Sénégal, pays de la Teranga…

Après un superbe séjour en Côte d’Ivoire chez mon parrain en 2016, il me tardait de refouler le sol de l’Afrique subsaharienne. Il était temps d’aller rendre visite à mon vieil ami Momar le Sénégalais, avec qui j’avais partagé les bancs de la Fac de Géo à Strasbourg au début des années 2000. Lorsque nous étions étudiants, on s’était promis de concrétiser un jour ce projet qui nous tenait à cœur. Momar me parlait beaucoup de son pays et je dois dire que ça me faisait rêver. Il était originaire de la banlieue dakaroise, à proximité du célèbre Lac Rose et y a fait sa vie à la fin des études.

A l’époque, nous habitions dans le même quartier, toujours fourrés ensemble et j’ai beaucoup fréquenté l’accueillante et sympathique communauté étudiante sénégalaise de la Cité Weiss grâce à lui. J’ai appris pas mal de chose sur la culture et la gastronomie du pays. Thièbe, mafé, yassa, thiakry m’avaient déjà régalé…

Le Sénégal est un pays d’Afrique de l’Ouest ouvert sur l’Océan Atlantique ayant des frontières communes avec la Mauritanie au Nord, le Mali à l’Est, la Guinée Konakry et la Guinée Bissau au Sud, mais également la Gambie qui constitue une étrange enclave au sein du pays, fruit de la colonisation européenne…

Si le climat est désertique au nord, il devient tropical sec au Sud. La situation politique est l’une des plus stables d’Afrique et le réseau routier s’est largement développé au cour des dernières années, reflet du dynamisme économique sénégalais. Un petit roadtrip s’impose donc pour découvrir une partie des trésors du pays ! Après quelques échanges avec Momar, le programme est ficelé. Sénégal, pays de la Teranga (hospitalité à la sénégalaise) nous voilà !

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Lac rose

Ca y est, nous y sommes. Le voyage a été pénible et nous n’avons pas nos valises, restés à notre escale stambouliote mais nous sommes tellement heureux d’être arrivés à bon port ! Momar nous récupère à l’aéroport et on file chez lui dans le 4X4 qu’il a loué à un de ses amis et avec lequel nous écumerons les routes du pays. Un bon plat de Fatou, sa femme accompagné d’un exquis jus de ditakh nous redonnent des forces et on refait le monde avant de tomber de sommeil.

Dakar

Le jour se lève et aujourd’hui nous partons à l’assaut de Dakar mais avant cela Momar nous conduit au Lac Retba, également appelé Lac rose en raison de la teinte rose orangée que lui donne les cyanobactéries sous l’effet de l’extrême salinité de l’eau et du rayonnement solaire. Malheureusement, nous arriverons un peu tôt et la couleur n’est pas encore franche. Le lac, peu profond, est situé à quelques centaines de mètres de l’Atlantique et entourés de dunes. On y aperçoit encore des hommes et des femmes qui, au fruit d’un dur labeur, récoltent le sel en délitant des plaques au fond du lac.

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Dakar

En arrivant dans la Capitale, nous réservons nos billets pour une petite croisière en direction de l’Ile de Gorée. Ça nous laisse un peu de temps pour prendre l’ambiance de la ville et aller faire quelques achats au Marché Kermel, qui dispose d’un superbe porche aux influences orientales.

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Monument de la Renaissance Africaine

Petit tour aux Mamelles, les collines volcaniques coniques qui surplombent la capitale sénégalaise en bord de mer. Sur l’une d’entre elle, se dresse fièrement le Monument de la Renaissance Africaine. Cette statue monumentale de 52 mètres de haut (une fois et demie la Statue de la Liberté), présente un couple et leur enfant regardant fièrement vers le ciel. Inaugurée en 2010, elle marque les 50 ans d’indépendance du pays. Le panorama depuis le sommet de la colline est à couper le souffle.

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Mosquée de la Divinité

Situé en contrebas de la colline du Monument de la Renaissance Africaine, la Mosquée de la Divinité, se dresse fièrement face à l’Océan sur la plage de Ouakam. Construite par la communauté lébou, elle constitue également un des symboles de la Capitale sénégalaise. Une centaine de pirogues traditionnelles aux couleurs vives sont soigneusement parquées sur le front de mer devant la pêcherie.

Ile de Gorée

On ne le sait pas encore, mais le clou du spectacle de notre première journée sénégalaise est devant nous ! Nous embarquons pour la tristement célèbre île de Gorée. C’est un lieu symbole de la mémoire de la Traite Négrière. On se devait d’y faire un saut pour le devoir de mémoire !

La balade est agréable et on discerne de mieux en mieux le contour des fortifications qui la ceinturent. Respectivement portugaise, hollandaise puis française elle a su conserver ces différentes influences architecturales. Maisons colorées, fleurs de bougainvilliers, pirogues, baobabs et attitudes lascives de ses habitants aux boubous en wax constituent les ingrédients d’un exquis tableau.

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Après avoir pris le temps de savourer son ambiance bucolique, on se dirige vers la Maisons des Esclaves qui nous glacera les os. Cette maison, patrimoine d’un passé sombre, témoigne de trois siècles de commerce d’esclaves par les Européens. On y pénètre et aperçoit une classe écoutant attentivement les récits historiques de leur professeur. L’escalier à deux flèches est particulièrement imposant. On découvre les cellules dans lesquelles de nombreuses personnes ont du souffrir et perdre la vie entassées, avant de franchir la porte du voyage sans retour s’ouvrant sur l’Océan. L’ambiance est lourde et le poids de l’Histoire et de la stupidité des hommes nous percute de plein fouet.

On poursuit notre visite dans les rues de la cité au charme suranné avant d’atteindre le sommet de l’île pour un dernier point de vue panoramique en compagnie des chèvres.

Kayar

Avant de partir en direction de la Petite Côte vers le Sud, Momar souhaite nous faire découvrir Kayar, une des plus importantes pêcheries du Sénégal. Le spectacle est saisissant, des embarcations traditionnelles aux couleurs bariolées entassées à perte de vue, des pêcheurs qui prennent le large en affrontant la houle comme un seul homme…

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Toubab Dialo

Ca y est on quitte la métropole sénégalaise pour la Petite Côte et ses stations balnéaires.

Petite Côte

Première étape à Toubab Dialo pour déjeuner et tremper nos pieds dans l’Océan. Momar connait bien la localité et nous mène directement chez Nabou, un restau de plage sympa où il avait ses habitudes pendant l’écriture de sa thèse. Et on le comprend, le cadre est idyllique, l’ambiance décontractée et la nourriture excellente ! Une étape de choix dans ce village de pêcheurs principalement lébou.

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Réserve de Bandia

On quitte notre apaisante plage pour rejoindre la petite Réserve Naturelle de Bandia à quelques kilomètres de là. Cette réserve est privée et entièrement clôturée. Nous arrivons à l’entrée et recrutons un guide pour nous faire découvrir les lieux au volant de notre 4X4. Destination familiale par excellence, la réserve est bien entretenue. A chaque coup de volant, on tombe nez à nez avec des autruches, phacochères, antilopes, gazelles, buffles, élans de Derby, singes verts, calaos et rolliers à ventre bleu. Certaines espèces y ont également été délibérément (ré)introduites comme les girafes, les zèbres, les rhinocéros et les crocodiles. Nous sommes juste émerveillés par la beauté de ces animaux sauvages dans ces paysages de savanes africaines ! Une telle concentration de mammifères ne serait juste pas envisageable dans une réserve naturelle sans clôture, ce qui convient particulièrement bien aux aventuriers en herbe que nous sommes.

