L’Égypte, d’Abu Simbel au Mont Sinaï…

L’Égypte, voilà une destination mythique que je souhaitais découvrir depuis bien longtemps. Gamin, comme beaucoup, je me suis passionné pour cette incroyable civilisation. Je me vois encore crayonner des scènes de vie de l’Égypte antique en dévorant en même temps un excellent reportage sur Arte consacré à la malédiction de Toutankhamon, qui m’a profondément marqué.

L’Égypte antique nous renvoie à ses croyances polythéistes et à ses innombrables Dieux aux têtes d’animaux plus ou moins effrayantes, à son extraordinaire système d’écriture hiéroglyphique, à ses pyramides, à son Sphinx et ses temples aux colonnades majestueuses et bien sûr au Nil, source de vie sans lequel rien n’aurait été possible.

Véritable trait d’union entre l’Afrique et le Moyen-Orient, l’Égypte est principalement située en Afrique du Nord mais compte également une partie de son territoire sur le continent asiatique avec la péninsule du Sinaï. Bordée par la Libye à l’Ouest, le Soudan au Sud, Israël et Gaza au Nord-Ouest, l’Égypte est également ouverte sur la Mer Méditerranée au Nord et la Mer Rouge à l’Ouest. Troisième pays africain le plus peuplé derrière le Nigeria et l’Éthiopie, elle compte près de 110 Millions d’habitants, dont 20 millions dans la seule agglomération du Caire.

Sur le plan touristique, les croisières sur le Nil constituent le moyen le plus courant de découvrir l’héritage culturel égyptien, notamment entre Assouan et Louxor. L’Égypte dispose également de stations balnéaires qui se déploient sur la côte méditerranéenne et la côte de la Mer Rouge. Cette dernière est particulièrement prisée pour son eau chaude et claire et la richesse de ses fonds marins qui en font des spots de plongée réputés dans le Monde entier.

Pour ce nouveau voyage en famille, j’avais envie de combiner découvertes culturelles et repos sur les bords de la Mer Rouge. J’ai ainsi eu la chance d’échanger à plusieurs reprises avec une amie incollable sur le pays, qui y a travaillé en tant qu’agent réceptif pour un Tour Opérateur pendant près de 10 ans. Elle m’a également transmis les coordonnées d’amis guides égyptologues francophones avec qui j’ai pu finaliser le programme et je dois dire que ce séjour a été à la hauteur de nos espérances ! Yohana nous a ainsi permis de découvrir le meilleur de l’Égypte en famille !

Le Caire

Après un voyage aller compliqué suite à une correspondance ratée à Istanbul, nous arrivons un peu fatigués au Caire. Malgré tout, nous sommes heureux de fouler enfin la terre des mythiques Pharaons ! Yohana et son équipe nous accueillent à l’aéroport et après avoir posé nos bagages dans notre confortable résidence, nous nous rendons dans le centre du Caire pour visiter le Musée égyptien.

Musée égyptien

Le Grand Musée égyptien, nouveau complexe muséal monumental dont la première pierre a été posée en 2002 et situé au pied des Pyramides, est en partie ouvert mais nous préférons nous contenter du Musée égyptien du Caire.

Ouvert en 1902, son premier conservateur ne fut autre que l’illustre Mariette. Découvreur de sites archéologiques majeurs en Égypte, il était également farouchement opposé à l’éparpillement des collections antiques à travers la planète. Il est aujourd’hui enterré à proximité directe du Musée.

Une fois les tickets pris et les contrôles effectués, nous pénétrons dans l’imposante bâtisse et découvrons les premiers trésors exposés. Ça y est, nous y sommes, l’Égypte ancienne s’ouvre à nous ! Nous suivons Yohana au pas et nous délectons de ses explications.

Le musée est dans son jus, ce qui lui confère un certain charme. Plus de 160 000 objets y sont exposés. Statues, reliefs sculptés, sarcophages, mobilier funéraire et objets en tout genre s’enchaînent et nous offre une première immersion pleine de promesses. La pièce maîtresse du Musée égyptien du Caire reste le trésor de Toutankhamon.

Quartier Copte

Après cette mise en bouche engageante, nous partons à la découverte d’une autre facette de l’Égypte. Si Le Caire est un centre islamique important et reconnu, l’Église chrétienne n’est pas en reste avec les Coptes, souvent considérés comme les descendants directs des Égyptiens anciens.

Ils représentent aujourd’hui plus ou moins 15% de la population totale du pays, ce qui est tout à fait exceptionnel en Afrique du Nord dont la population est très majoritairement musulmane. Ce métissage religieux nous rappelle que nous sommes également proche du Moyen-Orient, où les minorités chrétiennes sont très présentes.

Le quartier copte se situe en plein cœur du Vieux Caire. Établies autour de la Forteresse de Babylone, le quartier compte de nombreuses églises orthodoxes coptes :

  • Église Sainte-Barbe : il s’agit de l’un des plus vieux bâtiments du Caire érigé au 4ème siècle et largement remanié qui présente une architecture copte typique. Le style est hybride mêlant les héritages pharaonique, gréco-romain, byzantin et islamique : un plan basilical à trois nefs, sobre de l’extérieur, construite en briques crues, présentant des décors en bois sculpté et un plafond vouté en berceau rappelant la coque d’un bateau.
  • Église Saint-Serge et Saint-Bacchus : selon la tradition, Jésus, Marie et Joseph y auraient trouvé refuge lors de la fuite en Égypte. L’église présente donc une importance majeure pour le Monde chrétien et notamment la crypte située à 10 mètres de profondeur où la Sainte Famille se serait reposée. De nombreux patriarches de l’Église copte y ont été élus.
  • Synagogue Ben Ezra : plus ancienne synagogue d’Égypte, la légende rapporte que c’est à cet endroit que la fille du Pharaon aurait recueilli Moïse dans son panier et qu’il aurait grandi dans ces mêmes lieux.
  • Église suspendue, Al Mu’allaqah : Plus récente que les deux églises précédentes, elle n’en est pas moins importante et fut également siège du Patriarcat copte. Elle doit son qualificatif « suspendue » à sa construction réalisée au-dessus de la Porte Sud de la forteresse de Babylone. On y accède par un escalier imposant totalisant une trentaine de marches. L’intérieur est richement décoré et contient de nombreux éléments en bois sculpté et plus d’une centaine d’icônes byzantines et coptes du 18ème siècle.

Quelle extraordinaire visite, le quartier copte est pour moi une véritable pépite chargée d’Histoire qu’il ne faut surtout pas sous-estimer au Pays des Pharaons !

Citadelle de Saladin

Érigée sur les hauteurs de la colline de Mukatam au 12ème siècle sur ordre du Sultan Saladin pour se protéger d’éventuelles attaques des Croisés, la citadelle a abrité le siège du gouvernement pendant plus de 700 ans. Ses fortifications étaient bien plus vastes qu’aujourd’hui et englobaient les quartiers du Caire islamique (Al-Qahira) et du Vieux Caire (Fustat).

Le site comporte deux mosquées qui méritent amplement la visite : la Mosquée de Méhémet Ali et la Mosquée Al-Nasir.

La première fut construite au 19ème siècle et s’inspire considérablement du style ottoman et notamment des plans de la Mosquée Bleue d’Istanbul. Elle domine l’ensemble de la citadelle et est également connue sous le nom de Mosquée d’albâtre en raison de l’utilisation de ce minéral pour la construction de ses murs extérieurs. La série de colonnades qui borde la cour intérieure lui confère un caractère aérien et met en valeur la fontaine à ablution, typiquement ottomane, richement décorée et sculptée. L’autre point d’attraction est sans nul doute, l’imposante Horloge offerte aux Égyptiens par Louis-Philippe en remerciements pour le don de l’obélisque de Louxor installée à Paris sur la Place de la Concorde. Si les extérieurs sont magnifiques, l’intérieur est tout aussi grandiose avec de monumentaux lustres circulaires et des coupoles flamboyantes aux peintures dorées. La terrasse offre probablement l’un des plus beaux panoramas du Caire.

La Mosquée Al-Nasir, légèrement en contrebas, présente un tout autre style. Elle constitue un héritage de la dynastie mamelouk, composée d’anciens esclaves guerriers enlevés sur les terres turques et convertis à l’islam qui régnèrent en Égypte pendant plus de deux siècles. Moins fréquentée que la première, elle n’en est pas moins majestueuse avec ses murs crénelés, ses muqarnas, ses colonnades et mihrabs bariolés.

Souk Khan el-khalili

Après ces belles découvertes, Yohana nous amène prendre le pouls de la Capitale au souk Khan al-Khalili. Nous commençons par nous restaurer en dégustant quelques fétir, une spécialité locale succulente à mi-chemin entre une pizza et une brick.

Puis nous déambulons la rue Al Muizz Ldin Allah Al Fatmi reliant les Portes Bab Zuwayla au Sud et Bab Al Nasr au Nord. L’ambiance est incroyable et l’architecture mamelouk est particulièrement impressionnante en ces lieux, particulièrement autour de la Mosquée du Sultan Al Nasr.

Il y a du monde, les présentoirs des échoppes sont remplies et colorées, les commerçants attirent le chaland en engageant la discussion ou en servant leur boniment. Une très belle expérience qui se conclut par une petite visite de la Mosquée Al Hakim avec sa somptueuse cours centrale en marbre blanc !

Gizeh, le plateau des Pyramides

Après l’introduction faite au Musée égyptien du Caire, nous avons envie de ressentir l’Égypte ancienne sur le terrain. Nous prenons donc la route avec Yohana et après avoir franchi le Nil, nous apercevons rapidement depuis le boulevard principal des masses triangulaires spectaculaires situées à plusieurs kilomètres mais déjà tellement imposantes. Ça parait presque irréel, voir les Pyramides en vrai reste un rêve absolu pour de nombreux voyageurs. Une journée particulière s’annonce pour nous.

Après les contrôles de formalité, administrés de main de maître par notre guide, nous nous retrouvons face à face avec ces témoins du passé aux dimensions démesurées.

Le plateau des Pyramides est une vaste nécropole façonnée par l’homme. Elle accueille les Pyramides les plus remarquables de l’Égypte ancienne, les Pyramides de Khéops, Khéphren et Mykérinos. Classées au Patrimoine mondial de l’UNESCO, elles font partie des sept merveilles du Monde mais sont les seules à être encore sur pied de nos jours.

Les Pyramides sont en réalité de majestueux tombeaux. Atteignant près de 140 mètres de hauteur, les deux Pyramides principales de Khéops et Khéphren présentent des bases gigantesques de plus de 200 mètres de large. Elles sont composées de plus de 2 millions de blocs de pierre de plusieurs tonnes. Se retrouver au pied de ces édifices monumentaux est littéralement stupéfiant. On se demande comment l’homme a été capable de bâtir de telles constructions avec les techniques de l’époque. Il parait que nous en serions bien incapables aujourd’hui. Surtout en sachant qu’elles sont là depuis 4 500 ans !

On continue notre chemin en direction du village des artisans pour mieux admirer le panorama unique qu’offre le plateau des Pyramides. Zacharie profite alors de sa première balade à dos de dromadaire, un vrai p’tit bédouin !

Avant de partir, nous rejoignons la prestigieuse statue du Sphinx. Érigée dans l’axe de la Pyramide centrale de Khéphren, elle présente elle aussi des dimensions spectaculaires : 20 mètres de haut, 15 de large et 73 de long. Elle semble veiller sur les Pyramides sacrées.

Rien à dire, on en a vraiment pris plein les yeux, quelle expérience incroyable !

Louxor

Nous prenons l’avion en direction de Louxor pour notre deuxième étape du voyage. Situé à 700 kilomètres au Sud du Caire, la ville de Louxor est établie sur les bords du Nil. Elle accueille chaque année plus de 4 millions de touristes venus découvrir les innombrables sites archéologiques et notamment, le complexe de Karnak, le temple de Louxor et les nécropoles thébaines (vallée des Rois, vallée de Reines, vallées des nobles, vallées des artisans…), le temple de Médinet Habou, le temple d’Hatchepsout… Autant de trésors à portée de main ! On se sent l’âme d’Indiana Jones prêts à partir en expédition !

Temple de Louxor

Après un vol raté et quelques heures d’attentes en raison du surbooking, nous finissons par atterrir à Louxor, où un collègue de Yohana nous accueille. Ni une ni deux, nous filons directement visiter le Temple de Louxor pour ne pas perdre une journée entière. Et même si la fatigue se fait ressentir, notre soif de découverte nous donne des ailes.

Billets en poche, nous pénétrons au soleil couchant dans l’enceinte du Temple. Il fait encore bien chaud et les spots illuminent les pierres dorées des vestiges monumentaux encore incroyablement conservés. Le Temple de Louxor est dédié à Amon, Dieu majeur du panthéon égyptien symbolisant la puissance royale. Il fut construit par Amenhotep III et Ramsès II à l’époque pharaonique plus de 1000 ans avant J.-C., en plein cœur de l’ancienne cité de Thèbes.

Nous sommes d’abord impressionné par l’enfilade de sphinx qui bordait l’allée reliant sur trois kilomètres le Temple de Louxor au Complexe de Karnak. Quelle allée magistrale ! Ce qui nous frappe d’emblée également c’est l’entrée monumentale du Temple avec sa gigantesque façade d’une vingtaine de mètres de haut et légèrement inclinée, ses statues de Ramsès II fixant l’horizon et son obélisque orpheline. La deuxième trônant sur la Place de la Concorde à Paris.

En franchissant le portail fièrement gardé, nous sommes émerveillés par les statues et colonnades aux décors ciselés. Je ne sais pas si ma perception est juste, mais il me semble que les dimensions du temple sont bien supérieures aux temples romains que j’ai eu l’occasion de visiter. Aménagé sur plus de 230 mètres, l’équivalent de deux terrains de foot, le temple présente une succession de salles aux colonnades majestueuses, dont la plus importante, la cour à colonnes d’Amenhotep III.

Le Temple était un lieu de culte important. Chaque année, lors de la grande fête annuelle de l’Opet, la statue d’Amon voyageait de Karnak à Louxor pour la régénération du pouvoir divin et royal !

Vallée des Rois

Après cette première soirée grandiose et un bon repos à l’hôtel, nous entamons une nouvelle journée dans l’ancienne Thèbes et partons explorer la Vallée des Rois, nécropole pharaonique du Nouvel Empire. Situé dans une vallée aride et reculée, elle est dominée par un mont en forme de pyramide, protecteur de la nécropole divine culminant à 470 mètres d’altitude.

La Vallée des Rois attire beaucoup de monde et reste un incontournable lors d’un séjour en Égypte. Elle abrite une soixantaine de tombes creusées dans la roche et richement décorées mettant en scène le voyage du Roi vers l’au-delà. On est époustouflé par l’incroyable état de conservation des peintures qui affichent plus de 3000 ans ! Elle s’explique en partie par le très faible taux d’humidité dans l’air.

A peine monté sur le trône, le pharaon entreprenait la construction de son tombeau, vaisseau pour l’au-delà et garant de la conservation de sa momie pour l’éternité. On aura l’occasion de visiter les tombeaux de Ramsès III, Ramsès IV, Ramsès VI ainsi que celui de Toutankhamon.

Quelle claque visuelle ! C’est vraiment exceptionnel et parfaitement mis en valeur. Les tombeaux des Ramsès présentent de nombreux bas-reliefs polychromes aux hiéroglyphes soignés et des représentations de scènes rituelles ou astronomiques qu’on peut littéralement qualifier de chefs d’œuvres.

Le tombeau de Toutankhamon, quant à lui est bien moins important, rappelant le cours règne de ce dernier. Cependant, c’est probablement le plus célèbre de tous car il fut découvert intact, vierge de tout pillard, par hasard par une équipe d’égyptologues britanniques. Son trésor exceptionnel était composé de plus de 5 000 objets précieux enterrés aux côtés du pharaon.

Temple funéraire d’Hatchepsout

Hatchepsout marqua l’Histoire en devenant la première femme Pharaon d’Égypte. Sa période de règne coïncide d’ailleurs avec un âge d’or prospère et pacifique privilégiant les échanges commerciaux plutôt que la guerre.

Construit aux alentours de 1500 avant J.-C., le temple funéraire d‘Hatchepsout est spectaculaire. Blotti contre la montagne dans un cirque naturel imposant, le temple se caractérise par une architecture complètement différente des autres. Deux rampes d’escaliers relient trois terrasses agrémentées de colonnades gigantesques. Chaque terrasse ayant une fonction spécifique : la première terrasse est consacrée à la vie d’Hatchepsout, la deuxième relate de sa naissance et de son lien filial avec le Dieu Amon-Rê et la troisième est un véritable lieu de culte où Hatchepsout est vénérée comme une divinité.

Dédié à Hathor (déesse de l’amour et de la beauté), Amon-Rê (créateur de la vie et père des Dieux) et Anubis (gardien des morts), le temple funéraire est extraordinairement bien conservé et unique en son genre, cassant clairement avec l’architecture et la disposition spatiale des autres temples marquant la singularité d’Hatchepsout, femme Pharaon !

Vallée des Reines, des Nobles et des Artisans

On poursuit nos pérégrinations en direction de la vallée voisine, la Vallée des Reines, qui comme son nom l’indique, est la nécropole des épouses royales, filles et parfois fils des Rois. On y dénombre une centaine de tombeaux mais seuls quelques-uns sont ouverts au public, dont notamment deux fils de Ramsès III, la Reine Tyti (épouse de Ramsès IX) et la Reine Nefertari (épouse deRamsès II).

On enchaîne ensuite avec la Vallée des Nobles. Ici, à nouveau nous sommes presque seuls au monde. Ça change radicalement de la Vallée des Rois. Nous admirons le travail des équipes d’archéologues en direct en nous rendons vers les tombes les plus spectaculaires de la Vallée. Dans cette vallée, ce sont les nobles et personnalités influentes (prêtres, scribes, dignitaires…) qui sont à l’honneur dans leur dernière demeure. Nous aurons l’occasion de pénétrer dans les tombeaux de Sennufer (maire de Thèbes) qui présente de somptueux plafonds décorés de vignes généreuses et celui de Ramose (gouverneur de Thèbes) comprenant de splendides bas-reliefs, éclairé à la lumière du soleil par un guide tenant un morceau de miroir.

Nous terminons cette journée de visite par le Village des artisans. Ce village qui présente une ceinture de remparts, abritait près de 1200 personnes dont les très talentueux artisans qui ont contribué à la construction des tombeaux royaux et autres temples funéraires édifiés sur les bords du Nil. Là aussi, à l’image des familles royales et des nobles, les artisans ont fait construire quelques tombeaux somptueux. En particulier ceux de Sennedjem (peintre sous le règne de Séti I) et celui d’Anherkha (ouvrier qualifié) qui présente de magnifiques bas reliefs colorés.

Bien que l’idée même de visiter une tombe ne me plaît guère, je dois bien avouer que ces visites sont tout à fait exceptionnelles. Je crois pouvoir dire sans exagérer que c’est la première fois que je visite autant de tombes de ma vie !!!

Le Nil

Depuis notre arrivée à Louxor, nous prenons la pleine mesure de l’importance du Nil et du rôle central de ce dernier. Tout tourne finalement autour de lui. Le Nil est vie, sans lui, rien ne pousse. Nous avons pu le constater en quittant les terres fertiles à la végétation luxuriante le long des berges du Nil pour rejoindre la désertique nécropole thébaine. Nous embarquons également quotidiennement sur les bateaux-taxi pour joindre les deux rives du fleuve entre notre hôtel et le centre de Louxor. Et à chaque fois, c’est un vrai plaisir. Le débit et la largeur du Nil, ce fleuve sacré, nous impressionnent véritablement. Ses lumières dorées à l’aube et au crépuscule sont fantastiques.

Le Djorff Palace, l’hôtel dans lequel nous sommes descendus est un petit bijou. Propriété d’un architecte égyptien et géré d’une main de maître par des Britanniques, l’hôtel présente une architecture orientale typique, des matériaux et des produits locaux, c’est un petit coin de paradis et nous en profitons pleinement.

Médinet Habu

Après cette incroyable journée à parcourir les tombes royales, nous retournons le lendemain dans la nécropole de Thèbes pour visiter Médinet Habu. La localité est réputée pour abriter la Demeure des millions d’années, temple funéraire de Ramsès III. Il est considéré comme l’un des mieux préservés d’Égypte. Hors des circuits touristiques classiques malgré sa grande qualité, il est vraiment agréable de déambuler dans ce temple.

Après avoir franchi l’imposant portail de style assyrien, nous pénétrons dans une première grande cours flanquée de pylônes décorés de hiéroglyphes et bas-reliefs relatant des victoires militaires du Pharaon sur les Libyens et les Hittites.

Une seconde cours légèrement plus petite lui succède. Les bas reliefs sont magnifiques et nous sommes émerveillés par les nombreuses peintures colorés d’époque encore visibles sur une partie des murs et des plafonds.

Enfin, un nouvel espace moins bien conservé comporte plusieurs salles des colonnes, des espaces de culte et le temple du soleil dédié à Amon antérieur au Temple des Millions d’années lui-même. Le site est vraiment d’une beauté saisissante !

Colosses de Memnon

Avant de quitter la Nécropole thébaine, notre guide nous propose un rapide arrêt pour admirer les Colosses de Memnon. Ces statues colossales mesurent près de 20 mètres de haut, pèsent chacune 720 tonnes et sont sculptées en un seul bloc. Elles trônent ici depuis plus de 3400 ans et avaient pour vocation de garder l’entrée du temple funéraire d’Amenothep III, l’un des plus vaste temple de l’époque. Ces deux statues représentant le Pharaon Amenothep III étaient un signal fort à l’entrée de la Nécropole de Thèbes, marquant la puissance de ce dernier.

A l’époque grecque, elles constituaient une attraction touristique phare. Les grecs y voyaient une ressemblance frappante avec Memnon, héros légendaire de la Guerre de Troie. En plus de la démesure des statues, un étrange son se produisait chaque jour au lever du soleil. La légende de l’oracle de Memnon était née.

Complexe de Karnak

Avant un bon repas dans un restaurant traditionnel de Louxor et un plongeon rafraichissant dans la piscine de l’hôtel, nous gagnons tranquillement le Complexe de Karnak. Il fait très chaud et malgré cela le site est noir de monde, notamment de nombreux touristes venus en bus à la journée pour faire de beaux selfies. Sa visite est bien moins agréable que les autres sites antiques que nous avons parcouru jusqu’alors.

Pour autant, le complexe de Karnak reste un incontournable lors d’un séjour en Égypte. Il est ni plus ni moins le plus imposant complexe religieux d’Égypte antique. Occupant une surface de 2.5 km2, son entrée est matérialisé par un alignement de 40 sphinx à tête de bélier, qui faisaient jadis partie de l’Allée monumentale reliant le temple de Louxor à celui de Karnak.

On accède rapidement à la salle hypostyle et sa forêt de 134 colonnes, la plus importante de l’Égypte antique. Contrairement à de nombreux temples égyptiens, sa compréhension globale est moins aisée. Elle résulte des innombrables ajouts et modifications subis au fil des siècles, laissées par chaque Pharaon en place au pouvoir. Mais le résultat n’en est pas moins impressionnant. Les dimensions des colonnes et façades du temple imposent littéralement le respect. On se sent tellement petit…

Edfou

Après ces quelques jours à Louxor, nous prenons la route vers le Sud en direction d’Assouan. Les checkpoint s’enchaînent, les paysages sont verdoyants le long du Nil. Après 2h30 de route, nous arrivons à Edfou, célèbre pour son Temple d’Horus.

