Grèce : Santorin, l’Atlantide n’a jamais disparu…

La Grèce constitue l’une des destinations européennes les plus prisées. A la croisée de l’Orient et de l’Occident, elle dispose d’un climat des plus agréables, d’un patrimoine culturel mythique, et d’un littoral généreux.

Mais dans l’esprit des gens, la Grèce c’est aussi une myriade d’îles et d’îlots : un peu moins de  10 000… Et la plus romantique d’entre toutes est sûrement la très convoitée et mystérieuse île de Santorin ! Coup de projecteur sur la perle des Cyclades.

Située à l’extrême Sud de l’Archipel des Cyclades dans la Mer Egée, elle est la plus magique des îles grecques. L’avant et l’arrière saison (mai et octobre), offrant un rapport qualité-prix plus avantageux, des températures clémentes et une foule de touristes acceptable en font les saisons les plus propices pour partir à sa découverte.

Habitée depuis plus de 10 siècles avant J.-C., elle a vu de nombreuses civilisations s’y établir. La plus marquante d’entre elle est sûrement la Civilisation Minoenne, qui s’est développée entre la Crète et Santorin de 2 700 a 1 200 avant J.-C. Commerçants et artistes de talent, ils ont laissés de nombreuses traces de leur passage visibles en partie à Akrotiri (peinture, palais sophistiqués et œuvres d’art variées) avant de s’éteindre brutalement probablement à la suite d’une terrible explosion volcanique et d’un tsunami ravageur…

Et si Santorin et le mythe de l’ Atlantide ne faisaient qu’un ?

Santorin

Fira

Fira, aussi appelée Thira est la plus importante ville de l’île. Édifiée en bord de falaise, elle domine la caldeira du haut de ses 200 mètres d’altitude et offre une vue inégalée sur l’ancien volcan.

Les maisons, troglodytiques pour la majeure partie d’entre elles, sont blotties les unes contre les autres et blanchies à la chaux, captant la lumière de façon spectaculaire. Les nombreuses coupoles des églises orthodoxes caractéristiques de l’identité grecque dépassent de ci de là et attirent inexorablement les yeux des touristes émerveillés.

La balade le long de la corniche est un classique et en particulier chaque début de soirée, au moment du coucher du soleil, où l’on apprécie chaque minute de la lente descente vers la ligne d’horizon de l’astre solaire.

Oia

Oia, situé à 11 kilomètres au Nord de Fira, est également bâtie à flanc de falaise sur l’extrémité Nord-Ouest de l’île. Plus petite que sa grande sœur Fira, elle n’en demeure pas moins charmante et animée. Le cliché carte postale, c’est bien ici : maisons blanches enchevêtrées, dômes bleus et moulins donnant sur la caldeira. Une véritable splendeur.

Les mariés ne s’y sont pas trompés et se sont donnés rendez-vous de toute part du globe pour immortaliser leur amour dans un cadre aussi enchanteur que celui qu’offre Santorin. L’île est juste unique, un véritable bijou.

Oia dispose également d’un joli petit port de pêche où se succèdent de nombreux restaurants pieds dans l’eau. On peut les rejoindre et se délecter de poissons frais grillés après avoir dévalé les centaines de marches inégales serpentant vers le niveau de la mer. La remontée en devient une vraie marche digestive ! La journée les mulets y font des aller-retours incessant pour descendre et monter les touristes trop las.

Le coucher de soleil qu’offre Oia est sans doute l’un des plus célèbres au monde et on ne se lassera pas des couleurs merveilleuses qu’il nous offre… L’appartement que j’avais dégoté (Kastro Oia) est probablement l’un des meilleur rapport qualité prix en arrière saison : prix très correct et vue de malade avec de belles prestations !

Nea Kameni

Une des excursions sympas à faire sur Santorin, c’est la balade en bateau pour découvrir l’archipel. On se lève aux aurores mais le programme est bien sympa : départ du port principal après une interminable route en lacet et embarquement sur un immense bateau à voile. Enfin minuscule comparé aux paquebots de croisières qui mouillent dans la caldeira ! Puis cap sur Nea Kameni et son parc volcanique, et enfin détente à Thirasia avant un retour tranquille sur des airs de sirtaki en contrebas d’Oia et Fira.

Le parc volcanique permet en fait de fouler la partie active du volcan de Santorin. Ce décor de rêve est bien sûr du à plusieurs éruptions volcanique dont la plus importante a bien pu faire disparaître ou considérablement amoindrir la civilisation minoenne ! Le mythe de l’Atlantide décrit par Platon pourrait bien y correspondre, et des théories scientifiques très sérieuses vont en ce sens. Une découverte pour moi ! Ca en rajoute au cachet de Santorin indéniablement.

Il faut quand même s’imaginer que le volcan avant destruction partielle atteignait presque 1 km de hauteur, alors qu’aujourd’hui l’altitude maximale de l’île dépasse à peine les 500 mètres et Fira moins de 300…

L’ascension de Nea Kameni est intéressante et le point de vue qu’elle offre sur Fira est remarquable . On marche sur de la lave solide noire et assez tranchante et on découvre au sommet quelques cheminées de souffre d’où se dégage une chaleur substantielle et une odeur peu agréable.

Petite pause baignade sur la petite île pour les plus courageux dans des eaux aux propriétés curatives chargées en souffre ! La teinte de l’eau n’est par contre pas des plus ragoutante. On se rapproche des berges et là, la température décolle. On se croirait dans un bon bain chaud !

Plages

Vous ne viendrez pas à Santorin pour ses plages de sable blanc, c’est une évidence. Cependant, il y a quelques plages sympas et curieuses à découvrir. Les fameuses plages blanche, rouge et noire sont assez particulières et méritent le coup d’œil. Les formations de celle de Vlichada paraît surréaliste. La plage rouge est pour sa part vraiment impressionnante !

Le meilleur moyen de s’arrêter de plage en plage et de découvrir l’île reste le quad ! Sensation unique sur cette île extraordinaire. Belle sensation de liberté et rouler au moment du soleil couchant constitue là aussi un de mes plus beaux souvenirs lors de mon passage à Santorin.

Dernier coucher de soleil…

Dernier petit coucher de soleil avant notre départ sur les hauteurs du port et le bout supérieur de la fameuse route en lacet qui nous offre un panorama à couper le souffle. Le soleil est toujours présent et s’en va petit à petit en colorant le paysage de milles nuances toutes plus belles les unes que les autres.

Antio Santorini !

Palestine / Israël : une journée à Jérusalem, la ville sainte…

Jérusalem

Lors de notre périple au Moyen-Orient, après avoir organisé un inoubliable tour de la Jordanie et une incursion mémorable au Liban chez des amis, on avait fort envie de s’offrir une escapade au cœur de la ville sainte de Jérusalem.

Nous partons donc d’Amman en taxi avec notre chauffeur et ami Laith jusqu’à la frontière terrestre d’Allenby Bridge, à une cinquantaine de kilomètres de là. Le passage frontière entre la Jordanie et Israël est assez délicat à cet endroit et nous finirons par être autorisé à poursuivre notre route jusqu’à Jérusalem après 6 heures d’attente interminable… Mes tampons souvenirs et visas du Liban et d’Algérie auront sûrement eu un impact à ce titre, mais je relativise et me réjouis de pouvoir explorer Jérusalem que mon grand-père polonais a eu l’occasion de découvrir lors de la deuxième guerre mondiale alors qu’il était en mission. Je revois encore les photos en noir et blanc de mon grand-père Wladislaw…

Il fait chaud, très chaud et nous sommes impressionnés par les imposants remparts de la ville. On dirait une énorme forteresse. La vieille ville est entourée de plus de 4 km de remparts de près de 12 mètres de haut pour 2,5 d’épaisseur en moyenne. On emprunte la célèbre Porte de Jaffa et là, la magie opère !

Jerusalemm-3

La vielle ville est divisée en quatre quartiers : le quartier musulman, le quartier chrétien, le quartier juif et le quartier arménien. Notre visite écourtée du fait de l’attente au poste frontière ne nous donnera qu’un bref mais intense aperçu de Jérusalem ! Le brassage ethnique y est important et on retrouve des pèlerins et touristes du monde entier dans une ambiance toute particulière entre tensions territoriales et spiritualité.

Quartier musulman

On rejoint le quartier musulman en passant par la rue de la Chaîne et ses nombreux commerces aux multiples couleurs et senteurs. Une pause citronnade et falafel est la bienvenue avant de s’émerveiller devant la célèbre Esplanade des Mosquée.
Et là, c’est juste grandiose, de toute beauté, le temps s’arrête… L’Esplanade est démesurée, presque 1/6 de la vieille ville. A l’ombre des oliviers, les pèlerins déambulent de la mosquée Al-Aqsa au Dôme du Rocher, bleu et or. C’est le troisième lieu saint des musulmans après La Mecque et Médine, il fut transformé en Temple par les Croisés, et il est vénéré par les juifs, car il abriterait le Saint des saint, l’arche de la Loi.

Le Dôme du Rocher abrite le Rocher de la Fondation, endroit où, d’après la tradition musulmane, Mahomet serait arrivé de La Mecque lors d’un voyage nocturne, et d’où il serait monté au Paradis en chevauchant sa monture.
La tradition biblique y situe également le Mont Moriah, nom donné au Massif montagneux sur lequel Abraham monta avec son fils afin de l’offrir à Dieu en sacrifice.

Quartier juif

Deuxième claque avec le quartier juif. on prend un peu de hauteur et on surplombe le Mur des Lamentations. Haut lieu de la piété juive, le mur occidental est le dernier vestige du rempart qui protégeait le Temple de Salomon. Les croyants vont y prier et déposer une requête écrite sur un petit papier qu’ils enfouissent entre deux pierres. Devant le Kotel, les fidèles se divisent, les femmes à droite, les hommes à gauche.

Encore une fois, la spiritualité est omniprésente. On croisera de nombreux juifs français dont certains de Strasbourg ! On décide de prendre de retourner sur les hauteurs pour admirer le panorama et le spectacle est magique, le Mur des Lamentations en premier plan avec le Dôme du Rocher en toile de fonds !

Quartier chrétien

Dernier monument incontournable que nous souhaitons découvrir, l’Eglise du Saint-Sépulcre ! J’imagine alors mon grand-père, si loin de sa Pologne natale, qui a eu la chance d’y prier il y a plus de 70 ans de cela !

Quasi invisible au cœur de la Vieille Ville, comme imbriqué dans les maisons qui l’entourent, le lieu du martyre et de la résurrection du Christ impressionne davantage de l’Intérieur. On y accède par une vaste cour. Érigée par Constantin en 326, détruite à de multiples reprises, reconstruite par les Croisés et restaurée au 19ème siècle, la basilique draine les pèlerins du monde entier. Il s’agit d’un sanctuaire englobant selon la tradition le lieu de la crucifixion (le Golgotha), ainsi que la grotte où le corps du Christ fut déposé après sa mort (le Saint-Sépulcre ou Tombeau de Jésus). C’est là aussi qu’aurait eu lieu la Résurrection.

Enjeu symbolique fort, l’église accueille les cultes de plusieurs confessions chrétiennes. Elle est également un des sièges du patriarcat orthodoxe et arménien de Jérusalem.

Au terme de la Via Dolorosa, les pèlerins gravissent le Golgotha, se prosternent sur la pierre de l’Onction, et pénètrent ensuite dans le tombeau du Christ. L’ambiance est très impressionnante et les effluves d’encens y jouent un rôle particulier. C’est incroyable…

Après toutes ces découvertes, on fuit la foule et se réfugie sur la terrasse de l’hôtel Hashimi tenu par des Palestiniens. On s’offre ainsi le spectacle grandiose de la plus belle vue sur les toits de la Vieille Ville sainte, dominée par le coupole dorée tout en lumière du Dôme du Rocher…

Cette escapade a été de courte durée mais certainement la plus chargée en spiritualité que j’ai eu l’occasion de vivre. On se serait cru l’espace d’un instant au Centre du Monde

Peace Jéru – Salem…

Jerusalemm-82

Mexique, sur les traces des Aztèques et des Mayas…

Mexique

Pays hispanophone le plus peuplé du monde avec ses 125 millions d’habitants, le Mexique n’est plus le pays pauvre qu’il pouvait être il y a encore quelques dizaines d’années. Pays d’Amérique du Nord, contrairement à ce que beaucoup d’Européens imaginent (et moi le premier avant de me plonger vraiment dans la connaissance de ce beau pays), le Mexique profondément latin mais très américanisé constitue un vrai trait d’union entre les Etats-Unis, le Canada et le reste de l’Amérique latine.