Joal-Fadiouth

Nous arrivons à Saly-Portudal et profitons d’un peu de repos bien mérité autour de la piscine de notre petit hôtel familial situé à l’écart de la station balnéaire. Nous y logerons deux jour pour rayonner vers Joal-Fadiouth et la Réserve du Sine-Saloum. On ne le regrettera pas !

Ça y est c’est parti, nous prenons la route pour le Sud et gagnons le village de Joal pour le déjeuner. Léopold SENGHOR, poète érudit et président de la République Sénégalaise pendant deux décennies y a vu le jour. Humaniste et francophile, il est aussi célèbre pour avoir approfondi le concept de négritude introduit par Aimé CESAIRE. SENGHOR affirme alors que « la négritude, c’est l’ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu’elles s’expriment dans la vie, les institutions et les œuvres des Noirs. Je dis que c’est là une réalité : un nœud de réalités ».

Après un bon yassa poisson, nous rejoignons notre guide sérère qui nous apportera quelques clés de lecture pour une bonne compréhension de la vie et de l’histoire locale. Joal-Fadiouth est en fait la réunion des villages de Joal et Fadiouth, une île artificielle constituée d’amoncellements de coquillages blancs, résidus de pêche. Fadiouth est reliée au continent par deux ponts, l’un vers Joal et l’autre vers son cimetière mixte, témoin de la tolérance sénégalaise. Je ne suis pas un grand fan des visites de cimetière, mais il faut bien dire que celui-ci est atypique et offre une superbe vue sur l’île et la mangrove environnante. Le craquement des coquillages sous le poids de chacun de nos pas est une expérience à part entière !

Joal-Fadiouth a la particularité d’être très majoritairement catholique, contrairement au reste du pays largement musulman. On croisera ainsi de nombreuses familles de porcs en semi-liberté sur l’île et ses plages, scène plutôt inédite depuis notre arrivée. Le village a beaucoup de cachet et les étales sont nombreux. Ici et là, des commerçantes vendent du couscous, du poisson et l’or odorant de Fadiouth, le yet, mollusque séché, incontournable ingrédient du succulent thiébou dieune.

Baobab géant

Le sol est très calcaire et la forte présence de baobabs en témoigne. Avant de repartir en direction de Saly, nous allons observer ce qui passe pour être l’un des plus gros spécimens du monde situé à quelques kilomètres. Il mesure pas moins de 32 mètres de diamètre et on peut même entrer dedans ! Il est juste gigantesque ! On a même l’occasion de déguster l’un de ses fruits, le pain de singe au goût acidulé, qui a des vertus antidiarrhéiques et que le guide nommera poétiquement « stop caca » hahaha !

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Réserve du Delta du Saloum

Dernière escapade avant le départ vers le Grand Sud ! Aujourd’hui on va jouer les ornithologues en herbe dans les mangroves du Sine Saloum. Une partie de la région est protégée au sein de la Réserve Naturelle du Delta du Saloum, vaste de près de 76 000 hectares, deuxième du pays en superficie. On embarque sur une pirogue pour découvrir la faune et la flore de ces milieux naturels particuliers. Mangroves, bolongs et tannes s’offrent à nous. Je découvre avec plaisir de nombreux courlis, espèce quasi éteinte dans la plaine rhénane alsacienne. La balade en bateau est vraiment agréable sous ce soleil écrasant.

On débarque sur l’île de Mar Lodj pour une balade en charrette au pas du cheval. Le vent nous a quitté et la chaleur se fait sentir. Le paysage de l’île s’apparente davantage à la savane. La place principale du village présente un intriguant enchevêtrement d’arbres sacrés (rônier, fromager et caïlcédrat) représentant l’unité des trois religions de l’île que sont l’islam, le christianisme et l’animisme. Encore une belle preuve de tolérance.

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Ziguinchor et la Casamance

Cap au Sud et à l’aventure, on quitte les sentiers touristiques pour rejoindre la Casamance en passant par la Gambie. Cet état enclavé situé le long du fleuve du même nom, constituait une véritable barrière terrestre pour rejoindre la Casamance depuis Dakar. Mais nous avons la chance d’emprunter le très attendu Pont Sénégambie inauguré quelques mois avant notre venue. Le passage de frontière est assez désagréable et nous n’échappons pas à un petit bakchich pour les douaniers. On quitte rapidement les lieux et on entre enfin dans le grenier à céréales du pays. La végétation est bien plus exubérante qu’au Nord. Rizières, forêts tropicales sèches et fleuves s’enchaînent.

Casamance

La région est encore militarisée car les tensions séparatistes, aujourd’hui apaisées, ne sont pas rares. L’exploitation illégale des forêts de bois précieux est également au centre des préoccupations des locaux à juste titre.

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Après un passage à Bignone pour récupérer de précieux concentrés de jus de ditakh, bouye et gingembre dans la coopérative locale, on arrive enfin à Ziguinchor pour un bon déjeuner réparateur au bord du fleuve Casamance. La voiture est fatiguée et nous aussi. On profite du calme de la piscine dans ce décor enchanteur.

Avant de partir, le 4X4 montre des signes de fatigue et ne veux plus démarrer. Des jeunes mécanos nous donnent un coup de main et la voiture est opérationnelle en une petite demie-heure ! Le système D à la sénégalaise est d’une efficacité redoutable ! On parcourt encore quelques kilomètres pour rejoindre notre campement villageois à Oussouye proche de la côte atlantique.

Après une bonne nuit de repos, on décide de visiter les alentours à vélo avec un guide du cru. La balade est agréable et nous change de la voiture. On s’arrête chez un producteur de noix de cajou qui nous montre ses plantations d’anacardiers. Les fruits, qui nous sont totalement inconnus, sont composés d’une pomme charnue à la couleur orangée et d’une noix. La pomme cajou est légèrement acidulée et son jus est délicieux et rare. La noix de cajou se mérite par contre. Sa coque est difficile à ouvrir et contient une pellicule noire grasse particulièrement toxique. Pour la déguster, il faut faire preuve de patience et maîtriser l’art d’une cuisson parfaite.

On poursuit nos pérégrinations dans cette forêt tropicale sèche et la taille des fromagers aux racines gigantesques nous impressionnent ! Ces arbres sont vraiment magnifiques et si différents des nôtres. Nous sommes en pays Diola et le guide nous donne quelques explications sur la religion traditionnelle animiste, ses croyances, rites et sacrifices. Les Diolas sont connus depuis longtemps pour être des bâtisseurs hors pair, comme en témoigne la case à étage de Mlomp.

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Cap Skirring

Après la découverte de l’arrière-pays, on a bien envie de faire trempette dans l’Atlantique. Cap Skirring est la station balnéaire prisée du Sénégal. Doté des plus belles plages d’Afrique de l’Ouest et lieu de villégiature privilégié des expatriés français dans les années soixante, le village de pêcheur s’est développé et accueille le Club Med Cap Skirring, resort intégré à la renommée internationale. Davantage attirés par une nature sauvage, on choisit la plage de Boucotte, bien plus tranquille, située légèrement au Nord de la localité. L’après-midi s’achève et on rejoint le village de pêcheurs pour profiter d’un extraordinaire coucher de soleil à la lumière d’or. Moment inoubliable ! Que la Casamance est belle et on en profiterait bien davantage mais la route du Sénégal Oriental nous appelle !

Parc National du Niokolo Koba

Après toutes ces étapes relativement classiques lors d’un périple sénégalais, il nous tarde de sortir des sentiers battus et explorer le Sénégal Oriental, probablement une des régions les plus authentiques du pays, peuplée par les ethnies traditionnelles bédik, bassari et peul.