Contrairement à l’ensemble des sites visités depuis notre arrivée en Égypte, le Temple d’Horus a été édifié sous l’ère ptolémaïque, lorsque les Grecs ont régné sur l’Égypte en poursuivant l’œuvre des Pharaons. Ce temple dédié à Horus (dieu à la tête de faucon et maître du ciel) et Hathor (déesse de la beauté et de l’amour) est le plus vaste du pays après celui de Karnak. Il est aussi l’un des mieux préservé et nous pourrons le constater de nos propres yeux.

Du haut de ses 32 mètres, l’entrée principale est monumentale et dépeint les victoires militaires de Ptolémée devant Horus et Hathor. Le temple, majestueusement conservé, présente également une grande cour, deux grandes salles hypostyles, un sanctuaire et de nombreuses chapelles dédiées au culte de Horus et Hathor, desquelles dégage une ambiance mystique. C’est grandiose.

Kom Ombo

Nous reprenons la route pour 1h30, puis nous arrivons à Kom Ombo. La localité est célèbre pour son temple dédié à Horus (Dieu à la tête de faucon maître du ciel) et Sobek (Dieu de l’eau et de la fertilité à la tête de crocodile) magnifiquement érigé sur les bords du Nil.

Il date également de l’ère ptolémaïque et fut même finalisé par les Romains. Moins bien conservé que celui d’Edfou, il n’en est pas moins intéressant. Sa position stratégique dominant le Nil offre une vue de choix sur le fleuve nourricier. Autre particularité du temple, de par sa symétrie parfaite, la moitié du sanctuaire est dévolu à Horus et l’autre à Sobek. Quelques fresques présentent les instruments chirurgicaux utilisés à cette époque.

Assouan

Cataracte du Nil

Après ces deux étapes de choix, nous poursuivons notre route pendant 1h30 en direction d’Assouan. L’ambiance est totalement différente de Louxor et nous tombons rapidement sous le charme de la ville.
Assouan est réputée pour abriter la première cataracte sur le Nil. Il s’agit en fait de barres rocheuses qui rendent le fleuve plus sauvage et difficile à la navigation en raison des courants qu’ils génèrent mais qui magnifient aussi les paysages !

Notre petit hôtel situé sur l’île Éléphantine dispose d’une belle terrasse en roof-top offrant une vue grandiose sur les dunes de sables qui plongent dans le Nil. A leurs sommets, on distingue au premier plan le mausolée de l’Aga Khan en gré rose et les monastère de Saint Anba Hadra encore en activité et les ruines du monastère de Saint-Siméon que nous visiterons. Un panorama à couper le souffle !

Une petite balade en felouque nous permet le lendemain d’appréhender les paysages naturels du Nil au plus près du fleuve. Notre capitaine nous fait accoster sur une petite plage préservée des courants pour profiter d’une petite trempette. Après tout, ce n’est pas tous les jours qu’on se baigne dans le Nil. On s’en souviendra !

Temple de Philae

Le lendemain, notre guide vient nous chercher pour visiter la star d’Assouan, le temple de Philae. Après un trajet assez rapide en voiture, nous embarquons pour une courte croisière en direction d’une île charmante, où fut érigé à l’époque romaine un magnifique temple dédié à la Déesse Isis (déesse de l’Amour, magicienne et protectrice des femmes et des enfants). Il s’agit même du plus important temple bâti en son honneur en Égypte.

Situé à 300 mètres de son emplacement d’origine, il a été déplacé et remonté pierre par pierre lors de la construction du haut barrage d’Assouan, pour ne pas finir submergé.

Selon la légende, le Roi Osiris aurait été tué par son frère, qui aurait dispersé son corps dans tout le pays. Sa femme Isis, aurait alors récupéré l’ensemble des restes de son mari et l’aurait reconstitué puis momifié avant de se retirer avec lui pour l’éternité sur l’île de Philae. Les majestueuses parois et colonnades du temple relatent de l’histoire d’amour d’Isis et Osiris. Il est vrai qu’avec une vue panoramique sur le Nil, le temple présente beaucoup de charme.

Gharb Soheil, le village nubien

A l’arrivée au pouvoir de Nasser dans les années 1960, la construction d’un barrage aux dimensions hors normes est entreprise à Assouan. Il avait pour vocation de remplacer celui construit par les Britanniques au début du siècle, devenu trop modeste pour répondre aux nouveaux enjeux de développement du pays. Son achèvement a permis le développement des surfaces cultivables, l’accroissement de la production agricole, la maîtrise des crues du Nil mais également la production d’électricité pour la population égyptienne : une véritable aubaine.

Mais ce barrage a aussi forcé près de 100 000 Nubiens à quitter à contre cœur leurs terres ancestrales submergées par les retenues d’eau du Nil. Des villages ont alors été créés sous Nasser pour reloger et accueillir ces populations installées dans la vallée du Nil depuis des millénaires.

Le village de Gharb Soheil en est un parfait exemple, largement tourné vers le tourisme. Une escapade dans ses ruelles bigarrées permet de découvrir ce peuple attachant à l’identité forte.

Ce qui frappe d’entrée, c’est la magie des couleurs qu’ose ses habitants. Les façades des maisons présentent des décorations aux formes géométriques très colorées extrêmement agréables à l’œil. Ça tranche nettement par rapport à ce que l’Égypte nous a proposé jusque là. Les Nubiens sont très accueillants et nous parcourons le village et ses innombrables échoppes à la recherche d’artisanat et de produits locaux. Un véritable voyage dans le voyage !

Monastère Saint-Siméon

Après quelques recherches préparatoires, nous nous lançons à l’assaut du Monastère Saint-Siméon, visible depuis la terrasse de notre hôtel de l’autre côté du Nil. Il est encore assez tôt et nous partons seuls au monde. Nous ne sommes qu’à quelques centaines de mètres du fleuve mais nous avons déjà l’impression de participer à une méharée fantastique. Après 2 kilomètres à arpenter une petite route ensablée, nous atteignons le Monastère.

Fondé au 7ème siècle et bâti sur deux étages, il constitue l’un des plus grands monastères construit en Égypte. Il est entouré de remparts de 8 mètres de hauteur, érigés pour protéger les quelques 300 moines coptes en cas d’attaque bédouine. Largement ruiné, il présente malgré tout de beaux restes qui dégagent une atmosphère particulière de bout du Monde. Il est temps de reprendre la route pour rejoindre la mythique Abu Simbel !

Abu Simbel

Nous prenons la route pour l’extrême Sud de l’Égypte et le cœur de la Nubie. Après 3h30 de voyage, nous arrivons à proximité de la frontière soudanaise afin de rejoindre notre dernière étape pharaonique : les Temples d’Abu Simbel.

Croisière sur le Lac Nasser

Mais pour commencer, nous nous laissons tenter par une petite balade en bateau sur le Lac Nasser. Une belle pause fraîcheur en toute fin d’après midi alors que les rayons du soleil produisent une belle lumière dorée. On profite du moment.

Deuxième plus grand lac artificiel du monde, le Lac Nasser est né de la construction du Haut barrage d’Assouan et mesure 500 kilomètres de long et 5 à 35 kilomètres de large. Il est partagé entre l’Égypte et le Soudan. Une impression de calme et de sérénité se dégage de ces paysages si singuliers mêlant désert et eau à perte de vue. Nous découvrons finalement les fameux temples d’Abu Simbel au couchant, une belle récompense…

Temples d’Abu Simbel

Après une courte nuit, nous rejoignons aux aurores les majestueux temples d’Abu Simbel pour finir notre expédition égyptienne en beauté. Nous sommes parmi les premiers mais il y a déjà pas mal de visiteurs.

Notre guide nous présente le temple principal, temple de Ramsès II dédié aux trois principaux Dieux créateurs égyptiens, Amon, Rê et Ptah, mais également à Ramsès II lui-même déifié. Construit à partir de 1274 avant J.-C., il est creusé directement dans la roche et présente une entrée monumentale dominée par 4 statues colossales de Ramsès II de 20 mètres de hauteur. Le portail surmonté par une statue du Dieu solaire , laisse place à une grande salle hypostyle. Flanquée de 8 statues du Pharaon déifiés en Osiris, la salle recèle d’innombrables bas reliefs qui relatent de la victorieuse bataille de Kadesh où les Hittites de Syrie ont été vaincu par le grand Ramsès II. C’est vraiment splendide. En continuant, on découvre un autel partagé par quatre statues dédiées à Ptah, Amon, Rê et enfin à Ramsès II mis sur le même pied d’égalité que les Dieux créateurs.

Un second temple plus petit est consacré à la Reine Néfertari, au nord de celui de son époux Ramsès II. Le Pharaon a innové en agrémentant le temple de son épouse avec des statues de lui-même, d’elle et de leurs enfants.

Ces deux temples ont, à l’instar du temple de Philae, été déplacés pierre par pierre avant l’achèvement du Haut-barrage d’Assouan pour les sauver de la submersion. Ce chantier exceptionnel a duré 6 années.

Sinaï

Nous ne voulions pas quitter l’Égypte sans fouler la légendaire péninsule du Sinaï. Et ce, pour deux raisons, nous souhaitons découvrir l’incroyable et isolé Monastère de Sainte-Catherine, et rêvons de nous relaxer au bords de la mer avant de repartir en Europe. Notre choix se portera donc un peu par hasard sur Dahab, une petite station balnéaire au Nord de Sharm-El-Sheikh et ce fut une excellente surprise !

Dahab

Ce qui nous a fait atterrir à Dahab, c’est avant tout l’hôtel Sheikh Ali idéalement situé, proposant de belles et grandes chambres avec un petit déjeuner local et une grande piscine pour se détendre. Le top du top ! Un staff ultra sympa aux petits oignons.

La station balnéaire en elle-même est pleine de charme. Son bord de mer rocailleux est peu visible car colonisé par une multitudes de restaurants, souvent excellents, aux étales de poissons et fruits de mer comme nous n’en avions jamais vues.

Sa longue promenade parsemée de boutiques, restaurants et clubs de plongée est vraiment idéale pour faire sa petite balade digestive du soir. Nous apprécions grandement. C’est exactement ce qu’il nous fallait et je dois dire que Zacharie apprécie cette baisse de rythme.

Si les plages du centre ne sont pas franchement idéales pour y poser sa serviette, elles présentent cependant des fonds marins vraiment incroyables à proximité directe des restaurants blottis sur la petite corniche. Il suffit de louer un masque et un tubas pour en prendre plein les yeux : poisson chirurgien, poisson globe, poisson trompette, poulpe, poisson lion, labre constellé, banc de sardines, poisson papillon, poisson cocher, poisson sergent, poisson clown, girelle-paon, tylosurus, poisson ballon, ainsi que de beaux coraux et anémones. C’est vraiment magique, un vrai régal !

Après ces belles sessions snorkeling, on souhaite réaliser une plongée avec un centre agréé. On choisit le Sea Dancer DiveCenter et ce fut une superbe expérience. Déborah aura même la chance de croiser un mérou hostile et de nager avec une tortue pleine de grâce.

Monastère Sainte-Catherine

J’ai visionné un excellent reportage sur ARTE il y a une dizaine d’années présentant l’histoire du Monastère Sainte-Catherine, posé en plein cœur du légendaire Sinaï. Cette contrée aride au relief découpé est une véritable barrière naturelle entre l’Afrique et l’Asie.

Le lieu de culte y semblait à la fois tellement isolé, mais également complètement imprenable avec ses remparts colossaux. Une atmosphère mystique et lourde se dégageait du site dans les images. Ce lieu m’a fasciné et il est temps de le découvrir !

Après ces quelques jours de repos à la mer, nous nous réjouissons de repartir à l’aventure. Notre chauffeur vient nous chercher assez tôt à l’hôtel pour rejoindre le fameux monastère. Les paysages sont lunaires. On se demande comment il est possible de survivre dans un lieu aussi inhospitalier. Les checkpoints et contrôles de sécurité sont bien plus marqués qu’ailleurs en Égypte, nous rappelant la présence de groupuscules armés dans la péninsule. Après presque 2 heures de route, nous gagnons la vallée encaissée qui accueille le Monastère Sainte-Catherine.

En arrivant, nous sommes frappés par la taille des remparts, c’est une véritable forteresse ! Un gardien bédouin, héritier d’une longue tradition de protection de ce lieu saint, nous ouvre sympathiquement une porte hors d’âge avec une clé aux dimensions démesurées.

Ce monastère orthodoxe, construit au VIème siècle est l’un des plus anciens monastère au monde encore en activité. Le monastère présente également la deuxième plus importante collection d’incunables et manuscrits anciens au monde après le Vatican, ainsi que d’inestimables icônes byzantines.

Il est édifié au pied du Mont Sinaï, lieu sacré pour les trois principales religions monothéistes. Dans l’Ancien Testament, Moïse circonspect y voit brûler un buisson qui ne se consume pas. Ce petit arbuste s’adresse à lui et Moïse comprend que c’est Dieu qui lui parle. C’est l’épisode du Buisson ardent. Aujourd’hui, les restes de ce buisson sacré sont présents dans l’enceinte du Monastère et nombre de croyants viennent l’admirer. Moïse gravit ensuite le Mont Sinaï pour rencontrer Dieu et attend quarante jours et nuits, puis Dieu vient à lui et lui transmet les Tables de la Loi et le somme de libérer le peuple hébreu du joug des Pharaons.

C’est vraiment un lieu incroyable qui clôt en beauté notre séjour égyptien. Je peux dire, sans me tromper, que je n’ai jamais visité autant de temples antiques en si peu de temps ! Et malgré tout, chaque jour, c’était une nouvelle claque visuelle, nous en avons pris plein les yeux. Plusieurs milliers d’années nous séparent des Pharaons mais ils sont toujours parmi nous, ils ont gagné leur pari de longévité, ça force le respect.

L’Égypte d’hier et d’aujourd’hui, c’était un rêve depuis tout gosse pour moi et je suis heureux d’avoir eu la chance de découvrir le pays, son histoire et sa culture avec Yohana que je recommande absolument pour un séjour aux petits oignons.

Contrairement à ce que j’ai souvent entendu dans mon entourage, les Égyptiens étaient très accueillants et hormis quelques exceptions dans des lieux fortement fréquentés, les vendeurs étaient plutôt sympathiques.

L’Égypte reste une destination touristique unique avec son patrimoine antique et ses spots de plongée de classe mondiale. Un vrai coup de cœur pour nous.

Je suis aussi très fier de mon petit garçon, qui du haut de ses 3 ans, a vécu des aventures extraordinaires avec nous. Quel baroudeur il fait déjà ! Je t’aime mon fils…

Thaïlande, en famille au Royaume de Siam…

La Thaïlande, un classique sur la carte des voyageurs du Monde entier ! J’avoue que cette destination ne m’attirait pas plus que cela lorsque j’ai commencé à parcourir la planète. Je me souviens avoir fait quelques recherches sur le pays au début des années 2000 lorsque je pratiquais la boxe française. En effet, le Muay Thaï ou boxe thaïe est souvent considérée comme la reine des boxes. Le caractère traditionnel et extrêmement efficace de ce sport de combat m’inspirait.

Pour autant, les clichés liés au tourisme sexuel en Thaïlande et en particulier les bordels de Pattaya me répugnaient. Je n’ai donc pas creusé davantage. Le Viêt-Nam et le Cambodge, anciennes colonies françaises, m’attiraient bien davantage, et ce d’autant plus que quelques-uns de mes amis d’enfance en étaient originaires.

Plus récemment et après avoir pas mal vadrouillé, choisir la Thaïlande en famille me semblait assez évident pour un premier voyage en Asie avec notre fils aventurier de 2 ans.

L’ancien Royaume de Siam, colosse touristique d’Asie du Sud Est, partageant régulièrement le Top10 des nations les plus visitées au Monde, est probablement l’une des destinations les plus célèbres et réputées d’Asie. Particulièrement prisé des touristes internationaux, le pays regroupe certaines des plus belles plages de la planète, un patrimoine culturel d’exception et une cuisine de caractère à tomber par terre !

Partie intégrante de la Péninsule Indochinoise, la Thaïlande est bordée par la Birmanie à l’Ouest, le Laos et le Cambodge à l’Est et la Malaisie au Sud, elle est également ouverte sur l’Océan Indien à l’Ouest et à la Mer de Chine à l’Est.

Le pays dispose de plus de 3200 kilomètres de côtes et s’étend sur environ 800 kilomètres d’Est en Ouest et 1800 kilomètres du Nord au Sud. Il comporte trois zones bien distinctes : un territoire marqué par des hautes montagnes au Nord et à l’Ouest, avec un sommet culminant à presque 2600 mètres d’altitude ; une vaste et riche plaine centrale et un haut plateau plus aride à l’Ouest. Son climat est tropical avec des températures chaudes variant de 20°C à 35°C en moyenne.

Après avoir parcouru quelques guides de voyage, les étapes du séjour ont été assez faciles à identifier : une première découverte de la bouillonnante capitale Bangkok et de ses temples, une excursion vers l’antique cité d’Ayutthaya, quelques jours dans la fraîcheur des villes traditionnelles du Nord à Chiang Mai et Chiang Rai, et un peu de farniente dans le Sud sur la côte de Krabi et les îles de Koh Phi Phi et Koh Ya Noï. C’est parti !

Bangkok

Bangkok, capitale tentaculaire, comptabilise plus de 8 millions d’habitants. Son rythme effréné, sa population galopante et ses pics de pollution rebutent bon nombres de visiteurs qui s’enfuient rapidement dans le reste du pays. Pour autant, la Cité des Anges présente de nombreux trésors, constituant de véritables incontournables lors d’un séjour en Thaïlande.

Pendant nos quelques jours à Bangkok, nous nous sommes concentrés sur la découverte des Grands classiques : Temples Wat Pho et son Bouddha couché, Wat Arun et sa pyramide à degrés, et l’opulent Palais Royal. Une excellente entrée en matière au pays du sourire !

Wat Pho

Situé sur la rive Est du fleuve Chao Phraya, en plein cœur de Bangkok, le Wat Pho, aussi appelé Temple du Bouddha couché, est l’un des plus anciens et plus grands temples bouddhistes de la capitale.

Le complexe est vaste et se déploie sur près de 8 hectares. Il est composé de salas, pavillons servant de lieu de réunion, de méditation ou d’enseignement. Il comporte également de nombreuses stupas. Quatre d’entre elles se distinguent par leurs dimensions hors norme et représentent chacune un roi de la dynastie Chakri (Rama), qui fit de Bangkok la capitale du Royaume.

Wat Pho est considéré comme étant un centre d’enseignement bouddhique de premier plan en Thaïlande. Il comporte également une école de massage thaï et de médecine traditionnelle.

Mais le clou du spectacle reste l’entrée dans le bot, bâtiment principal du temple bouddhiste, qui abrite une statue monumentale et lumineuse recouverte de feuilles d’or. Mesurant 46 mètres de long et 15 mètres de haut, elle représente Bouddha couché, apaisé, libéré des désirs terrestres et atteignant le Nirvana.

Grand Palais

Après cette mise en bouche de choix, nous nous dirigeons vers le l’ancien Palais Royal, également appelé Grand Palais qui se situe à quelques encablures du Wat Pho. La foule est au rendez-vous mais le site est très vaste, occupant près de 30 hectares !

Le site est composé de nombreux palais, bâtiments, pavillons, cours et jardins d’époques différentes. Le Grand Palais fut construit à partir de la fin du 18ème siècle et reprend les codes de l’architecture traditionnelle thaïlandaise, mêlée à certains éléments européens.

Il accueillait autrefois la résidence du Roi mais continue à symboliser la puissance de la Monarchie thaïlandaise. Il abrite également le temple le plus sacré du Siam, le Wat Phra Kaew où trône le vénéré Bouddha d’émeraude.

Les nombreux palais et statues, richement décorés, scintillent de milles feux. Les frises et mosaïques aux styles très différents sont majestueux, sans parler des exceptionnelles fresques qui ornent les murs témoignant de la mythologie thaïlandaise. C’est un vrai régal, on en oublierait presque les hordes de touristes.

Wat Arun

Dernière étape de la journée de l’autre côté du fleuve Chrao Phraya. Après une courte traversée en bateau, nous pénétrons dans l’un des temples les plus célèbres de la capitale thaïlandaise, le Wat Arun ou temple de l’aube.

En entrant dans le temple, une vraie ambiance de sérénité se dégage. Nous sommes relativement peu nombreux et croisons quelques couples posant pour des photos en magnifiques tenues traditionnelles d’apparat. Les colonnades blanches du bot (bâtiment principal du temple), maculées de blanc et décorées de lotus rose nous émerveillent.

On poursuit en direction des prangs, ces tours en forme de pyramides à degrés, typiques de l’architecture sacrée khmère, et nous retrouvons une foule bien plus importante.

Culminant à près de 80 mètres de haut, le prang central domine fièrement les environs, et constitue en quelque sorte l’un des symboles de Bangkok.

Richement décorés, les prangs sont ornés d’une incroyable quantité d’éclats de porcelaine chinoise avoisinant les 300 000 morceaux. Telle une montagne sacrée, l’ascension raide et compliquée du prang central représente la difficulté d’atteindre les niveaux supérieurs de l’existence.

Parc Historique d’Ayutthaya

Après une superbe première journée au cœur de Bangkok à parcourir les plus belles pagodes de la capitale, nous mesurerons la grandeur du patrimoine culturel thaïlandais et décidons de remonter un peu le temps en partant à l’assaut de l’antique cité d’Ayutthaya.

Ce sera Veera, chauffeur de taxi avec lequel nous avons sympathisé la veille, qui nous amènera dans l’ancienne capitale du royaume de Siam. Située à seulement 80 kilomètres au nord de Bangkok, Ayutthaya présente un vaste parc historique classé qui recèle de très nombreuses temples et bâtiments officiels plus ou moins ruinés.

La découverte de ce lieu magique me replonge quelques années auparavant lorsque j’ai eu la chance d’arpenter les merveilleuses ruines d’Angkor qui me faisaient tant rêver. Et pour cause, l’architecture khmer se retrouve parfois dans les différents édifices que nous découvrons, témoins d’échanges entre les deux peuples.

Au cours du 14ème siècle, la montée en puissance du Royaume de Siam marqua la fin de l’Empire Khmer et la chute d’Angkor, envahie par les troupes thaï en provenance d’Ayutthaya.

La ville deviendra par la suite la capitale du Royaume de Siam pendant près de 4 siècles avant que le pouvoir ne s’établisse finalement à Bangkok.

Wat Yai Chai Mongkhon

Veera nous propose de visiter dans un premier temps le Wat Yai Chai Mongkan. Ce temple, situé légèrement en périphérie du centre historique d’Ayutthaya fut édifié au 14ème siècle pour accueillir des bonzes revenant de Ceylan (actuel Sri Lanka).

Le Wat Yai Chai Monghkan comporte un chedi (stupa) monumental qui culmine à plus de 70 mètres de haut. Il est entouré d’une lignée de Bouddhas assis. On grimpe les quelques dizaines d’escaliers permettant de rejoindre le cœur du stupa et accéder à la plateforme panoramique en transpirant à grosses gouttes. Veera nous récupère et nous profitons de la climatisation de son véhicule avant de découvrir un nouveau temple.

Wat Chai Watthanaram

Suite à une petite pause gourmande pour reprendre des forces, nous découvrons sous nos yeux ébahis, un temple d’un tout autre style : le Wat Chai Watthanaram ! Ce temple, édifié bien plus tardivement au 17ème siècle, constitue un merveilleux exemple de l’art khmer. Il aurait été construit pour célébrer la victoire du Royaume d’Ayutthaya sur l’Empire Khmer plusieurs siècles auparavant. Le Roi Prasat Thong le fit ériger en hommage à sa mère. Tout un symbole.