Pays riche de multiples civilisations mésoaméricaines plus ou moins célèbres : Olmèques, Mayas, Zapotèques, Mixtèques, Toltèques, Tarasques, Aztèques… dont tout le monde a en tête les fabuleux temples en pierre grises bâtis en pleine jungle, et qui constituent le pendant américain des temples khmers au Cambodge dans l’inconscient de tous. Merci aussi au dessin animé de ma jeunesse : les fameuses « Cités d’Or » qui nous ont fait rêvé lorsque nous étions petits et qui, je dois l’avouer, ont laissé quelque chose en nous ! « Esteban, Zia, on arrive ! »

Le Mexique c’est aussi évidemment l’héritage des Conquistador, qui n’ont pas fait dans la dentelles (comme souvent lors des périodes de colonisation…) mais dont on reconnait l’architecture dans les quartiers coloniaux qui présente un charme désuet.

La gastronomie mexicaine est variée, fine et savoureuse, résultant du métissage culinaire mésoaméricain, espagnol et africain. Pas de régime ici ! Il faut goûter aux Tacos, Quesadillas, Ceviches, Echiladas, Tortillas, Jalapenos, Haricots rouges,… et bien d’autres encore. Par contre, les Fajitas que nous mangeons en Europe, et bien c’est texan et non mexicain, mais bon le Texas a longtemps fait partie du Mexique donc rien de bien grave…

Mexique

Pour ce périple mexicain je rejoins un de mes amis, un frère, Mirao, parti tenter sa chance sur le Nouveau Continent. En place depuis quelques mois, on décide de faire le Tour du Pays express en 10 jours. Je m’imprégnerais de l’ambiance à Mexico DC, puis en route pour la Huasteca sauvage et verdoyante au Nord-Ouest. Nous traverserons ensuite quelques anciennes villes coloniales dont Léon et Guanajuato, avant de poursuivre vers la côte Pacifique et le secteur de Puerto Vallarta. Nous finirons en beauté en direction de Cancun, Playa del Carmen et la Riviera Maya.

Mexico City

Mexico City aussi appelé CDMX est une ville tentaculaire, aire urbaine de plus de 22 millions d’habitants, une des plus importantes du monde. Difficile d’imaginer que cette cité a été bâtie sur le lac Texcoco. En effet, l’ancienne capitale aztèque Mexico-Tenochtitlan a été érigée à cet endroit en 1325. Elle a ensuite été détruite puis reconstruite par les Espagnols après la conquête de 1519-1521. Une petite virée dans les jardins de Xochimilco permettent de découvrir un héritage de ce temps révolu.

Première prise de contact avec Mexico City en montant au sommet de la Torre Latinoamericana, un building  des année 60 qui offre une vue imprenable du haut de ses 183 mètres et 44 étages !

Petit tour sous une chaleur intense vers le centre et la Place de la Constitution, le Zocalo, immense place minérale, point central de la ville avec son Palais National et sa Cathédrale Métropolitaine très imposante de style baroque qui fut construite avec les pierres du temple aztèque bâti à quelques mètres de là. Les édifices religieux sont très fréquentés, la semaine sainte de Pâques approche !
On ira également visiter le Château de Chapultepec édifié au 18ème siècle sur une colline dominant un immense parc, proche de l’actuel quartier des Affaires, sur lequel il offre un point de vue idéal. Le château, ancienne résidence d’été de la famille royale, domine un espace vert de près de 700 ha en plein cœur de la ville, véritable poumon vert pour les citadins. Il est aussi le seul château royal d’Amérique. A quelques encablures de là se situe le Musée national d’Anthropologie, qui abrite l’une des plus vaste et diversifiée collection archéologique au Monde. Il regroupe coiffes, bijoux, tombes, maquettes, sculptures, objets sacrés et reproductions de temples, plongeant le visiteur à la découverte du territoire mexicain avant l’arrivée des colons européens.

Teotihuacan

C’est parti pour découvrir l’un des sites précolombiens les plus importants du Mexique, à une cinquantaine de kilomètres de CDMX. Construite en 200 avant JC, la cité aztèque de Teotihuacan atteint son apogée à la fin du 1er millénaire totalisant près de 200 000 habitants à l’époque !

Le site couvre une vaste superficie sur plus de 25km2. La ville est pensée autour d’une allée centrale : l’Allée des Morts qui traverse Teotihuacan du Nord au Sud sur 4 kilomètres et offre des perspectives extraordinaires depuis la Pyramides de la Lune et la Pyramide du Soleil. L’impression de grandeur de cette civilisation est bien palpable ici ! Waow. Je ressens un peu le même type de sentiment que lorsque j’ai découvert Angkor Wat au Cambodge et les autres temples de cette autre civilisation disparue. Une véritable splendeur ! Quelle ingéniosité, ça laisse bouche bée…

Huasteca

Mon frérot Mirao souhaitait partir à la découverte d’une région peu connue des touristes internationaux mais très courue par les Mexicains au Nord-Est de CDMX : il s’agit de la Huasteca. Région encore assez sauvage aux reliefs découpés présentant une jungle luxuriantes et de nombreux sites naturels de toute beauté. Il n’en fallait pas plus pour me motiver. On allait jouer les Indiana Jones !

Première expédition, en route pour la « Cuerva del Salitre », une grotte à 500 mètres à peine de notre hébergement ! Pas du tout prévu dans notre programme mais si près que l’occasion ne pouvait être manquée ! Et nous ne serons pas déçus. Arrivé tôt, nous sommes les premiers à pénétrer dans cette vaste grotte remplie de perruches vertes qui tournoient et sifflent sûrement pour protéger leurs nids. Une impression de nature sauvage, on se croirait presque un moment dans Jurassic Park avec un tel décor !

L’après-midi, un ami nous as conseillé de partir visiter le « Sotano de las Golondrinas« , littéralement « Gouffre des Hirondelles« , une curiosité géologique et l’un des plus grands gouffres au monde s’ouvrant à la surface du sol. Le gouffre est situé sur les hauteurs d’une petite montagne que nous rejoignons à l’arrière d’un pick-up suivi de quelques foulée dans une jungle dense. Puis, soudain on y arrive. Le gouffre est monumental et tellement large qu’il est difficile à prendre en photo. Il mesure 50 mètres de large pour 330 mètres de profondeur. Juste vertigineux ! En regardant vers le bas, on ne voit pas le fond mais juste un trou noir béant d’où remontent des groupes de perruches vertes qui tournoient.  On se sent tout petit et on vérifie bien nos cordages…

(Les photos la photo aérienne et de l’intérieur ne sont pas de moi)

Le climat dans cette région reculée est beaucoup plus humide et la végétation est luxuriante. On essuiera quelques beaux orages, notamment la nuit où il a plu des litres et des litres sans discontinuer pendant plus de 4 heures. On se dit que le jardin que nous irons visiter le lendemain sera bien arrosé !
En effet, l’autre grand spot à découvrir dans le coin est le surprenant Jardin surréaliste « Las Pozas » de Xilitla. Il est l’oeuvre du poète britannique Edward James qui est tombé littéralement sous le charme de ce petit coin de paradis tropical avec sa végétation exotique et chatoyante, ses cascades et petits lacs naturels aux eaux émeraudes. Il y a vu la représentation même du jardin d’Eden et a construit une trentaine de sculptures  et structures qui dialoguent avec le décor et donnent l’impression d’une cité antique perdue. Une très belle découverte que ce jardin fantastique !

Guanajuato

Après cette expédition de quelques jours dans la jungle, on reprend la route en bus en direction des villes coloniales au Nord de Mexico. On passera rapidement par Léon, la ville de mon ami et on ira flâner dans les rues de la belle ville colorée de Guanajuato, blottie à flanc de coteaux. L’ambiance y est détendue et la foule est présente en ce week-end de Pâques. La ville est somptueuse et le panorama qu’offre le belvédère sur les hauteurs de la ville est à couper le souffle !

Puerto Vallarta et la Riviera Nayarit

On poursuit notre route en direction de la Côte Pacifique, j’aurais bien aimé aller à Acapulco car ce nom chantait dans mes oreilles, mais en étudiant de près c’est le Marbella local sans grand intérêt avec ses HLM en front de mer et surtout avec ses règlements de compte entre narcos qui défient la chronique. On exclut donc cette visite sans regret et on poursuit plutôt en direction de Puerto Vallarta, dynamique cité côtière bien plus accueillante. Pour profiter pleinement de l’ambiance quasi californienne, on séjourne sur la Riviera Nayarit au Nord entre Lo de Marco et Sayulita, prisée des surfeurs. le repos fait du bien après ces premiers jours mouvementés !

L’autre excursion que j’attendais avec impatience c’est celle de la « Playa del Amor« , une plage cachée des Iles Marietas que j’avais vu sur le net et qui me faisait rêver.
Nous y voilà ! On prend contact avec quelques pêcheurs et une heure après, on embarque pour découvrir la mystérieuse île. L’accès y est très réglementé depuis que Cousteau a fait le forcing à juste titre auprès des autorités mexicaines pour protéger l’île et ses populations d’oiseaux remarquables. Après avoir barboté sur une première plage, j’ai le privilège de rejoindre un petit groupe à la nage pour rejoindre la plage secrète. C’est encore une fois grandiose. Décidément, à chaque étape de ce voyage de nouvelles découvertes plus incroyables les unes que les autres, je saisis ainsi le potentiel touristique de ce superbe pays !

(Les photos aériennes ne sont pas de moi mais permettent de bien comprendre le spot)

Quintana Roo

La dernière partie du périple se fera de l’autre côté du pays, sur la côte Caraïbe. On y rejoint notre troisième comparse de l’aventure Rudy, un autre frère, qui, à grands regrets, n’a pu se libérer que pour cette partie du voyage…

On se rejoint à Cancun, avant de poser nos valises à Playa del Carmen, qui a meilleure réputation que Cancun et ses désastreux spring-break (très peu pour moi…). Playa del Carmen est une vaste et dynamique cité balnéaire. On sent que les touristes sont plus nombreux que lors de nos précédentes escales. Tout y est aussi plus cher mais la ville est très agréable. Je découvre les quartiers ultra-sécurisés à l’américaine où nous serons hébergés. La piscine est somptueuse et on se prend un petit moment de détente.
On parcourra une bonne partie de la rue principale de Playa del Carmen très animée et sa superbe plage avec un ciel menaçant et changeant. Les orages s’invitent et nous régaleront peu de la fantastique lumière qui se reflète sur le sable blanc caribéen.

On partira aussi en excursion plus au Sud vers Tulum, un site Maya célèbre car donnant directement sur la mer ! On se croirait dans Pirates des Caraïbes ! Les iguanes sont partout, les décors fantastiques ! On finira la journée complètement trempé à Akumal pour tenter de nager avec des tortues. Le site est bien protégé mais j’aurais la chance d’en voir, ou plutôt apercevoir une 😉

Excursion dans le Yucatan

Dernière virée du voyage mexicain, la célèbre excursion à destination de Chichen Itza, le temple Maya le plus célèbre ! Impensable de ne pas s’y rendre. On embarque donc dans un van pour une longue journée de route. On fera d’abord un pit-stop et baignade dans l’un des plus incroyables cénotes du YucatanIk Kil.
Les cénotes sont des gouffres remplis d’eau, caractéristiques du Yucatan et du Quintana Roo, résultant de l’érosion de la croûte karstique et servant de source sacrée aux Mayas ! Bienvenue à Center Parcs mais en vrai !!! C’est incroyable.

On poursuite en direction de Chichen Itza, ville maya qui constituait le principal centre religieux du Yucatan au 10ème siècle. Et pour cause, le site présentait au moins 5 cénotes dans une région où l’approvisionnement en eau est compliqué.
Le temple le plus emblématique est évidemment la Pyramide de Kukulkan, le serpent à plumes, haute de presque 25 mètres. On ne peux malheureusement pas y grimper car trop raide. De nombreux accidents s’y sont produits. Le site présente aussi un grand terrain de jeu de balle, dont on est content de ne pas avoir eu à y jouer ! Pour celui qui perdait c’était la mort assurée… A cela s’ajoute un cénote sacré où était encore une fois organisés des sacrifices, un observatoires et de nombreux autres temples. La visite se fait au pas de course mais il en vaut bien la peine. Quelles trésors ces cités précolombiennes !

L’heure est malheureusement au retour mais c’est pour mieux partir à la découverte d’autres contrées !

Quoi qu’il en soit, le Mexique est très différent de tout ce que j’ai pu découvrir jusqu’à présent et je dois dire que j’ai adoré ! Les surprises étaient là à chaque étapes ! Des sites naturels et culturels grandioses, une gastronomie de premier plan, des gens sympas, des paysages et ambiances très variés, des hébergements de qualité ! Un vrai coup de cœur. Je comprends fort bien Mirao et Patrick qui se demandent si le retour au bercail en France est une bonne option !
Pour ma part, c’est bien la famille et les amis qui me permettent toujours de rentrer le cœur satisfait et pleins de beaux souvenirs à partager !