Sénégal Oriental

Ce n’était pas prévu, mais le timing joue en notre faveur et après quelques heures de route matinale aux côtés des énormes camions maliens sans scrupule, nous passons juste devant le Parc National du Niokolo Koba. L’occasion est trop belle et après une superbe visite de la Réserve de Bandia avec ses animaux en semi-liberté, on a envie de voir à quoi ressemble un Parc National en Afrique. Situé dans une zone bien irriguée, le long des rives du fleuve Gambie, les forêts et savanes du Niokolo Koba abritent une faune d’une grande richesse : élan de Derby, chimpanzé, lion, léopard, éléphant, babouin, hippopotame, bucorve d’Abyssinie. Ici, les animaux sont en totale liberté et évidemment bien plus difficiles à observer. Nous ne disposons que de quelques heures mais le spectacle est déjà au rendez-vous, les paysages sont splendides. Voir les hippopotames évoluer dans le fleuve est un régal pour les yeux, de même que la vie autour des marais quasi à sec, lieu de rendez-vous de nombreux oiseaux et mammifères herbivores.

Une ombre de taille au tableau malgré tout, les moyens pour protéger le parc sont faibles. Le Parc reste difficile d’accès depuis la capitale et le braconnage y est important. Certains animaux emblématiques y sont clairement menacés d’extinction (lion, éléphant, léopard…). Sur la route, nous assisterons à plusieurs incendies de savane, technique classique des braconniers pour débusquer leurs précieux butins…

Kédougou

La route asphaltée, qui nous a accompagné jusque là, laisse place à une piste en latérite et sa couleur orangée caractéristique. Ça sent la liberté et l’aventure. Momar m’apprend également que nous nous dirigeons vers Kédougou, ville proche de la frontière malienne et guinéenne, convoitée pour ses filons de pierres précieuses et métaux précieux !

Après une route harassante, on prends nos quartiers dans un superbe hôtel et sa piscine nous offre une relaxation bien méritée. Kédougou sera notre base pour rayonner dans le secteur. Nous ne sommes pas là pour braconner ou chercher de l’or mais bien pour partir à la rencontre des minorités ethniques vivant dans la région et s’émerveiller devant la plus haute cascade du pays !

C’est décidé, on monte dans notre 4X4 en direction de Bandafassi, puis Ibel, petit village peul. Nous y rencontrons un jeune homme sympathique qui sait pourquoi nous sommes dans son village. Ibel, situé dans la plaine de Bandafassi est le point de départ d’une randonnée pour le village Bédik d’Iwol, situé sur un mont. Nous avons donc notre guide et partons avec lui sur le sentier, pendant que sa femme nous prépare un tièbe au poulet que nous apprécierons au retour. Mais avant l’ascension, il nous faut nous procurer noix de kola, savons et bonbons que nous offrirons aux villageois en guise de présents. La montée est ardue sous ce soleil écrasant et les 40°C prévu ce jour ! Nous gravissons enfin le mont et observons la plaine depuis de superbes rochers en apesanteur. Le village d’Iwol s’offre à nous. Aucune route digne de ce nom n’y mène et le village est encore bien préservé du monde moderne. Les cases en torchis et aux toits de chaume nous appellent. On rencontre le chef du village, qui nous accueille sur la place principale, entouré d’un nombre incalculable d’enfants au grand sourire, intrigués par notre venue. On s’installe à l’ombre et procédons à la remise de nos offrandes. Les noix de kola constituent une friandise de premier choix pour les adultes, le savon est le bienvenu pour toute la famille et les bonbons font le bonheur des enfants.

On a l’impression d’être dans l’émission « Rendez-vous en terre inconnue » que nous apprécions. Le chef Kéïta, véritable sage et mémoire de sa tribu, nous explique les origines, us et coutumes de son peuple. L’ethnie Bédik est une population originaire de l’Empire Mangingue, c’est-à-dire du Mali. Ils se sont installés au sommet de la montagne Mbaniangue pour se protéger des assauts répétés d’Alpha Yaya, chef guerrier de Guinée Konakry, mais également fuir la colonisation peule et l’islam. Les Bédiks sont animistes et catholiques. Autrefois, chasseurs et cueilleurs, ils sont aujourd’hui principalement agriculteurs mais souffrent de la raréfaction de l’eau, ce qui pousse les plus jeunes à tenter leur chance en ville en quête de confort et de travail. Le chef coutumier nous avoue qu’il a peur de l’avenir et du développement des routes qui facilitent les déplacements et désenclavent son village, risquant ainsi la disparition de leurs modes de vie et traditions. Nous poursuivons la visite de cet attachant village où les habitants vivent en harmonie avec la nature en toute simplicité. Dernières salutations à nos hôtes avant de redescendre vers Ibel et casser la croûte à l’ombre. Cette rencontre nous a beaucoup ému.

Cascade de Dindéfélo

On reprend la route en direction de la frontière guinéenne par une route totalement défoncée. On se demande à chaque kilomètres si nous arriverons à bon port. Mais le 4X4 tient bon ! Nous rejoignons les hauts-plateaux du Fouta Djalon, château d’eau de l’Afrique de l’Ouest où les fleuves Sénégal et Gambie notamment trouvent leurs sources. La région abrite également les dernières colonies de chimpanzés sauvages du Sénégal que l’on peut apercevoir avec les guides locaux.

Nous nous contenterons de chercher la fraîcheur de la Cascade de Dindéfélo. Hautes de plus de 100 mètres, ces chutes d’eau sont les plus spectaculaires du pays. La balade est agréables à l’ombre d’une forêt dense. Les villageois viennent profiter du cours d’eau pour laver leur linge. On avance encore et les parois du canyon se resserrent. Nous arrivons nez à nez devant un véritable mur de gré, sur lequel ruisselle un filet d’eau. Nous sommes en saison sèche et la cascade à un débit faible mais l’endroit est superbe. Une classe d’enfants de Kédougou est également présente sur les lieux. Nous échangeons avec eux dans la bonne humeur. Une petite baignade improvisée est de mise.

La réserve de Dindéfélo recèle encore beaucoup de pépites mais le temps est compté. Il nous faut rejoindre Kédougou pour un peu de repos. La route pour le Nord nous attend. Prochaine et dernière étape : Touba, territoire sacré de la puissante Communauté Mouride.

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Touba

Ça y est, on entame le retour vers Dakar et la route promet d’être longue. On retrouve les infernaux camions maliens et il faut dire qu’ils ne nous avaient pas manqué ! On passe par Tambacounda, ville la plus chaude du Sénégal, puis Kaffrine où on emprunte une route secondaire en direction de Touba, puisque nous avons bien géré notre timing et qu’il nous reste assez de temps pour une brève visite.

Touba est situé à environ 200 kilomètres à l’Est de la capitale et s’avère être la deuxième ville la plus peuplée du pays. Touba est une ville sainte, capitale de la Confrérie musulmane des Mouride, fondée au 19ème siècle par le cheikh Amadou Bamba, lui-même fondateur du mouridisme. La ville dispose d’un statut particulier, d’une police particulière et d’un règlement basé sur la charia, véritable Etat dans l’Etat.

De nombreux fidèles de la communauté vivent une bonne partie de l’année à l’étranger et sont souvent commerçants et vendeurs de souvenirs dans les régions touristiques européennes. Ils participent activement à l’essor de la ville en envoyant régulièrement une partie de leurs revenus. La confrérie mouride possède une influence forte sur la vie politique du Sénégal.