La visite est très agréable car le site est très vaste et offre des perspectives très intéressantes. Les prangs sont bien ciselés et la vue depuis le Chao Phraya vaut son pesant d’or. Il y règne un véritable air d’Angkor Wat. On a adoré !

Wat Phra Ram

On se balade tranquillement dans le centre historique d’Ayutthaya et on découvre un nouveau prang assez imposant. Un nouveau temple s’offre à nous. A nouveau, nous sommes surpris par la sérénité des lieux. On croisera 4 touristes en tout et pour tout. Zacharie, notre explorateur en herbe, s’éclate avec les cailloux et les branches qu’il ramasse en chemin !

Le Wat Phra Ram est plus ruiné que le temple précédant mais la magie opère avec la végétation qui est assez présente. Ce temple aurait été bâti sur les lieux de la crémation du Roi U-Thong, fondateur du Royaume d’Ayutthaya.

Wat Phra Si Sanphet

On continue notre visite de l’ancienne capitale en direction du Wat Phra Si Sanphet. Le site est à nouveau complètement différent des précédant, notamment sur le plan organisationnel avec 3 chedis en forme de bols renversés et alignés. Cette vision me ramène à mon adolescence lorsque je jouais à Street Fighter II et que j’affrontais les combattants thaï dans des décors assez similaires.

Ce temple, le plus important de l’ancienne capitale, servait de temple royal. Les 3 chedis sont majestueux et tellement imposants qu’il est difficile de les faire rentrer tous dans l’objectif de mon appareil photo. Ils renferment des reliques de trois Rois d’Ayutthaya.

Wat Mahathat

Nous commençons à être un peu fatigués et notre journée s’achève par un grand classique d’Ayutthaya, le Wat Mahathat. Ce temple est à nouveau un bel exemple d’architecture khmer. La lumière du soleil couchant nous offre un superbe spectacle en léchant les constructions aux briques orangées finement ciselées.

Là encore, nous sommes relativement tranquilles sauf à un endroit, le figuier des pagodes. Ce figuier étrangleur sacré, emblème du bouddhisme, est probablement photographié par la grande majorité des visiteurs qui viennent découvrir Ayutthaya. Il présente la particularité d’enserrer une tête de Bouddha entre ses racines et il est vrai que c’est assez spectaculaire.

Chiang Rai

Après cette première étape culturelle de choix, nous embarquons pour le Nord du Pays en direction de Chiang Rai, non loin du Triangle d’or. C’est là que nous sommes accueillis par la sympathique Nancy qui tient un charmant hôtel familial dans lequel nous séjournerons.

Nancy nous accueille et fait tout pour nous mettre à l’aise. Elle tombe rapidement sous le charme de Zacharie et ses bouclettes blondes. Nous prenons la route sans plus attendre pour visiter un premier site, le Wat Huay Pla Kang.

Wat Huay Pla Kang

Situé sur les collines qui jouxtent la ville, ce temple n’est pas le plus visité de la région mais gagne à être connu. D’architecture chinoise lanna, il se distingue par son imposante statue blanche immaculée de Guan Yin, déesse de la miséricorde bouddhiste. Divinité importante, elle a atteint l’illumination mais reste dans le monde physique pour aider le reste de l’Humanité à faire de même.

Après avoir gravi la série d’escaliers enserrée par deux dragons menaçants, nous pénétrons dans les entrailles de l’hospitalière Guan Yin et empruntons un ascenseur pour gravir les 25 étages qui nous séparent de la plateforme d’observation offrant une vue imprenable sur toute la région.

Ce temple est vraiment l’un des plus originaux que j’ai eu l’occasion de visiter. Sa couleur blanche nous éblouit sous un soleil radieux. Une belle première découverte et mention spéciale pour les superbes dragons protecteurs.

Temple Bleu – Wat Rong Suea Ten

Nous poursuivons vers le Nord de la ville en direction de l’un des grands classiques de la région, le Temple Bleu.

Le Wat Rong Suea Ten, littéralement temples des tigres dansant, rend hommage aux tigres qui peuplaient les environs au cours d’une époque lointaine. Bâti sur les berges de la rivière Kok, le Temple Bleu est l’œuvre du célèbre architecte qui a conçu l’exceptionnel Temple Blanc, incontournable à Chiang Rai.

Il se caractérise par son mélange de couleurs bleu profond et or à l’extérieur comme à l’intérieur, assez atypique pour les temples bouddhistes. Les décors peints sont très travaillés et le spectaculaire ubosot abrite un majestueux Bouddha blanc en position de lotus.

Wat Phra That Chom Sak

Sur le chemin du retour en direction de l’hôtel, nous nous arrêtons pour visiter un temple doré que nous avions repéré depuis la route. Il s’agit du Wat Phra That Chom Sak, qui n’est pas du tout sur la liste des temples visités par les touristes internationaux.

Zacharie reste avec Nancy et nous gravissons la série d’escaliers, à nouveau gardée par plusieurs dragons, dorés cette fois. Le temple est littéralement désert et nous apprécions la quiétude des lieux. Pour autant, le temple est centre spirituel important de Chiang Rai, sa stupa dorée centrale abriterait des reliques sacrées de Bouddha.

Il est temps de rentrer chez Nancy pour se détendre enfin et profiter du beau parc arboré et de l’agréable piscine ! Un bon repas traditionnel fait maison clôturera parfaitement la journée.

Baan Dam Museum

Thawan Duchanee est un célèbre peintre et plasticien thaïlandais. Né en 1939 à Chiang Rai, il jouit d’une renommée internationale. Ces thèmes de prédilection sont le bouddhisme et la psychologie. Il s’intéresse particulièrement au courant surréaliste depuis ses études en Europe, ce qui transparait dans l’ensemble de son œuvre. Il s’éteint en 2014 à l’âge de 74 ans.

La Baan Dam Museum, littéralement Musée de la Maison Noire, est un musée privé établi sur un vaste domaine qui compte de nombreuses bâtisses érigées par Duchanee. Ce qui n’était à la base que le modeste atelier du peintre s’est métamorphosé au fil des années en un chef d’œuvre architectural monumental.

Le style architectural est métissé mais présente souvent les signes de la culture Lanna très présente dans la région. Contrairement à la majorité des édifices bouddhistes, ici la couleur noire règne en maître, apportant un caractère inquiétant qui pousse le visiteur à l’interrogation ! Une visite pas comme les autres qui nous permet de découvrir l’univers si particulier de Duchanee.

Plantations de thé de Choui Fong

En route pour le célèbre triangle d’or, nous faisons une petite halte aux plantations de thé de Choui Fong. Ces plantations sont les plus grandes de Chiang Rai et parmi les plus qualitatives du pays. J’avoue cependant ne pas être renversé par les paysages car je me souviens encore de mon passage dans les Cameron Highlands en Malaisie où le relief était bien plus découpé et les points de vue sur les plantations encore plus spectaculaires.

Triangle d’or et Karen Long Neck Village

Nous poursuivons donc en direction de la triple frontière Thaïlande – Laos – Birmanie, cœur du célèbre Triangle d’or. Cette région mythique fut autrefois l’épicentre du commerce de l’opium. Cette zone, aujourd’hui pacifiée, fut pendant de nombreuses décennies particulièrement instable en proie aux trafics de drogues et aux guerres de clans rivaux.

Pour palper l’âme de ce territoire montagneux, nous rejoignons Sop Ruak, petite localité située à la confluence du Mékong et de son affluent le Ruak. Un accueillant belvédère aménagé nous permet de bien contempler les berges des trois pays frontaliers. La ligne de rencontre des eaux nous saute aux yeux avec les couleurs très différentes des deux cours d’eau.

Nous quittons Sop Ruak et partons à la rencontre des Karen Long Neck. Originaires de Mongolie, cette ethnie s’est établie en Birmanie il y a plus de 700 ans. Persécutée par les Birmans depuis plusieurs décennies, une partie de cette minorité a fait le choix d’émigrer et de se réfugier en Thaïlande. On compte ainsi plusieurs villages de Karen dans les régions montagneuses du Nord de la Thaïlande.

Nous franchissons les portes de l’un d’entre eux. Nous avons lu quelques avis avant de tenter l’expérience et je dois dire que nous aussi sommes partagés. Le village est bien aménagé et la visite agréable. On est vraiment en contact avec la population locale, mais on a un peu l’impression d’être dans un zoo humain. Ce côté voyeuriste est dérangeant. Si avec certains villageois, il y a de véritables échanges, avec beaucoup d’autres, on sent de la lassitude, de la fatigue et une espèce de mise en scène. Finalement pas sûr que la visite de ce village aide véritablement la communauté…

Pour autant, nous avons étais ébloui par les costumes colorés et très impressionnés par les femmes Karen aux long cous. Symbole de beauté ultime, elle se pare d’un collier en spiral entièrement en cuivre, souvent à partir de 5 ans qui leur permet d’allonger considérablement le cou.

Temple blanc

Pour la dernière étape de notre séjour à Chang Rai, nous nous devions de visiter l’un des plus emblématiques temples bouddhiste contemporains, le Wat Rong Khun, communément appelé Temple Blanc.

Il est l’œuvre du célèbre artiste thaïlandais Chalermchai Kositpipat, qu’il mit une dizaine d’année à construire. Entièrement blanc, il symbolise la pureté du Bouddhisme. Il est incrusté de milliers de fragments de miroir. L’entrée dans l’ubosot met le visiteur en situation : après avoir franchi une mer de mains terrifiantes provenant des ténèbres et représentant la souffrance, il passe sous une paire de défenses de pachydermes monumentales.

Même si beaucoup de représentations sont clairement contemporaines et parfois déstabilisantes par rapport aux temples bouddhistes classiques, il faut reconnaître que le site est exceptionnel et mérite vraiment le coup d’œil. Le temple est extrêmement fréquenté mais la gestion des flux est plutôt efficace. Le comportement de certains touristes étrangers nous fait cependant quand même parfois grincer des dents.

Chalermchai, en édifiant ce temple a voulu rendre hommage au Roi Rama IX décédé en 2016 et originaire de Chiang Rai. Le Wat Rong Khun continue son expansion et devrait être intégralement finalisé en 2070.

Wat Sang Kaew Phothiyan

Situé à une cinquantaine de kilomètres au Sud-Ouest de Chiang Rai, sur la route de Chiang Mai, le Wat Sang Kaew Phothiya, est un vaste temple fondé en 2006. Il présente plusieurs espaces très diversifiés : une arche d’entrée colorée monumentale, un jardin mystique et secret, un ubosot couleur vermeil aux fresques dorées d’une finesse rare, un champ de statues géantes de divinités dont la plus imposante représente Ganesha et un sanctuaire des moines vénérés dans la région.

Le Wat Sang Kaew Phothiyan est encore peu connu des touristes étrangers et lors de notre passage nous avons peut-être croisé un ou deux couples d’Européens, un monde comparé aux hordes d’instagrameurs qui se bousculaient au Temple Blanc. Nancy a visé juste avec cette visite totalement imprévue qui restera un vrai coup de cœur de notre escale sur Chiang Rai.

Chiang Mai

Annicha, amie de Nancy, prend le relais pour nous guider lors de notre étape à Chiang Mai. Nous commençons par une excursion à la journée pour découvrir la Réserve des Eléphants de Mae Taman. Nous n’en avions jamais vu de près (à part au zoo) et je dois dire que nous attendions cette journée avec impatience.

Réserve des éléphants de Mae Taman

La réserve se situe à deux heures de route, à une petite centaine de kilomètres au Nord de Chiang Mai. A notre arrivée, on se voit remettre des tickets et on nous explique le programme. Nous commençons par un spectacle qui se déroule sur un petit terrain de jeu. Les éléphants se rapprochent de nous et cherchent quelques gourmandises avant d’entrer véritablement en scène. Ils nous impressionnent en jouant au football, puis en peignant des toiles comme de vrais artistes. L’ambiance est bon enfant. Les pachydermes sont majestueux et impressionnants.

On poursuit avec une balade à dos d’éléphant d’une vingtaine de minutes. Nous montons sur une petite plateforme arrimée sur son dos et je dois dire que nous ne sommes pas du tout à l’aise. C’est très instable et nous luttons pour ne pas tomber. Zacharie est très impressionné et semble décontenancé. Pour autant, il prend son courage à deux mains, et nous traversons finalement assez facilement la rivière avant une petite virée dans la jungle sur des chemins très raides.

Ce fut une vraie expérience mais nous n’avons aucune envie de remonter sur le dos de l’éléphant. Une petite carriole tirée par des buffles nous attend déjà pour découvrir le village. La balade est nettement plus tranquille.

Le repas est prêt, un buffet chaud nous attend et nous en profitons pour reprendre quelques forces. Pendant ce temps, les équipes du parc préparent les radeaux en bambous pour notre dernière balade qui s’effectuera sur la rivière Mae Taman. Nous nous laissons donc guider par les flots sur plusieurs kilomètres et admirons le paysage et les autres sanctuaires pour éléphants. La croisière est très agréable.

Je dois dire que nous avons passé un excellent moment que nous ne sommes pas prêts d’oublier. Cependant, à notre retour en France, nous apprendrons que beaucoup de ces parcs maltraitent littéralement ces animaux et qu’il est donc important de bien se renseigner en amont.

Wat Phrathat Doi Suthep

Situé à une petite quinzaine de kilomètres au Nord de Chiang Mai, le Wat Phrathat Doi Suthep est bâti sur une petite montagne à 1 000 mètres d’altitude. Il offre un panorama grandiose sur la capitale du Nord de la Thaïlande.

Fondé au 14ème siècle, son Chedi monumental doré contiendrait des reliques de Bouddha déposé par un éléphant blanc. Ce temple, sacré pour les Thaïlandais, est l’un des plus célèbres du pays et son emplacement dominant les environs en fait un but de visite incontournable pour les visiteurs étrangers.

Mais y accéder se mérite, en effet, il faut gravir plus de 300 marches pour découvrir le complexe. Le Wat Phrathat Doi Suthep est richement décoré et présente un style Lanna caractéristique de la région avec des fresques et ornements finement exécutées aux couleurs vermeil et or.

Wat Suan Dok

Dernier temple de la journée pour la petite famille avant de retourner à l’hôtel après un journée riche en émotions et découvertes ! Nous arrivons donc au Wat Suan Dok, l’un des plus beau temple de Chiang Mai, pour le coucher du soleil. Nous sommes seuls au monde et apprécions l’ambiance particulièrement sereine tranchant littéralement avec les embouteillages incessants de la ville.

Le principal attrait du temple réside dans l’orignal cimetière composé de chedis blanchis à la chaux et renfermant les cendres de dirigeants et membres de la famille royale de Chiang Mai. Nous en faisons le tour et apprécions la variété architecturale des stupas. Zacharie se croit dans un labyrinthe et finira par faire connaissance avec quelques jeunes moines qui étudient au centre d’éducation bouddhiste établi sur place.

Wat Luang Khun Win

Nous partons à la découverte d’un dernier temple, qu’on peut qualifier de joyau secret. Situé à environ 1h30 de route, le Wat Luang Khun Win se mérite, les derniers kilomètres relèvent plus du sentier caillouteux que d’une vraie route. Nous avons l’impression de partir à l’aventure en rejoignant le temple perdu dans la montagne au beau milieu de la jungle.

Une fois arrivés, nous comprenons pourquoi Annicha a souhaité nous amener ici. Nous sommes quasiment les seuls touristes sur place et l’ambiance qui règne est totalement différente de tout ce que nous avons vécu jusqu’à présent. C’est un moment magique.

Zacharie inspecte les moindres détails des menaçants dragons blancs aux yeux rouges qui protègent les lieux ! Construit il y a plus de 700 ans dans le plus pur style régional Lanna en boiserie finement ciselée, le temple est d’une beauté saisissante.

Cascade Mae Sa Pok

Sur le chemin du retour, Annicha nous suggère une petite promenade dans la jungle pour partir à l’assaut de la Cascade de Mae Sa Pok. Il est clair que cela nous change un tantinet des nombreux temples que nous avons eu plaisir à explorer.

Après une quinzaine de minutes d’ascension le long d’un chemin qui suit la petite rivière, nous commençons à entendre le bruissement sourd de la cascade. Le site est très beau et encore une fois assez calme, les eaux vives de la cascade se jettent à près de 30 mètres de haut dans la rivière en contrebas. Zacharie profite de ce petit moment hors de la voiture et joue avec tout ce qu’il trouve, bâtons et cailloux font de lui un petit vadrouilleur heureux !

Nous regagnons la voiture et rejoignons l’aéroport pour la deuxième partie du voyage, bien plus calme en mode balnéaire dans le Sud de la Thaïlande dans les environs de Krabi. Nous allons enfin tous pouvoir nous reposer et passer une peu moins de temps dans la voiture, surtout Zacharie qui commençait franchement à saturer et on comprend pourquoi.

Krabi

Pour ces quelques jours dans le Sud de la Thaïlande, nous avons choisi les environs de Krabi que j’imagine plus familial et tranquille que Phuket, même si je n’y ai jamais mis les pieds. Il fait nettement plus chaud que dans le Nord et nous avons hâte de découvrir les plages paradisiaques qui font la réputation de la région !

Ao Nang

Nous posons nos valises à Ao Nang, station balnéaire située à quelques kilomètres de Krabi. La petite ville côtière présente un vaste front de mer très agréable et bien aménagé. L’heure n’est plus à la visite mais au farniente. Le premier jour, nous n’avons qu’une idée en tête, profiter de la mer et de la piscine de l’hôtel. Ahhhh ! un peu de repos après cette expédition millimétrée, ça fait du bien.

La longue allée commerçante qui mène à la plage concentre de nombreuses boutiques de souvenirs, de vêtements et de jeux de plages. Bars à jus et restaurants viennent compléter l’offre. Nous commençons donc notre séjour par un petit déjeuner en bord de route avec jus de mangue frais et petits plats thaïlandais. Tout le monde se régale…

Après nous être ragaillardis, nous découvrons la plage principale d’Ao Nang, elle est déjà magnifique. Nous décidons de nous diriger un peu plus au Sud vers Pai Plong Beach, car les pains de sucres en arrière plan nous attirent ! Mais pour rejoindre cette plage, il nous faut d’abord emprunter un sentier muni d’escalier en bois appelé Monkey Trail et on comprend assez rapidement pourquoi. Le jeu en vaut la chandelle lorsque nous arrivons, la vue est grandiose. Nous passerons l’après-midi ici.

Excursion à Koh Phi Phi

Deux jours plus tard, après nous être mis au rythme du farniente, nous avons à nouveau la bougeotte. On se renseigne auprès des agences de voyages locales qui proposent des excursions en bateau à la journée. Nous rêvons de fouler le sable blanc de l’incroyable plage de Maya Bay sur l’île de Koh Phi Phi Don, rendue célèbre dans le Monde entier par le film « The Beach » avec Leonardo DI Caprio, Guillaume Canet et Virginie Ledoyen. Billets en poche, nous partons au terminal maritime pour embarquer sur un speed boat. Zacharie, matelot en herbe, qui adore le bateau et les sensations fortes ne sera pas déçu ! C’est parti pour 50 minutes de traversée à fond les moteurs.

Premier stop sur l’île de Koh Yung. La plage de sable blanc est paradisiaque et nous pouvons profiter d’une petite baignade sympathique pendant une bonne heure. Un vrai régal. Nous apercevons en toile de fonds l’île Bamboo Island.

Après nous être prélassés, nous embarquons à nouveau, cette fois-ci en direction de Koh Phi Phi Don. L’île est plus grande mais il y a énormément de bateaux. Au vu de la renommée de l’île on s’en doutait un peu, mais là ça dépasse l’entendement, c’est littéralement noir de monde. Le débarquement se fait assez difficilement sur des pontons flottants qui brinquebalent dans tous les sens. Nous rejoignons une file indienne compacte en route pour Maya Bay. On se prête au jeu et on patiente. Nos efforts finissent par payer après une bonne demie-heure de marche au pas.

« La Plage » s’offre à nous, c’est spectaculaire. Il fait vraiment chaud, le sable blanc nous aveugle, l’eau se pare d’une couleur bleu émeraude intense comme nous en avons rarement vu. C’est un vrai trésor. Fermée au public de 2018 à 2022 en raison de sa surfréquentation qui a abimé les écosystèmes, elle est à nouveau accessible mais la baignade reste strictement interdite et c’est tant mieux !

Les visiteurs asiatiques, pour qui la foule ne pose que peu de problèmes, restent tous cantonnés au point d’accès de la plage. Les occidentaux, eux, préfèrent fuir le plus possible la foule et parcourent l’estran pour trouver un semblant de tranquillité.

Même si le spot est extrêmement fréquenté, nous avons pris beaucoup de plaisir à découvrir ce petit bijou mais il se mérite et l’inconfort du tourisme de masse est clairement palpable ici.

Koh Yao Noi

En me renseignant un peu sur les îles accessibles depuis Krabi, je tombe sur un blog dont l’auteur relate son passage sur une île voisine, qui abrite une belle communauté d’oiseaux endémiques semblant faire partie de la famille des toucans avec un beau bec orangé.

Nous aimons les oiseaux et avons un couple d’inséparables depuis 2018, à la suite à notre voyage en Iran où nous sommes tombés sous le charme de ces charmants volatiles. On se dit que partir observer ces beaux oiseaux dans leur milieu naturel pourrait vraiment être fun avec Zacharie. Ni une ni deux, on retourne au terminal maritime avec cette fois pour destination l’île de Koh Ya Noi.

Nous avons réservé dans une petite guesthouse qui loue des cabanes rudimentaires mais sympathiques, parfait pour notre petite escapade en mode Robinson Crusoé. Nous discutons avec le propriétaire qui nous met en contact avec un chauffeur de l’île connaissant bien ces oiseaux et les lieux à privilégier pour les observer.

Nous prenons place à bord de son tuk-tuk et nous nous arrêtons à proximité d’un beau complexe hôtelier. Un petit sentier en bois sur pilotis bien aménagé nous offre l’opportunité de nous enfoncer dans la mangrove à l’affût des calaos, qui n’ont en commun avec le toucan que la belle couleur du bec jaune orangé surdimensionné. Nous trouvons un nid mais il ne semble pas habité. On fait chou blanc mais on ne renonce pas pour autant !

Nous prenons un peu de hauteur au sortir de la forêt et ça y est nous en apercevons quelques-uns en train de récolter de petites baies au sommet des arbres. C’est l’explosion de joie du petits groupe d’aventuriers que nous sommes ! Zacharie est très content d’avoir trouvé des toucans (car il a décidé que c’était quand même des toucans).

Le chauffeur nous amène dans un dernier endroit en bord de plage où un petit nid a été aménagé. Et là, le spectacle est grandiose, le calao est à quelques mètres de nous et nous l’observons, c’est magique. Nous rentrons à l’hôtel satisfaits et accomplis.

Ce séjour en Thaïlande m’aura vraiment réconcilié avec le pays dont j’avais une vision bien trop réductrice. Force est de constater que tout est simple lorsqu’on voyage dans ce pays. Les gens sont sympas, trouvent toujours des solutions et ont une vraie culture de l’accueil et du partage. Sans parler du patrimoine culturel, naturel et gastronomique du pays. Une vraie belle découverte que j’avais occulté en quête de destinations plus originales.

Je dis rarement cela mais je pense vraiment retourner un jour en Thaïlande pour découvrir d’autres régions moins connues et certainement encore plus authentiques. Je suis encore en contact régulier avec Veera et Nancy et j’espère que nous nous reverrons en Thaïlande ou en France, qui sait ?

Macédoine du Nord, au royaume d’Alexandre le Grand

« La Macédoine du Nord, en voilà un projet de voyage étrange ! C’est où déjà ? ».