« Mexico, Meee-xxxxxiii-iiiiiiiii-ccccccooooooo » petite dédicace à Luis Mariano qui ne nous a pas quitté de tout le voyage ! Ça a bien fait rire les Mexicains que nous avons croisés car on a pas hésité à l’entonner à pleine voix dans les rues de ce beau pays !

Hasta luego Mexico !

Jordanie. Sur les traces de Pétra, Cité perdue des Nabatéens…

Nichée en plein cœur du Moyen-Orient, la Jordanie est probablement le pays le plus stable de la région. Bordée au Sud par la Mer Rouge et à l’Ouest par la Mer Morte, elle compte de nombreux pays frontaliers : Syrie, Irak, Israël, Cisjordanie et Arabie Saoudite.

Le site le plus emblématique du pays reste sans conteste Pétra, capitale des Nabatéens et son extraordinaire « Khazneh » ou « Trésor », sculpté directement dans l’imposant Canyon de gré rose qui l’abrite.

Comme beaucoup, cette photo me renvoie à la mythique saga de l’aventurier Indiana Jones à la recherche du St-Graal dans « Indiana Jones et la dernière croisade ». 

Mais la Jordanie c’est aussi le Wadi Rum et Lawrence d’Arabie, la Mer Morte et ses baignades uniques en leur genre, et Amman la Capitale actuelle du pays. En route pour un voyage fort en émotions et découvertes !

 Jordanie Dimpo-324

Carte du périple jordanien

Jordanie

Amman

Premier contact jordanien avec Amman, capitale du pays et ses 3 millions d’âmes. Première impression, il fait chaud et pourtant on est en hauteur car elle a été érigée sur un plateau ! L’eau sera donc notre allié tout au long du séjour. Autre fait marquant comparé au Liban que nous venons de quitter, les Jordaniens respectent le code de la route et roule beaucoup moins vite !

La ville peut s’enorgueillir d’être est l’une des plus vieilles au Monde qui soit encore habitée !

De nombreux guides touristiques ne lui confèrent que peu d’intérêt mais la ville possède malgré tout des vestiges intéressants et une vie foisonnante au cachet certain notamment dans les quartiers anciens.

L’empreinte romaine est prégnante à Amman avec la Citadelle Jabal al-Qal’a et le Temple d’Hercule offrant une vue imprenable sur la ville et ses immeubles écrus poussant sur ces terres arides. La plus ancienne mosquée de Jordanie datant des Omeyyade (8ème siècle) domine également la ville. Adossé à une colline, l’imposant amphithéâtre de 6 000 places est toujours en service, faisant continuer à vivre cette époque antique.

Ma’in et la Mer Morte

Après ces quelques jours à Amman, nous poursuivons nos aventures vers la légendaire Mer Morte. On a dégoté un petit hôtel sympa sur la côte près de Ma’in. La Mer Morte a la particularité d’être située à 400m sous le niveau de la mer et constitue un des points les plus bas de la planète. Conséquence presque dix degrés de plus ! L’eau ne nous quitte plus (dans les bouteilles du moins).

Les paysages maritimes sont très différents de tout ce que j’ai pu voir jusqu’à présent. Tout d’abord, aucun bateau à l’horizon, et enfin aucune vague. La mer semble bien porter son nom. Tout cela est du à la quantité astronomique de sel qui la compose (10 fois plus que la moyenne des mers et océans). Elle est tellement salée qu’aucun organisme ni microbe n’y résiste. Il s’agirait en fait d’un lac salé !

Jordanie Dimpo-101

Nous testerons le classique bain flottant de la Mer Morte ainsi qu’un petit bain de boue. Apparemment excellent pour la peau mais pas pour les yeux. Je m’en rendrai rapidement compte en sautant dans l’eau ! Les bains ne doivent pas dépasser 10 minutes sous peine de causer des irritations. Et quelle sensation indescriptible de flotter dans l’eau et de se retourner si facilement. Un peu plus tard, le coucher de soleil sera sans doute l’un des plus beau qu’il m’ait été donné d’admirer. Extraordinaire !

Mais rassurez-vous de l’eau douce, il y en a aussi. Et notamment à Ma’in, ses fameuses sources chaudes et sa cascade. On y passera une après-midi en compagnie des locaux qui s’y prélassent en famille. J’aurais l’occasion de sympathiser avec certains d’entre eux, tous ultra sympas et accueillants.

Jordanie Dimpo-47

On pénétrera également à l’entrée du Canyon du Wadi Mujib, spot idéal pour les sensations fortes et le canyoning. L’entrée du Wadi Mujib est juste monumentale !

Vallée de Dana

En chemin vers Pétra, on décide de ne pas emprunter l’autoroute mais plutôt une route secondaire pour découvrir l’arrière-pays. Les paysages sont grandioses et il y règne un sentiment d’immensité que je retrouverais dans le Wadi Rum ! L’impression de liberté du voyageur est bien palpable malgré les check-points qui égrènent notre route.

Jordanie Dimpo-32

On souhaite faire un passage à Dana, village principal moyenâgeux de la Réserve Naturelle du même nom. On fera donc une halte « thé » dans ce village typique offrant une vue imprenable sur toute la vallée !

Pétra, la cité rose

La voici, la tant attendue Pétra, cité rose des commerçants Nabatéens ! Elle a été classée récemment parmi les 7 Nouvelles Merveilles du Monde et on a hâte de pénétrer dans le fameux Siq, ce long et impressionnant canyon qui est un passage obligé pour tomber finalement nez à nez avec la splendeur ultime : le Khazneh ! Sur les traces d’Indiana Jones ou plus sérieusement de Louis Burckhardt, explorateur suisse qui l’a redécouvert en 1812. Je m’imagine la sensation qu’il a dû éprouver.

Pétra est en fait constitué de très nombreux escaliers, amphithéâtre, colonnades, temples et tombeaux en plus ou moins bon état, et son étendue nous rappelle la grandeur de la ville qui a compté jusqu’à 25 000 habitants ! Elle était située sur la route des caravanes qui transportaient l’encens, les épices et d’autres produits précieux entre la Méditerranée et l’Arabie du Sud, expliquant ainsi son développement et sa richesse.

Les bédouins locaux participent à l’économie touristique et proposent des tours à pied ou à dos d’âne. On s’engouffrera dans de nombreuses habitations troglodytiques et on prendra un peu de hauteur pour un point de vue unique sur le Khazneh mais cela se mérite après près de 2 heures de marche.

Le spectacle de nuit auquel nous participerons vaut également largement le détour et nous fait découvrir le site dans une ambiance feutrée avec toute la magie d’un conte des 1000 et une nuits !

Wadi Rum

On poursuit notre périple toujours plus au Sud pour rejoindre une amie de ma sœur passionnée d’équitation et de grands espaces. Elle a découvert la région du Wadi Rum il y a quelques années et n’en est jamais repartie, conquise par les lieux et son guide qui est aujourd’hui son mari. L’accueil sera donc des plus chaleureux.

La Wadi Rum est célèbre car il nous emmène sur les traces de Lawrence d’Arabie et nous replonge dans le film historique des années 60. Pendant la Première Guerre Mondiale, l’officier britannique Thomas Edward Lawrence conseille aux Arabes du Grand Faycal Ibn Hussein de se révolter contre le joug de l’Empire Ottoman pour fonder une nation arabe indépendante moderne.

Au programme visite en 4X4 dans des paysages désertiques mêlant canyons, arches naturelles, falaises et grottes. On découvrira de très nombreuses inscriptions datant pour certaines de temps immémoriaux.

On appréciera le coucher de soleil avant de profiter d’un bon repas bédouin, le mansaf, avant de passer une nuit dans le désert à la belle étoile. Juste magique !

Fin d’un voyage magique, dont les souvenirs resteront à jamais. La Jordanie fascine par sa diversité entre une capitale dynamique, la Mer Morte si unique et l’exceptionnelle cité rose de Pétra sans parler de bien d’autres sites moins connus mais méritant sans aucun doute une halte. La Mer Rouge où nous ne passerons que quelques heures mérite le déplacement à elle seule pour les férus de plongée. Une autre fois peut-être…

Magie des couleurs, des paysages et vrai sentiment d’Aventure vous y attendent alors n’hésitez plus !

Un grand merci à :

  • Stéphanie, guide dans le Wadi Rum et toute sa famille. Merci pour tous tes conseils et votre accueil,
  • Laith, le plus sympa de tous les taxis que j’ai pu rencontré. Chacune de ses courses se transformait en véritable balade touristique !
  • George, qui nous a beaucoup aidé à Amman et dans notre projet pour rejoindre Jérusalem le temps d’un week-end,
  • Marouane, pour cette belle rencontre,
  • Jordanie-Tourisme pour ses conseils et sa rapidité !

Jordanie Dimpo-312

Istanbul, la ville aux milles mosquées, pont entre Asie et Europe…

2015 – Istanbul

Istanbul, une des plus belles villes du Monde nous ouvre ses bras et nous dévoile quelques uns de ses trésors pendant les trois jours intenses que nous passerons sur place.

Istanbul & Croisière dans le Bosphore

Byzance, Constantinople puis depuis 1930 Istanbul, ville d’histoire avec un grand H ! Carrefour de Civilisations et passerelle entre 2 Continents, la mégalopole turque de 15 millions d’habitants ne manque pas de qualificatifs. Comment ne pas mieux s’imprégner de la ville qu’en embarquant pour une croisière dans le détroit du Bosphore.

Palais de Dolmabahce et bâtiments à l’architecture baroque, Ponts sur le Bosphore, vue imprenable depuis la colline de Pierre Loti, quartiers chics aux villas pieds-dans-l’eau, buildings flamboyants et modernité côté européen, silhouettes de mosquées élancées partout. Le décor est planté et la magie opère. Le soleil est de la partie et l’embrun qui nous caresse le visage nous offre un petit rafraîchissement agréable.

Passage par le bazaar aux milles et unes couleurs, senteurs et affaires en tout genre à dégoter ! Le bazaar est un lieu de vie fort, vrai labyrinthe qui aurait mérité une visite de quelques heures (ou jours, ou années  !!!) pour en comprendre tous les secrets. C’est le plus vieux et plus grand marché couvert du monde avec 61 rues et 4 000 échoppes qui attirent chaque jour de 250 000 à 400 000 visiteurs !

Direction Taksim, avant de déambuler dans la très animée avenue Istikal. On profitera du panorama grandiose sur le Bosphore que nous offrira le fameux bar 360. On poursuivra par un petit tour du côté de la Tour de Galata, théâtre de nombreux spectacle de rue. On ira manger des kumpirs (succulentes patates grillées garnies avec de nombreuses accompagnements et salades au choix) dans le quartier spécialisé d’Ortokoy situé sous le Pont des Martyrs du 15 juillet, le plus célèbres pont sur le Bosphore illuminé de nuit. On finira la journée par une pause shisha aux côtés des Stambouliotes dans le propice quartier de Tophane.

Sainte-Sophie

La Basilique Sainte-Sophie, Hagia Sophia en grec (Ayasofa en turc), qui signifie Sagesse de Dieu est une grande basilique chrétienne bâtie à l’époque de Constantinople au 4ème siècle, puis largement agrandie à l’époque de Byzance, sous l’Empereur Justinien au 6ème siècle où elle a acquis sa forme actuelle. Elle devient mosquée sous Mehmet II au 15ème siècle et sera transformée en Musée en 1934.

Sainte-Sophie est le monument le plus important de l’architecture byzantine. Du marbre aux sols et aux murs, des mosaïques, des dorures, des coupoles, des colonnes monumentales, et surtout des volumes exceptionnels… Une oeuvre monumentale qui parait pourtant si légère, une véritable merveille qui aujourd’hui encore impressionne les nombreux visiteurs mais encore plus les architectes du monde entier. C’est la deuxième plus grande basilique au Monde après Séville, et longtemps première !

Ce qui frappe également à l’intérieur, c’est la cohabitation d’éléments du culte musulman (écritures saintes en arabe, minaret…) et chrétien (représentations du Christ…), métissage intéressant permis par la désacralisation du chef d’oeuvre ultime.

Sainte-Sophie c’est aussi une véritable prouesse technique car 17 siècles ont passé, mais sa coupole culmine toujours à 55 mètres de haut et la Basilique est toujours fièrement dressée sur l’Espalanade de SultanAhmet, faisant face à une autre merveille, la Mosquée Bleue !