On arrive devant l’imposante Mosquée en construction perpétuelle. Débutés en 1926, les travaux perdurent encore. Les plus grands artisans du Maghreb sont à l’oeuvre et nous découvrons ses splendides intérieurs aux influences mauresques. Cette visite marque la fin de notre épopée sénégalaise et nous empruntons la très récente autoroute en direction de la Capitale où nous attendent enfin nos bagages !

Touba

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Ce voyage, quoique bref a été une véritable aventure. Chaque étape nous a émerveillé et nous avons adoré le peuple sénégalais, sa simplicité et son sens de l’hospitalité. Faire ce voyage avec mon vieil ami a été un véritable honneur et je suis tellement heureux d’avoir pu rencontrer sa famille. Le Sénégal, c’est l’Afrique facile dans le bon sens du terme ! Ce roadtrip s’est passé sans encombre même dans les coins les plus reculés. Lorsque notre 4X4 montrait des signes de fatigue, une solution système D s’offrait toujours à nous.

J’ai pris quelques contacts pour tenter d’y vivre quelques mois dans le cadre d’une mission de développement touristique en Casamance mais sans succès. Dommage, cela m’aurait bien tenté.  Peut-être que nos chemins se recroiseront ! Inch Allah…

 

 

Madère, le jardin de l’Atlantique…

Coincé entre le littoral Marocain à l’Est, les îles Canaries au Sud et les Acores à l’Ouest, l’archipel de Madère est une région autonome portugaise en plein Océan Atlantique, située à quasiment 1 000 kilomètres de Lisbonne.

Caractérisée par un climat océanique subtropical, la végétation y est luxuriante et les températures clémentes toute l’année. D’origine volcanique, l’île présente un relief particulièrement découpé.

Découverte par les Carthaginois et les Vikings, ce sera finalement les Portugais qui la coloniseront voilà plus de 600 ans. L’île, avec ses terres fertiles et son eau en abondance se révélera être une escale de choix sur les routes commerciales maritimes vers l’Afrique et l’Amérique. 

A leur arrivée, les colons du Nord du Portugal durent brûler les denses forêts sur la côte sud de l’île pour y développer les plantations. Ils amenèrent avec eux leur culture mais également leurs vignes pour produire le célèbre Vin liquoreux de Madère. Des expériences concluantes furent également rapidement entreprises pour cultiver la canne à sucre tant convoitée à l’époque.

Aujourd’hui, lorsqu’on évoque Madère, on l’associe au vin de Madère évidemment, à Cristiano Ronaldo, le célèbre et talentueux joueur de football fier de ses origines insulaires, mais également au tourisme. En effet, dotée de somptueux jardins, de spectaculaires sentiers de randonnées et d’une gastronomie qui lui est propre, l’île dispose de nombreux atouts à ce titre !

Cap sur Madère, l’île jardin au cœur de l’Atlantique !

Madère

Funchal

Arrivée par avion, on se demande encore comment les pilotes parviennent à atterrir sur cette courte piste faisant face à des vents violents et pour partie construite sur l’emprise de l’Océan ! L’aéroport de Madère fait effectivement partie des dix plus dangereux du Monde

Ouf, nous voilà à Funchal, ville principale de l’île qui totalise près de 100 000 âmes. Funchal, vient du mot funcho en portugais qui désigne le fenouil. En effet, lors de l’arrivée des colons au XVème siècle, du fenouil sauvage poussait en abondance à l’emplacement de la ville actuelle.

Après avoir gagné notre élégante chambre d’hôte, nous n’avons qu’une envie, flâner dans ses rues pour nous imprégner de son ambiance si particulière. On est littéralement impressionnés par le relief escarpé et les innombrables maisons accrochées sur ses coteaux abrupts.

Pour commencer, rien de mieux qu’un tour au Mercado dos Lavradores – marché couvert principal de l’île – qui s’avère particulièrement coloré. On pénètre d’abord dans le Marché aux poissons. On y trouve notamment le très prisé Sabre noir, poisson local tout en longueur à la tête tout droit sortie d’un film d’horreur. Il est cuisiné de multiples façons mais on le trouve souvent cuisiné avec des maracujas (fruits de la passion), des bananes de Madère et des patates douces. Puis, nous découvrons les fruits et légumes et plusieurs stands aux couleurs éclatantes attirent notre attention. La majorité de ces derniers sont des fruits hybrides et sont importés mais ça attise quand même notre curiosité. On apprendra par exemple que l’un d’entre eux est un croisement entre un fruit de la passion et une tomate…

On se dirige tranquillement vers le bord de l’Océan pour prendre un pot. Sur notre chemin, on découvre plusieurs jardins publics parfaitement entretenus et le magnifique Palais de Sao Lourenco. On s’installe et on déguste notre poncha, cocktail traditionnel local à base de rhum, de citron, orange et fruits de la passion. Avec ces fruits exotiques, cette végétation luxuriante et ces maisons à flancs de montagne, on se croirait presque quelque part aux Caraïbes ou en Amérique Centrale…

Jardim botanico de Funchal

On grimpe dans le télécabine pour rejoindre les hauteurs de la ville et partir à l’assaut de deux fameux jardins exotiques de Funchal. La vue sur la baie et les quartiers résidentiels typiques est grandiose. On commence par gagner l’entrée du Jardim botanico, le jardin botanique de la ville. Aménagé sur plusieurs niveaux, il  réunit les principaux spécimens de la flore madérienne et bien plus avec ses 2 000 plantes exotiques. La partie consacrée aux cactus et le parterre à la française aux formes géométriques multicolores sont un régal pour les yeux, sans parler du panorama depuis la grotte des amoureux !

Jardim tropical de Monte Palace

On enchaîne avec le plus spectaculaire des jardins de l’île. Il s’agit du célèbre jardin tropical de Monte Palace. Déployé sur 7 hectares, il rassemble 10 000 espèces issues des cinq continents. On a l’impression par endroit d’être en pleine jungle. Le jardin japonisant est tout à fait insolite en ce lieu mais apporte beaucoup de cachet au site !

Au milieu du jardin trône le majestueux Quinta Monte Palace, édifié au début du XXème siècle par un riche négociant qui s’est inspiré des châteaux du bord du Rhin qu’il découvrit lors d’un voyage en Allemagne. Il servait d’hôtel jusqu’en 1940. Le petit étang doté d’une cascade artificielle à l’arrière de cette demeure cossue est particulièrement agréable et nous apporte un peu de fraîcheur après toutes ces pérégrinations.

Camara de Lobos

On quitte Funchal pour le petit port de pêche de Camara de Lobos, situé à une dizaine de kilomètre de là. Lové entre mer et montagne, le site est plein de charme. Les traditionnels filets de morues sèchent au soleil sur les embarcations à quai. La petite ville est dotée d’une promenade en front de mer particulièrement agréable offrant un point de vue de choix sur le monumental Cap Girao, notre prochaine étape !

Cabo Girao

On reprend notre petite voiture qui crie en affrontant les routes en lacets qui n’en finissent plus. Le Cabo Girao se mérite. Il s’agit du plus haut Cap d’Europe avec ses 580 mètres d’altitude ! Sensation garantie sur le skywalk, promontoire en verre qui offre une vue imprenable sur Camara de Lobos, Funchal et surtout les presque 600 mètres de vide sous nos pieds ! Personnes sujettes au vertige, passez votre chemin…

Curral das feiras

C’est parti pour une nouvelle ascension en direction de Curral das feiras, littéralement la Vallée des Nonnes. Les routes sont en extrêmement bon état, et il s’agit là de véritables prouesses techniques au vu du relief accidenté. Les tunnels se succèdent et on arrive à destination. Notre prochain hôtel doté d’un petit spa est situé là, à proximité du promontoire de l’eira do Serrado, à plus de 1 000 mètres d’altitude.