Destination peu courue par les Français, la petite république d’ex-Yougoslavie a pourtant de belles cartes à jouer en matière de tourisme.

Située en plein cœur des Balkans, la Macédoine du Nord présente un relief principalement montagneux totalisant plus d’une trentaine de sommets dépassant les 2 000 mètres d’altitude. Elle est bordée au Nord par la Serbie et le Kosovo, à l’Ouest par l’Albanie, au Sud par la Grèce et à l’Est par la Bulgarie et n’a aucun accès direct à la mer. Son territoire constitue approximativement la moitié Nord de la Macédoine Antique, la partie Sud étant partagée par la Grèce et la Bulgarie. Cela explique en partie les frictions longtemps ancrées entre la Macédoine du Nord et la province grecque de Macédoine (et a fortiori de l’État Grec) qui réclament toutes deux la légitimité de cette appellation et revendiquent l’héritage d’Alexandre Le Grand. Son drapeau, particulièrement original m’a toujours beaucoup plu et intrigué à la fois. Adopté en 1995, il représente un soleil jaune à huit rayons sur un ciel rouge, reprenant une version stylisée du soleil de Vergina, symbole d’une dynastie ayant régné sur l’Antique Macédoine.

Mais revenons à la culture populaire, lorsqu’on évoque la macédoine, en France, on imagine une salade composée de petits dés de nombreux légumes aux couleurs variées. Et bien, après quelques recherches, le lien existe bel et bien ! Cette salade a été nommée de la sorte en référence à la diversité ethnique de la Macédoine au 19ème et 20ème siècles. En effet, ce territoire est depuis toujours un important carrefour culturel mêlant des influences slaves, grecques, romaines, byzantines, bulgares et ottomanes. Aujourd’hui encore, la population de Macédoine du Nord est métissée. Elle est composée principalement de Macédoniens slaves (55%) mais présente également des minorités albanaises (30%), turques (4%), roms (2.5%) et serbes (1.2%).

Nous voilà partis pour un petit road-trip en famille d’une semaine sur les routes macédoniennes ! En avant toutes !

Lagadin, sur les bords du Lac d’Ohrid

Après un vol plutôt court et agréable, nous atterrissons à Skopje, capitale du pays que nous arpenterons plus tard. Nous mettons cap vers le Sud et la région des lacs, frontalière avec l’Albanie et la Grèce.

La première partie du trajet nous fait cheminer dans la vallée du Vardar qui se referme peu à peu, laissant place progressivement à des paysages montagneux et des routes plus sinueuses. On remarque aussi, selon les hameaux, des drapeaux albanais qui flottent au vent et les mosquées qui côtoient les églises, nous rappelant ainsi la mixité culturelle du pays.

Nous nous rapprochons de notre première destination qui n’est autre que la splendide cité d’Ohrid bâtie sur les rives du Lac du même nom. Pour profiter d’un peu de quiétude et d’une superbe vue sur le lac, on rejoint un charmant hôtel familial dans la petite commune de Lagadin. La vue est exceptionnelle, le personnel est au petit soin et le serveur se prends d’affection pour Zacharie le séducteur, le surnommant « zlatna serca » que je comprend en « petit cœur d’or ».

Après avoir profité de la piscine encore bien fraîche au cours de ce printemps humide, on rejoint le Lac d’Ohrid et la plage publique de Lagadin située à 5 minutes en contrebas de l’hôtel. Zacharie s’éclate avec ces milliers de cailloux. L’eau est translucide et on profite d’un ponton pour se prêter au jeu du shooting en famille. Le Lac d’Ohrid est le lac le plus profond des Balkans avec 288 mètres de fond, mais c’est aussi un des plus vieux lacs du monde avec le Lac Titicaca et le Lac Baïkal. Les superlatifs sont nombreux pour ce lac qui présente une des plus exceptionnelles sources de biodiversité d’Europe, un patrimoine culturel et spirituel unique. La ville d’Ohrid et son lac sont ainsi classés au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1980.

Ohrid, la Jérusalem des Balkans…

Après avoir profité d’agréables rayons de soleil sur les bords du magnifique Lac d’Ohrid aux eaux translucides, on a envie d’en savoir davantage surOhrid, la « Jérusalem des Balkans« .

A l’époque romaine, la ville, alors appelée Lychnidos, était un carrefour commercial et culturel important sur la Via Egnatia, route antique reliant l’Adriatique à la Mer Noire et rassemblant langues latines et grecques.

Au fil du temps, Lychnidos devint un centre religieux important. Saint-Clément d’Ohrid, Saint Patron de la Macédoine du Nord, y fonda un monastère au 9ème siècle. Il joua un rôle majeur dans l’expansion des prêches en langue protoslave et est considéré comme l’un des pères de l’alphabet cyrillique. La ville est devenue l’un des points de rayonnement de la Chrétienté Orientale, lui valant également le surnom de ville aux 365 églises.

On commence notre balade ohridienne par le marché local. Fruits et légumes frais et séchés, conserves d’ajvar, de pindjur, d’aïoli, d’épices, de miel… Les étals sont pleins, colorés et bien ordonnés. On ne résiste pas à quelques achats pour goûter ces nouvelles saveurs qui fleurent bon les Balkans et la Méditerrannée.

La marché débouche sur une rue commerçante aux devantures soignées, correspondant à l’ancien bazar de la ville. Tout est très propre et léché, on sent bien qu’Ohrid est la capitale touristique du pays et la déambulation en cette saison est tout à fait sympathique. Au fonds de la rue se dresse la Mosquée Ali Pasha témoignant de l’héritage ottoman de la ville. En chemin, on tombe sur une échoppe qui attire notre attention. Il s’agit du cordonnier et bottier traditionnel BELEV dont l’atelier-magasin s’apparente à une véritable caverne d’Ali Baba. On en profite pour offrir une paire de souliers faits main en cuir bleu et rouge à notre petit champion, qui les porte encore fièrement aujourd’hui.

On poursuit notre visite en direction de la forteresse et de quelques unes des plus belles églises de la ville. Les rues se resserrent et le relief s’accentue. Les maisons présentent une architecture balkanique caractéristique avec un étage supérieur plus large donnant sur la rue et soutenu par une charpente en bois sombre. Les bâtiments flambant neufs côtoient les demeures en ruine et parfois les vestiges archéologique. On tombera ainsi un peu par hasard sur le théâtre antique d’Ohrid complètement imbriqué dans un quartier d’habitations et offrant une belle vue sur le lac.

Monastère Saints-Clément-et-Panteleimon

Après avoir suivi un sentier peu conventionnel, nous voici devant le flamboyant Monastère Saints-Clément-et-Saint-Panteleimon. On voit bien qu’il est bâti sur des vestiges archéologiques. Il s’agit en fait du site de Plaosnik, site religieux de premier plan qui abritait deux basiliques et le siège des premiers évêques de Lychnidos la romaine. C’est ici même, au 9ème siècle que Saint-Clément d’Ohrid entreprit l’évangélisation des Slaves et l’enseignement de l’alphabet cyrillique. Tout un symbole.

L’emprise au sol des vestiges est impressionnante et témoigne de la grandeur passée du site. Le Monastère Saints-Clément-et-Saint-Pantéleimon est en fait une construction très récente qui date des années 2000 suivant le modèle supposé de l’église bâtie alors par Saint-Clément d’Ohrid. La vue plongeante sur le lac est splendide.

Forteresse de Samuel, place forte du Premier Empire Bulgare…

Samuel, ancien tsar de Bulgarie de 997 à 1014, reconquis de nombreux territoires à la fin du Xème siècle, annexant les actuelles Albanie et Serbie, le Nord de la Grèce et la Macédoine du Nord. Fort de ces conquêtes et avec des frontières largement remodelées, il fit d’Ohrid la capitale du Premier Empire bulgare à cette période.

La Forteresse de Samuel, qui domine fièrement la vieille ville d’Ohrid et le Lac porte aujourd’hui son nom. L’ensemble est monumental et comporte 18 tours carrées, 4 portes et des remparts de 10 à 16 mètres de haut ! Le site a été totalement restauré au début des années 2000 et offre une vue imprenable sur les alentours. La montée est un peu raide mais la vue du haut de ses remparts crénelés en vaut véritablement la peine !

Cathédrale Sainte-Sophie d’Orhid

Après avoir bien crapahuté sur les hauteurs de la ville, nous sommes contents de redescendre tranquillement vers le lac et les rues commerçantes. La faim se fait sentir et nous sommes ravis de trouver un petit restaurant devant notre prochain lieu de visite : la Cathédrale Sainte-Sophie d’Ohrid.

Après avoir avalé de réconfortantes côtelettes d’agneau, il ne nous reste que quelques pas à faire pour franchir l’entrée de la majestueuse Cathédrale au style purement byzantin. Elle constitue la plus grande église médiévale du pays, mais également le siège l’Église orthodoxe macédonienne.

Ses abords sont soignés et verdoyants. La façade de son bas-côté Nord bardée d’arches est particulièrement impressionnante. Mais, ce qui fait de ce lieu saint un lieu véritablement unique, ce sont bel et bien ses incroyables fresques médiévales inestimables protégées pendant plusieurs siècles grâce un enduit appliqué par les Ottomans et révélées presque intactes au 20ème siècle.

Église Saint-Jean de Kanéo

Pour finir cette belle journée de découvertes, nous longeons le lac en direction de la plus célèbre église de Macédoine du Nord : l’église Saint-Jean de Kanéo. Érigée au 13ème siècle, elle est consacrée à Saint-Jean l’Évangéliste et adopte un plan en croix latine et une architecture de style byzantin et arménien.

On y accède qu’à pieds par une un sentier aménagé sur pilotis nous donne l’impression de marcher sur l’eau, d’être en connexion directe avec le lac. Le sentier, plus ou moins bien aménagé par endroits, nous offre de beaux points de vue sur le lac et ses berges. C’est vraiment une belle surprise.

Au bout d’un petit kilomètre de marche, on l’aperçoit enfin. Il ne nous reste que quelques centaines de mètres pour profiter pleinement du paysage de carte postale proposé par l’église Saint-Jean de Kanéo. Située sur un promontoire rocheux, elle domine le Lac d’Ohrid et offre l’un des plus spectaculaire panorama du pays.

Éreintés, nous profitons d’un matelot qui nous propose une petite croisière à bord de son embarcation en direction du port. Encore une belle aventure pour Zacharie !

Bitola

Non loin d’Ohrid et à proximité de la frontière grecque, nous rejoignons Bitola, troisième ville du pays. L’ancienne Manastir était un centre culturel et commercial de premier plan dans les Balkans à l’époque ottomane, situé à mi-chemin entre Selanik (Thessalonique) et Uskub (Skopje).

Particulièrement métissée, elle comptait de puissantes communautés turques, slaves, albanaises et juives. La ville a conservé un patrimoine architectural précieux qui reste peu mis en valeur. Les bazars, la tour de l’horloge et les deux mosquées Yeni et Ishak Celebi rappellent l’héritage ottoman. Sirok Sokak, la rue principale très commerçante marque quant à elle l’empreinte slave et son architecture néoclassique du 19ème siècle.

Malgré ce patrimoine important, la ville ne nous a pas conquis et nous y avons ressenti une ambiance étrange qui ne nous a pas donné envie de nous attarder.

Heraclea Lyncestis

La ville de Bitola est établie à quelques encablures des vestiges d’une cité prospère de l’ancien Royaume de Macédoine, alors État de la Grèce Antique. Heraclea Lyncestis, fondée au milieu du 4ème siècle avnt J.-C. par Philippe II de Macédoine, qui n’est autre que le père d’Alexandre le Grand !

Le site, plutôt vaste, conserve de nombreux vestiges de la période romaine : portique, thermes, amphithéâtre, colonnes, mosaïques et autres statues. C’est une belle surprise pour Zacharie qui n’a qu’une idée en tête : trouver un maximum de cailloux !

Église Saint-Dimitri de Salonique

La plus belle découverte de cette journée reste pour nous l’Église Saint-Dimitri de Salonique. Située dans une petite rue à deux pas de Shirok Sokak, l’église est la principale église orthodoxe macédonienne de Bitola.

Érigée en 1830, elle abrite une superbe iconostase (paroi décorée d’icônes) en bois sculpté largement influencé par le style du Mont Athos. Nous y pénétrons alors qu’une cérémonie agrémentée de chants liturgiques bât son plein. Nous sommes seuls avec les hommes de foi pour partager un moment exceptionnel.

Tetovo

Mosquée peinte de Tetovo

Nous quittons le Sud de La Macédoine du Nord pour rejoindre tranquillement la capitale. Mais sur notre route, on choisit de faire une escale à Tetovo, situé à seulement 40 kilomètres de Skopje. Ce sera l’occasion de manger et surtout de s’imprégner de l’ambiance d’un des joyaux du pays : La Mosquée peinte.

Majoritairement peuplée d’Albanais, la ville de Tetovo est considérée comme la capitale officieuse de la minorité albanaise du pays. D’apparence grise et triste, elle ne semble pas particulièrement accueillante au premier abord. Après un bon repas dans un petit restaurant typique, nous nous acheminons vers le parc verdoyant qui abrite la fameuse mosquée peinte. On aperçoit ses majestueuses façades depuis l’extérieur de son enceinte et la magie opère déjà !

Construite aux 19ème siècle sur les vestiges d’une des plus anciennes mosquées de la ville érigée 4 siècles plus tôt, elle hérite notamment du minaret de cette dernière. L’édifice est remarquablement entretenu et présente la particularité rarissime d’être richement décorée à l’intérieur et à l’extérieur. Les murs extérieurs sont flanqués d’une trentaine de panneaux rectangulaires présentant des motifs géométriques colorés. Mais le clou du spectacle reste l’intérieur du monument avec son mihrab en marbre, ses balcons baroques et ses décors peints aux couleurs chaudes présentant des arabesques raffinées, de somptueuses calligraphies et des motifs floraux singuliers. Nous y sommes bien accueillis et savourons le moment avec Zacharie qui en profite pour courir dans tous les sens.

Tekke Arabati Baba

Avant de rejoindre Skopje et notre appartement, on passe rapidement voir le deuxième point d’intérêt de Tetovo. Il s’agit du Tekke Arabati Baba, une sorte de monastère réservé aux musulmans soufis, de la communauté Bektashi particulièrement importante dans la ville.

Le complexe, qui présente un vaste jardin, semble désert. Le Tekke est réputé pour ses tombes soufies, ses nombreuses boiseries sculptées et sa fontaine en marbre. Malheureusement, la majorité des bâtiments qui la composent tombe en ruine. Une restauration des lieux semble être une nécessité absolue pour ce lieu saint qui le mériterait tant.

Skopje

Ca y est, nous y voilà, Skopje ! Cette ville m’intrigue depuis bien longtemps. Mon père y était allé dans les années 70 et il m’avait fait part du grand tremblement de terre qui avait ravagé la ville à près de 80%. Cette image m’a marqué. Et aujourd’hui c’est à mon tour de fouler le sol skopiote. En me renseignant un peu, j’en apprends plus sur le nouveau visage du centre urbain. Il a fait l’objet d’aménagements considérables dans le cadre du Projet Skopje 2014 qui vise à reconstruire des monuments disparus lors du séisme de 1963 et à ériger d’autres édifices remarquables.

Nous commençons notre visite de la ville sur les berges du fleuve Vardar en direction du Parc des femmes combattantes. Cette vaste place arborée abrite de nombreuses statues rendant hommage aux héros nationaux. Certaines d’entre elles reprennent les codes soviétiques, mais la sculpture la plus emblématique du parc reste celle dédiée aux femmes yougoslaves ayant combattu aux côtés des soldats pendant la Seconde Guerre Mondiale.

On poursuit en direction de la Place de Macédoine et nous tombons sur un Arc de Triomphe. Il s’agit de la Porte de Macédoine, construite en 2011 pour fêter les 20 ans de l’indépendance du pays. Puis nous rejoignons la place principale de la ville où trône fièrement la monumentale Statue du guerrier à cheval qui représente bien évidemment Alexandre le Grand conquérant sur son cheval cabré. Nous sommes tous les trois impressionnés par les dimensions de ce monument emblématique. Tout cela peut paraître kitsch mais j’avoue être sous le charme de toutes ces installations récentes.

Nous rejoignons les bords du fleuve et découvrons plusieurs bâtiments particulièrement imposant dont le Théâtre National, le Musée de la Lutte macédonienne ou encore le Musée archéologique, sans oublier la Forteresse qui domine la ville. Après avoir dépassé une nouvelle statue monumentale dévolue cette fois-ci à Philippe II de Macédoine, nous nous engouffrons dans le Vieux Bazar de Skopje. Après avoir englouti quelques spécialités locales et notamment des cevapis (kefta des Balkans) accompagné d’ajvar (condiment à base de poivrons, de tomates et d’aubergines), on se faufile dans les ruelles de ce quartier marchand typique et particulièrement animé. C’est un excellent moment très dépaysant. On expérimente ici la richesse multiculturelle du pays qui nous donne un vrai sentiment d’ailleurs, trait d’union entre Europe et Orient.

Cathédrale Saint-Clément d’Orhid

La Cathédrale St-Clément d’Ohrid, reconnaissable entre toute avec sa rotonde, a été construite en 1976. Elle constitue le siège de l’église orthodoxe macédonienne et s’avère être l’une des rares cathédrales au monde de style aussi moderne. Une fois à l’intérieur, nous en prenons plein les yeux, c’est une véritable splendeur. Le dôme de l’édifice est recouvert d’une fresque du Christ de 70m2 et présente une iconostase tout aussi impressionnante.

Église Saint-Sauveur de Skopje

Après avoir arpenté les rues du vieux bazar, nous franchissons la porte de l’église Saint-Sauveur. Discrète, nous sommes surpris par la beauté du lieu qui ne laissait rien paraître depuis l’extérieur. Bâtie Nous sommes à nouveau seul sur site, hormis un moine orthodoxe qui nous conseille de descendre quelques marches.

L’église du 17ème siècle se trouve en fait bien cachée dans la partie droite du complexe légèrement rabaissée en sous-sol. Quelle surprise, l’iconostase est certainement la plus belle qu’il m’ai été donné de voir. Le travail des boiseries torsadées est d’une finesse incroyable, c’est tout simplement splendide, un véritable trésor ! Les fresques elles aussi participent au spectacle et ont été redécouvertes lors de travaux de restauration à la fin des années 1960.

Kuklica

Après avoir arpenté les centres historiques et principaux lieux saints du pays, une furieuse envie de nature nous gagne. Nous quittons donc Skopje pour un site naturel peu connu mais vraiment original. Aussi, après une grosse heure de route, nous arrivons dans le village de Kuklica.

La petite ville de campagne abrite un site géologique remarquable qui se déploie sur un peu moins de 400 m2 et rassemble plus d’une centaine de cheminées des fées, appelées localement poupées de pierre. Ces formations rocheuses volcaniques datent de plusieurs millions d’années et mesurent chacune 5 à 10 mètres de haut. Après un bref passage par le centre d’accueil du site, Zacharie part à l’assaut de ces demoiselles de pierre. Le site est assez petit mais spectaculaire et encore une fois nous sommes seuls au monde !

La ville c’est bien mais la nature c’est mieux, n’est-ce pas Zach ?

Canyon de Matka

Pour finir en beauté notre séjour macédonien, nous partons à la découverte du Canyon de Matka. Situé à une dizaine de kilomètres du centre de Skopje, ce deuxième spot naturel constitue un incontournable lors d’un séjour dans le pays. Creusé par la rivière Treska pendant des millénaires, les gorges de Matka sont très marquées. Un barrage construit en 1938 a permis la création d’un lac artificiel largement dévolu aux activités touristiques de nos jours.

Nous commençons donc notre balade par une croisière en bateau afin d’explorer le canyon par les eaux. Plusieurs grottes ponctuent l’excursion, dont celle de Vrelo, qui serait une des plus profondes grottes sous-marines du monde. De retour au point d’embarquement, nous profitons d’un bon repas au bord du lac avant de partir à l’assaut du sentier creusé à même la roche qui nous offre une autre perspective sur cette petite pépite naturelle. La fréquentation touristique est bien plus importante que dans les autres sites que nous avons pu découvrir mais cela reste tout à fait agréable.

Notre séjour s’achève donc ici et nous repartons avec pleins de beaux souvenirs de ce petit pays métissé et en pleine construction identitaire, véritable trait d’union entre l’Europe et l’Orient.

Petite anecdote amusante, pour chacun de mes projet de voyage, j’aime me projeter en me procurant un guide touristique faisant la part belle aux photos. La Macédoine du Nord est à ce jour la seule destination nationale pour laquelle je n’ai trouvé aucun guide. Heureusement, les contributions de voyageurs et les brochures de l’Office National du tourisme m’ont apporté pas mal de contenu pour préparer au mieux notre escapade en famille.

Décidément les Balkans continuent à nous réserver de belles surprises.

Cap sur la Guadeloupe, l’archipel papillon…

La Guadeloupe, Karukera en langue caraïbe, est un archipel célèbre qui fait partie des Antilles Françaises et qui constitue une destination touristique très populaire en métropole. Son simple nom évoque les plages paradisiaques, la plaisance en eaux limpides, une végétation luxuriante, la culture créole colorée, les fruits de mer alléchants et le rhum exquis et convoité…

Plus grande et plus peuplée que la Martinique, la Guadeloupe totalise une superficie d’environ 1 500 km2 et présente une longueur maximale d’une centaine de kilomètres. Près de 400 000 personnes vivent sur l’archipel formé par la Guadeloupe, la Désirade, Marie-Galante, les Saintes, Petite-Terre et de nombreux îlets.

L’île principale, la Guadeloupe a la particularité de présenter une forme originale s’apparentant à un papillon. Elle est constituée de deux parties distinctes : Grande Terre et Basse Terre, séparées par un étroit bras de mer, appelé Rivière Salée, n’excédant pas 200 mètres de large.

Escarpée et luxuriante, Basse-Terre est dominée par la Soufrière qui culmine à plus de 1 467 mètres, constituant le plus haut sommet des Petites Antilles. A contrario, Grande-Terre se caractérise par un climat beaucoup plus sec et un relief bien moins accidenté.

Près de 10 ans après mon premier et extraordinaire séjour en Martinique dans la famille de mon ami RastaMatnik, je pose à nouveau les valises en terre antillaise. Mais, cette fois si, Cap sur la Guadeloupe en famille, où mon ami d’enfance Djo a tenté l’aventure pour quelques années.

Deshaies, le coup de coeur

Paris – Pointe-à-Pitre : Premier long courrier pour mon fils Zacharie, tout juste âgé d’un an, qui s’est tenu comme un chef pendant les 9 heures de vol. On sort de l’avion et l’amplitude thermique se fait vite ressentir ! Il fait bien chaud ! Que c’est agréable en plein hiver !

Après avoir récupéré notre voiture de location, on se dirige vers Deshaies du côté de Basse Terre, où ma frangine Ysaline nous a dégoté une superbe villa avec piscine, terrasse et vue sur la Mer des Caraïbes. C’est un vrai petit paradis et on va débuter ces vacances tranquillement en profitant un maximum de ces superbes installations. Un iguane familier des lieux viendra même nous rappeler que nous ne sommes que de passage, et qu’il est ici chez lui !

Le soleil tape, les cocktails planteurs s’enchaînent au cours de cette première matinée, et on alterne entre tartine de crème solaire et bains rafraichissants dans la piscine. Après quelques discussions pour fixer la suite du programme, on se décide à partir à la découverte de la plage située juste en contrebas de notre hébergement. Il s’agit de la superbe Plage de Leroux, qui présente une anse quasi parfaite enserrée par deux belles collines verdoyantes. L’endroit est plutôt fréquenté mais très nature et après deux petites heures de baignade, on profite d’un coucher de soleil doré qui s’offre à nous. Il est à peine 18h, mais sous les tropiques la nuit tombe très vite !