 La Ville aux milles mosquées

Les 5 appels à la prière quotidiens des muezzins résonnent partout dans la ville et lui confèrent une ambiance toute particulière, le temps s’arrête alors. On les distingue dans le paysage urbain par leurs minarets élancés. Chacune a une identité différente, toutes ouvrent leurs portes. Profitez d’un moment de calme et posez-vous sur les tapis en contemplant la finesse des peintures, mosaïques et lustres. Un régal pour les yeux et une pause bien méritée dans le tumulte de la vie stambouliote !

Mentions spéciales pour la Mosquée Bleue ou Sultanahmet Cami, incontournable mosquée historique d’Istanbul, qui présente des céramiques aux teintes bleues sur les murs intérieurs, ce qui lui vaut son petit nom. Elle dispose également de 6 minarets, fait assez unique au Monde puisque seule la Mosquée sacrée de La Mecque en dispose.

La Mosquée de Suleymaniye dominant Istanbul est également particulièrement impressionnante ne serait-ce que par ses dimensions ! Cette mosquée construite pour Sulejman le Magnifique est l’une des plus belle de la ville.

Vous l’aurez compris, là aussi, trois jours ne suffiront pas à explorer toutes les édifices religieux qu’ils soient musulmans ou non. Car contrairement à ce que certains penseront, les églises ne sont pas en reste, bien au contraire !

 Palais de Topkapi

La découverte de ce Palais est incontournable lors d’un séjours à Istanbul. Il s’agit en fait de la résidence urbaine principale et officielle du sultan ottoman du 15ème au 19ème siècle. Construit sur l’Acropole de l’antique Byzance, il domine la Corne d’Or, le Bosphore et la Mer de Marmara. Il perdra de son importance au 19ème siècle au profit du Palais de Dolmabahce, de style européen le long du Bosphore.

Aujourd’hui musée national, il est encerclé de 5 kilomètres de remparts. Il comporte plusieurs plusieurs cours ayant chacune des fonctions et composés de différents différents bâtiments aux décors tous plus fins les uns que les autres. Visiter le Palais Topkapi, c’est la garantie d’en prendre plein les yeux : coupoles, faïences, mosaïques, écritures dorées, lustres; portes monumentales… Attention toutefois à bien choisir son horaire pour éviter la surfréquentation !

Musée des Arts Turcs et islamique

Ce Musée se situe dans le quartier de Sultanahmet, à proximité de la Mosquée Bleue. Il occupe le majestueux Palais d’Ibrahim Pacha, grand vizir du Sultan Sulejman le magnifique.

Composé de 40 000 pièces du 8ème au 19ème siècle, il valorise principalement des collections de tapis, céramiques, cuivres, et des manuscrits incunables aux calligraphies extraordinaires. Très bon moment culture !

Citerne basilique

La Citerne basilique est une gigantesque citerne souterraine de Constantinople, l’ancienne capitale de l’Empire Byzantin, dont elle est l’un des monuments les plus spectaculaires encore visibles aujourd’hui dans Istanbul.

Elle a été construite par l’Empereur Justinien au 6ème siècle suite à un important incendie. Elle permet de conserver un volume gigantesque d’eau accumulé en hiver pour faire face également à la saison sèche estivale ! Son volume est estimé à 78 000 m3 !

Ce cadre est également célèbre car il a servit pour le tournage de scènes des aventures de James Bond dans « Bons baisers de Russie ».

Too Istanbul

Comment ne pas découvrir un Pays sans tester sa gastronomie ! Et là, la Turquie a de très belles choses à offrir. Tout le monde la connait, plus ou moins d’ailleurs, car elle ne se limite pas au Döner Kebab qui a d’ailleurs été inventé par sa diaspora hors du pays à Berlin !

On a donc fait appel à une agence réceptive, Too Istanbul (www.tooistanbul.com) qui propose différentes découvertes thématique de la ville dont la très courue « Promenade culinaire et culturelle à Istanbul » proposée par des Stanbouliotes francophones jeunes et sympa !

Idéal pour proposer des bons plans, décrypter certaines codes et nous amener dans des endroits choisis tantôt profondément laïc, tantôt plus conservateur, tout en nous faisant déguster des spécialités locales !

On a vraiment plus faim à la fin de la visite mais on se régale ! Voilà une manière originale et différente de découvrir la ville sur les Deux Continents.

On se rends compte après ce week-end prolongé à Istanbul qu’un séjour plus long nous réserverait encore de très belles surprises. Mais il est déjà temps de partir vers de nouvelles contrées, en route vers la Géorgie et l’Arménie !

Quoi qu’il en soit, même si la ville est tentaculaire (et la circulation est peut-être un des points les plus négatifs), nous avons vraiment été surpris par la gentillesse des gens qui plusieurs fois nous ont proposé leur aide sans même qu’on les sollicite et pourtant nous étions bien dans une mégalopole ! Presque inimaginable à Paris…

Cette ville de contrastes établie sur deux Continents nous donne vraiment envie de découvrir la Turquie plus en profondeur à la découverte de ses régions typiques ! Un futur projet de voyage sans conteste.

 

Kâmpŭchéa (Cambodge), le pays du sourire

2014 – Battambang / Tonle Sap / Siem Reap / Angkor / Sihanoukville / Kep / Phnom Penh 

Retour aux sources pour deux des piliers de notre groupe de danse (A l’Arash Crew) Aïssa et Natum, ainsi que Laurent notre photographe et vidéaste de talent, tous trois d’origine cambodgienne et qui découvrirons le pays de leurs ancêtres (ou partie de leurs ancêtres) pour la première fois. 

Qui n’a pas rêvé de partir à la découverte de ce beau pays, subtil mélange de culture asiatique et indienne. Lorsqu’on évoque ce doux nom, des images de jungle nous viennent rapidement à l’esprit, la mer et les plages paradisiaques aux couchers de soleil d’or sont aussi au rendez-vous sans oublier le joyau du pays, les temples de la civilisation khmer qui n’ont pas encore dévoilé tous leurs mystères. Le pays a aussi sa part d’ombre avec des plaies encore parfois béantes, héritage du régime sanguinaire de Pol Pot et des Khmers rouges et ses presque 2 millions de victimes…

Retour sur ce périple hors du commun avec la team.

Cambodge

Battambang et le Tonlé Sap

Arrivée de la team par 4 vols différents sur Bangkok, on se rejoint dans un appartement sympathique en plein cœur de la grouillante capitale thaï où nous passons une première nuit avant de rejoindre le Cambodge et Battambang par le bus le lendemain.

Le passage de frontière par Poïpet est une vraie épreuve. Outre la chaleur écrasante (45°C), on sent que cette ville s’est construite autour du vice, un vrai far-west asiatique qui dégage une ambiance malsaine. Après avoir réglé les formalités on poursuit jusqu’à Battambang, la ville du bâton et nous pouvons enfin profiter dans un petit hôtel familial, véritable havre de paix ! L’Hôtel Deluxe et sa somptueuse piscine constitueront notre QG pour quelques jours. Le patron nous réservera un accueil digne de ce nom et on s’y sentira comme chez nous. Battambang est une ville commerciale importante de l’Ouest du Cambodge et passage presque obligé entre les capitales thaï et khmer.

Le nom de la ville signifie littéralement « perdre le bâton » en khmer. La légende veut qu’un géant devenu roi, en voulant combattre un rival lui aurait lancé un gourdin pour le tuer, mais manqua sa cible. Le bâton retomba et forma un ruisseau nommé O Dambang, pour finalement se perdre dans une région reculée qu’un des rois suivants ordonna de nommer « province de Battambang ».

Ce petit séjour sera l’occasion pour Aïssa de découvrir la terre de ses ancêtres et une partie de sa famille qui nous accueillera pour un repas anthologique en pleine forêt. On aura aussi la chance de participer à une fête de mariage locale ! Une véritable immersion !

On aura aussi l’occasion de se balader dans la ville sur nos scooters, idéal pour s’imprégner de l’ambiance. Battambang n’est pas véritablement incontournable sur le plan touristique mais cela constituera une belle entrée en matière.

C’est déjà l’heure de partir et nous décidons de rejoindre Siemp Reap et les temples d’Angkor par la voie d’eau. Une traversée harassante de 8 heures sur une embarcation au confort sommaire (voir inexistant) et au moteur de tondeuse à gazon le long de la rivière Sangker et du Tonle Sap. Malgré les conditions le voyage vaut le coup et nous permettra de découvrir les populations vivant au fil de l’eau sur les villages flottants et leurs techniques de pêches ancestrales avec les grands filets qui ne cessent de danser dans et hors de l’eau.

Siem Reap et les Temples d’Angkor

Nous voilà enfin arrivé aux portes des fabuleux temples d’Angkor ! Nous sommes tout excités. Ces quelques jours vont être forts en émotion.

Angkor est un site archéologique composé de ruines de temples et réseaux hydrauliques (barays et canaux) qui constituait la capitale de l’Empire Khmer existant du 11ème au 15ème siècle. Le site immense est classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1992, attirant plus d’un million de touristes par an et représentant la plus importante attraction touristique du pays.

L’Empire khmer est fondé par Jayavarman II, puis développé par son successeur avec le fameux réseau hydraulique qui apportent la maîtrise de l’eau et de l’irrigation, une avancée considérable pour l’époque qui assurera la prospérité de l’empire pour plusieurs siècles. Le site est composé de nombreux temples-montagne, propre à la cosmologie hindouiste. A son apogée, Angkor comptait 750 000 habitants et s’étendait sur plus de 1000km2.

Pas le temps pour nous de découvrir la 50aine de temples visitables. On en choisit donc quelques uns parmi lesquels Angkor Wat bien sûr le plus célèbre, le Bayon avec ses visages de Buddha monumentaux, Angkor Thom, Ta Prohm. Le tuk-tuk nous servira de taxi pendant nos découvertes. L’ambiance y est grandiose malgré la moiteur pesante. Nous sommes alors à quelques jours du nouvel an khmer et c’est l’effervescence partout ! La fête se prépare.

Notre ami Laurent nous propose de filmer quelques scènes de breakdance dans différents temples. On y prend un plaisir intense et les moines bouddhiste nous regardent avec le sourire appréciant le geste ! L’harmonie opère. On se sent bien malgré la chaleur. Le résultat est à découvrir juste après. Un savant mélange de scène de danse freestyle et de scènes de vie locale sur le site.

Allumez vos enceintes, sélectionnez HD, c’est parti !!!

Merci encore à Laurent (www.laurentkl.com) pour ce beau cadeau qui sera sans conteste le plus beau clip de notre groupe de danse ! Voici enfin les photos des temples. Là aussi, on hésite pas à mélanger notre art à celui de la civilisation khmer en toute modestie.

Sihanoukville, la station balnéaire cambodgienne…

On reprends la route pour le Sud et la mer après ces quelques jours dans cette région historique fantastique. Un de mes souvenirs de voyage les plus forts ! Quel génie.

On prends la route de nuit par bus dans des conditions un peu difficiles pour les plus de 1m60 et 50kg ! Notre ami Valentin, l’armoire à glace aura beaucoup de mal à trouver le sommeil et partageant sa couchette trois fois trop petite avec une maman et sa petite fille.

Notre arrivée sur place sera pour le moins chaotique puisqu’on se fera arnaquer par un chauffeur de taxi peu scrupuleux qui voulait faire du chiffre et nous déposera au milieu de nul part. Il en faut pas moins à Valentin pour sortir de ses gonds et le ton monte terriblement. On calmera les protagonistes avant qu’une bêtise ne se produise. Et oui, les voyage c’est aussi ça. Nous ne le paierons pas et il nous promets de nous retrouver et de nous tirer dessus… Super accueil à Sihanoukville. Deuxième erreur, nous n’avons rien réservé et le nouvel an khmer approche. Tout le pays est à Sihanoukville pour profiter des somptueuses plages et faire la fête. On passera la matinée harassé à chercher un hébergement correct.

Nous trouvons enfin un camping avec bungalow pas trop mal et on se détends un peu. L’ambiance n’est plus la même qu’à Angkor. On profite du coucher de soleil avant de faire un saut en ville. La moitié du groupe n’est plus dans les mêmes conditions. On décide dons d’écourter notre séjour sur place et nous ne verrons pas les îles paradisiaques mais l’important c’est la cohésion de groupe. On file donc vers Kep qui semble être une petite station balnéaire calme et authentique. On ne le regrettera pas ! Le coucher de soleil reste quand même un souvenir extraordinaire malgré tout.

Kep, le petit port de pêche au crabe bleu

Nous voici à Kep, ancienne ville coloniale prestigieuse ravagée pendant l’époque des khmer rouge mais qui redore son blason. Kep est une petite station balnéaire bien loin du tumulte de Sihanoukville. Exactement ce qu’il nous fallait. L’ambiance y est bien paisible, le contact avec la population locale bien plus authentique. Le sourire khmer, contagieux est revenu chez tout le monde et ça fait du bien. Notre hôtel tenu par un Français et sa femme cambodgienne est vraiment magique. Piscine avec vue sur la mer, des fleurs partout, des petits plats de qualité, on sent qu’on va bien en profiter. La ville compte une petite communauté d’expatriés français qui ont préféré un modèle de développement différent, le respect prime et on apprécie !