Le belvédère offre probablement l’une des vues les plus spectaculaires qu’il m’ait été donné de voir. C’est grandiose ! Le village de Curral das feiras, ceinturé par les montagnes du Massif Central de Madère, semble sorti tout droit d’un film fantastique.

Particulièrement enclavée, la vallée est appelée ainsi car les nonnes du couvent Funchal s’y sont réfugiées et établies suite à l’attaque de corsaires français au XVIème siècle.

Pico do Arieiro et Pico Ruivo : le toit de Madère

Madère c’est un véritable paradis pour les randonneurs et on compte bien tenter l’expérience ! Après avoir étudié de près les possibilités, on choisit sans trop de difficultés la plus alpine des balades. On s’embarque pour une randonnée physique reliant les plus hauts pics de l’île : la liaison Pico Arieiro – Pico Ruivo. On arrive tôt car on sait que les nuages risquent de s’inviter et les points de vues risquent d’être totalement bouchés. On se sent seuls au monde car arrivés parmi les premiers courageux. Il est 7h30 et il fait encore bien frais mais le soleil est au beau fixe, même si nous savons que les conditions météo sont extrêmement changeantes ici. Il souffle un puissant vent frais qui nous rappelle que nous sommes sur le toit de Madère à plus de 1800 mètres d’altitude !

Le sentier entièrement sécurisé et pavé est un must de l’île. Les paysages sont époustouflants et si Curral das feiras m’avait impressionné, là c’est encore un cran au-dessus. Aménagé sur des sentiers muletiers il y a une cinquantaine d’année, la randonnée est assez éprouvante mais on s’est préparé. Elle présente un dénivelé de 1300 mètres à la montée et autant à la descente, et ne s’adresse donc pas à tout le monde. Bienvenue dans un décor préhistorique formé de tours rocheuses, de crêtes et de vallées abruptes verdoyantes. 

Waowwww !!!

Ribeiro frio

On quitte le Massif Central  pour rejoindre le Nord de l’île plus sauvage, et on passe par la réserve du Ribeiro Frio réputée pour son élevage de truites. Les températures sont rapidement plus fraîches dans les vallons encaissés protégés par la végétation. Ça et là, des miradouros – belvédère – offrent des points de vues uniques sur les paysages déchiquetés de l’île. On reconnait les fameux poios, cultures en terrasse locales qui m’obsèdent par leur beauté pendant ce voyage, apportant une touche asiatique à la campagne madérienne.

Santana

Prochaine destination, le village de Santana où nous découvrons les magnifiques maisons typiques aux toits de chaume de la commune. Dotées d’un grenier, d’un rez-de-chaussée et parfois d’une cave, elles sont de taille bien modeste. On se croirait dans le village d’Astérix le Gaulois…

Non loin du village sur la route de Boa Ventura, on s’arrête à l’un des plus incroyables belvédères de l’île : le miradouro da Beira da Quinta offrant une vue plongeante sur la baie de Sao Jorge.

Caldeirao Verde

Mais Santana est surtout un point de départ idéal pour notre deuxième grosse randonnée du séjour : le combiné Caldeirao Verde et Caldeirao do Inferno ! Tout un programme.

Le premier mot portugais que les randonneurs assimileront sur l’île est sans nul doute « levada ». Il s’agit en fait d’étroits canaux d’irrigation construits depuis le XVIème siècle par les habitants entre le Nord-Ouest de l’île, particulièrement arrosée, et le Sud-Est, plus sec, et qui concentre les besoins de la population et des plantations de bananes, de vignes et de canne à sucre. Cet ingénieux réseau de plus de 2 000 kilomètres et les chemins d’entretien qui les longent offrent ainsi des possibilités infinies ou presque. 

La randonnée de la Caldeirao Verde compte parmi les plus extraordinaires, mais également fréquentées de l’île. Il s’agit donc de partir tôt pour parcourir la spectaculaire levada taillée directement dans la paroi rocheuse. Cette randonnée plutôt sécurisée d’environ 7 kilomètres aller ne présente pas de dénivelé particulier. Ceci étant, le sentier est par endroit assez mince et le vide qui s’offre à vous peut-être phénoménal. La laurisylve, forêt primaire de lauriers sauvages ne vous quittera pas tout au long de la randonnée. Elle lui confère un caractère exubérant et tropical indéniable. On se croirait dans le film « A la poursuite du diamant vert »… Le clou du spectacle est sans conteste la magnifique cascade de 50 mètres de haut bordée d’hortensias. Comme un air de paradis !

Caldeirao do Inferno

La deuxième partie de la randonnée, la Caldeirao do Inferno est plus sauvage et plus physique que la première. Les quelques 3 kilomètres aller qui la constitue comportent des cascades, tunnels, canyons et finissent en beauté sur un imposant cirque, le Cirque Infernal… Les levadas ont tenu leurs promesses !

Porto da Cruz

Avant de partir vers Porto Moniz et ses incontournables piscines naturelles, on fait un petit saut à Porto da Cruz. Les montagnes entourant la localité forment un amphithéâtre sur la mer et présente une falaise de plus de 590 mètres de haut.

On profite d’une de ses plages de sable noir et de sa piscine naturelle à l’eau de mer. Pour clôturer la journée, on flâne à la fête villageoise qui bat son plein et on déguste une espetadabrochette de bœuf façon madérienne tendre et succulente à souhait !

Hummmm…..

Sao Vicente

On poursuit notre route vers Porto Moniz et on fait une halte bien méritée à Sao Vicente après cette belle randonnée. Le village est enserré dans une vallée profonde et agricole parsemée de poios (culture en terrasses) qui mène au centre de l’île vers le Col de l’Encumeada. Nous profitons de notre magnifique hôtel, le Solar da Bica, qui se révélera être notre coup de cœur du voyage. Doté d’élégantes chambres et d’un coquet spa, l’établissement ne propose que des produits locaux dont beaucoup proviennent de leur jardin pour composer un petit déjeuner des plus fastueux ! Ajouter à cela une vue sur les montagnes environnantes et un personnel au petit soin, nous sommes comme des coqs en pâte ! Avant de partir, on s’aventure dans le bourg qui présente une belle petite église blanche et des ruelles piétonnes sympathiques. 

Ribeira da Janela

Nouvel arrêt à Ribiera da Janela pour les superbes points de vue que la petite localité propose : Miradouro da Ribeira da Janela et Miradouro da Eira da Achada offrant une vue plongeante sur les poios et l’Océan. Toujours un pur régal visuel !

Le bord de mer, assez étroit, est assez particulier ici. En effet, quelques rochers basaltiques aux formes étranges, les Ilhéus da Ribeira da Janela trônent fièrement à quelques mètres de la plage de galets noirs, comme pour défier l’Océan Atlantique !

Porto Moniz

Nous voici enfin à Porto Moniz, autre spot incontournable de l’île pour ses fameuses piscines naturelles. Porto Moniz, anciennement largement tournée vers la pêche à la baleine, et ce jusque dans les années 1980, s’est reconverti en une petite station balnéaire à l’ambiance sympathique. Les piscines naturelles, blotties entre les rochers de basaltes aux formes acérées sont alimentées directement par l’Océan.