Le Saut de l’Acomat

Nouvelle journée, nouveau défi. On longe la côte pour rejoindre le Sud de Basse-Terre en direction d’une belle cascade assez accessible avec bébé, le Saut d’Acomat.

L’équipe s’enfonce tranquillement dans la jungle qui se densifie à chaque pas. On se prend pour des aventuriers mais nos claquettes nous rappellent que nous ne sommes que de simples touristes.

Après avoir franchi l’Acomat, on croise les premiers curieux venus se rafraichir et profiter du spectacle offert par Dame Nature. On remonte le cours d’eau avec prudence en suivant le grondement de la cascade qui s’annonce. On escalade encore quelques rochers, et la fameuse chute d’eau nous ébahit.

Ce n’est certainement pas la plus importante, ni la plus impressionnante de l’île, mais l’endroit est vraiment magnifique avec cette ambiance moite et cette végétation luxuriante. C’est tellement différent de nos cascades européennes, aussi belles soient-elles. On se croirait, l’espace d’un instant, dans une pub TV vintage pour Tahiti Douche !

Jardin Botanique de Deshaies

On ne quittera pas Deshaies sans avoir visité l’incontournable Jardin Botanique. La propriété de 7 ha a d’abord appartenu à un collectionneur de plantes rares, qui l’a ensuite vendu à Coluche en personne. A la mort de ce dernier, un ami à lui s’en est acquit pour en faire un petit paradis de la biodiversité ouvert au public. Quel bel hommage que ce petit Éden !

Le Jardin Botanique attire plus de 150 000 visiteurs par an, ce qui en fait un des sites de visite les plus fréquentés de la Guadeloupe. Il permet d’appréhender la flore endémique des Antilles mais également d’autres contrées. Le sentier d’1,5km propose de nombreux espaces à thèmes : enclos à loriquets, cascade, étang aux nénuphars, bougainvilliers, cactus, orchidées, bassin à carpes koï, volière à Aras bleus…

C’est une vraie merveille. On en prend plein les yeux ! Il y a un peu d’affluence mais cela reste tout à fait acceptable. On passe vraiment un moment agréable. On guette la moindre réaction du petit face à toutes ces couleurs, toutes ces plantes et animaux. Il se régale et nous aussi. On aura même la chance d’observer d’habiles colibris se délecter de nectar récolté en vol stationnaire dans les pistils de fleurs. La rencontre dans la volière avec les loriquets aux couleurs flamboyantes est également un coup de cœur !

Journée bateau dans le Grand Cul-de-sac Marin

On a envie de profiter davantage de la Mer et on décide de se faire une journée bateau. Sans hésitation, Djo nous suggère de partir naviguer au cœur du Grand Cul-de-sac Marin. Il s’agit en fait d’une vaste baie de 15 000 Ha aux eaux peu profonde (2 à 5 mètres) enserrées au Nord de l’île entre Basse-Terre et Grande-Terre et fermée au large par un récif corallien. Classée en Réserve de Biosphère par l’UNESCO, elle présente la forêt marécageuse la plus massive des Petites Antilles, la plus grande barrière de corail et des herbiers très riches et variés.

On embarque au petit port de Sainte-Rose et nous sommes déjà dans le Grand Cul-de-sac Marin. Après s’être familiarisé avec l’embarcation, Djo met le cap sur la mangrove. On y fait un petit tour rapide, histoire de prendre le pouls de cette forêt de palétuviers. On repart rapidement pour laisser ce biotope fragile au calme.

Après une session baignade en eaux peu profonde, on poursuit notre balade nautique en direction de l’îlet Caret. Ce magnifique îlet paraît assez irréel. Il doit son appellation aux tortues « carettes » qui venaient y pondre. L’îlet mesure 120 mètres de long et 20 mètres de large. Le sable blanc qui la constitue provient de résidus de coraux morts du récif situé à une centaine de mètres plus loin. On joue les Robinson Crusoé sur cette petite île mais les vagues font encore bien peur à Zacharie.

Pour finir cette journée en beauté, on enfile nos masques et tubas pour une session snorkeling au dessus de l’épave à Caret. Cette épave, utilisée à l’époque pour l’enlèvement du sable a été coulée volontairement en 1998 pour créer une zone de développement pour les Algues dont sont friands les poissons. On y verra quelques beaux spécimens aux couleurs flamboyantes et un majestueux poisson scorpion au venin redoutable !

On regagne Deshaies heureux mais épuisés. Une bonne nuit de sommeil s’impose.

D’une île à l’autre, virée aux Saintes

Après une nuit finalement assez courte, l’équipe part en direction de Trois Rivières dans l’extrême Sud de Basse-Terre, à une heure et demie de route de Deshaies.

Nous arrivons en temps voulu au port, déjà bien fréquenté, pour embarquer dans le ferry en direction des Saintes et ses quatre îlots. Une quinzaine de minutes suffisent pour faire la traversée jusqu’à Terre-de-Haut, îlot principal de l’archipel. Les Saintes sont saisissantes de beauté combinant relief escarpé, camaïeux de bleu et de vert et cases aux toitures cramoisies.

L’île ne compte que quelques rares véhicules à moteur thermique. Ici pour se déplacer, il faut louer un vélo ou une voiturette électrique. Djo a envie de faire un peu de sport, alors il tente le VAE. Pour les autres, ce sera voiturette de golf turquoise. Zacharie est aux anges et nous aussi !

On parcourt les routes sinueuses de l’île et déjà la batterie du vélo de Djo présente quelques signes de fatigue. Les points de vue spectaculaires s’enchaînent avec l’altitude. On profite un maximum des paysages.

Djo nous guide ensuite vers le Pain de sucre et on fait une pause fraîcheur sur la plage située à son pied, la splendide plage de l’Anse du Pain de sucre. L’ambiance est plutôt originale, les touristes partagent leurs serviettes avec des poulets en liberté et plusieurs pélicans qui nous surprennent par leur agile technique de pêche.

On reprend la route en direction du Fort Napoléon qui domine l’autre extrémité de l’îlot, à 4 kilomètres de là. A mi-parcours, je propose à Djo de prendre le relais à vélo. Ce sera un mauvais choix car quelques centaines de mètres plus loin, la batterie lâche définitivement et la dernière partie du trajet présente un dénivelé plutôt sportif. Je rejoins mes partenaires de voyage en sueur ! Mais il faut bien l’avouer, le spectacle est à la hauteur de mes espérances. La vue sur la baie est à couper le souffle depuis le belvédère situé en contrebas du fort.

Un repas bien mérité en bord de mer et la visite de l’église en bois du bourg clôturent nos aventures du jour.

Zoo de Guadeloupe Parc des Mamelles

Basse-Terre constitue la partie la plus humide, la plus escarpée et la plus sauvage de l’île. Ce n’est pas pour rien qu’une bonne partie de sa forêt tropicale luxuriante est classée, au même titre que la Réserve du Grand Cul-de-sac Marin en Parc National de la Guadeloupe depuis plus de 30 ans.

On a eu l’occasion de s’y engouffrer en empruntant la mythique Route de la Traversée. Longue de 17km, elle relie Petit-Bourg à Pointe-Noire par le massif montagneux. La route est spectaculaire. On a littéralement l’impression que la végétation grignote l’asphalte de la route. Le franchissement du Col des Mamelles est également une très belle expérience lorsqu’il est embrumé !

A l’Orée du Parc National, on part explorer le Zoo de Guadeloupe du Parc des Mamelles. Ce sera une bonne occasion de se faire une promenade dans la forêt tropicale humide. C’est pour moi, depuis mon enfance, le milieu naturel des explorateurs par essence. J’ai toujours été fasciné par cette palette de vert à l’infini. Si riche, si exubérante, la jungle m’attire terriblement. J’ai envie de faire découvrir cette sensation à mon fils. Depuis tout petit, je le sensibilise aux végétaux, à leur odeur, à leur forme et il est très réceptif. C’est un beau cadeau.

Le zoo, établi sur 2 Ha de forêt dense, abrite plus de 450 mammifères, oiseaux, reptiles et insectes. Ils représentent plus de 85 espèces animales rares de la Caraïbe et de la Guyane. Panthères, racoons, mangoustes, coatis, singes, lémuriens, tamanoirs, iguanes, tortues, caïmans, perroquets et toucans dont Zacharie raffole, voilà quelques unes des rencontres que nous faisons ce jour-là. Le cheminement en bois est vraiment qualitatif et permet d’observer la végétation de près. Un excellent parcours dans la canopée nous permet d’appréhender la forêt sous un autre angle. On est emballé et Zacharie en prend plein les yeux.

Saint-François, Riviera Gwada

On quitte Basse-Terre certain qu’elle renferme encore énormément de trésors que nous n’avons finalement qu’à peine effleuré. Cette première partie de séjour est une belle découverte. On a hâte de profiter de la suite du programme.

Grande-Terre est moins humide que sa grande sœur, mais n’est pas aride pour autant et elle présente un relief marqué par une succession de collines, qui par endroit pourrait nous faire croire à des paysages de bocages de l’Ouest de la France.

Nous nous dirigeons vers Saint-François, station balnéaire établie sur la Riviera comme la surnomme les locaux. Nous prenons possession de notre deuxième hébergement et il s’agit d’une sympathique petite villa de style coloniale aux façades aussi bleue que la piscine. On décide de lever un peu le pied après ces nombreuses virées harassantes. On profite pleinement de la terrasse-piscine oscillant entre baignades, apéros et barbecues.

Déborah souhaite nous faire découvrir une plage qui lui avait beaucoup plu quelques années auparavant. Il s’agit de la Plage de la Caravelle à Sainte-Anne. Constituée de sable blanc et bordée de cocotiers, on la surnomme aussi Plage du Club Méditerranée puisqu’elle le jouxte. Il s’agit d’une des plages les plus célèbres de l’île. La plage est en effet splendide mais ce ne sera pas ma préférée. Le coucher de soleil auquel nous assistons est quand même de toute beauté !

Pointe-à-Pitre, ambiance Route du Rhum !

Les grandes villes des Antilles Françaises sont souvent décriées par les touristes et les locaux eux-même. Lors de mon passage à Fort-de-France en Martinique, j’avais effectivement senti que l’ambiance était moins « peace » que dans le reste de l’île. Et ce, notamment à proximité du marché touristique où pas mal de junkies rôdaient. Et oui, l’île a beaux être paradisiaque, la pauvreté et les problèmes sociaux existent partout et dans les Caraïbes, il est vrai que le crack fait des ravages.

Mais cette visite de Pointe-à-PîtrePAP pour les locaux – est particulière, car cette année a lieu la mythique Route du Rhum. C’est une chance inouïe. Cette course à la voile transatlantique en solitaire est organisée tous les quatre ans de fin octobre à début novembre. Elle relie Saint-Malo à Pointe-à-Pitre sur près de 5 700 km.

Pour l’occasion, un village artisanal est déployé en plein centre de la ville et de nombreuses et fastueuses animations sont organisées sur la Marina du Bas du Fort. On y trouve de tout : dégustation de rhum, vente d’épices et de prêt-à-porter, expos d’artistes, concerts… L’ambiance est excellente, locaux et visiteurs sont tous là ensemble pour festoyer. Ça fait plaisir !

On aura l’occasion d’admirer de près les incroyables et gigantesques monocoques et multicoques, véritables vaisseaux des mers !

L’année 2022 marque d’ailleurs l’établissement d’un nouveau record absolu car le temps de traversée enregistré par le skipper français Charles CAUDRELIER est de seulement 6 jours et 19 heures. A titre comparatif, lors de la première traversée en 1978, le skipper avait mis plus de 23 jours pour réaliser la traversée.

Pointe des Châteaux, un air de cap breton

Basé à Saint-François, nous sommes idéalement placés pour explorer la Pointe des Château. Cette mince péninsule de 11 kilomètres de long est située à l’extrême Sud-Est de Grande Terre.

Site particulièrement fréquenté, il attire plus de 500 000 visiteurs par an qui partent à l’assaut de la Grande Croix trônant au sommet de l’éperon rocheux. Bien que très venteux, le belvédère offre une vue panoramique majestueuse sur l’Océan Atlantique, les aiguillons calcaires et la Désirade au long. Il y règne comme un air de Bretagne !

On profite du retour pour faire une halte à la Plage d’Anse à la Gourde, une longue plage de sable fin bordée de végétation accueillant un public familial. Sa bande de rochers coralliens située à quelques mètres du bords nous permet de faire un peu de snorkeling, mais le courant reste assez fort en raison du vent rendant la tâche plus ardue.

Petit Canal, traces d’Histoire…

Nous nous dirigeons vers le Nord de Grande-Terre à destination de Petit-Canal. La commune, chargée d’Histoire, est tristement célèbre pour ses Marches des Esclaves. Cet escalier monumental d’une cinquantaine de marches a été construit par les esclaves eux-même. Il leur servait à rejoindre le plus rapidement possible l’esplanade à proximité de l’église, où ils seraient vendus par leurs vils tortionnaires. Les marches portent par moment le nom des ethnies africaines d’origine des esclaves : bamiléké, ouolof, congo, peul, yoruba… On imagine ces malheureux en faisant un bond dans le passé. Ça nous glace le sang.

A proximité de ce site de mémoire se trouve une ancienne prison qui présente la particularité d’être en état de délabrement avancé. Édifiée au 19ème siècle, elle est aujourd’hui littéralement engloutie par la végétation tropicale. Un majestueux figuier aux racines démesurées trône en plein milieu du bâtiment sans toiture et fait corps avec lui. L’ambiance est assez exceptionnelle. Cela me rappelle mes pérégrinations dans les incroyables temples d’Angkor au Cambodge.

Après toutes ces émotions, et avant de profiter d’une après-midi plage bien méritée, on fait chemin vers le petit port de pêche de Petit-Canal. C’est l’affluence des grands jours avec les retours de pêche. Les étals sont pleins de poissons charnus et colorés, qui s’arrachent au juste prix après d’âpres négociations en créole. Un repas chaud nous attend. Le petit restaurateur du port nous a concocté un mijoté de chatrou, expression locale désignant le poulpe. Zacharie se régale !

Plage du souffleur

On part un peu plus au Nord vers Port-Louis pour profiter de la Plage du Souffleur, notre plage coup de cœur du séjour. Bien aménagée, très familiale, des eaux turquoises calmes, des fonds poissonneux et un sable doré, c’est l’endroit idéal pour se prélasser quelques heures au soleil ou à l’ombre des nombreux raisiniers situés à deux pas de l’eau.

On sympathise avec un papa guadeloupéen venu passer un moment à la plage avec sa petite fille. Une complice idéale pour Zacharie qui n’a d’yeux que pour elle. Les jeunes loustics s’éclatent pendant que papa et tata partent explorer les fonds marins.

Un autre jeune nous fait découvrir ce jour là le dernier son caribéen à la mode « Asé » interprété par Kalash et Lu City, un groupe originaire de Sainte-Lucie. Ce titre deviendra l’hymne du séjour !

Maison Zevallos

En tant que fans incontestés de vieilles pierres, on met le cap sur Le Moule, situé sur la Côte Est de Grande Terre, pour admirer une superbe maison de maître : l’Habitation Zevallos. Cette maison coloniale est un morceau d’Histoire de l’île.

Construite en 1873 par la famille Duchassaing de Fontbressin qui racheta l’exploitation aux Parisis de Zevallos, elle témoigne de l’existence d’une prospère industrie sucrière guadeloupéenne. Elle se distingue des autres bâtisses antillaises par son style louisianais, ses ferronneries délicates, sa décoration intérieure soignée et son magnifique parc de 2Ha.

Maggy, notre guide et membre active de l’Association des Amis de Zevallos, est passionnée et nous raconte l’Histoire du site et par la même de la Guadeloupe. On découvre également dans le splendide jardin quelques plantes médicinales créoles. Zacharie, pour sa part, commence à se dissiper et veut gambader sur la pelouse fraîchement taillée.

Cette petite pause culture nous nourrit l’esprit et vient compléter toutes les merveilles naturelles que nous avons eu l’occasion de découvrir sur ce bel archipel.

Ces vacances en Guadeloupe constituent le premier voyage Outre-Atlantique et long courrier pour mon fils Zacharie et j’en suis particulièrement fier. J’ai adoré le voir évoluer dans ce nouveau décor et croquer la vie à pleines dents, avide de découvertes.

J’avais été séduit par la Martinique natale de mon ami Rasta-Matnik, mais je dois avouer que le coup de cœur est encore plus grand pour la Guadeloupe. Cela est sûrement dû au caractère sauvage et tropical de Basse-Terre et à la splendeur des Saintes.

J’ai souvent entendu dire que les Guadeloupéens étaient méfiants, voir racistes avec les métropolitains. Je dois dire que je ne partage pas du tout ce sentiment. En tout cas, je n’en ai jamais fait l’expérience lors de mon séjour.

J’envisage déjà de retourner voir mon ami Djo – qui ne semble pas pressé de rentrer en France Métropolitaine – avec toute ma petite famille pour découvrir de nouvelles facettes de l’île papillon. Les sessions baignades dans la piscine ou l’océan, les apéros sur la terrasse bercée par les alizés, les explorations dans la jungle ou dans les fonds marins, les barbecues savoureux, et la chaleur de la culture créole m’appellent à nouveau !

A bientôt Karukera !

Bulgarie, sur les pas des Thraces des Monts du Rila aux eaux de la Mer Noire…

Après un superbe périple du crew en Serbie en 2018, on souhaite remettre le couvert à l’été 2019. Toujours attiré et inspiré par les Balkans, je propose à la team un projet de voyage en Bulgarie. Après avoir un peu préparé le terrain et identifié quelques pépites, c’est le consensus, on s’y voit déjà.

Mais replaçons un peu le contexte du pays, la Bulgarie est bordée par la Serbie et la Macédoine du Nord à l’Ouest, la Grèce et la Turquie au Sud et la Roumanie au Nord avec laquelle elle partage une belle partie des rives du Danube. Elle présente également une ouverture sur la Mer Noire à l’Est et compte plus de 350 kilomètres de côte. La Bulgarie est aussi synonyme de relief puisqu’elle abrite plusieurs massifs montagneux (Grand Balkan, Rila, Rhodopes….) atteignant une altitude moyenne de 2 000 mètres. Comme la majorité des pays balkaniques, c’est un territoire aux influences multiples et complexes. De la Thrace antique à la Bulgarie actuelle, de nombreuses civilisations y ont laissé leur emprunte : Grecs, Byzantins, Perses, Ottomans et Slaves principalement.

Le séjour d’une semaine s’annonce court mais intense avec de nombreux objectifs de visite et un nouveau projet de vidéo A l’Arash Crew à l’étranger. Après ceux tournés au Cambodge et en Serbie, il s’agit du troisième clip du groupe tourné un peu partout au fil de nos pérégrinations, le voici donc en guise d’introduction

Sofia

Fraîchement arrivés à Sofia, on prend le pouls bulgare en se baladant dans la ville. L’ambiance y est sympa et il fait bien chaud en cette fin du mois d’août. J’avais quand même ciblé deux édifices remarquables de la ville à découvrir avant de partir dans l’après-midi à la conquête du splendide Monastère de Rila, perdu en pleine montagne.

Le premier est l’imposante Synagogue de Sofia. Construite au début du XXème siècle par un architecte autrichien, elle en impose par ses dimensions et son style mêlant néo-mauresque, viennois et vénitien. Elle est considérée comme la plus grande synagogue d’Europe de l’Est et la troisième plus grande d’Europe. Ses intérieurs sont richement décorés avec des colonnes en marbre de Carrare, de nombreuses boiseries peintes ainsi qu’un chandelier d’1.7 tonne. Il s’agit pour moi de la plus belle synagogue qu’il m’ait été donné de voir. Belle première surprise.

On arpente ensuite les rues de la ville pour rejoindre l’incontournable Cathédrale orthodoxe Saint Alexandre Nevski qui trône au milieu de l’agréable square du même nom. Cet édifice de style néo-byzantin est un petit bijou construit au début du XXème siècle pour rendre hommage aux 200 000 soldats russes tombés lors de la guerre russo-turque fin XIXème, qui permis de libérer la Bulgarie du joug ottoman.

Ses dimensions en font l’une des plus vastes cathédrales du monde orthodoxe avec une capacité d’accueil de 10 000 fidèles. Son campanile culmine fièrement à plus de 50 mètres de haut. Marbre d’Italie, Onyx du Brésil, Albâtre d’Égypte, icônes et peintures dorées à l’or fin viennent habiller les intérieurs et apporter un peu de lumière dans cet espace plutôt sombre à l’ambiance unique.

Rila

Après cette première matinée riche en découvertes, on prend comme prévu la route pour admirer la pépite bulgare : le Monastère de Rila.

Situé à 2 petites heures de route au Sud de Sofia, le monastère est établi dans le spectaculaire Massif de Rila. Centre spirituel de la foi orthodoxe bulgare, l’ensemble architectural est exceptionnel. Inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO, il constitue le site touristique le plus visité de Bulgarie.

Fondé par l’ermite Saint Ivan de Rila en 930, le monastère plusieurs fois remanié, est caractéristique de la Renaissance Bulgare. Il est installé sur près de 9 000m2 et comprend une vaste cour, une église principale richement décorée, des bâtiments monastiques et une imposante tour médiévale. Je suis littéralement époustouflé par les fresques colorées et omniprésentes du célèbre et productif peintre Zahari Zograf réalisées au cours du XIXème siècle.

On retourne sur Sofia en début de soirée, des étoiles plein les yeux, après un bon repas traditionnel dans une auberge de campagne.

Prohodna

Le lendemain, on part explorer l’incroyable grotte de Prohodna. Située au Centre-Nord du pays dans la Plaine du Danube au sein de la Province de Lovetch, Prohodna fait partie d’un ensemble de près de 300 grottes qui s’égrainent dans les gorges de Karlukovo, l’une des plus grandes régions karstiques de Bulgarie.

Comme la plupart des karsts, il s’agit d’un massif calcaire rongé par l’infiltration des eaux, donnant naissance à des cavités spectaculaires et des formes parfois étranges. Celle de Prohodna m’avait beaucoup marqué au court du visionnage d’un reportage télévisé. Elle présente des dimensions monumentales, véritable Cathédrale souterraine longue de 350 mètres et haute de plus de 55 mètres. Mais ce qui la caractérise véritablement, ce sont les deux cavités longitudinales en forme d’amande rappelant les yeux. Elle est d’ailleurs surnommée Grotte des Yeux de Dieu, ce qui lui confère un caractère mystique. Elle est inscrite depuis 1962 sur la liste des merveilles naturelles de Bulgarie. Encore une belle découverte au pays des Thraces !

Shooting du crew

Ici le sol ne nous permet pas de produire quelques rushs vidéo pour notre projet de clip alors on se contente tranquillement de faire quelques poses immortalisées par mon bon vieux Canon ! On était obligé de tenter un petit shooting pour le groupe au sein de cet espace monumental si particulier. Mais promis, à la prochaine étape on fait chauffer la piste !

Veliko Tarnovo

Toujours dans le Centre-Nord du pays, on poursuit notre périple en direction de Veliko Tarnovo, l’ancienne capitale du puissant Second Empire bulgare qui englobait l’actuelle Bulgarie, l’Albanie, le Sud de la Roumanie et de la Moldavie, le Sud-Ouest de l’Ukraine, la Macédoine du Nord, la Grèce septentrionale et la Serbie orientale entre le XIIème et le XIVème siècle.