Petit tour au Port. La ville, située à une bonne dizaine de kilomètres du Vietnam est en fait célèbre pour son port de pêche au crabe bleu, qu’on s’empressera de goûter ! Pas évident à décortiquer mais un vrai régal. On le testera dans l’un des restaurants du port de pêche installé dans des maisons à pilotis d’où on appréciera à plusieurs reprises les fameux couchers de soleil.

Un petit tour au marché avec ses nombreux produits locaux de qualité : fruits de mer, maraîchages, poivre de Kampot (on se fera d’ailleurs une petite virée à moto dans cette bourgade sympathique) célèbre dans le monde entier…  On se fera une petite rando dans la jungle environnant Kep, le Parc National de Kep ! Génial. Humidité garantie mais c’est la jungle héhé !!!

On rencontrera aussi Sok, un franco-cambodgien qui a décidé de retourner au pays pour aider au développement. Vraiment quelqu’un qui a le cœur sur la main, une personne incontournable sur Kep. Le passage dans son bar, le Kepa Cabana est un must (www.facebook.com/kepacabana) !

Vraiment allez-y, vous serez reçu comme un ami.

Koh Tonsay, l’île aux lapins

Journée farniente sur l’île aux Lapins, Koh Tonsay en khmer. L’île est située à quelques encablures de Kep, accessibles en bateau par plusieurs liaisons quotidiennes. Nous en profiterons pour faire bronzette et nous reposer dans un décor de carte postale.

Phnom Penh, intéressante capitale

Dernière escale de notre périple dans la capitale, deux jours à Phnom Penh. La grouillante capitale cambodgienne vaut le détour, avec ses anciens bâtiments coloniaux et ses grandes avenues. On rejoindra un ami français d’origine cambodgienne installé sur place qui nous donnera quelques tuyaux.

On fait un passage obligé au Musée Tuol Sleng, musée dédié au génocide des khmer rouges. Il s’agit en fait d’une ancienne école reconvertie en camp de la mort, où plusieurs milliers de détenus ont été assassinés… Ça nous rappelle les camp hitlériens… Les crânes, les geôles, les photos de corps entre la vie et la mort…

Après ce devoir de mémoire, on décide de se changer les idées en allant dans le plus grand marché de la ville. Le bazar sera l’occasion de faire quelques achats, le marché alimentaire lui permettra de faire quelques photos pleines d’odeurs et de couleurs !!!

Le lendemain, nous partirons visiter le Palais royal, construit en 1860 et résidence du Roi du Cambodge. L’architecture est majestueuse avec son mur défensif, son imposante salle du trône, son temple du Bouddha d’Émeraude, ses stupas, ses flèches monumentales et autres peintures murales. La Pagode d’Argent est en fait le temple royal et abrite quelques uns des plus beaux trésors nationaux et notamment un Bouddha en or grandeur nature incrusté de pierres précieuses.

C’est déjà l’heure du grand départ, retour vers Bangkok pour finir notre périple au pays du sourire qui (hormis Sihanoukville que nous oublierons rapidement), ne nous aura pas quitté.

Le Cambodge est un pays extraordinaire qui me faisait rêver depuis longtemps et je n’ai pas été déçu !

Liban, au Pays des Cèdres de Dieu…

Un Liban, des Libans

Le Liban, une autre destination que j’avais hâte de découvrir. Il évoque pour moi un pays particulièrement métissé du Moyen-Orient, riche d’une diaspora puissante répartie un peu partout dans le Monde (France, Etats-Unis, Afrique de l’Ouest…) et dont tout le monde connait la cuisine et ses succulents mezzés (taboulé au persil, houmous, kebbé -viande haché et boulgour-, fallafel, caviar d’aubergine…) qui régalent les papilles.

Le Liban est principalement montagneux, coincé entre la Syrie au Nord et à l’Est, Palestine/Israël au Sud et ouvert sur la Mer Méditerranée à l’Ouest. Beyrouth en est la capitale. On y parle l’arabe et le français, souvenir de l’administration française du début du 20ème siècle.

Le nom du pays renvoie au blanc « lubnan » en référence au manteau neigeux qui recouvre ses montagnes en hiver, paysage particulièrement singulier dans cette région aride et déficitaire en eau que constitue le Proche-Orient.

Mère-patrie des Phéniciens, le Liban a été marqué par de nombreuses empruntes : Perses, Assyriens, Grecs, Romains, Arméniens, Arabes, Seldjouk, Mamelouks, Croisés, Ottomans et plus récemment Français. Cela se ressent dans le patrimoine culturel extraordinaire, dense et omniprésent dans le pays.

On parle aussi parfois du Liban comme de la Suisse du Proche-Orient, pour son économie ouverte, son secret bancaire, ses montagnes et son mutliculturalisme.

On l’associe aussi rapidement au Cèdre, le symbole national. Mais également à une guerre civile longue et compliquée qui a sévi pendant plus de 15 ans jusqu’au début des années 90. Le Liban c’est aussi une multitude de confessions : 18 officiellement avec notamment les sunnites, chiites, maronites, druzes, alaouites…

Petit Pays mais grand rayonnement et forte identité !

C’est parti pour près de 5 jours à la découverte du Pays des Cèdres de Dieu après avoir minutieusement préparé le programme avec mon ami Wael, Libanais vivant en France depuis de nombreuses années, épicurien, très ouvert et amoureux de son pays d’origine ! Grand merci à lui et toute sa famille sans qui cette expérience n’aurait pas eu la même saveur au sens propre comme au figuré !

Ahlan wa sahlan habibi !

Liban

Beyrouth et les Raouchés

Premier contact avec le sol libanais à l’aéroport de Beyrouth où nos amis nous attendent. En route vers l’appartement familial où nous serons accueillis comme des rois ! Mais ça se mérite, d’abord il faut affronter la terrible circulation beyrouthine. Heureusement, la douce musique libanaise berce nos oreilles et apaise nos esprits. Les check-points sont impressionnants et nous rappellent le quotidien mouvementé d’un pays à l’équilibre fragile.

Quel accueil chez les Haidar ! Quel buffet gargantuesque, et le goût est au rendez-vous. Nous passerons une soirée qu’on oubliera pas de sitôt. Une fois les fameux mezzés dégustés, on boira le café à la cardamome et les pâtisseries orientales avant de nous essayer à la chicha ! Rien à voir avec celle que j’ai en France !

Le séjour débute en fanfare avec une petite découverte des fameux Raouchés – qu’on appelle aussi grotte aux pigeons – by night. C’est un des sites les plus touristiques de la ville, deux rochers calcaire sculptés qui se dressent fièrement face à la mer, véritables symboles de la ville. Selfie obligatoire pour les touristes ! On aura d’ailleurs l’occasion d’y voir le coucher de soleil le lendemain puis un petit tour en bateau avec les jeunes pêcheurs qui propose des petits tours pour arrondir leurs fins de mois.

La circulation est toujours difficile. On fera une petite pause sur la corniche et ses grattes-ciels qui bordent le front de mer. La ville a beaucoup souffert de la guerre civile et de nombreux bâtiments recèlent encore les stigmates des conflits passés.

Le centre ancien de la ville présente une concentration de lieux de culte en tout genre impressionnant. Les églises et clochers y sont disposées les unes à côtés des autres. Au milieu de tous ces lieux saints, on peut également observer des fondations gigantesques en pierre de taille. La somptueuse Mosquée Al Amine, également appelée mosquée bleue mérite une visite. Si le lumineux extérieur attire le regard, l’intérieur n’est pas en reste avec de magnifiques fresques aux couleurs chaudes. Le lieu est vraiment propice au recueillement.

Jounieh et Notre Dame du Liban

Petite excursion au Nord de Beyrouth en direction de la ville côtière de Jounieh. Nous rejoindrons  ensuite Harissa, village situé au sommet de la montagne dominant la baie à 650 mètres de haut.

Mais là aussi, ça se mérite, la circulation parait pire que sur le périphérique parisien. Heureusement, le panorama est splendide mais un peu gâché par un brouillard persistant, formé par l’évaporation de la mer. Les croyants viennent rendre hommage à la Vierge Marie, protectrice du Liban. Le sanctuaire a été édifié par l’Eglise Maronite au début des années 1900, et constitue aujourd’hui un lieu de visite de choix.

La montée avec le téléphérique doit constituer une expérience sympa également !

Jeita et les grottes monumentales

A quelques kilomètres de là, on ira explorer les grottes de Jeïta.

La grotte inférieure a été habitée à l’époque préhistorique et a été redécouverte en 1836 par le révérend Thomson lors d’une partie de chasse. Elle est en partie inondée et peut être visitée en bateau.

La partie supérieure de la grotte a été découverte en 1958 par des spéléologues libanais. Située à 60 mètres au-dessus de la grotte inférieure, elle a été percée d’un tunnel d’accès et équipée d’une série de passerelles pour permettre aux touristes de faire des visites sûres sans perturber le paysage naturel. La caverne supérieure, qui abrite la plus grande stalactite, est composée d’une série de chambres. La plus grande d’entre elles a une hauteur maximale de 120 mètres.

Les grottes ont été choisies pour faire partie des sept merveilles naturelles du monde et a été élue 1ère merveille de la nature.

Seul bémol de taille, l’utilisation d’appareil photo ou vidéo est strictement interdit et très surveillé… Grosse frustration. Ces photos ne sont donc malheureusement pas de moi.

Le Gouffre des Trois Ponts

Situé à Tannourine, à une petite heure de la côte et de Byblos, le Gouffre des Trois Pont est l’un des sites naturels les plus spectaculaire qu’il m’ait été donné de voir !

Aussi appelé Gouffre de Baatara, le gouffre a été découvert en 1952 par le spéléologue français Henri Coiffait.

Il s’agit en fait d’une véritable particularité géologique : un gouffre de 250 m de profondeur sur 260 m de large, creusé dans le calcaire. Il possède deux formations en forme de ponts, l’une au tiers de la profondeur depuis la surface, l’autre aux deux-tiers. Depuis la rive opposée du gouffre, ces deux formations donnent l’impression, avec la partie supérieure, de constituer trois ponts.

Lors de la fonte des neiges, une cascade de 90 m de haut s’y forme.

Bcharré et la Vallée de la Qadisha

Egalement au départ de Byblos, une incursion dans la vallée de la Qadisha, littéralement vallée sainte en syriaque,  nous fait déjà rêver. La petite ville de Bcharré dans la partie supérieurs de la vallée constitue le berceau du célèbre écrivain Khalil Gibran, auteur notamment du « Prophète ». Le canyon sculpté par le fleuve Qadisha, nous offre un spectacle grandiose.

Le caractère escarpé de ce territoire a permis aux communautés maronites de se réfugier à l’époque de la domination ottomane.

Le clou du spectacle sera la balade dans la forêt sacrée des Cèdres de Dieu, dans un décor enchanteur. On profitera d’un somptueux coucher de soleil entre les arbres millénaires aux senteurs si particulières. Cette magnifique forêt représente un des derniers vestiges de l’ancienne forêt de cèdres du Liban qui recouvrait l’étage végétal supérieur du Mont-Liban.

Cette vallée sainte est inscrite depuis 1998 au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, au même titre que la Forêt des Cèdres de Dieu. Notre visite a été brève et les meilleurs points de vue n’ont pas été exploités et on a vraiment envie de passer davantage de temps ici. Ce sera pour une autre fois car le festival international des cèdres a lieu au même moment et la vallée est du coup très fréquentée ! Ce n’est que partie remise.

Et voilà notre petite incursion au Pays des Cèdres qui touche à sa fin. On a été frappé par la concentration impressionnante de sites culturels dans un pays qui est pourtant si petit, pas plus grand que l’Alsace.

Je suis impressionné par le potentiel de ce pays aux influences plurielles. Vraiment un coup de cœur et tant de choses encore à découvrir. Nous ne sommes pas allés dans le Sud et n’avons pas poussé jusqu’à Tripoli. En tout cas, nous en avons eu pleins les yeux et les papilles également.

Spécial remerciements à mes amis Ahmed, Wael et Hussein ainsi qu’à tous les Haidar à qui je dédie ce petit post 🙂

Djezair : un printemps algérien

L’Algérie, si proche et pourtant si loin…

Destination beaucoup moins grand public que ses voisins tunisien et marocain, l’Algérie est un trésor secret au potentiel touristique de premier plan qui recèle de nombreux sites d’exceptions. Cela s’explique notamment par ses empruntes numides, arabes, romaines, berbères, espagnoles, ottomanes et françaises, ses paysages naturels préservés, son littoral à couper le souffle, son désert immense. 