La plus spectaculaire des deux piscines naturelles est évidemment celle qui présente le caractère le plus sauvage avec uniquement quelques petits aménagements. Son accès est gratuit mais il faut être bien vigilant lors de la baignade pour ne pas se retrouver avec une entaille aux pieds. La deuxième, payante, est quant à elle bien plus aménagée et plus adaptée au public familial. Quoi qu’il en soit, faire trempette au milieu de ces rochers une expérience assez unique dans ce paysage de carte postale. 

Le Miradouro de Santa offre là aussi une vue panoramique de choix sur la baie et ces étranges piscines baignées par l’Océan.

Cristo Rei

Une dernière balade avant notre vol retour nous amène au Cristo Rei, le Corcovado de Madère, situé à quelques encablures de Funchal. L’imposante statue du Christ accueille ainsi à bras ouverts tous les voyageurs arrivant à Madère par la mer. Nous étions obligés de venir lui rendre hommage et le remercier pour ce voyage exceptionnel. Une fois de plus, la beauté des paysages est saisissante, les points de vue sont splendides. 

Je savais, avant de m’aventurer à Madère, que l’île était pleine de charmes. Mais là, je dois dire que nous en avons pris plein les yeux pendant tout le voyage ! On a vraiment l’impression d’être sur un autre continent au beau milieu des tropiques.

L’avantage avec Madère, c’est que les paysages de l’île sont très variés, les routes en excellent état et qu’il est tout à fait possible de se rendre d’un bout à l’autre de l’île en une journée. Je suis d’ailleurs vraiment impressionné par les réseaux routiers et autres levadas qui sont de véritables prouesses techniques au vu du relief accidenté de Madère ! Je me suis aussi souvent imaginé la vie à l’époque de la colonisation de cette île sauvage au XVIème siècle. Quelle aventure ça devait être dans ce décor spectaculaire !

Madère, le jardin sauvage de l’Atlantique nous a dévoilé quelques unes de ses facettes mais elle recèle encore bien des secrets, et une semaine ne nous suffira pas à les découvrir… Quoi qu’il en soit, nous y reviendrons avec plaisir si l’occasion se présente à nouveau.

 

Sicile et îles éoliennes : d’un Volcan à l’autre…

L’Italie en un seul article, ce serait juste dommage ! Je dois l’avouer, j’y suis allé souvent et je continuerai à parcourir ce beau pays, tant je l’aime. Après avoir pas mal bourlingué, c’est simplement mon pays européen préféré. Une gastronomie incroyable ; des sites naturels, culturels et archéologiques grandioses ; un climat agréable ; la méditerranée et les Alpes ; du bon vin ; la classe italienne (et les italiennes tout court !) ; le sens de la famille ; la Dolce Vita… Bref, je ne m’en lasse pas.

Avant toute chose, la Sicile a beaucoup fait travaillé mon imaginaire d’adolescent. Je me souviens d’une série italienne estivale dont le nom m’échappe, qui narrait l’histoire de la Cosa Nostra sur l’île et le combat d’un petit garçon contre la mafia qui lui avait tout pris. L’ambiance mystérieuse, la guimbarde et les paysages m’avaient fascinés ! Puis, plus tard, l’album solo « Métèque et Mat«  prodigieusement réalisé par le rappeur Akhenaton m’avait conquis. Les références à la Sicile y sont omniprésentes :

Pendant quelques mois, je me coiffais les cheveux gominés en arrière et vouais une certaine admiration pour la mafia comme pas mal d’ados de ma génération ; ce qui, il faut le dire, avait quand même un peu inquiété ma mère. Heureusement, cette période n’a pas duré et je ne suis pas tombé dans le côté obscur de la force…

La Sicile, c’est la plus grande île méditerranéenne, coincée entre la Tunisie et l’Italie continentale, elle forme un triangle entre Trapani, Messine et Syracuse, symbolisé sur son drapeau par la gorgone à trois jambes. Depuis toujours, elle occupe une position stratégique au centre de la Mer Méditerranée, ce qui explique son extraordinaire richesse culturelle. Aux influences phéniciennes, grecques, carthaginoises, romaines, vandales, ostrogothes, byzantines, arabes, normandes,… la Sicile intégrera finalement le Royaume d’Italie au XIXème siècle. Elle constitue en quelques sortes un trait d’union culturel entre l’Europe et l’Afrique encore largement palpable de nos jours.

La Sicile, c’est aussi une terre éruptive de premier plan. Elle abrite trois des volcans les plus actifs d’Europe : le monumental Volcan Etna, le très odorant volcan Vulcano et l’impressionnant volcan Stromboli !

Dans cet article, je vous propose un mix entre deux récents séjours effectués en Sicile et sur les îles éoliennes espacés de seulement un an. Nous parcourrons la côte Nord de la Sicile de Trapani jusqu’au Volcan Etna à Catane, avant de nous embarquer sur trois des paradisiaques îles éoliennes : Lipari, Panarea et la mythique île de Stromboli !

Carte Sicile

Avanti !

Trapani

Arrivé par l’aéroport de Trapani à l’extrême Ouest de l’île, on décide de faire un petit saut dans la ville portuaire pour nous immerger dans la vie sicilienne. Si la ville n’est pas d’un incontournable de l’île, sa grand’rue, ses ruelles étroites et petites églises revêtent un certain charme. Petit arrêt sur le port pour déguster quelques produits frais de la pêche du jour face à la mer. La vue de la Tour de Ligny vaut le détour. Elle marque la jonction des Mers Tyrrhénienne et Méditerranée.

Erice

A quelques encablures de là, nous prenons un peu de hauteur et rejoignons la coquette cité d’Erice établie à 750 mètres d’altitude qui domine fièrement la baie en forme de faux-scie de Trapani. Le Mont Eryx est un lieu sacré depuis l’occupation des premiers autochtones. Le village, très minéral, est de toute beauté, on aime à se perdre dans ses petites ruelles pavées. L’empreinte Normande est ici une évidence avec l’imprenable Château de Venere, construit sur un ancien Temple Romain dédié à la Vénus Erycine.

Réserve du Zingaro

Après cette mise en bouche bien sympathique, on rejoint les portes de la Réserve du Zingaro, première réserve naturelle créée en Sicile. La réserve abrite de nombreuses espèces végétales, dont certaines sont rares et endémiques, comme le palmier nain. Mais, le vrai régal c’est bien une petite randonnée le long des sentiers qui surplombent la Mer Tyrrhénienne d’un bleu azur. Les petites criques aux eaux turquoises sont juste paradisiaques…

Monreale

On ne s’arrêtera pas à Palerme, mais choisirons plutôt de faire un arrêt express à Monreale à quelques kilomètres de là, pour découvrir l’incroyable Cathédrale Santa-Maria Nuova, célèbre pour son cloître et ses mosaïques byzantines. Nous arrivons en pleine célébration d’un mariage, mais parvenons à nous frayer un chemin à l’intérieur. Les décorations nous éblouissent les yeux : dorures, mosaïques, fresques… C’est l’opulence. La Cathédrale construite par les Normands au XIIème siècle est de style arabo-normand-byzantin, synthèse des trois différentes cultures présentes à cette époque.

Cefalù

Arrivés en toute fin d’après-midi à Cefalù, à 70 kilomètres à l’Est de Palerme, nous déambulons dans ses rues étroites. Bâti aux pieds de la Rocca, une falaise monumentale, l’ancien village de pêcheurs est aujourd’hui devenu une station balnéaire réputée, aux nombreux bars et restaurants typiques. Elle recèle également une superbe Cathédrale au style normand affirmé. Bâtie en pierres jaunes, elle capture toute la lumière offerte par le coucher du soleil. Dorures et mosaïques sont à nouveau au rendez-vous à l’intérieur pour le plus grand plaisir des yeux. Après cette visite, un bon repas sur le ponton d’un restaurant en bord de mer s’impose. Moment magique !