Située sur le plateau prébalkanique, la ville, pleine de charme, se développe sur les méandres de la rivière Yantra qui y forme une gorge marquée offrant des panoramas saisissants. Elle est célèbre pour ses maisons à flancs de coteaux et son quartier médiéval du Tsarevets qui abritait la cour royale du Second Empire bulgare.

Le Tsarevets est une forteresse imprenable dotée d’une muraille bien conservée d’une épaisseur moyenne de 2,40 mètres, de tours défensives et de meurtrières. A son apogée, le Tsarevets comptait plusieurs milliers d’habitants, près de 400 maisons, 22 églises, 4 monastères, un enchevêtrement de ruelles étroites et le palais royal érigé sur près de 5 000m2. Ce lieu chargé d’Histoire pourrait tout à fait servir de décor à une série fantastique comme Game of Thrones.

C’est un spot idéal pour enfin produire les premières images de notre clip « A l’Arash Crew dancing in Bulgaria » malgré la température caniculaire !

On en profite aussi pour visiter Arbanassi, petit bourg cossu situé à proximité de Veliko Tarnovo qui constituait un centre commercial important. La Maison Konstantsaliev, convertie en musée est un bel exemple de demeure cossue fortifiée appartenant à la bourgeoise commerçante de l’époque.

Sozopol

Après toutes ces pérégrinations sous un soleil de plomb, nous sommes contents de trouver un peu de fraîcheur sur la côte de la Mer Noire du Sud de la Bulgarie. On pose nos valises à Sozopol, ancienne colonie grecque qui présente un charme fou. L’antique Apollonia dispose d’un cadre idéal avec une belle baie protégée des vents par une petite presqu’île, sur laquelle se déploie le centre ancien flanqué d’innombrables maisons typiques en bois sombre.

Suite à un déjeuner bien mérité, on ne pense qu’à piquer une tête mais la plage de sable fin est bondée. Une petite marche digestive effectuée le long des fortifications de la ville en front de mer, nous permet de tomber sur une sympathique crique rocheuse idéale pour la baignade à proximité du Cap Skamni. « Que ça fait du bien ! ». On viendra le lendemain matin tourner quelques nouvelles image du crew en pleine action face à la Mer Noire.

L’affluence palpable lors de notre dîner au Port de pêche nous rappelle que nous sommes en pleine saison touristique et cette ambiance balnéaire nous convient bien après ces dernières journées au programme bien rempli. On aurait presque envie de jouer les prolongations avant de poursuivre en direction de Plovdiv, dernière étape de notre périple bulgare !

Plovdiv

Après trois heures de route, on approche de Plovdiv, dernière escale de notre aventure bulgare. La ville a fait de gros efforts au cours des dernières années pour mettre en valeur son patrimoine architectural exceptionnel. Elle est d’ailleurs Capitale Européenne de la Culture en 2019, année de notre séjour. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ça se voit. Les rues pavées du centre ancien sont propres et lumineuses et les maisons traditionnelles extrêmement bien restaurées et entretenues.

Plovdiv, fondée à la fin du 2ème millénaire avant J.-C. est l’une des plus anciennes ville d’Europe encore peuplée, fait marquant que pourtant beaucoup ignorent. Thraces, Romains, Byzantins et Ottomans ont laissés leurs empruntes dans la ville des 7 collines de manière durable.

On commence par la Mosquée Dzhumaya (mosquée du vendredi), toute façonnée de briques rouges et de boiseries sculptées, qui appelle le chaland et l’invite à prendre une pause sur sa terrasse ombragée pour déguster un thé et des pâtisseries turques. L’intérieur est richement décoré et me rappelle les mosquées stambouliotes.

L’ancien stade romain est situé juste en face de la mosquée, à moitié enterré, ce qui constitue un original mélange des genres. A l’époque de Philippopolis (ancien nom romain de Plovdiv), il pouvait accueillir près de 30 000 spectateurs, témoignant ainsi de l’importance le cité. La ville compte également un théâtre romain antique sur les hauteurs d’une capacité estimée de 5 000 personnes.

On s’enfonce tranquillement dans le vieux Plovdiv et on retrouve une concentration remarquable de bâtiments remontant au Renouveau bulgare (fin XVIIIème s.- début XIXème s.), période marquée par la volonté de s’émanciper de la domination ottomane et de développer le sentiment national bulgare. Les habitations présentent un style typiquement balkanique avec des stucs blancs, roses ou bleu vif, des charpente et boiseries sombres, des contreforts au courbes gracieuses et de fines colonnes, qui pour l’époque étaient assez avant-gardistes. C’est un vrai régal pour les yeux. Plusieurs maisons ont été transformées en musées et méritent la visite : Maison Kujumdzioglu, Maison Stepan Hindliyan, Maison Balabanova

On poursuit notre ascension du vieux Plovdiv en découvrant Nebet Tepe, site du village Thrace originel. On y découvre un complexe archéologique de premier ordre malheureusement sans aucune mise en valeur. La vue est à couper le souffle sur les alentours, le centre ancien qu’il domine et les collines avoisinantes.

Après une dernière session bboying qui s’opère sur une placette magnifiquement mise en valeur par une fresque urbaine aux couleurs chaudes, notre périple s’achève sur cette étape culturelle de choix et nous fait un peu l’effet d’un bouquet final.

Avant de nous plonger dans l’organisation de ce voyage et de mettre les pieds en sol bulgare, nous n’avions pas véritablement d’idée préconçue sur ce que nous allions découvrir mais je dois bien reconnaître que c’était au-delà de nos espérances. Et nous avons bien conscience d’avoir survolé ce beau pays qui à encore tant à offrir. Peut-être y retournerons nous…

Petite dédicace particulière à mes amis français d’origine bulgare Manuela, Rado et Oli, n’hésitez pas à me filer des bons plans pour notre prochaine escapade dans votre beau pays !

Philippines : paradisiaque Palawan, entre lagons et pics karstiques…

Les Philippines m’ont depuis toujours intrigué. Je n’en connaissais pas grand chose avant de me plonger plus concrètement dans ce projet de voyage, mais quelques particularités aiguisaient déjà ma curiosité : des pics karstiques acérés dignes de Jurassic Park, des récifs coralliens d’exception, de nombreux mots à consonance espagnole, un pays asiatique majoritairement catholique…

Trois siècles de colonisation espagnole et une cinquantaine d’années de gouvernement américain ont laissé une emprunte durable sur l’archipel philippins.

Situées en Asie du Sud-Est, les Philippines sont constituées d’un archipel de plus de 7 000 îles dont 2 000 sont encore inhabitées et n’ont même pas de de nom. On distingue plusieurs grandes zones géographiques : l’île Luçon au Nord abritant la capitale du pays Manille, l‘Archipel des Visayas au Centre (Panay, Negros, Cebu, Bohol, Leyte, Samar), l’île Mindanao au Sud, enfin à l’Ouest l’Archipel de Palawan.

Les Philippines sont situées à l’Est du Vietnam, au Sud-Est de la Chine, au Nord de Bornéo et de l’Indonésie. L’archipel couvre 1 840 km du Nord au Sud et près de 1 000 km d’Ouest en Est. Il compte pas moins de 111 groupes ethniques parlant plus de 70 dialectes dominés par le tagalog. La préparation d’un voyage aux Philippines s’apparente à un casse-tête tant l’accessibilité des différentes îles peut être compliquée. Il faut donc faire des choix. Si au début, nous espérions faire 3 ou 4 îles en 10 jours, on s’est vite rendu compte que nous ne profiterions absolument pas de ce petit coin de paradis et que nous passerions surtout nos vacances dans les transports.

On a donc étudié de nombreux guides de voyages et notre choix s’est arrêté sur deux îles de l’archipel de Palawan, Coron et El Nido, après avoir transité par Manille évidemment. Les pics karstiques acérés et les lagons d’exception n’attendaient plus que nous !

Coron

Petite île située à une centaine de kilomètres au Nord de l’île principale de Palawan, Coron island sera notre première destination. L’hiver a été long et avant toute chose, on souhaite se reposer et profiter du cadre idyllique qui nous entoure. Il fait chaud, il fait beau, les paysages européens sont désormais loin derrière nous et nous rejoignons notre lieu de villégiature, le resort El Rio y mar

El Rio y mar : un resort paradisiaque…

A peine sorti de l’aéroport une navette nous attend pour rejoindre l’hôtel situé à San Jose. Le mini van nous dépose près d’un embarcadère et nous montons sans traîner sur une banka, bateau traditionnel philippin. On découvre la mangrove, les oiseaux nous accompagnent. On se rapproche d’un ponton et un orchestre nous accueille, cocktails de bienvenue à la main. On y est ! Les vacances peuvent officiellement démarrer.

Petit tour du propriétaire, la plage de sable blanc est magnifique, la piscine à débordement donnant sur la mer aussi. On se prélasse un peu dans notre chambre d’aventuriers doté d’une terrasse avec hamac. Le pied ! Après avoir profité pleinement des joies du farniente et de la baignade, on rejoint le restaurant et on ne le regrettera pas. Tout est parfait !

Session snorkeling

Naïvement, je demande si le resort propose des plongées accompagnées. J’ai eu la chance de voir des fonds marins merveilleux en Malaisie et ça me donne grandement envie. L’équipe de l’hôtel me confirme la chose mais me conseille avant tout d’enfiler un masque et un tubas juste devant le ponton. Je suis leur conseil et là c’est incroyable je n’ai jamais vu autant de poissons ! Carangues, poisson demoiselle noir, labre, poisson clown de Clark, poisson clown à queue jaune, poisson ange, poisson globe à tâche noire, poisson perroquet, poisson flûte, poisson cocher… Tous plus beaux les uns que les autres. Je suis novice et complètement subjugué par tant de beauté juste là.

Rando

Après avoir bien profité de l’élément marin, j’ai envie de me dégourdir les jambes et prendre un peu de hauteur, découvrir la jungle environnante. Là aussi, le resort a fait fort en proposant deux balades, plus ou moins faciles, directement au départ de l’hôtel. Ça monte bien mais rapidement on est récompensé. On arrive sur un superbe point de vue panoramique qui nous permet de voir de tous les côtés de l’île. Superbe spectacle. Décidément on est sous le charme.

Coron town

On quitte à regret notre superbe resort pour prendre la direction du Sud et rejoindre Coron town. Installés au confortable hôtel Skylodge, on profite d’une vue imprenable sur la ville et le port qui constitue le point de départ des bateaux de plongée et autres boat-trips à la journée que nous testerons le lendemain.

Boat Trip

Plusieurs tours d’île en île (hopping islands) sont proposées par de nombreux réceptifs locaux. On choisit les grands classiques : Baracuda lake, Twin lagoon, Kayangan lake, Skeleton Wreck et la pause de midi sur la Banul Beach. Le programme s’annonce grandiose !

Baracuda lake

Les nuages ont du mal à partir ce matin-là et il nous faudra un peu de patience pour que le décor resplendisse de milles feux. Notre premier arrêt se fait donc au Baracuda Lake. Les falaises aiguisées plongent de manière abrupte dans les eaux translucides du lac. Ancien cratère, ce lac présente la particularité d’être constitué d’eau salée à partir de moins 30 mètres de fonds et d’eau douce au-dessus. La rencontre des deux masses aqueuses provoque une réaction gazeuse qui fait monter la température de l’eau à 38°C à l’endroit où elles se touchent et est matérialisée par une couche brune épaisse de quelques dizaines de centimètres. C’est donc un spot de plongée couru pour ce phénomène plutôt rare appelé halocline.

Twin Lagoon

Deuxième arrêt au Twin Lagoon et les nuages campent avec nous. Mais le décor est de toute beauté. On se croit vraiment dans un film d’aventure. On passe d’un lagon à l’autre en franchissant une paroi rocheuse puis en plongeant, on profite des fonds marins et du bleu émeraude de l’eau.

Banul Beach

Les émotions ça creuse alors quoi de mieux qu’un bon repas sur la plage de Banul Beach. La plage est littéralement paradisiaque et la couleur de la mer juste incroyable. On en prend plein les yeux !

Kayangan Lake

On reprend place dans notre banka pour rejoindre le Kayangan Lake, un des 7 lacs sacrés de l’île de Coron pour la population indigène locale, les Tagbanwa. Pour y accéder, une petite marche assez raide est nécessaire depuis le bateau mais elle en vaut la peine car elle offre un des plus beaux point de vue de Coron.

Skeleton Wreck

Dernière étape de cette journée riche en découvertes, direction Skeleton Wreck. Il s’agit en fait d’une épave de navire japonais coulée par la flotte américaine pendant la deuxième guerre mondiale. Il y a de nombreux épaves immergées d’avions et de bateaux dans cette partie de l’île, ce qui explique aussi le succès de la plongée dans le secteur. Pour l’épave Skeleton Wreck, pas besoin de bouteille, masque et tubas suffisent largement pour profiter de ce décor inhabituel pour moi, entre coraux poissons colorés et épave engloutie. J’adore !

Plongée avec bouteilles

Après avoir profité des plus belles sessions snorkeling qu’il m’ait été donné de faire dans ma vie, je passe aux choses sérieuses avec ma première plongée bouteilles. J’ai déjà eu l’occasion de découvrir l’activité en faisant un baptême de plongée mais les conditions ne sont pas les même en eau douce dans une gravière alsacienne.

Nous arrivons à proximité de l’île de Lusong. Après un brief de l’ensemble des règles, j’enfile tant bien que mal la combinaison et l’ensemble du matériel avant que le moniteur me fasse passer de la théorie à la pratique en eau peu profonde. Ça y est tout le monde est prêt, on va pouvoir explorer les récifs coralliens en apesanteur. Les couleurs sont éclatantes, les poissons variés et majestueux. Non loin de là, une nouvelle épave hors d’âge s’offre à nous, c’est celle du Lusong Gunboat. Un pur régal !

On quitte la grandiose île de Coron pour partir à l’assaut d’El Nido où de belles choses nous attendent, on en est persuadé !

El Nido et le Bacuit Archipelago

Situé sur la pointe Nord de l’île de Palawan, El Nido possède un cadre environnemental exceptionnel. Elle présente notamment les même formations calcaires que la Baie d’Halong au Viêtnam, Guilin en Chine et Krabi en Thaïlande. Ses fonds marins ne sont pas en reste puisque la zone d’El Nido – Tatay constitue le plus grand sanctuaire marin des Philippines classé depuis 1998 en zone protégée. On y trouve notamment 4 types de tortues marines, 100 espèces de coraux et plus de 800 variétés de poissons. Le territoire est donc un spot de plongée réputé.

Boat-Trip (hopping islands) sur les îles Bacuit au départ d’El Nido

Même principe qu’à Coron, des agences proposent des excursions en bateau à la journée pour partir à la découverte des criques, plages et autres lagons secrets. On en trouve une qui nous propose un programme alléchant avec un capitaine privé. C’est parti !

Small Lagoon

Après avoir embarqué tôt le matin pour fuir les hordes de touristes, on arrive quasi les premiers sur la petite île de Miniloc. On plonge immédiatement sur les conseils du capitaine pour explorer le petit lagon. Mais pour cela il nous faudra franchir un portail naturel de pierre. L’aventure continue !

Big Lagoon

A quelques encablures de là, notre bateau largue les amarres au grand lagon. Les lieux sont toujours aussi déserts, ça change de notre premier boat-trip à Coron. Ce deuxième lagon est encore plus impressionnant par la taille de ses falaises effilées.

Secret Beach

Pour finir la matinée, notre capitaine se rend sur une autre île et s’approche du rivage sans qu’on ne puisse véritablement saisir pourquoi. Il nous indique un passage secret pour franchir les parois rocheuses. On s’introduit dans un lagon secret de forme circulaire assez monumental.

Star Beach

Il est l’heure pour nous de profiter d’un bon repas. On accoste donc sur la Star Beach sur l’île de Tapiutan où nous sommes seuls au monde. C’est juste parfait ! Le repas est goûtu et gargantuesque, c’est vraiment une excursion de prestige. On profite de ces moments précieux.

Hidden Beach

Notre prochaine escale sera le clou du spectacle avec la célèbre Hidden Beach sur l’île de Matinloc. Une superbe plage de sable fin se cache derrière une barrière rocheuse féroce. Les couleurs sont magnifiques et l’endroit s’apparente à un paysage de carte postale. On est sous le charme même s’il y a davantage de monde présent sur les lieux.

Serenity Beach

Dernière escale de la journée sur l’île de Cadlao pour profiter de la sympathique Serinity Beach. On se retrouve à nouveau seuls et on se délecte du cadre sous un soleil plus doux commençant à faiblir.

Canopy walk

J’ai beaucoup vu ces incroyables pics karstiques depuis notre arrivée aux Philippines mais maintenant j’ai vraiment envie de m’y frotter ! Pour cela, on opte pour une balade plutôt sympa aménagée le long des parois. C’est la Canopy Walk d’El Nido qui permet de gravir aisément la Taraw Cliff (falaise Taraw) qui domine la ville. On se croirait dans un parc accrobranche à la différence que le point de vue final est spectaculaire offrant une vue imprenable sur la Baie d’El Nido.

Playa Encantada

Après toutes ces aventures, on est content de s’offrir à nouveau une belle parenthèse de calme et de sérénité. On file donc au Nord d’El Nido en direction de notre dernier lieu de villégiature, la Playa Encantada Beach Resort. Véritable havre de paix, nous voilà en pleine retraite coupés du monde. L’accueil est parfait, la cuisine raffinée, les bungalows équipés avec goût, les couchers de soleil à tomber… De taille beaucoup plus modeste, on a vraiment l’impression d’être en vacances chez des amis. Ce sera notre gros coup de cœur du voyage pour finir en beauté.

Le jour avant notre départ, nous apprenons avec stupeur par le biais du frère de notre hôte que les aéroports ferment les uns après les autres. Il nous conseille de prendre les devants pour que le retour se fasse dans les meilleures conditions possibles. En effet, la crise sanitaire naissante de ce satané COVID éclatait aux yeux du Monde et il nous fallait rentrer rapidement en Europe. Grâce à sa clairvoyance, nous avons fait partie des premières personnes informées et ayant réagi. On a ainsi réussi à décrocher un billet pour rejoindre Clark, le deuxième aéroport de l’île de Luçon, à environ 90 kilomètres de Manille. La Capitale philippine était inaccessible car bouclée.

Notre avion pour la France nous aura coûté à peine 350€ par personne alors que dès le lendemain et au vu de l’incroyable demande le prix des billets avait décuplé passant à près de 4 000€ ! Beaucoup de touristes étaient ainsi contraints de dormir à même le sol dans les aéroports dans des conditions déplorables.

Le retour a ainsi été assez dur émotionnellement car nous savions que nous allions nous confiner mais pour combien de temps… Pour les personnes aimant la liberté, cette période a été vraiment compliquée.

Je garde de ce voyage de merveilleux souvenirs, nous n’avons visité qu’une partie microscopique de l’Archipel et pourtant c’était fabuleux. J’imagine donc aisément que le reste du pays à énormément à offrir et qu’il faudrait rester beaucoup, beaucoup plus longtemps pour bien le connaître. Les Philippines se méritent mais le jeu en vaux clairement la chandelle.

Je remercie au passage deux amis danseurs à moi Jomel et Mike qui sont amoureux de leur pays d’origine et qui m’ont apporté de précieux conseils. D’ailleurs, si vous voulez découvrir de splendides images de plongée, n’hésitez pas à découvrir sa chaîne Youtube ArtNatureMike où de nombreux Vlog sur les Philippines ont été réalisés avec brio ! Merci aussi à Mike pour sa connaissance de la faune aquatique…

Chine, l’Empire du Milieu entre tradition et modernité…

La Chine, troisième plus grand pays au Monde avec 9.6 millions de km2, est également le pays le plus peuplé de la planète avec 1.4 Milliards d’habitants soit 1/6 de la population mondiale. Le colosse asiatique, souvent appelé l’atelier du Monde est le plus gros exportateur de marchandises du globe et peut donner l’impression au grand public d’une fourmilière grouillante où s’entassent les usines et où la pollution est omniprésente.

Le Made in China ne fait pas rêver mais pourtant, l’Empire du Milieu constitue l’une des plus anciennes civilisations au Monde et peut-être même la plus ancienne civilisation continue. Ce Pays-Continent est bordé par une quinzaine de pays : à l’Est par l’Océan Pacifique et la Corée du Nord, au Nord par la Russie et la Mongolie, au Sud par le Vietnam, le Laos, la Birmanie, l’Inde, le Bhoutan et le Népal et à l’Ouest par le Pakistan, l’Afghanistan, le Tadjikistan, le Kirghizistan et le Kazakhstan. Entre les steppes du Nord, le désert de Gobi à l’Ouest, la plaine côtière à l’Est et les contreforts de l’Himalaya au Sud, le pays qui se développe à une vitesse folle offre des contrastes saisissants.

Même si les Hans constituent l’ethnie ultra majoritaire du pays, une cinquantaine d’autres minorités peuplent la Chine et sont reconnus par L’État. Sur la carte d’identité chinoise, l’identité ethnique est mentionnée et permet selon le gouvernement chinois, d’appliquer une « discrimination positive » afin de préserver la culture et la langue des peuples « non Han ». Pour autant, certaines d’entre elles sont tristement célèbres car persécutées par le pouvoir en place comme les Ouïgours ou les Tibétains à l’Ouest.
Les libertés ont la vie dure même pour les Hans au pays du soleil couchant. Tout est ultra surveillé et sécurisé, la petite délinquance n’existe pas ou en tout cas n’est pas visible. Les caméras de surveillance pratiquent la reconnaissance faciale et la population dispose d’un permis à point. Chaque infraction ou petit larcin se paie cher, allant de l’interdiction d’utiliser les transports en commun, de changer de province, d’acheter un bien, de bénéficier d’un compte bancaire avant d’aller en prison. Pas de doute possible, mieux vaut se tenir à carreau !

Autre image d’Épinal, la Chine est un pays communiste. Certes, mais ici tout s’achète et tout se vend, le pays a fait du chemin depuis Mao Zedong. Aujourd’hui, la monnaie physique tend à disparaître et on paie en scannant des QR Code dans la rue avec son smartphone. On a même vu un clochard faire la manche dans le métro de Pékin en arborant autour du coup un panonceau muni d’un QR Code !

Rivière Li

Malgré tout, la Chine reste une formidable destination touristique offrant une incroyable diversité de paysages, des sites culturels et naturels extraordinaires et de nombreuses spécialités culinaires.
Lorsqu’on envisage un voyage en Chine, certaines images nous apparaissent rapidement : La mythique Grand Muraille, la Skyline de la frénétique Shanghai, l’impressionnante Armée de terre cuite de Xi An, les Pandas et la cuisine savoureuse et pimentée du Sichuan, les minorités ethniques du Yunnan, les méandres de la Rivière Li, l’envoutante Route de la Soie, la Cité Interdite de Pékin et bien d’autres encore… Mais la Chine est tellement vaste qu’à moins d’avoir le temps pour soi, il est nécessaire de faire des choix pour organiser son séjour.

Véritable aubaine pour moi, mon ami Ting-Ting, venue en France pour ses études en oeno-tourisme a su me conseiller et m’aider dans l’organisation du séjour. En effet, si nous avions déjà repéré de nombreuses provinces à arpenter, il était nécessaire de voir si cela était réellement jouable, notamment en matière de transport. Et force est de constater que le pays est extrêmement performant en la matière ! Durant nos trois semaines de voyage, nous avons pris 7 fois l’avion, 5 fois le train et un nombre incalculable de bus, taxi et autre métro sans aucun problème en parcourant pas moins le chiffre vertigineux de 8 500 kilomètres !