L’Algérie, c’est aussi un pays riche et une terre de convoitise avec ses ressources naturelles gigantesques (gaz et pétrole), source de nombreuses convoitises. Lorsqu’on évoque l’Algérie on pense à la guerre d’Algérie, dont on nous parle à l’école assez rapidement et dont on sent que les blessures commencent à peine à se refermer. On pense aussi à la décennie noire des années 90 avec la montée du terrorisme et les événements terribles qui s’y déroulèrent.

Forcément, ça reste dans les esprits des deux côtés de la Mer Méditerranée. J’ai toujours senti en France un certain tabou et malaise vis à vis de ce pays et cela m’a toujours intrigué : jeunesse française d’origine algérienne qui galère, pieds noirs déracinés, harkis humiliés… Pas évident tout ça !

Mais au-delà de tout ce qu’on entend, l’Algérie c’est quoi ? Il était temps de monter un projet avec quelques amis pour nous faire notre propre expérience. 4 300 kilomètres parcourus en voiture nous ont permis de découvrir quelques un de ses joyaux : Oran l’espagnole à l’ombre de la chapelle Santa-Cruz, Tlemcen la zianide, Tipaza la punique, Timgad la romaine, Constantine la ville suspendue, Alger la blanche, Béjaïa la kabyle, les Aurès et les balcons de Ghouffi… Le programme est alléchant et aura raisons des démarches administratives pour obtenir le visa touristique.

Des touristes en Algérie, il y en a bien et en particulier représentés par la diaspora qui vient voir la famille restée au bled et se ressourcer au pays de leur deuxième culture. On compte aussi des touristes étrangers, espagnols et britanniques mais peu de Français. Et pourtant ici tout est écrit en arabe et en français, tout le monde parle français, bien plus qu’en Tunisie et au Maroc. Je n’ai d’ailleurs jamais remarqué de ressenti négatif vis-à-vis des Français que nous sommes, bien au contraire, plutôt un vrai sens de l’accueil chaleureux ! Bien loin des idées reçues.

C’est parti pour la découverte d’un printemps algérien !

Algérie

L’Oranais

Premier contact avec l’Algérie à Oran où nous débutons notre périple. On rencontre le cousin d’un ami qui nous accueille à l’aéroport et nous accompagnera pendant tout notre séjour oranais. On se souviendra longtemps de sa gentillesse, ainsi que celle de ses amis avec lesquels on s’est tout de suite senti sur la même longueur d’onde. On a découvert l’Oranais de l’intérieur et on ne pouvais pas rêver mieux. Après un week-end reposant dans une villa établie près de la station balnéaire d’Aïn el Turk prise d’assaut en été, on découvrira Oran l’excentrique, capitale du Raï et très ouverte par rapport à certaines villes plus conservatrices à l’Est. On était logé juste à côté de la fameuse Corniche qui domine le port, endroit idéal pour une balade en début de soirée avec une bonne glace rafraîchissante, après un repas à la Pêcherie. Oran m’a fait pensé à Marseille et son fameux clair-obscur, on y croise le meilleur et le pire: la conduite y est agressive, l’atmosphère parfois tendue parfois décontractée, la lumière pure.

La tenue officielle c’est le Lacoste, j’ai rarement croisé autant de personnes fièrement arborer le croco et c’est bien ici que nous en avons vu le plus porté de 7 à 77 ans ! On s’est donc équipé nous aussi comme il se doit, à des prix défiants toute concurrence.

Trêve de plaisanterie, le site incontournable à Oran c’est bien évidemment Santa-Cruz. Quelle splendeur ! La vue depuis le fort bâti par les Espagnols au 16ème siècle est à couper le souffle. La vue est imprenable sur la baie d’Oran, la médina jdida, le port et la ville moderne. La Vierge de la Chapelle de Santa Cruz veille paisiblement sur la ville .

Tlemcen

On aura l’occasion de faire une escapade d’une journée vers le Sud où nous attendais un ami à nous croisé à l’aéroport et qui était heureux de nous accueillir et nous faire découvrir son deuxième chez lui : Tlemcen et ses environs !

Tlemcen est plus bourgeoise et calme que sa sœur de la côte. C’est un peu comme si nous quittions Marseille pour découvrir Aix-en-Provence. La ville est surtout connue pour ses vestiges zianides et mérinides, la Mansourah, comparée à une Tour Eiffel locale ! Elle est effectivement immense et capte extraordinairement bien la lumière !

La ville est adossé au plateau de Lalla Seti, offrant une vue imprenable sur la cité.

Les environs ne sont pas en reste avec une cascade agréable surmonté d’un ancien pont construit par Eiffel pour le coup. Mais également de grottes monumentales bien aménagées que nous aurons la chance de découvrir. Ce réseau de galeries mesurait encore il y a plusieurs dizaine d’année près de 70 kilomètres mais a été en partie détruit pour lutter contre la résistance algérienne pendant la guerre d’Algérie. Le site est exceptionnel. Nous sommes sous le charme de cette belle bourgade et de ses environs mais il est déjà temps de reprendre la route vers Oran puis Alger.

Tipaza

En route vers Alger, nous avons prévu une halte à Tipaza la punique. Ce riche site antique a la particularité de s’ouvrir sur la mer et est en cela assez remarquable. Une petite balade du site principal nous permet de nous détendre un peu et de découvrir l’emprunte punique puis romaine en terre algérienne. N’ayant pas la chance de passer par Djemila, nous finirons quand même notre séjour par la découverte de la Grande Timgad, à la porte des Aurès, qui clôturera parfaitement le voyage et nous permettra de voir l’importance de la région pour l’Empire Romain.

Une petite halte pour nous restaurer et nous poursuivons vers Alger la Blanche ! L’ambiance dans cette ville était aussi bien tranquille et sympathique.

Alger

Nous arrivons à Alger et les drapeaux algérien et serbe jonchent le bord dl’autoroute partout. J’en ai jamais vu autant et je ne comprends pas pourquoi le drapeau serbe et les nombreux militaires présents le long de la route. Il y avait en fait une visite officielle du président serbe dans la capitale . On arrive dans notre sympathique villa à Aïn Benian dans le quartier de la Madrague en bord de mer. Les rochers me font penser à la Bretagne. Un coucher de soleil mémorable nous accueille !

Le lendemain on part à la découverte d’Alger la Blanche. On est sous le charme du centre et de ses bâtiments haussmannien blancs qui nous rappellent Paris. On se croirait vraiment en France. Quelle belle ville : le boulevard Amirouche mélange entre une corniche et une avenue prestigieuse, la Grande Poste, son architecture néo-mauresque et les cafés qui l’entourent, les escaliers décorés, la Basilique Notre-Dame d’Afrique et son point de vue imprenable sur la baie d’Alger… Notre passage éclair ne nous donnera pas l’occasion de nous perdre dans le quartier historique de la Casbah mais nous reviendrons un jour c’est sûr !

Après toute l’agitation du centre, nous nous décidons à profiter du calme du Jardin du Hamma, créé en 1832 considéré comme un des jardins d’essai et d’acclimatation les plus grands au monde. On y trouve un jardin anglais, français, japonais et des allées majestueuses avec des platanes, frangipaniers et autres dragonniers, surprenant à cette latitude. Le panorama qu’offre l’allée des Palmiers du jardin français ceinturée entre la Méditerranée et le Mémorial des Martyrs nous éblouit.

On essaie de prendre le téléphérique pour rejoindre le fameux Mémorial mais ce ne sera pas possible puisqu’il est hors service, comme ceux d’Oran et d’Annaba d’ailleurs. Dommage. Le taxi assurera ce service et nous découvrons un lieu très symbolique le Mémorial du Martyr, érigé en 1982 à l’occasion du 20ème anniversaire de l’Indépendance de l’Algérie. Il rend ainsi hommage aux nombreuses personnes tombées pendant la guerre d’Indépendance.

Notre courte expérience algéroise s’arrêtera là et il est déjà temps de partir vers l’Est et la Petite Kabilye, particulièrement verte en cette saison. Béjaïa nous voilà !

Béjaia

En route vers la Kabylie et ses montagnes verdoyantes au printemps, qui plongent littéralement dans la Méditerranée et sculptent la côte. Un vrai coup de cœur pour cette superbe région où tout est plus calme et saisissant de beauté !

Azul !

nous dirons beaucoup de kabyles, peuple berbère très ancien originaire des montagnes du Nord qui aiment faire vivre leur dialecte et patrimoine culturel au sein de l’Algérie.

La Grande Kabylie plus à l’Ouest est la région d’origine de Zinédine Zidane, un des Algériens les plus célèbre au monde que nous continuons d’aduler et qui nous a tellement fait rêver en 98 !  Je ne peux m’empêcher également de penser à mon cousin dont le papa était également kabyle. Ce voyage est aussi un peu le sien puisque je sais qu’il aurait aimé y prendre part mais ce n’est que partie remise.

La Petite Kabylie est la destination estivale de choix pour les familles algériennes et la diaspora française. Le Printemps se prête bien plus à une découverte de cette région féerique, qui voit sa fréquentation se multiplier pendant la belle saison et également les bouchons !

Béjaïa a un petit centre ancien avec de belles ruelles typiques. Elle dispose aussi d’une promenade en bords de mer – la Brise de Mer – que lui envient les Algérois et où les restaurant de poissons se succèdent les uns après les autres.

Le site naturel emblématique de la ville est sans conteste le Cap Carbon, au sein du Parc Naturel de Gouraya. Une superbe balade longeant le cap creusée à même la roche est un pur régal pour les yeux. Une montée un peu plus physique nous permet également d’atteindre le Pic des Singes où nous croisons quelques farouches Macaques de Barbarie particulièrement à l’aise ! Le panorama est exceptionnel ! Ambiance vacances garantie.

Kefrida

Petite escapade depuis Béjaia vers la populaire cascade de Kefrida déjà bien fréquentée pour la saison. Le chemin qui mène à la cascade donne lieu à un petit marché touristique qui vend principalement des chinoiseries. Le site est impressionnant et très fréquenté par les jeunes du coin qui en profitent pour piquer une tête et impressionner leurs amis en sautant depuis les rochers. Un de mes ami me propose d’en faire autant et il ne faut pas me le dire deux fois. J’en profiterai pour crier

1,2,3 ! Viva l’Algérie !

qui fera rire quelques petits ! Cette petite incursion dans les montagne kabyle nous aura permis un bon rafraîchissement. On en profitera pour manger un « sandwich spécial » se poser à la plage de Tichy au retour. La mer y était particulièrement démontée, pleine lune oblige !

Annaba

On comprend rapidement que le réseau routier n’est plus le même que du côté ouest ! Les routes sont plus petites, les dos d’ânes omniprésents ! La route est vraiment longue et nous arrivons fatigués sur les hauteurs d’Annaba où nous avons réservé dans l’hôtel Mountazah à Séraidi, niché sur la montagne riche d’une belle forêt de chênes-liège et dominant l’ancienne Bône. La vue est imprenable.

Nous sommes très déçu car la piscine extérieure où nous nous réjouissions de piquer une tête est vide ! Quel déception. Elle sera remplie pour accueillir les touristes après le Ramadan. On ajoutera à cela que si cet hôtel fut un palace, il n’est plus que l’ombre de lui-même. En effet, il s’agit d’un hôtel geré par l’Etat et les rénovations n’ont pas du être nombreuses au cours des dernières décennies. Dommage au vu du potentiel de son architecture rappelant les maisons du M’zab et ses terrasses panoramiques offrant une vue imprenable sur la Méditerranée. Le charme opère malgré tout.

Le lendemain on dépose notre ami d’origine algérienne qui en profitera pour passer quelques jours en famille. Nous continuerons donc la suite du voyage sans lui mais nous réjouissons de venir lui rendre visite pour un vrai festin à Oued Zenati à quelques kilomètres de Guelma et ses sources chaudes !

Avant cela, on profite des derniers moments dans la ville d’Annaba pour découvrir les restes d’Hippone et la majestueuse basilique Saint-Augustin. une bonne crêpe et un milk-shake nous raviront sur le front de mer animé de la station balnéaire.

Guelma

Petite pause improvisée à Guelma et plus précisément à Hammam Debagh réputé pour ses sources et sa cascade pétrifiée de 30 mètres de haut. Une petite promenade nous permet de constater l’importance de cette formations qui doit être vieilles de plusieurs milliers d’année. L’eau y jaillit bouillonnante à plus de 90°C et en fait après l’Islande les sources les plus chaudes du monde ! Quelle surprise ! Un lieu qui nous fait penser à Pammukale en Turquie. Peut-être au programme d’un prochain voyage ?