Etna

Direction Catane à l’Est de l’île pour partir à l’ascension du célèbre Volcan Etna. Visible à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde, l’imposante montagne conique culmine à plus 3 300 mètres d’altitude ! Il est ainsi le plus haut volcan d’Europe mais également l’un des plus actifs du Monde avec plus de 80 éruptions au XXème siècle !

L’Etna, j’en ai entendu parlé petit par mon père qui me présentait des morceaux de lave et de soufre de sa collection de pierres. Il avait en effet récupéré quelques fragments lors d’un passage sur l’île et me les montrait avec enthousiasme. Plus tard, j’étudierai la géologie et apprendrai qu’il fait partie des volcans dits effusifs, qu’on appelle aussi volcans rouges car il émet des longues coulées de lave rouge.

Nous rejoignons donc un petit groupe dans une camionnette qui nous amène aux télécabines. Le trajet d’une heure me paraît interminable, on voit qu’au fur et à mesure de l’ascension, la végétation change passant de vergers de citronniers et d’orangers au pied de la montagne, à une forêt et des buissons de genêts à partir de 800 mètres, puis à une étendue minérale désolée de lave sombre.

Nous prenons donc les télécabines qui nous porterons de 1 800 mètres à 2 500 mètres d’altitude. Puis, un bus qu’on dirait équipé pour rouler sur la Lune, nous mène encore plus haut. De là, nous pourrons jouer aux géologues et volcanologues en herbe en foulant les arrêtes d’anciens cratères. C’est ultra impressionnant mais il fait froid ! Et oui, le vent souffle fort et les températures sont bien plus fraîches qu’en bas ! Il doit faire 5 degrés à peine ! La vue sur la baie de Catane est saisissante. Nous sommes tellement haut et loin, qu’on distingue à peine la côte. Sensations garanties !

La Sicile est évidemment associée à l’Etna, mais elle comporte d’autres volcans, dont le non moins célèbre Stromboli. Cap sur les îles Éoliennes !

Lipari

Les îles Éoliennes, tout un symbole ! Petit chapelet d’îles volcaniques perdu au large de la pointe Nord-Est de la Sicile, elles seraient les filles d’Éole, Dieu du Vent et appartiendraient à un continent disparu dont elles seraient les seules rescapées.

L’archipel est composé de sept îles : Lipari, Salina, Vulcano, Panaréa, Stromboli, Anacudi et Filicudi. Peu peuplées, seulement trois d’entre elles autorisent la circulation automobile, ce qui ne gâche rien au charme de ce petit coin de paradis.

Au départ de Milazzo, nous embarquons sur le ferry rapide en partance pour Lipari, première étape de notre périple éoliens. Après une traversée mouvementée et difficile pour la moitié des passagers, nous arrivons enfin ! La météo qui semblait incertaine sera finalement au beau fixe. Lipari est la plus grande et la plus peuplée des îles avec ses quelques 10 000 âmes. Son accueillant centre ville et sa fière Citadelle s’offrent à nous. Dominant les deux ports de la ville, elle offre des points de vue imprenables.

On décide ensuite de louer une Méhari pour partir sur la route panoramique de l’île. De multiples arrêts improvisés s’imposent, les points de vue se succèdent, le spectacle est grandiose. On aperçoit les îles voisines : Vulcano et ses fumerolles soufrées, et plus loin le mythique Stromboli et sa forme conique parfaite jaillissant de la mer, coiffé d’un petit nuage.

Panarea

On embarque pour notre prochaine destination, ce sera Panarea, l’île éolienne aux airs grecs. En effet, les maisons typiques blanches à grandes terrasses s’entremêlent les unes aux autres. On se croirait un peu dans les Cyclades. L’île revêt un charme fou. Elle constitue le lieu de villégiature privilégié de nombreuses stars en toute discrétion. Beyonce y aurait une demeure prestigieuse avec piste d’atterrissage pour hélicoptère. On pense même l’avoir découverte lors de notre petite exploration.

Attention, ici les prix sont plus élevés qu’ailleurs et on se fera un excellent poisson local mais l’addition sera particulièrement salée… C’est le jeu. Parfois on se fait avoir ! Les vues sur le Stromboli sont encore plus belles, on s’en rapproche !

Avant de quitter l’île, on longera un petit chemin de randonnée pour rejoindre la plage de Zimmari et les vestiges d’un ancien village préhistorique bâti sur un promontoire rocheux faisant face à la mer. C’est encore une fois de toute beauté !

Stromboli

Dernière étape de ce séjour sicilien et non des moindres, le Stromboli s’offre à nous après une nouvelle traversée en ferry. Arrivés au port, les représentants des agences  de tourisme s’affairent déjà à nous proposer leurs excursions, avec parfois un peu d’agressivité il faut le dire. On préférera voir tout cela plus tard. On rejoint d’abord notre splendide hôtel Il Gabbiano, avant de déguster quelques linguinis aux palourdes accompagnées de vin blanc sicilien sur une terrasse en hauteur avec vue panoramique sur le bleu azur de la mer. La Dolce Vita !

Le Stromboli est un volcan explosif, on l’entend dégazer quasiment toute les heures, ce qui est vraiment impressionnant il faut le dire ! Il est parfaitement conique et circulaire, d’où son nom grec antique Strongyle – littéralement la ronde. Haut de 926 mètres, la partie immergée prend naissance à quasiment 2 000 mètres sous la mer. Il est en éruption quasi permanente et son surnom de « Phare de la Méditerranée » n’est pas volé, avec ses projections incandescentes visibles de nuit. 

Les habitants de l’île le personnifient en le nommant « Iddu » – lui en sicilien. Ils vivent donc avec Lui selon ses humeurs.

Nous tenterons deux ascensions du Volcan. La première avec un groupe d’une trentaine de participants sera assez monotone et longue. En effet, contraints par le rythme du groupe et arrivés au sommet en pleine nuit avec des conditions météo défavorables, nous serons frustrés et déçus. Aucune visibilité malgré la patience de notre extraordinaire guide Pier CODA, guide de montagne expérimenté du Nord de l’Italie qui change parfois de terrain de jeu en été pour mener les touristes au sommet du Stromboli.

Nous décidons déterminés de retenter le coup le lendemain mais en optant cette fois pour une randonnée privée avec Pier. On partagera l’aventure avec Adrien venu de région parisienne, qui n’avaient pas dit son dernier mot non plus ! Le Stromboli se mérite ! La randonnée est bien plus agréable que celle de la veille. On change d’itinéraire pour longer la fameuse Sciara del Fuoco – Allée de Feu, uniquement autorisée aux petits groupes encadrés. Le spectacle est grandiose. On admire également bien davantage la partie sommitale du volcan et ses éruptions régulières : panaches de fumée gris et bruit sourd et puissant de dégazage. Quelle force ! Le vent se renforce, les nuages arrivent au loin et commencent à caresser le dôme.

Nous arrivons au refuge et les couleurs du coucher de soleil sont d’une rare beauté. On attend que les gros groupes passent à tour de rôle pour profiter pleinement du spectacle. Seuls au monde, nous nous dressons désormais pile au dessus des cheminées en fusion que nous ne voyions pas mais entendions uniquement la veille. C’est une expérience d’une rare intensité, on se dit qu’on est tout petit face à la force de la nature. On restera là une petite heure avant de redescendre à toute vitesse en utilisant la technique enseignée par Pier. Puis un bon repas dans le restaurant faisant face à l’Eglise de la Place principale clôturera notre aventure !