Retour sur ce road-trip d’exception, c’est parti !

Shanghai, porte de la Chine sur le Monde…

Shanghai sera notre porte d’entrée chinoise, ce qui correspond bien avec la destinée de la ville, souvent considérée comme la Porte de la Chine sur le Monde. La mégalopole peut se targuer de chiffres qui font tourner la tête ! La ville est la plus peuplée de Chine avec plus de 27 millions d’âmes et environ 80 millions pour son aire urbaine (12 millions de plus que la France pour une seule ville).

Le choix d’un atterrissage à Shanghai n’était pas anodin non plus puisque mon amie Ting-Ting y vit et que grâce à elle, l’arrivée en terre inconnue se ferait certainement en douceur. Comment être mieux accueilli dans un pays que par des amis ou de la famille ! Il faut dire que lors de son stage à Strasbourg, nous avions longuement parlé de ce projet de voyage ensemble et, en grande ambassadrice de son pays, elle a rapidement su attiser ma curiosité et me donner envie de partir à la découverte de l’Empire du Milieu.

Notre arrivée s’est faite en douceur grâce à une totale prise en charge de sa part, ce qui nous a beaucoup soulagé. Il faut dire que la communication n’est pas aisé en Chine même si les nouvelles technologie font des miracles de nos jours. Après une courte sieste et un rafraîchissement à l’hôtel, on décide de faire un tour dans le centre historique de Shanghai et on ne sera pas déçu.

A vrai dire, je n’attendais pas grand chose de cette première étape dans une agglomération au développement frénétique et obsédée par le business, et il faut bien reconnaitre que contre toute attente, Shanghai m’a beaucoup plu.

J’ai aimé l’ambiance et l’atmosphère chaude et humide de la ville. Nous sommes bien en Asie, pas de doute possible. Ting-Ting nous fait pénétrer dans le vieux Shanghai, et nous arpentons des ruelles commerçantes bordées par de fières bâtisses de style traditionnel. Ça grouille de badauds, le spectacle est permanent, les magasins s’invitent dans la rue à travers des démonstrations et autres dégustations. On passe ici quelques heures avant de rejoindre la quartier historique du Bund à la tombée de la nuit.

Le Bund est en fait un prestigieux boulevard, longeant la rivière Huangpu et jalonné de somptueux édifices de style européen construit au début du XXème siècle. Ces bâtiments coloniaux rappellent le souvenir du développement du commerce et des concessions internationales. A partir du milieu du XIXème siècle, le quartier devint un port ouvert sur le Monde, où l’ensemble des commerçants étrangers venaient faire affaire. Aujourd’hui, le Bund est une des principales attractions touristiques de la ville où il fait bon flâner à la tombée de la nuit. Le jeu des lumières vient mettre en valeur les façades d’époque et contraste avec l’impressionnante ligne de gratte-ciels du quartier de Pudong sur l’autre rive !

Zhujiajiao, la Venise de Shanghai…

La Chine compte de nombreuses villes d’eau. Les plus spectaculaires d’entre elles ont été édifiées autour du delta du fleuve Yang-Tsé-Kiang dans les environs de Shanghai. Pour lutter contre les inondations et tenter de maîtriser les crues du capricieux et sauvage cours d’eau, un nombre incalculable de canaux a été construit façonnant de nombreuses cités intimement liée à l’eau.

Ting-Ting nous propose ainsi une excursion vers Zhujiajio (toujours dans Shanghai intramuros), accessible en métro depuis notre hôtel. La ville, surnommée « Venise de Shanghai » est particulièrement bien conservée et de nombreux bâtiments datent de la Dynastie Ming. Ruelles pavées, échoppes colorées, mélange d’odeurs de spécialités sucrées et salées, Zhujiajio dégage vraiment une ambiance sympathique où il fait bon se balader. Les eaux tranquilles des canaux sont franchies par pas moins de 36 ponts ! Une belle découverte inopinée.

Zhangjiajie, comme un air d’Avatar…

On quitte le tumulte de Shanghai pour l’une des pépites de la Chine, le Parc Naturel National de Wulingyuan et ses décors uniques au monde ! Située dans la province du Hunan à quelques encablures de la ville de Zhangjiajie, dans une zone encore assez difficile d’accès, la réserve naturelle de Wulingyuan présente un nombre incalculable de pics karstiques qui se dressent vers le ciel et forment une véritable forêt de pierre. James Cameron s’en serait d’ailleurs inspiré pour la création des décors du film Avatar.

La zone est extrêmement vaste et on se concentre sur quelques spots identifiés en amont. L’entrée du parc est pensée à la chinoise et ressemble davantage à une entrée de parc d’attraction, ce qui peut dérouter les touristes européens, qui préfèrent limiter au maximum l’emprunte humaine en ce type de lieu. Ici, au contraire, de nombreuses terrasses d’observation sont aménagées, des ascenseurs géants, des passerelles et ponts, des téléphériques, des boutiques et restaurants jonchent le parcours par endroit. Certaines zones sont bien moins fréquentées comme par exemple les sentiers de randonnées raides qui demandent un peu d’effort. Des navettes circulent constamment et desservent une bonne partie des points d’intérêt du parc. Tout est fait pour faciliter la vie du visiteur lambda. Quoi qu’il en soit, les paysages sont exceptionnels et impressionnants. Je n’ai jamais rien vu de tel ! C’est fabuleux et on se sent tout petit.

Chengdu, capitale du Sichuan…

On quitte Zhangjiajie pour le Sichuan et sa capitale, Chengdu. Avec 18 millions d’âmes, elle fait partie des villes les plus peuplées de Chine, assumant le rôle de centre de la Chine de l’Ouest. Particulièrement dynamique et réputée à travers le monde pour sa cuisine fine et pimentée, son climat est aussi connu pour son humidité et son temps souvent couvert.

On part se balader dans la ville et l’ambiance y est agréable. Notre hôtel est situé non loin du temple de Qingyang qui est l’un des plus anciens et des plus grands temples taoïstes de la Chine. Le temple renferme de nombreux pavillons, cours, jardins, un restaurant et une maison de thé où les anciens viennent échanger et jouer des parties interminables de Mahjong. On en prend plein les yeux !

Question shopping et street food, on est également servi avec la célèbre rue piétonne Jinli. Tout ici est fait pour consommer. C’est à nouveau un festival de couleurs, d’odeurs qui s’offre à nous. Après avoir fait quelques emplettes et testé quelques spécialités locales plus ou moins farfelues, on tombe sur une boutique très classe consacrée au tabac ! Et oui, ici, les cigarettes, bien moins diabolisées qu’en Occident, sont un véritable produit de luxe. Certains paquets peuvent coûter plusieurs centaines d’euros et on avoue qu’après avoir goûté l’une ou l’autre on ne comprend pas…

Quoi qu’il en soit, dans la rue ou au restaurant, notre incursion en terre sichuanaise nous a vraiment convaincu par la finesse de la cuisine régionale. La traditionnelle fondue du Sichuan, aussi appelé Hot Pot, qui consiste à faire cuire les aliments (viande et légumes) dans deux bouillons blanc et rouge, pimentés et au poivre de Sichuan qui anesthésie légèrement la bouche sont une belle découverte. On s’est régalé !

Le Centre des Pandas de Chengdu, à la rencontre de la star du Sichuan…

Mais si nous sommes venu à Chengdu, il y une autre raison que la cuisine. En effet, on veut voir la star de la région en chair et en os, j’ai nommé le Panda ! Il est possible de voir le Panda dans son milieu naturel dans certaines réserves mais sans certitude et comme nous avons peu de temps devant nous, on opte pour une visite du Centre des Pandas de Chengdu.

Le centre a avant toute chose pour objectif l’étude et la reproduction en captivité du panda géant, espèce particulièrement menacée qui ne compte plus que 2 000 individus au monde. Appartenant à l’ordre des carnivores, le panda dispose d’un système digestif capable de digérer de la viande. Pourtant, son régime alimentaire se cantonne principalement au bambous dont il raffole. Il en ingurgite jusqu’à 20 kilos par jour.

Le Parc animalier, qui compte une centaine d’individus, comporte 8 grandes zones distinctes, déployées en fonction de l’âge de ces derniers. Mieux vaut venir tôt, car d’après les dires des locaux, après avoir mangé et joué en matinée, la sieste peut être longue, c’est leur hobbie préféré !

Le parc abrite également de nombreux panda roux, surnommés renards de feu en Chine.

Le Bouddha Géant de LeShan…

Toujours au départ de Chengdu, on prend le train très tôt pour partir à l’assaut de LeShan et son Bouddha Géant, situé à environ 150 kilomètres de la capitale du Sichuan. Les trains chinois sont comme toujours extrêmement efficaces. On commence l’ascension de la colline et il y a du monde ! Après cette petite marche, on tombe sur une terrasse panoramique qui nous permet d’observer la tête monumentale du géant de pierre. On descend ensuite les escaliers en file indienne interminable pour apprécier les dimensions impressionnantes de ce Bouddha titanesque. Avec plus de 71 mètres de haut et 28 mètres de large, c’est l’un des plus grands Bouddha au Monde.

Près de 100 ans auront été nécessaires à sa construction. Elle fut entreprise pour protéger les marins empruntant le périlleux confluent des trois rivières environnantes (Dadu, Quini et Min). La quantité pharaonique de pierre retirées de la falaise et tombées dans l’eau auraient modifié, d’après la légende, le lit du cours d’eau, qui serait devenu sans danger pour les navires l’empruntant.

Le site est vaste et ne se limite pas au simple Bouddha. Un vaste parc agrémenté de pavillons, restaurants et temples ponctue le parcours qui devient vraiment plaisant.

Shangri La, incursion en terre tibétaine…

Après être tombé sous le charme du Sichuan, on poursuit notre périple en direction du Yunnan, autre grand classique d’un voyage en Chine. La Région frontalière du Tibet, de la Birmanie, du Laos et du Viêt Nam comporte pas moins de 25 ethnies différentes. Principalement montagneux, le Yunnan est aussi une des régions les plus pauvres de Chine, où le tourisme occupe une place importante.

On rejoint Shagri La et le plateau tibétain par les airs. La ville est située à plus de 3 000 mètres d’altitude et on constate en allant se promener dans cette belle cité que le ciel y est d’un bleu profond et que notre souffle est plus court. L’ancienne Zhongdian a été rebaptisé en 2001 Shangri La par les autorités chinoises qui a consideré qu’elle correspondait à la vallée perdue aux confins du Tibet dont parle James Hilton dans son roman « Les Horizons perdus« . Et c’est clair qu’en terme d’image ca fonctionne. Ce seul nom nous fascine. On a clairement l’impression d’être dans un tout autre pays. Les traits de la population locale, la nourriture, l’écriture, les lieux de culte ; tout est différent ! Un véritable voyage dans le voyage ! On a adoré !

Après un bref passage au marché où la viande de yak est reine, on prends un peu de hauteur pour aller admirer le plus grand moulin à prières du Monde. Fabriqué en cuivre et recouvert d’or, il mesure pas moins de 21 mètres de haut et pèse 60 tonnes. Les efforts conjugués de quatre personnes minimum sont nécessaires pour l’activer. J’ai tenté de le faire tourner seul mais ce fut un échec cuisant !

Songzalin, le Petit Potala…

A quelques kilomètres de là, après une quinzaine de minutes en bus, on tombe né à né avec la Monastère tinétain de Songzalin. Egalement surnommé « Petit Potala » du fait de sa ressemblance frappante avec celui de Lhassa, il est l’un des monastère les plus importants du Yunnan. Près de 700 moines et Lamas y vivent et y étudient philosophie et textes bouddhistes tibétains.

Bien moins fréquenté que la ville, on y ressent une sérenité absolue. Fièrement derssé sur une petite colline, l’imposant complexe sacré s’offre à nous. Après avoir gravi quelques dizaines de marches, pénétré dans différents temples aux couleurs éclatantes, on atteint le sommet de l’édifice principal qui offre une vue à couper le souffle sur la vallée. Je garderai toute ma vie en mémoire ce ciel d’un bleu intense et la roue de Dharma dorée, entourrée de deux cerfs, qui représente les enseignements de Bouddha.

Lijiang et le Lac du Dragon Noir…

On poursuit notre exploration du Yunnan en descendant vers le Sud et Lijiang en bus. Les paysages sont grandioses et on passe à proximité des fameuses Gorges du Saut du Tigre, qu’on aurait souhaité arpenter mais il faut se résigner car le temps nous manque cruellement. Lijiang est une ville où la minorité Naxi est très présente. Le centre ville est extrêmement bien conservé et arpenter son dédale de ruelles pavées est un vrai régal. De nombreux cours d’eau paisibles s’immiscent dans la ville et ses rives sont particulièrement fleuries et flanquées d’échoppes et de bâtiments traditionnels soignés.

Après avoir parcouru le centre ancien, on prend la direction du Lac du Dragon Noir, qui est blotti au milieu d’un parc arboré qui invite à la flânerie. Il offre une vue imprenable sur le Mont du Dragon de Jade et ses 5 500 mètres d’altitude. Une belle escale de plus dans notre périple chinois.

Dali et le Temple des Trois Pagodes…

Dernière étape de notre séjour dans le Yunnan à Dali, où la minorité Baï est très représentée. Ici, pas de ruelles pavées mais de larges rues ouvertes assez fréquentées. Après une petite session shopping dans la rue des étrangers, on décide d’aller visiter le Temple de l’Admiration situé à quelques kilomètres. En chemin, on tombe nez-à-nez avec une des majestueuses Portes de la Ville. On gravit quelques marches pour l’examiner de plus près. C’est alors qu’on aperçoit un couple de jeunes mariés venu faire un shooting photo profitant du joli cadre pour immortaliser leur union sous un soleil tenace.

Après une vingtaine de minutes de marche, on pénètre dans l’enceinte du Temple de l’Admiration. C’est grandiose, une vaste esplanade s’ouvre sous nos yeux, avec en arrière plan, trois majestueuses pagodes très aériennes qui se dressent fièrement vers le ciel. La vue depuis le sommet du Temple offre un panorama exceptionnel avec les trois Pagodes au premier plan et le Lac Erhai en arrière plan.

Retour au centre-ville après cette balade apaisante. On apprend que la ville recèle le deuxième plus Grand Temple de Confucius de Chine, dédié à l’immensité du savoir du grand philosophe et auteur du 6ème siècle que j’affectionne particulièrement. Portiques, cours intérieures et pavillons se succèdent pour le plus grand plaisir de nos yeux.

On finit notre journée en cherchant l’intrigante Cathédrale du Sacré-Cœur de Jésus de Dali, en retrait des grands boulevards. Construite dans un style local, elle surprend les Occidentaux que nous sommes. Ouverte mais guère fréquentée, elle est bien entretenue et finement décorée.

Croisière le long des méandres de la Rivière Li…

Depuis Kunming dans le Yunnan, on rejoint Guilin, la capitale de le région voisine le Guangxi. Ce nom m’est moins familier mais, arpentant régulièrement les salons du tourisme dans le cadre de mon métier, j’ai été frappé à plusieurs reprises sur les stand de l’Office National du Tourisme de Chine par un paysage de carte postale incroyable. A tel point qu’il a motivé à l’époque mon appétit de découverte de la Chine, j’ai nommé la Rivière Li et ses innombrables montagnes en Pain de sucre qui paraissent irréels !

En arrivant à l’aéroport du Guilin, le temps est vraiment maussade. Si nous avons déjà quelques idées sur les endroits à visiter dans la Région, nos plans ne sont pas tout à fait ficelés et la personne en charge du change nous propose un programme sur mesure avec chauffeur privé qui attirera toute notre attention et nous permettra de profiter pleinement des deux jours à venir !

Après une nuit reposante, on rejoint notre chauffeur qui nous fait découvrir cette région tout droit sortie d’un film de sciences fiction ! Les fiers pics karstiques se comptent par centaines. J’imagine que les randonnées dans ce coin doivent être aussi fabuleuses que compliquées. Je suis littéralement fasciné. Notre chauffeur nous mène finalement à la rencontre d’un pêcheur qui nous servira de guide sur son embarcation traditionnelle. On se laissera émerveiller par la splendeur des paysages au cour de cette croisière paisible, loin de la foule qui arpente les méandres de la Rivière Li sur les grands bateaux qui se suivent à la queue leu-leu.

Après avoir observé les Pains de sucre d’en bas, on a envie de prendre un peu de hauteur et notre chauffeur nous propose l’ascension d’un de ces pic karstique, en suivant un chemin de randonnée qui se transforme rapidement en long escalier métallique. La vue sur l’une des méandres de la célèbre rivière se mérite mais elle est exceptionnelle. Ça valait vraiment le coup !

Long Sheng, les rizières en terrasse du Dragon…

Plus de deux heures d’autocar au départ de Guilin nous seront nécessaires pour rejoindre l’un des paysages de rizières les plus spectaculaires en Asie. Il s’agit des Rizières de Longji, littéralement « épine dorsale du Dragon« . Construites il y a plus six siècles par la Minorité Zhuang, les champs en terrasse totalisent une superficie de plus de 60km2. Aménagés sur les pentes raides de la vallée, ils permettent d’optimiser l’irrigation des précieux grains en devenir.

En arrivant dans la localité, on a l’impression d’entrer dans un station de ski. Portiques en bois, vallée encaissée et humide, téléphériques pour rejoindre rapidement les sommets, pas mal d’ingrédients y sont. Mais ici, la neige est remplacée par l’un des ingrédients principaux de la cuisine asiatique, le riz.

Peu avant la récolte, les couleurs automnales apportent aux brins de riz des teintes dorées qui éblouissent les yeux. Ici, les rizières sont parsemées de chemins permettant de belles randonnées entre chaque point de vue. Parfois quelques hameaux traditionnels de la Minorité Zhuang viennent parfaire le paysage. C’est fabuleux mais aussi assez fréquenté.

Yangshuo et l’Arche de la Lune…

Dernière journée dans le Guangxi à Yangshuo à une petite centaine de kilomètres au Sud de Guilin. La petite ville est très touristique et animée en soirée. Elle constitue un des points de départ ou d’arrivée des croisières sur la Rivière Li. Les Pains de sucre caractéristiques de la Région sont omniprésents au point d’encercler la ville.

Une balade à vélo nous permet de profiter pleinement du coin, même si les deux roues bon marché mis à disposition par notre hôtel nous poseront quelques difficultés… Une demie-heure de coups de pédales nous emporte au pied d’un petit Mont qui abrite la splendide Arche de la Lune. La voute en forme de Lune qui fait la popularité du lieu mesure 50 mètres de haut et 50 mètres de large. Un sentier pavé de 800 marches permet d’accéder au sommet.

Avant de repartir, nous aurons l’occasion de faire la visite d’une plantation de thé et de participer à une cérémonie du précieux nectar.

Pékin, capitale pressée…

Pour notre dernière étape chinoise, nous mettons cap au Nord en direction de l’incontournable Pékin. Capitale, centre politique et culturel de la Chine, je dois dire que j’en attendais beaucoup comparé à Shanghai. La Cité Interdite, le Temple du Ciel et non loin de là la Grande Muraille de Chine, tant de symboles forts dont l’évocation du simple nom fait rêver !

Et bien je dois dire que pour la première fois de notre voyage, j’ai trouvé les gens moins sympas. Est-ce le syndrome du mauvais accueil des capitales comme en souffre Paris par exemple ? Ou peut-être simplement la fatigue qui commence à se faire sentir après trois semaines de pérégrinations. Difficile à dire, mais Pékin est la seule ville chinoise où les taxis fuyaient les touristes qui ne pouvaient payer qu’en cash ! Heureusement le réseau de métro est vaste et efficace…

Malgré tout Pékin vaut clairement le détour, à commencer par le Temple du Ciel…

Le Temple du Ciel, trait d’union entre Ciel et Terre…

Le Temple du Ciel est considéré comme l’achèvement de l’architecture traditionnelle chinoise. Sa disposition est liée à la cosmologie chinoise, qui estime alors que la Terre est carrée et le Ciel rond. L’empereur, considéré comme le fils du Ciel, est chargé de faire le lien avec l’autorité céleste pour préserver le bon ordre sur Terre. Au cours des dynasties Ming et Qing, de nombreux rites et sacrifices ont été organisés pour rendre hommage au Ciel et l’implorer de donner de bonnes récoltes.

Le Temple du Ciel est un fait un vaste complexe de plus de 250 Ha situé dans un immense parc en plein cœur de la ville. Il comporte cinq édifices principaux que sont : la Salle des Prières pour la bonne moisson (pavillon en forme de rotonde), la Demeure du Seigneur du Ciel (également en forme de rotonde), la Salle de l’abstinence , l’Autel du Ciel et le Bureau de l’Esprit de la Musique (tous trois de forme rectangulaire). Les bâtiments de forme ronde avec des tuiles bleues symbolisent le Ciel et les édifices rectangulaires à tuiles vertes représentent la Terre.

Si les pavillons principaux concentrent pas mal de monde, il faut dire que le reste du parc est bien moins fréquenté, ce qui ne sera pas le cas de notre prochaine visite à la fameuse Cité Interdite.

Pékin et la Cité interdite…

La Cité Interdite, autre incontournable de la Capitale chinoise, est l’ancien Palais impérial des dynasties Ming et Qing qui servi pendant près de 500 ans à partir du 15ème siècle. Le complexe qui s’étend sur 72Ha, comporte de nombreux édifices, places, passages, jardins et autres murailles. Aujourd’hui reconvertie en Musée, la Cité Interdite présente de nombreuses œuvres d’art chinoises importantes, parmi lesquelles des laques, bronzes, peintures, porcelaines, jade et autres objets de la vie quotidienne de la famille impériale.

On y accède par la Porte Sud située Place Tian’Anmen, aux mesures surdimensionnées, où est disposé le Mausolée de Mao Zedong. Déjà les visiteurs affluent mais la gestion des flux reste toujours aussi efficace. On pénètre dans une première enceinte flanquée de larges bâtiments aux murs rouges ocres et débouchant sur une nouvelle Porte. Les vastes cours s’enchaînent et se ressemblent un peu et les hordes de touristes nous accompagnent. On se dirige tranquillement vers la Partie Nord et les nombreux Palais richement décorés et présentant des collections d’objets unique d’exception. Le complexe est extrêmement vaste et compte 980 bâtiments et pas moins de 8 728 pièces ! C’est aussi le plus grand ensemble de structures médiévales en bois de Chine.

Le site vaut clairement la visite mais on comprendra un peu tard qu’il est opportun de bien choisir son horaire pour en profiter pleinement.

La Grande Muraille de Chine, on a foulé une des 7 nouvelles Merveilles du Monde…

Pour un final de toute beauté, on prends place dans un autocar de tourisme en direction de Mutianyu à 70 kilomètres au Nord de Pékin pour fouler la prestigieuse Grand Muraille de Chine. Elle constitue le plus vaste ouvrage défensif militaire au Monde avec ses 9 000 kilomètres de long plus ou moins ruiné. Voulue par une succession d’empereurs chinois, elle fut érigée pour protéger la partie Nord du pays des incursions Nomades. La légende voudrait qu’il s’agisse du seul ouvrage construit par l’Homme qui soit visible depuis la Lune. Elle fait aujourd’hui partie des 7 nouvelles Merveilles du Monde et est souvent comparée à un Dragon majestueux qui domine déserts, vallées, montagnes et plateaux.