Il est l’heure d’aller à la rencontre de la famille de notre ami où nous serons accueilli comme des rois ! On se régalera de plats traditionnels et notamment la chekhchoukha et la kesra produite avec le blé réputé des champs d’Oued Zenati ! Un régal.

Constantine

Poursuite de notre escapade vers Constantine, la cité des ponts suspendue. Cette ville est très ancienne et a été construite par les Numides sur un énorme rocher séparé en deux par le Rhummel qui coule au fond d’une gorge impressionnante à plus d’une centaine de mètre sous les nombreux ponts qui permettent de joindre les deux parties de la ville haute. Pour celles et ceux qui ont le vertige, mieux vaut s’abstenir !

On rejoint Lazhar qui nous guidera jusqu’à la fin de notre périple à Constantine, Timgad et dans les Aurès depuis Batna. Sa compagnie et les nombreux échanges que nous avons eu avec lui nous ont permis de mieux comprendre le pays, dépasser les clichés et vivre l’Algérie de l’intérieur. Lazhar n’a pas été un simple guide pour nous mais un véritable ami. Nous avons rencontré sa famille et mangé plusieurs fois avec eux. Nous ne l’oublierons pas ! Il nous fera découvrir la ville et parcourir les pont et passerelles les plus impressionnants. Mentions spéciales pour le Pont Sidi M’Cid et la passerelle Mellah Slimane (aussi appelée passerelle Pérrégeux ou Pont de l’Ascenceur) qui sont de pures merveilles.

On croisera, par hasard, une femme médecin du centre ancien passionnée par sa ville, qui nous fera entrer dans son cabinet pour nous faire découvrir une des demeures les plus anciennes de la ville, très emprunte de décorations ottomanes. Cette femme, qui a le cœur sur la main, nous a même offert des copies de son livre en cours d’édition retraçant l’histoire de la ville. Une très belle rencontre.

Lazhar nous fera boire un café moulu à l’ancienne dans un bistro de quartier (une expérience à part entière ! Quel régal !). Puis nous filons vers le marché qui grouille de vie et le Palais du Bey, chargé d’histoire. Ce palais a été construit à l’époque ottomane et présente de belles cours et colonnade. Dépaysement garanti.

Le soir venu, nous en profiteront pour visiter la majestueuse Mosquée Emir AbdelKader et son esplanade idéale pour profiter du soleil couchant avant l’appel à la prière.

Aurès

On partira de Batna pour faire la fameuse boucle des Aurès. Cette région est célèbre car elle fut le berceau de la révolte algérienne pour la lutte à l’Indépendance. Les Aurès, c’est la terre des Chaouis, autre population très ancienne qui a su s’acclimater dans ce territoire très aride. En témoignent encore les maisons accrochées à flanc de falaise, dominant l’oued et les oasis. Les Balcons de Ghouffi constitueront également pour nous un véritable coup de cœur malgré une chaleur écrasante : 43°C !

Ce site est également bien structuré avec une sympathique promenade qui nous permets de serpenter le long de la gorge. On aperçoit en face une construction qui est en fait un ancien hôtel construit dans un lieu assez irréel ! Les ruines de l’Hôtel Transatlantique où aurait séjourné Louis de Funés. On explore également les petites maisons de bergers abandonnées. Ces petits villages reculés ont abrité des groupes terroristes dans les années 90. Ca fait froid dans le dos mais le site est grandiose.

On poursuit ver M’Choumèche où nous aurons le plaisir de piquer une tête dans un oasis. On se délecte de cette baignade rafraîchissante car il fait toujours aussi chaud. Quel bonheur !

On pousse vers Biskra à la porte du désert. On visitera la plus ancienne mosquée d’Algérie puis on retourne en direction de Batna. Malheureusement, nous ne verrons les gorges d’El Kantara que de nuit. Cette journée a vraiment été exceptionnelle.

Timgad

Timgad est situé à quelques encablures de Batna, qui est décidément idéale pour rayonner. Nous faisons une première pause à Lambèse, ancien site romain qui s’avère moins impressionnant que Timgad, puisque les Français ont utilisé une bonne partie des pierres de taille pour construire une prison à quelques kilomètres. Ceci dit le cœur du site mérite un détour.

Timgad, quant à elle, est majestueuse. Surnommée la Pompéi d’Afrique du Nord, le site est immense. Lazhar nous expliquera le fonctionnement de la cité romaine et ses points remarquables. La qualité sonore de l’amphithéâtre nous impressionnera, ainsi que le Forum, le marché et l’Arc de Trajan.

Notre séjour algérien touche à sa fin. Cela restera pour nous une expérience inoubliable. J’aimerai largement dédicacer ce petit article à Leila, la femme de mon cousin Vince et maman de mon filleul Djibril qui nous a grandement aidé ; à Nadir qui m’a aidé pendant de longs mois à construire ce voyage et notamment la partie Est qui reste encore assez difficile à découvrir pour quelqu’un qui n’a pas d’attache en Algérie. Grand merci à lui, à sa réactivité, à sa sympathie et à son professionnalisme. Il travaille au sein de l’agence Timgad Voyage qui nous a permis de rencontrer Lazhar et de passer des moments extra en cette fin de séjour.

Merci également à tous ceux qui nous ont aidé et que nous avons croisé pendant notre séjour.

L’Algérie est belle, n’hésitez pas à dépasser les clichés et à la découvrir.

Tahia Djezair !

Côte d’Ivoire, entre lagune et brousse…

Retour sur un voyage riche en émotions pour moi… Mama Africa, tu m’accueilles à nouveau, plus de 30 ans après ma première grande aventure au Gabon alors que je n’étais pas plus haut que trois pommes… Un mois passé en Afrique Noire au début des années 80 pour rendre visite à mon oncle qui construisait alors le Trans-Gabonais reliant Libreville à Franceville. Les nombreux clichés de ce séjour me font toujours rêver et je repense aux anecdotes croustillantes que me racontent ma mère, mon oncle ou ma tante.

« Tu te rappelles quand tu voulais manger des frites à 3h du matin… Hum c’est beuhh »

ou encore

« Tu as failli y rester lorsque tu jouais avec le boa constrictor dans le jardin »,

petit spécimen que ma mère a coupé en deux à la machette pour protéger sa progéniture alors qu’elle tremble en voyant un cafard !

Du Gabon à la Côte d’Ivoire il n’y a qu’un pas ? Pas sûr, déjà le Gabon est situé bien plus au Sud et fait partie de ce qu’appelait alors la France : Afrique Équatoriale Française (AEF). La Côte d’Ivoire, quant à elle faisait partie de l’Afrique Occidentale Française (AOF). Deux grandes provinces africaines aux cultures & climats très différents mais tous deux sous l’emprise de la France impérialiste : terres d’aventures & velléités expansionnistes, esclavage & développement économique… Triste et dur héritage mais au final que cette Terre est belle.

La Côte d’Ivoire pour l’esprit du Français c’est quoi ? L’un des plus riches pays d’Afrique de l’Ouest, la culture du cacao, l’héritage Houphouet-Boingy, les Éléphants à l’origine du nom du pays, le Mapouka et l’heure de gloire de Magic System ou encore l’artisanat avec les masques & statuettes sculptés dans des bois sombres, la cohabitation pacifique de l’Islam du Christianisme et autres Animistes et croyances ancestrales.

La Côte d’Ivoire est plurielle, tropicale et humide au Sud le long de la côte Atlantique et désertique au Nord à la frontière Burkinabé et Malienne. Le brassage ethnique est important avec les Akans, les Baoulés, les Dioula, les Sénoufous, Malinké, Mandés sans parler des expats européens et de la grosse communauté libanaise très impliquée dans le commerce… Chacun ayant son dialecte, la langue nationale est le Français, il a d’ailleurs évolué et l’argot ivoirien, le langage de la rue, c’est le Nouchi !

« On dit quoi ? »

C’est parti, je vais rejoindre la Côte d’Ivoire et mon parrain, qui a sillonné l’Afrique et est tombé amoureux de ce Pays, où il vit depuis longtemps maintenant. Son séjour africain avec mon oncle n’y est sûrement pas étranger ! Passionné d’Histoire et de Culture, je sais déjà que je découvrirai la Côte d’Ivoire comme peu de personnes en ont la chance. Je dédie cet article à mon parrain et mon oncle les deux baroudeurs africains de la famille  !

Côte d'Ivoire

Abidjan, terre des lagunes

Arrivé en fanfare à Abidjan accueilli par mon parrain et un de ses amis répondant au doux nom de Cobra ! Ils bossent tous les deux dans la même boîte de sécurité et vont nous faire découvrir l’accueil ivoirien ! C’est parti pour la tournée des bars avant celle des boîtes d’Abidjan by night ! Le ton est donné. Repos bien mérité alors qu’on a toujours pas défait nos valises. Le jour se lève et nous reprenons quelques forces avant de découvrir la capitale de jour.

Abidjan, terre des lagunes, capitale économique de Côte d’Ivoire et ses presque 5 millions d’âmes répartis dans ses différents quartiers Abobo & Yopougon, quartiers populaires, Plateau le quartier des gratte-ciels, Cocody celui des belles villas, Koumassi, Treichville et Marcory déployés autour de la lagune Ebrié reliés par trois ponts.

Abidjan est vaste et la circulation problématiques en journée. Il fait chaud et ce qui nous frappe rapidement c’est ce ciel grisâtre. Il ne s’agit pas de nuages humides mais de nuages de poussière amené par l’Harmattan, un vent chaud en provenance du Sahara. Habituellement l’Harmattan ne souffle plus en cette période mais les dérèglements climatiques sévissent aussi ici.

On visitera la Cathédrale Saint-Paul d’Abidjan et sa forme si particulière construite par Houphouët-Boigny dans les années 80, avec sa croix monumentale et ses magnifiques vitraux décrivant la colonisation. On aura l’occasion de visiter le marché de Marcory loin des sentiers battus, un marché d’Abidjan aux couleurs et odeurs qui ne peuvent laisser insensibles. On profitera de la vue sur le Plateau depuis l’hôtel Ivoire et ses 25 étages ! On ira flâner et faire quelques emplettes au CAVA, le Centre d’Artisanat de la Ville d’Abidjan qui vaut vraiment le détour. Le soir venu un bon repas dans un des maquis de la Capitale pour se délecter d’Attieké, d’Alloco, de Kedjenou de poulets ! Une vraie surprise pour moi qui n’avait jusque là apprécié que moyennement la cuisine africaine et ce que j’en connaissais. Le goût était fin et savoureux.

Grand-Lahoux, entre pêche et farniente

Après quelques jours passés dans la cohue de la Capitale ivoirienne, mon parrain nous a concocté un petit week-end au calme chez un ami à lui qui tient un campement de pêche, le Cap Lahou dans la commune de Grand-Lahou, village de pêcheurs situé à environ deux heures de route à l’Ouest d’Abidjan .

Au programme : Balade en bateau, initiation à la pêche au gros et farniente ! Un week-end de rêve nous attend.

La route côtière en bon état jusqu’à Grand-Lahou nous offre des paysages assez changeants. On sera frappé par les plantations d’hévéas et de palmiers à huile, cultures extensives qui ont du grandement défiguré la région. Une fois sorti de voiture, on embarque sur des pirogues pour traverser la lagune et rejoindre le campement. Le ciel est toujours couvert, Harmattan et tempête de sable sahariennes oblige, mais il fait bien lourd et le soleil tente de percer.

Un premier contact avec l’Océan Atlantique nous fait vite comprendre que la baignade sera compliquée en dehors de la lagune et des passes (lieu de rencontre de l’Océan et de la lagune). Les vagues et rouleaux qu’on peut observer produisent un bruit sourd et même en étant bon nageur, prendre un bain ici parait périlleux voir suicidaire ! Allez hop, on pique une tête de l’autre côté dans la tranquille lagune. Haaaa ! Là on est au max.

Pour les repas, poissons frais et langoustes accompagnés d’Attieké, de riz et d’Aloko. Décidément on est séduit, on mange comme des rois. Une balade en bateau nous permet de découvrir les pêcheurs au filet ou en pirogue, les oiseaux qui peuplent la lagune… Il y a de la vie, le coin est magnifique. On fera une halte rafraîchissements dans un petit bar de brousse dénommé le Marseillais. Le patron très sympathique et accueillant nous expliquera pour la petite histoire que son bar s’appelait d’abord le Parisien mais qu’un Marseillais établi dans le secteur l’a convaincu de rebaptiser son bistro Le Marseillais, en hommage à la plus belle ville de France haha.

