux et reflètent l’architecture stalinienne.

Bye bye Moscou ! Et en route pour la Crimée !

Yevpatoria

Ca y est nous y sommes. On touche le sol de Crimée.

Après avoir récupéré notre voiture de location, on se dirige vers Yevpatoria, appelée aussi Eupatoria.

Cette ville a attisé ma curiosité en préparant le voyage car elle est est surnommée « Little Jerusalem ». Elle concentre dans un mouchoir de poche une mosquée, une cathédrale orthodoxe, une église arménienne, une synagogue, une kenassa (édifice sacré karaïte) et une tekie soufie (édifice sacré des derviches). On en profite pour se reposer et profiter du bord de mer car le voyage nous a épuisé !

Je suis conquis ! Mention spéciale pour l’église orthodoxe et son intérieur multicolore incroyable ! On prendra un repas tatar dans un restaurant traditionnel qui nous apporte ce petit cachet exotique et oriental que nous étions venus chercher ! L’endroit est splendide.

Bakhchisaray

On poursuit notre périple vers la Capitale du Khanat de Crimée : Bakhchisaray (mot compte triple). La ville se situe à l’entrée d’une petite vallée encaissée. Nous logerons dans un bel hôtel traditionnel bien tenu offrant une vue de choix sur la ville et le Palais. L’appel à la prière du soir sera un moment particulièrement agréable et dépaysant.

Palais du Khan de Crimée

Le Hansaray, ou Palais du Khan a été construit au 16ème siècle dans le style tatar. Aujourd’hui musée, il était alors la résidence principale des Khans de Crimée.

Les Tatars de Crimée sont en fait issu de différents peuples de la steppe venus se réfugier dans les montagnes de Crimée au 15ème siècle pour fuir les invasions mongoles. Ils embrassent l’islam sunnite et forment le khanat de Crimée qui sera allié de l’Empire ottoman et prospérera jusqu’à son déclin face au pouvoir de l’Empire russe fin 18ème.

A l’intérieur des murailles du Palais se trouvent une mosquée, un harem, un cimetière, de somptueux salons d’apparat, des jardins et une tour de fauconnier. Les lieux sont célèbres en Europe de l’Est car ils constituent un véritable coup de cœur pour l’impératrice Catherine II. Un célèbre poème de Pouchkine rappelle également le destin tragique de la femme polonaise du Khan Qirim Giray, issue de son harem et partie trop tôt. Le Khan, jugé particulièrement cruel, fit construire une fontaine en hommage à sa défunte femme symbolisant les larmes éternelles qu’il verserait pour elle.

Monastère orthodoxe Ouspenski

On poursuit notre balade en plein cagnard en direction du Monastère Ouspenski. On passe d’abord devant l’ancienne Madrasa de Bakhchisaray bien mise en valeur et totalement déserte. Les parois rocheuses qui enserrent la vallée se font de plus en plus massives. Ça commence à grimper. Ça y est on y est, le monastère est particulièrement impressionnant, avec son église adossée à la roche et ses icônes peintes à même la falaise à une cinquantaine de mètres de hauteur.

Le monastère fut fondé au 8ème siècle et abrite une célèbre fontaine à la Vierge Marie. La tradition de tolérance des Tatars a permis aux populations chrétiennes de rester dans la vallée près du monastère.

On se promènera sur la falaise qui fait face au Monastère pour obtenir un cliché qui rende véritablement compte de cet effet majestueux du monastère troglodyte ne faisant qu’un avec la roche. Les hautes herbes nous réserverons de belles surprises car un serpent brun de belle taille, surpris par mes pas, tentera de me mordre avant de prendre la fuite ! Pfiou !

Forteresse karaïte de Chufut Kale

Le chemin vers l’ancienne cité troglodyte est escarpé et le soleil est toujours de la partie ! Enfin, derrière les arbres, les falaises apparaissent et on distingue des cavités creusées dans la roche. Cette ville est très ancienne et était placée sur une ancienne route commerciale où les roues des chariots ont laissés des traces impressionnantes !

A l’époque du Khanat de Crimée, la ville a été baptisée Chufut Kale, littéralement forteresse juive. Les karaïtes, qui pratiquent une forme particulière du judaïsme basés uniquement sur les écrits, s’y établirent dès le 15ème siècle. Ils constituaient une communauté bien représentée en Crimée.

La cité, particulièrement étendue, compte plusieurs dizaines de pièces creusées à même la roche. Chufut Kale compte également une mosquée, un mausolée, deux kanessas, deux fermes et une pièce troglodyte de belle dimension où était frappée la monnaie. Elle domine un canyon exposé au vents. La vue est imprenable !