Plusieurs sections de Muraille sont accessibles depuis Pékin, mais nous choisissons Mutianyu, car après quelques recherches, il s’agit d’une section remarquablement conservée et particulièrement impressionnante de par ses dimensions. En effet, entièrement construite en granit, elle est plus imposante que les autres sections avec ses 7 mètres de haut et 4 mètres de large. Il y a quelque chose de magique en ce lieu si représentatif de l’identité chinoise. C’est un peu comme un rêve de gosse d’arpenter tranquillement cet incroyable fortification. La randonnée d’un peu plus de 4 kilomètres A/R se fait assez facilement malgré un dénivelé parfois important puisqu’elle épouse les crêtes du massif sur lequel elle est érigée. Les couleurs automnales apportent un peu de chaleur à ce paysage spectaculaire de forêts vallonnées à perte de vue. C’est grandiose. C’est clairement un des moments forts du voyage.

Après presque trois semaines passées en Chine, on regagne l’Europe riche d’images merveilleuses, de rencontres sympathiques, de découvertes culinaires tantôt déroutantes, tantôt exquises.

Pas peu chère, la Chine n’est pas la destination touristique la plus prisée d’Asie et pourtant elle a tant à offrir. En à peine trois semaines, on a eu l’occasion de voir un bel aperçu des trésors culturels et naturels qu’elle recèle, mais il reste tant à découvrir.

Si la modernité est omniprésente ici, la tradition l’est aussi et les deux se côtoient sans gêne, ce qui peut parfois dérouter les touristes étrangers en quête d’authenticité : les téléphériques dans les rizières de Longji, l’aménagement typée parc d’attractions de la Réserve de Wulingyuan ou de la Réserve des Pandas, l’utilisation des QR Codes pour faire la manche par certains sans-abris… Les contrastes ici sont saisissants.

Plusieurs ingrédients marqueront à jamais mon tableau chinois : la splendeur de l’architecture traditionnelle, les saveurs culinaires épicées du Sichuan et le fameux canard laqué pékinois, la grâce des Pandas, les fabuleux paysages de pics karstiques de Zhangjiajie et du Guangxi, l’incomparable Muraille de Chine et les rizières dorées du dos du Dragon, sans oublier le regard protecteur du Buddha Géant de LeShan et le Ciel bleu profond de Shangri-La aux portes du Tibet.

Turquie : du Château de coton de Pamukkale au Mont sacré de Nemrut…

J’ai déjà eu l’occasion de fouler le sol turc il y a quelques années lors d’un séjour à Istanbul qui m’avait ravi et clairement donné envie d’en voir davantage. Véritable carrefour culturel, trait d’union entre l’Europe et le Moyen-Orient, la Turquie est établie sur deux Continents : l’Europe et l’Asie.

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Bordée par la Grèce et la Bulgarie à l’Ouest côté européen et par la Géorgie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, l’Iran, l’Irak et la Syrie à l’Est côté asiatique, elle est bordée par la Mer Noire, la Mer de Marmara, la Mer Égée et la Mer Méditerranée. Son climat est globalement de type méditerranéen. Elle présente deux principaux Massifs montagneux, la Chaîne Pontique au Nord et le Taurus au Sud. Héritière des civilisations Hittite, Grecque, Romaine, Byzantine, Seldjoukide et Ottomane, son Histoire est riche à souhait et les vestiges archéologiques omniprésents.

Un voyage en Turquie est souvent synonyme de tourisme balnéaire sur la côte turque à Antalya, Bodrum ou Izmir avec des excursions vers certains lieux emblématiques comme Pamukkale, Ephèse ou encore la Cappadoce. L’autre grand classique plus urbain est évidemment la découverte lors d’un week-end prolongé de la fourmillante Istanbul (voir article dédié à la ville aux milles mosquées ici). Mais la Turquie a encore bien plus à offrir lorsqu’on regarde vers le Nord et la Côte de la Mer Noire ou encore vers l’Est et les portes du Moyen-Orient. Et oui, la Turquie ne se limite pas à Istanbul et au kebab, bien au contraire.

Pour ce gros voyage, quoi de mieux que de partir à l’aventure avec mon ami Ahmet, dont la famille est originaire de Konya, capitale spirituelle du pays, et qui est un véritable ambassadeur de son deuxième pays. On décide alors avec Kamal, mon autre ami baroudeur de monter un programme de choc entre grands classiques et pépites moins médiatisées, d’Ouest en Est sur plus de 3 000 kilomètres. Les 10 jours de découvertes s’annoncent intenses mais incroyablement motivants !

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Fethiye et la Lycie

Je rejoins l’équipe déjà en place depuis quelques jours à Antalya. Nous prenons sur le champ la route en direction de la côte lycienne et en particulier à Fethiye, qui nous a fait rêver avec ses paysages escarpés, sa célèbre plage d’Oludeniz, ses mystérieux tombeaux antiques et son époustouflante Vallée des Papillons.

Après quelques heures de route, nous arrivons enfin. Le relief est assez découpé. La saison touristique bat déjà son plein. On laisse nos affaires à l’hôtel et on part directement jouer les Indiana Jones en herbe en direction des tombeaux Lyciens. Creusés à même la roche au 4ème siècle de notre ère, ces nécropoles sont nombreuses dans la région. Les plus emblématiques dominent fièrement la ville de Fethiye.

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Selon les croyances des Lyciens, après la mort, les âmes des défunts se transformaient en créatures ailées, les tombeaux étaient aménagés en hauteur pour leur permettre de gagner rapidement les cieux éternels. Le plus impressionnant est sans conteste celui construit en mémoire d’Amyntas, aux allures de temple aux colonnes ioniques. La vue sur la baie de Fethiye est splendide !

On finira notre journée par une baignade bien méritée sur la plage d’Oludeniz aux eaux cristallines. Cette plage bien que très belle ne sera pas mon coup de cœur car le moindre centimètre carré est occupé par des transats payants. Business is business…

Ile de Saint-Nicolas

Le lendemain on décide de s’offrir un peu de bon temps et surtout laisser la voiture au garage ! On en profite pour faire une excursion à la journée en bateau, un grand classique au départ de la très touristique Oludeniz !

Après une première baignade rafraichissante dans les eaux turquoises de la baie, le bateau prend le cap pour Gemiler Adasi, l’Ile de Saint-Nicolas. Cette île aurait abrité le tombeau originel du très adulé Saint-Nicolas, déplacé plus tard vers Demre (Myre) à plusieurs dizaines de kilomètres de là.

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Saint-Nicolas, Saint patron des enfants et des navigateurs est encore largement célébré chaque année le 6 décembre dans de nombreux pays européens et notamment en Alsace-Lorraine pour la France où la tradition reste vivace. Sa légende est également à l’origine de l’incontournable Santa Claus (père Noël) importé aux Etats-Unis par les colons hollandais.

L’île qui comporte plusieurs ruines d’églises orthodoxes dégage une certaine atmosphère et les points de vue y sont superbes. Cette île aurait également servie d’escale aux pèlerins en route pour la Terre Sainte de Palestine.

Vallée des Papillons

On embarque à nouveau mais cette fois en direction de la majestueuse Vallée des papillons. L’arrivée dans cette paisible calanque peu accessible est impressionnante. Elle est littéralement flanquée par deux montagnes de 350 à 400 mètres de haut qui la ceinturent.

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Très prisée par les babacools, la plage est moins bondée que celle d’Oludeniz. La vallée est une réserve naturelle qui doit son nom aux centaines de variétés de papillons qui y prolifèrent. Nous n’en verront cependant que quelques rares spécimens.

On part en expédition à la découverte du canyon. Rapidement notre ascension s’avère compliquée car ça s’apparente assez vite à de l’escalade. Arrivé à une petite cascade, on décide de faire demi-tour pour rejoindre notre embarcation. Le point de vue du sommet du Mont Babadag doit être époustouflant. Ce sera pour une prochaine lorsque nous aurons plus de temps et que nous serons mieux équipés !

Ephèse et la Bibliothèque de Celsius

On quitte la côte lycienne pour rejoindre l’une des plus célèbres villes antiques de Turquie : Ephèse située à 300 kilomètres de Fethiye. Découverte à la fin du 19ème siècle, Ephèse est l’une des plus splendides cités hellénistiques et romaines de Méditerranée. Nous avons hâte de nous plonger pleinement dans la Turquie antique ! On choisit de venir pour l’ouverture du site pour deux raisons : éviter la foule et la chaleur par la même occasion.

De nombreux édifices sont dans un état de conservation exceptionnel : maisons, agora, basilique, temples, statues… La majorité des vestiges datent de l’époque romaine même si la cité a été édifiée par les Grecs. A l’époque d’Auguste, Ephèse était la capitale de la Province d’Asie de l’Empire Romain et comptait pas moins de 250 000 âmes.

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Le site est vaste. Plusieurs édifices et aménagements m’impressionnent ici. Tout d’abord, la voie des courètes, artère principale de la ville, pavée de marbres qui présente des alignements de colonnes mais également de nombreuses statues. Elle témoigne de l’âge d’or de la Capitale Romaine. Puis, les vestiges d’une vaste villa romaine en étage nous offre un beau témoignage de ce que pouvait être la vie au sein du quartier résidentiel de la ville. On note la présence de splendides fresques et mosaïques dans un superbe état de conservation. La foule y est d’ailleurs moins nombreuse car l’entrée est en supplément.

Enfin, le clou du spectacle est évidemment la Bibliothèque de Celsius. Edifiée au IIème siècle après J.C. par Julius Aquila à la mémoire de son père, la Bibliothèque abritait jusqu’à 12 000 rouleaux qui furent détruits un siècle plus tard lors d’un incendie. La façade monumentale atteint 8 mètres de hauteur et se développe sur deux étages. Elle est exceptionnelle. Il s’agit là d’une des plus importante bibliothèque du monde antique. Quatre statues ornent le premier étage et représentent les qualités de Celsius : sagesse, science, fortune et vertu.

Pamukkale, le château de coton…

On reprend la route en direction d’une autre grande attraction touristique de Turquie qui me fait rêver depuis si longtemps, j’ai nommé Pamukkale.

Après 200 kilomètres de route nous apercevons au loin une formation blanchâtre intrigante. Pamukkale, littéralement « château de coton » en turc se dresse devant nous. Les vasques calcaires aux eaux bleutées n’attendent que nous ou presque !

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Grosse déception, le site est littéralement envahi par des milliers de visiteurs, ce qui gâche quelque peu l’ambiance sur place. Les touristes chinois sont venus en meutes et ne respectent pas du tout les consignes de circulation, piétinant allégrement les vasques pour leur photos selfies… Enfin, les vasques calcaires que j’attendaient tant, sont complètement asséchées sauf une partie artificielle où se ruent les visiteurs ! En me renseignant davantage, je découvre que la surexploitation touristique du site et l’implantation de nombreux hôtels, détruits et déplacés depuis, ont causés des dommages quasi irréversibles au site. Tristesse ! On prend notre mal en patience et la foule finit par se dissiper au bout de quelques heures, ramenant les excursionnistes vers leurs lieux de villégiature. Soyons clairs, l’effet waow n’est pas du tout au rendez-vous.

J’arrive malgré tout à réaliser quelques clichés sympas. Pamukkale est en réalité une tuffière formée par les eaux chaudes des 17 sources du site. Particulièrement calcaire, l’eau s’assèche et laisse précipiter les minéraux qui se solidifient pour former ses superbes vasques blanches. Rassurez-vous, les vasques ne sont pas toujours vides, cela dépend des précipitations et des saisons. Et pour la foule, préférez y aller en tout début ou fin de journée, ce sera sans doute une toute autre expérience !

Le site est là aussi très vaste et la majeure partie des touristes se concentre sur les bassins artificiels. La balade le long du cheminement en bois le long de la tuffière est agréable. Il mène également à l’inattendue Hiérapolis, cité antique qui jouxte le château de coton. Ici, on respire et les vestiges sont magnifiques ! Avant de partir, on se laisse séduire par le coucher de soleil qui nous réconcilie avec Pamukkale.

Tuz Golu, l’irréel lac salé !

Un périple nous attend puisque nous prenons la route en direction de la fabuleuse Cappadoce, situé à plus de 600 kilomètres à l’Est. On essaie de voir si sur le chemin, une pause sympa est envisageable. On mise le tout pour le tout en faisant une escale à Tuz Golu, « lac de sel«  en turc, en faisant un détour de près de 100 kilomètres. C’est parti !

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Après un succulent sac kavurma (plat traditionnel de riz et d’agneau) qui nous requinque, on sort du restaurant pour faire trempette dans le lac. D’une superficie de 1 600km2, il n’excède pas 2 mètres de profondeur. Ses eaux présentent une extrême salinité. 70% du sel consommé par la population turque est produit ici ! Le décor paraît irréel lorsque nous nous rapprochons des deux chaises posées là en plein milieu du lac ! On immortalise le moment.

Cappadoce aux allures lunaires…

Après une route harassante, on arrive enfin à Göreme en plein cœur de la Cappadoce et on pose ici trois jours nos valises. Ca fait du bien. L’arrivée au sein du Parc National nous émerveille et nous donne l’impression d’évoluer sur Mars. Les formations rocheuses sont totalement loufoques et la ville en est truffée.

La Cappadoce est une région circulaire d’une cinquantaine de kilomètres de diamètre. Elle est le fruit de l’érosion de roches tendres déposées par d’anciens volcans. Il s’agit de tufs volcaniques. Les vallées, formations rocheuses et autres cheminées des fées qui en résultent paraissent irréelles. Les paysages aux couleurs ocres sont spectaculaires !

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De nombreux moines byzantins s’y sont installés entre le 8ème et le 13ème siècle et y ont établis une foultitude d’églises troglodytes aux fresques colorées. Il en subsiste plusieurs centaines dont 150 classées et préservées.

Après une bonne nuit de sommeil et un bon petit déjeuner, on laisse la voiture sur le parking et on décide de partir à pied à l’assaut de la Vallée des Epées. Il faut dire qu’ici la majorité des touristes se déplacent en véhicule motorisé et que la randonnée pédestre n’est que peu pratiquée. Et justement cette vallée, difficile d’accès et longue de plusieurs kilomètres, constitue un terrain de jeu idéal pour nos gambettes en quête de sensations fortes ! On est seuls au monde et on a l’impression de découvrir un monde perdu. On suit le lit quasiment asséché d’un petit cours d’eau et on constate que le canyon qui l’enserre est truffé de petites cavités régulières parfois décorées. Les pigeonniers s’offrent à nous.

Les habitants de cette région particulièrement aride élèvent les pigeons depuis plusieurs siècles. Il récoltent leurs fientes pour l’utiliser comme engrais, ce qui n’est presque plus le cas de nos jours. Quoi qu’il en soit, ces cavités aux formes géométriques confèrent au site une touche mystérieuse lors de cette randonnée où nous étions bien seuls.

La Cappadoce, c’est l’un des joyaux de la Turquie, et si notre première randonnée nous en a mis plein les yeux, on en veux davantage. On tente donc l’expérience d’un tour organisé en bus par une agence locale. Le guide francophone est très sympa et pleins de bonnes anecdotes. Le programme s’annonce alléchant : passage par la Vallée des Pigeonniers, visite de la cité souterraine Derinkuyu, Monastère de Selime et Vallée d’Ilhara…

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On commence par un petit arrêt au-dessus de la Vallée des Pigeonniers avec une vue magistrale sur la cité perchée d’Ortahisar. Les paysages sont toujours aussi spectaculaires que la veille. Un arbre à souhaits attire notre regard. Il est orné de dizaine d’yeux de Fatma (Nazar Boncuk) en verre bleu et protège ainsi du mauvais œil les visiteurs du Parc.

Deuxième étape à Derinkuyu, cité souterraine hittite de 8 étages creusée dans le tuf. Le site est vraiment impressionnant. Claustrophobes s’abstenir. Les galeries sont souvent étroites et la hauteur des plafonds parfois basse. Petite frustration personnelle pour les prises de photos représentatives quasi impossible au vu de la faible lumière et du nombre important de visiteurs !

On poursuit notre route jusqu’au Monastère de Selime. Je n’en avais jamais entendu parler et pourtant, il est monumental ! C’est l’édifice religieux le plus imposant de Cappadoce, taillé directement dans la roche. Il sera convertit plus tard en caravansérail  pour les commerçants parcourant la Route de la Soie. Le cadre est magique et on comprend aisément pourquoi il a servi de décor à la saga Star Wars avant qu’il ne soit délocalisé en Tunisie.

Dernière étape de la journée à Ilhara pour une promenade bucolique dans la Vallée du même nom. Ici la fraîcheur se fait ressentir plus qu’ailleurs grâce au cours d’eau qui s’écoule au creux du canyon. Une nouvelle journée bien remplie qui s’achève.

Beaucoup de touristes viennent tenter l’expérience unique d’un survol de la région en montgolfière. Les équipages sont légions. C’est un vrai business ici. Et chaque place se vend à prix d’or autour de 150€ en fonction de la saison. La majorité des clients lors de notre venue étaient asiatiques.

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Nous n’aurons pas le privilège d’admirer la Cappadoce depuis le ciel mais ce n’est que partie remise. Au lieu de cela, depuis la plateforme panoramique naturelle qui domine Goreme, on se contente du spectacle des ballons se gonflant tranquillement avant de s’envoler  au petit matin. C’est un festival de couleurs et de Chinois hahaha.

Nemrut Dagi, le mont sacré

On quitte l’Anatolie Centrale pour nous enfoncer encore plus à l’Est, loin des principaux flux touristiques. La prochaine étape sera montagneuse. On part à l’ascension du plus haut sommet de la région, le Nemrut Dagi. Ce Mont sacré situé à plus de 2 000 mètres d’altitude abrite un sanctuaire funéraire datant du 1er siècle avant J.-C. 

Ce sanctuaire à ciel ouvert fut érigé sous les ordres d’Antioche 1er, Roi de Commagène, petit royaume prospère à la croisée de l’Orient et de l’Occident sur les bords de l’Euphrate. Il est consacré aux divinités perses et grecques, à son propre culte ainsi qu’à ses ancêtres d’Iran, ce qui lui confère une dimension unique.

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Souvent surnommé « Huitième Merveille du Monde », le sanctuaire est composé d’un tumulus central, entouré de larges terrasses où s’élancent d’immenses statues d’Appolon, de Zeus, d’Héraclès, d’un Lion, d’un Aigle et évidemment Antioche, le principal protagoniste qui en a fait son mausolée.

Nous ne nous y sommes pas trompé, encore un site de toute beauté dégageant une ambiance sans commune mesure. La vue panoramique qu’offre Nemrut Dagi est tout simplement grandiose. Les routes de la région nous offrent des paysages d’une rare beauté et mériteraient que nous y passions bien plus de temps.

SanliUrfa, aux portes de la Syrie…

Les paysages sont de plus en plus arides et on constate sans difficulté que nous sommes désormais bien loin de l’influence occidentale. Les routes sont quasi désertes mais en excellent état. On passe de nombreux villages kurdes avant de rejoindre notre prochaine destination, la plus à l’Est, SanliUrfa (ou plus simplement Urfa), à une cinquantaine de kilomètres de la Syrie et de la tristement célèbre ville kurde de Kobané.

Cette région est avec Adana et GaziAntep (ou plus simplement Antep), une destination prisée des Turcs pour la gastronomie. Et je dois dire que si globalement nous avons bien mangé jusque là, nous nous sommes particulièrement délectés à Urfa et Antep !

Urfa est un véritable melting-pot culturel : kurdes, arabes et turcs constituent les principaux groupes ethniques. La chaleur est écrasante et les visages occidentaux quasi absents. On sent que les touristes viennent plutôt de Turquie et du Moyen-Orient. La ville est belle et bien entretenue. Ce sera mon coup de cœur du séjour et je regrette de ne pas avoir pu pousser jusqu’à Mardin encore plus à l’Est, dont j’ai entendu le plus grand bien, mais comme dans tout voyage, il faut faire des choix.

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On quitte notre hôtel, idéalement situé en plein cœur du centre historique. On s’arrête pour profiter de l’ambiance et on nous sert un succulent café pistache, menengic kahvesi. Spécialité kurde, il est préparé à base de pistaches térébinthe et dégage un parfum délicat. Ce sera avec le sumak (épice violette séchée à la saveur citronnée qui agrémente les salades), l’une des denrées qui feront le voyage retour avec moi en Europe !

Nous filons vers le site emblématique de la ville : Golbasi et le bassin d’Abraham (Ibrahim). En effet, la ville, très ancienne et aussi un lieu de pèlerinage important. Abraham, de passage par Urfa, fit reproche aux habitants d’être polythéistes. Il souhaitait les convertir à la croyance d’un Dieu unique, ce qui provoqua la colère du Roi Assyrien Nimrod. Abraham fut condamné à mort et jeté du haut de la citadelle dans un brasier ardent. C’est alors qu’un miracle se produisit, les buches se transformèrent en carpes et les flammes en eau. Aujourd’hui, le parc Golbasi est une véritable oasis de fraîcheur et de verdure propice à la promenade en famille.

Konya, capitale des derviches tourneurs

Dernière étape de notre périple turc à Konya, capitale spirituelle du pays et ville d’origine d’Ahmet. Après un bref passage à Antep ou nous retrouvons un ami et passons une agréable journée toujours placée sous le signe de la gastronomie, nous arrivons tard à Konya et nous avons une petite fringale. Qu’à cela ne tienne, Ahmet, nous amène nous restaurer chez un ami pour découvrir la spécialité de la ville : le Etli Ekmek. Il s’agit d’une « pizza » à la pate fine toute en longueur garnie de viande, fromage ou épinards. On y ajoute du jus de citron de la salade fraîche et des oignons. Un pur délice !

Pas d’hôtel pour cette étape puisque nous investissons la maison familiale où nous attend déjà son cousin MehmetAli. On se sent à la maison ! La ville est immense et compte plus de 4 millions d’âmes. Nous prenons un peu de bon temps et allons nous relaxer au hammam. Après toute cette route, ca tombe à point nommé !

L’incontournable de la ville est évidemment la Mevlana. Il s’agit d’un musée dédié au poète mystique musulman du 13ème siècle, Mevlana Djalal al-Din Rumi. Fuyant son Afghanistan natale face à l’avancée des Mongols, la famille de Rumi trouva refuge à Konya, capitale d’anciens territoires romains (d’où le nom de Rumi). Fils d’un maître soufie réputé, Rumi voyage d’abord à Alep et Damas où il rencontre le célèbre poète Ibn Arabi, puis s’installe à Konya où il invite différents maîtres du soufisme.

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A sa mort, tous les habitants de la ville, quelque soit leur religion, assistent à son enterrement. Rumi repose dans un sarcophage, chef d’œuvre de l’art seldjoukide. Ses partisans fondent alors l’ordre Mevlevi, plus connu sous le nom de l’Ordre des Derviches Tourneurs. Ses adeptes se perdent dans la danse et la transe, tourbillonnant parfois pendant des heures.

Le complexe présente plusieurs bâtiments remarquables dont le Tekke seldjoukide aux faïences turquoises. Il renferme de nombreux objets d’art islamiques, les tombeaux décorés de ses successeurs et le majestueux sarcophage de Mevlana.

Un final magique avant les derniers achats qui sont synonymes de notre retour en France.

Ce voyage de plus de 3 000 kilomètres au cœur de la Turquie d’Ouest en Est nous a littéralement charmé. Profondément méditerranéenne, la Turquie est également tournée vers la Mer Noire et l’Orient proposant ainsi un melting-pot culturel unique. Il me tarde d’ores et déjà d’explorer encore davantage l’Est du pays dont Mardin, capitale syriaque, Van l’Arménienne et toute la côte verdoyante de la Mer Noire. C’est sûr nous y retournerons !

Je dédie donc cet article à tous mes amis turcs et particulièrement à Ahmet, qui aura été pendant toute la durée de notre séjour, plus précieux que n’importe quel guide touristique !