Le lendemain, journée initiation à la pêche au gros. Le concept est simple, le bateau vogue et des cannes à pêche sont en place à l’arrière du bateau en attendant qu’un poisson morde à l’hameçon. Je m’y essaie dès que le coéquipier m’indique qu’il y a une touche. Il m’explique comment procéder pour remonter la prise et je m’exécute. Quelques minutes après, on sort un beau spécimen de barracuda. Il est impressionnant, sa tête est juste horrible ! Et dire que je me suis baigné dans la lagune la veille. Brrrr… Cela dit, ça reste une super expérience et je suis assez fier de cette prise même s’il faut l’avouer, je n’ai que peu de mérite ! Cette partie de pêche nous aura aussi permis de découvrir une forêt dense et des arbres gigantesques, notamment des frangipaniers qui forcent le respect. Les colons français venaient chercher les essences de bois rares sur toute la côte avant de les expédier en Europe. Une véritable industrie qui a également saccagé les forêts et dont on peut voir les stigmates encore aujourd’hui.

Grand Bassam, ancienne capitale coloniale au charme désuet

C’est parti pour une excursion d’une journée au départ d’Abidjan où nous pourrons découvrir la désormais tristement célèbre ville côtière de Grand Bassam. En effet, elle sera le siège d’un attentat terroriste quelques semaines après notre départ.

Grand Bassam est surtout connue pour avoir été la première capitale du Pays à l’époque de la colonisation. Elle présente un patrimoine architectural de premier plan et fait l’objet d’une demande de classement au Patrimoine mondial de l’Unesco. Une fois arrivé sur place, on prend attache avec l’Office de tourisme qui nous propose une visite du Royaume de Moossou et de l’ancienne ville coloniale.

On aura ainsi le privilège de pénétrer dans l’enceinte du Palais du Roi Moossou, où nous seront reçu par son attaché qui nous expliquera l’origine du royaume et les coutumes locales. Ça me fait pensé l’espace d’un instant à la comédie des années 80 un prince à New-York avec Eddy Murphy, mais là c’est la réalité. Les parures & tenues du roi sont pour le moins clinquantes.

En route vers le centre historique où on visitera les principaux bâtiments en compagnie de jeunes de la ville qui étaient heureux de nous faire découvrir ces anciens fleurons de l’époque coloniale. En fait, Grand Bassam n’est pas resté très longtemps la capitale du pays. La fièvre jaune y sévissait âprement et a conduit les colons français à rentrer plus dans les terres pour finir à Abidjan, qui connaitra alors un essor important.

Quoi qu’il en soit, il règne une atmosphère très particulière dans cette petite ville côtière chargée d’Histoire. Un must à faire en Côte d’Ivoire selon moi. Espérons qu’un vaste projet de protection et de valorisation sera mis en place dans les années à venir.

Yamoussoukro, la petite capitale d’Houphouet-Bouani

A nouveau sur la route en direction du Nord, vers Yamoussoukro, le village d’Houphouët-Boigny devenue capitale ivoirienne. Ça semble étrange de se dire lorsqu’on arrive ici que nous sommes dans une capitale. Yamoussoukro est vraiment une petite bourgade comparée à la mégalopole que constitue Abidjan !

Mais elle n’en reste pas moins sans intérêt ! D’abord, on s’enfonce un peu plus dans le pays et là le climat et la végétation sont bien plus sec ! Enfin, la ville présente deux pépites : une basilique majestueuse et une mosquée pleine de charme.

On commencera par l’imposante Basilique Notre-Dame de la Paix, plus haute que celle de Rome ! Vaste chantier achevé à la fin des années 80. On ne connaitra jamais le prix de cette réalisation titanesque, symbole de la puissance du pouvoir en place. L’intérieur est aussi impressionnant que l’extérieur avec ses vitraux aux couleurs chatoyantes apportant un peu de poésie au bâtiment.

La Mosquée de la Paix mérite aussi une visite. Le calme y règne également et son architecture caractéristique d’Afrique de l’Ouest ne ressemble à aucune mosquée que j’ai pu voir jusqu’à présent.

Assinie-Mafia, le Saint-Tropez ivoirien

Dernier week-end avant notre retour sur le vieux Continent. Mon parrain s’est arrangé pour que nous séjournions deux jours à Assinie-Mafia dans la résidence secondaire d’un de ses amis.

Assinie-Mafia est une station balnéaire huppée, très prisée par les riches Ivoiriens pour s’y reposer et profiter de leurs vacances et week-ends. Assinie-Mafia est légèrement plus éloignée que Grand-Bassam, à proximité directe du Ghana. La ville est célèbre car Alpha Blondy, roi ivoirien du reggae en parle dans ses chansons et que le Club Méditerranée y était établi et fut le lieu de tournage du film culte français d’un autre âge : Les Bronzés.

Ce week-end sera vraiment particulièrement reposant (hormis la balade en quad sur la plage plutôt sportive). En effet, nous serons privés d’électricité et nous apprécierons le rythme du coucher et du lever du soleil dans un endroit paradisiaque coupé du monde moderne !

En définitive, c’est le cœur lourd que nous sommes repartis à l’aéroport direction l’Europe. On a tissé des liens fort avec quelques personnes et nous gardons contacts encore aujourd’hui. J’ai aussi appris à connaître un peu plus mon parrain et je comprend son amour pour ce beau pays. 10 jours c’est court mais le programme était intense et riche !

C’est l’heure de s’enregistrer au comptoir Air France, et là grosse surprise : l’employé ne nous trouve pas dans son listing pour l’embarquement. En fait, on s’est trompé de jour. On est venu un jour trop tôt. On aura donc un jour de rabe au pays des Éléphants !

Géorgie, entre héritage Perse et Mer Noire…

2015 – Tbilissi / Mtskheta / Vardzia / Batumi

Géorgie

Que sait-on en France de ce pays du Caucase ? Pas grands choses à part quelques clichés…

Certains savent que Staline, le tyran rouge y est né, à Gori pour être précis. D’autres vous dirons que la mafia géorgienne est puissante en Russie. Enfin les personnes plus tournées vers l’art, vous diront que les danses folkloriques acrobatiques géorgiennes sur les genoux sont impressionnantes et savamment distillées par le Ballet National. On peut d’ailleurs vous le confirmer pour avoir eu la chance d’assister à une de leurs représentations au Théâtre de Batumi  : une pure merveille !

IMG_7933 - IMG_7935

Mais la Géorgie est aussi le berceau du Vin, dont on a retrouvé des traces vieilles de plus de 8 000 ans ! On le conservait alors dans des kvevri (jarres en terre cuite). Le vin est principalement produit dans la partie Est du pays, en Kakhétie.

Ce petit pays est coincé entre la Turquie à l’Ouest, la Russie à l’Est, l’Azerbaïdjan et l’Arménie au Sud. Profondément caucasien, il constitue un carrefour stratégique entre Orient et Occident, mélangeant les héritages ottomans, perses et slaves. La Géorgie est située dans une région assez sensible, dont on rappellera l’annexion récente de l’Abkhazie par la Russie en 2008 ou encore les conflits en Tchétchénie et dans les régions voisines courant 2000…

Au-delà des ces quelques notions qu’allons nous y découvrir ?

Géorgie

Tbilissi

Tblissi, la capitale géorgienne, aussi appelée Tiflis est une ville ancienne, établie entre la rivière Koura et l’imposante montagne de Mtatsminda qui la domine. Elle offre d’ailleurs des points de vue exceptionnels sur la cité : depuis les hauts du jardin botanique et le château de Narikala, accessibles en téléphérique ; ou encore depuis le Parc de Mtatsminda et l’Antenne de radiotélévision, qu’on rejoint en funiculaire. Ce sont des incontournables de cette ville au cachet si particulier ! N’hésitez pas à prendre un verre sur la terrasse du Bar Funiculaire : http://www.funicular.ge/eng/funicular-1/

IMG_8158

La ville présente un quartier ancien à l’héritage perse, aujourd’hui quartier azéri présentant de petites ruelles typiques aux balcons sculptés, mais également des avenues larges aux bâtiments imposants et prestigieux dans le plus pur style soviétique, comme la très prisée avenue Rustaveli, champs Elysées locaux.

Le Jardin botanique de la ville mérite également un petit détour pour profiter d’une pause fraîcheur et de sa belle cascade à proximité des bains de sulfures d’Anatoubani.

Orbeliani / Anatubani

La présence de bains de sulfure en a fait une étape de choix sur la Route de la Soie pour les commerçants perses, rentrant vers Ispahan. On y trouve un ancien caravansérail et d’étranges dômes qui sont en fait les évacuations des bains thermaux.

IMG_20150811_183654

Une après-midi dans le quartier d’Anatubani à profiter des bienfaits des eaux sulfurées des bains d’Orbéliani est un incontournable ! Une fois sorti de là apaisé, une petite promenade dans le quartier azéri offre une belle transition de calme, où le temps semble passer plus lentement que dans le reste de la capitale.

Mtkheta

En route pour le littoral, nous faisons une petite pause à proximité directe de Tbilissi vers le monastère de Djvari, berceau de l’Église Catholique Géorgienne. Le monastère constitue l’une des églises les plus vieilles du Monde. La vue sur la Plaine et la confluence de la Koura et l’Aragvi mérite le coup d’œil.

IMG_8170

IMG_8172

Vardzia

On continue notre route, qui devient plus difficile dès lors qu’on a quitté les 150 kilomètres d’autoroutes. Direction la frontière turque pour aller vers Vardzia, la forteresse troglodytique de la Princesse Tamar. Le site parait irréel !

IMG_8191 - IMG_8193

A l’apogée de cette cité on comptait pas moins de 3 000 grottes et 5 000 personnes y vivaient ! La visite est un peu sportive au vu du dénivelé et promets des chocs thermiques revigorant, entre fraîcheur des galeries et soleil pesant de cette région aux paysages arides mais splendides.

Batumi

La route paraît interminable lorsque nous atteignons enfin Batumi et la Côte de la Mer Noire. Enfin ! Première impression en sortant de la voiture : un taux d’humidité délirant ! Nous découvrons les joies du climat subtropical ! Impressionnant en Europe. Mais est-ce qu’on y est toujours finalement ?

La station balnéaire est très fréquentée. Le front de mer est très bien aménagé est propice à la ballade à vélo, en location dans toute la ville. Les buildings flamants neufs, côtoient les anciens bâtiments communistes délabrées et des bâtiments originaux aux couleurs parfois un peu kitsch.Certains adorent d’autres détestent mais ce qui est sûr c’est que cela ne laisse personne indifférent.

IMG_20150814_204345

C’est l’heure d’une petite baignade rafraîchissante dans les eaux vertes de la Mer Noire. Puis, un peu de repos mérité dans un des nombreux transats colorés des bars de plages.

Là aussi, il ne faudra pas manquer la superbe vue depuis les hauteurs de Batumi accessibles en téléphérique.

Jardin botanique et Cap Vert

Le Jardin botanique de Batumi a été créé dans les années 1880 par les Russes pour l’acclimatation de plantes subtropicales pour les cultures dans les régions méridionales de la Russie Impériale. On y trouvait notamment des cultures importante de thé et citrons.

IMG_8289

Le clou du spectacle est la magnifique vue plongeante du Cap Vert sur la Mer Noire et la côte avec le passage du train ! Un paysage à couper le souffle. On a l’impression que la végétation mange véritablement le littoral.

Parc National Mtirala

Dernière escale à proximité de Batoumi également, dans le Parc Naturel de Mtirala, comprenez littéralement, la Montagne qui pleure, on comprend assez rapidement pourquoi en découvrant la verdure de la forêt primaire de la Colchide.

IMG_20150814_131304

Les ponts suspendus se succèdent, avant d’accéder à la Maison du Parc. On ne pourra pas continuer avec notre véhicule vu l’état des routes. On monte donc dans une bonne vieille Lada, fier taxi d’un géorgien super sympa ! Rien que cette ascension en Lada constitue une aventure en elle-même. Le taxi nous attendra sagement pendant toute notre randonnée de 5 kilomètres où nous découvrirons cascade, rivière et végétation luxuriante qui peut faire penser à une ambiance de jungle centre-américaine… Et pourtant nous sommes toujours en Europe. Totalement dépaysant et largement méconnu du grand public !

Décidément ce pays est un pays est plein de surprises !

Un Grand Merci et une dédicace particulière à mes amis Géorgiens : David, Sopo, Sophie et Tako rencontrés en Pologne lors des nombreux salons touristiques de Katowice où je représentait l’Alsace et eux la région géorgienne d’Adjare (frontière turque dont la capitale est Batoumi) grâce à mon ami Bartek. Ils ont réussi à susciter ma curiosité et m’engager dans ce beau périple.

Un combiné Arménie – Géorgie – Istanbul comme nous l’avons entrepris est un pari gagnant. Si c’était à refaire je le referais direct sans hésiter en me remémorant tous ces paysages, ses ambiances que nous avons eu la chance de découvrir pendant ces deux petites semaines.