Quelles merveilles ! Des paysages à couper le souffle, des randonnée époustouflantes, des volcans sauvages, des églises richement décorées aux couleurs flamboyantes, une cuisine simple et de grande qualité partout et peu chère, des gens sympas, la Sicile a tenu ses promesses il n’y a pas de doute et nous n’en avons découvert qu’une petite partie !

C’est sûr, ce ne sera pas la dernière, tout comme le reste de l’Italie d’ailleurs ! Viva Italia !

Iran : Splendeurs d’Iran, sur les traces de l’Empire Perse…

Si on parle de l’Iran, on pense rapidement à l’image noire du pays : Révolution islamique  (si bien décrite dans le film animé Persépolis), guerre contre l’Irak et Saddam HUSSEIN, et plus récemment les difficiles négociations concernant le nucléaire et le bras de fer économique avec Donald TRUMP…

Mais l’Iran c’est aussi et surtout une terre dotée d’une extrême richesse culturelle. En effet, l’antique Perse à l’histoire mouvementée a laissé derrière elle un patrimoine unique au monde encore largement préservé. Elle constitue l’une des civilisations continues les plus anciennes du monde et compte plus d’une vingtaine de dynasties aux influences métissées.

L’Iran est bordée au Nord par la Mer Caspienne, où est d’ailleurs produit le prestigieux caviar, et au sud par les golfes d’Oman et Persique, particulièrement riche en hydrocarbures. Le pays, dont la superficie représente trois fois celle de la France, possède des frontières terrestres avec l’Irak, la Turquie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan à l’Ouest ; le Turkménistan, l’Afghanistan et le Pakistan à l’Est.

L’Iran se caractérise par une altitude moyenne élevée, dominant de 600 mètres de haut les plaines de la Mésopotamie, de l’Indus et de la Mer Caspienne. Les plateaux iraniens très arides, sont bordés au Nord par la chaîne enneigée de l’Elbrouz et à l’Ouest par les montagnes du Zagros. Les habitants se concentrent sur les versants de ces montagnes en bordure de désert.

Mais l’Iran c’est aussi un peuple fier et très cultivé présentant un sens de l’hospitalité inégalé, découlant du Taarof, sens de l’accueil et art de la politesse hérités de l’islam chiite… « Welcome to Iran« , combien de fois avons-nous entendu ce message de bienvenue pendant notre séjour persan ? On ne les compte plus ! Une pensée spéciale à nos amis de Téhéran Hossein, Mohammad Reza et Sara ! Mais également à un DJ londonien d’origine iranienne Hiatus qui nous a fait rêvé avec ses musiques bien avant le départ ! Ambiance :

De la tentaculaire Téhéran, nous irons chercher de la fraîcheur dans les splendides jardins des maisons traditionnelles exubérantes de Chiraz, avant de poursuivre vers l’antique Persépolis et les tombeaux Achéménides. De l’hostile Désert du Lut, nous irons à la conquête de Yazd, aride berceau des Zoroastriens, puis nous remonterons tranquillement vers la Capitale culturelle, la célébrissime Ispahan toute en finesse, reflet de l’époque Safavide. Une dernière halte à Kashan, capitale des roses aux demeures cossues clôturera notre périple iranien. C’est parti !

Carte Iran

 

Téhéran

Palais du Golestan

Arrivés dans la tentaculaire capitale iranienne, qui avec son agglomération totalise près de 15 millions d’habitants, nous décidons de partir à l’assaut d’un de ses joyaux, le Palais du Golestan. Signifiant littéralement en persan « Palais du jardin des fleurs« , il s’est développé dans l’enceinte de l’ancienne citadelle édifiée au XVIème s. sous le règne Safavide. Deux siècles plus tard, les Qadjar font de Téhéran leur nouvelle capitale et l’ensemble devient cité royale. Ses ornements sont particulièrement représentatifs de l’art et de l’architecture Qadjar. Jardins, bassins, mosaïques, vitraux, miroirs étincelants, tout est parfait, tout est géométrique, on en prend plein les yeux. Certains détails rappellent l’Occident, d’autres au contraire sont profondément ancrés en Orient, mais qu’on aime ou non, on ne peut être qu’impressionné ! 

Tour Azadi

Symbole de Téhéran, à l’instar de la Tour Eiffel pour Paris, le monument appelé initialement Tour Mémorial des Rois, a été inauguré en 1971 par le dernier Shah d’Iran pour marquer les 2500 ans de l’Empire Perse. Elle sera rebaptisée Tour Azadi – Tour de la Libertéaprès la Révolution de 1979. Elle mesure 45 m de haut et est entièrement recouverte de quelques 25 000 plaques de marbre blanc d’Ispahan. La Tour marie les styles pré et post-islamiques de l’Iran.

Chiraz

Cap au Sud du pays vers Chiraz, la ville des poètes et des jardins. Situé à près de 1500 mètres d’altitude et au pied des montagnes de Zagros, la ville présente un patrimoine architectural incomparable. Ce sera l’un de nos plus gros coups de cœur du séjour. L’ambiance douce et paisible, la taille humaine du centre-ville (et la gentillesse des locaux encore une fois), nous séduirons pour de bon.

Jardin Eram

Il fait plus chaud qu’à Téhéran, mais on oubliera le tee-shirt et le short, respect de la culture locale oblige. Le jardin d’Eram, ou « Jardin du Paradis » en persan a été conçu au XXème s. autour d’un pavillon de l’époque Qadjar. Richement décoré, il se déploie devant un grand bassin rempli d’eau cristalline qui reflète le paysage alentour. De nombreuses variétés d’agrumes, de grenadiers, de roses constituent un tableau végétal d’un esthétisme rare.

Tombeau de Hafez

Comment venir à Chiraz et ne pas rendre hommage à Hafez, probablement le plus célèbre des poètes iraniens ! Hafez est renommé pour ses poèmes lyriques évoquant des thèmes mystiques du soufisme en mettant en avant les plaisirs de la vie.

« Même si l’abri de ta nuit est peu sûr et ton but encore lointain sache qu’il n’existe pas de chemin sans terme. Ne sois pas triste. » Extrait.

« Dans la roseraie d’Iram, la nuit dernière, l’air était très doux et la chevelure des jacinthes s’abandonnait à la brise de l’aube… » Extrait.

Citadelle de Karim Khan

L’impressionnante bâtisse fortifiée, dont nous n’attendions rien au départ, s’avère particulièrement intéressante à l’intérieur. Érigée au XVIIIème s. par Karim Khan, le premier roi de la dynastie Zand, elle comporte un Palais d’été et un Palais d’hiver disposés autour d’une cour bordée d’orangers.

Mosquée Vakil

Entre chien et loup, nous décidons de visiter un dernier monument lors de cette première journée chirazienne. Nous tombons sur l’entrée de l’envoûtante Mosquée Vakil (Mosquée du Régent) bâtie sous la dynastie Zand. Elle est presque vide. Bordée de deux iwans en vis-a-vis, sa grande cour possède un long bassin rectangulaire. Les coupoles et les muqarnas aux céramiques typiques de la ville nous impressionnent. Puis, le temps s’arrête, l’appel à la prière retenti alors qu’une petite brise légère nous caresse la peau. On aperçoit le reflet de l’un des iwans dans le bassin.
Moment magique !

Mosquée Rose

La star de la ville, c’est bien elle, la Mosquée Rose. Son nom officiel est Mosquée Nasir-ol-Molk, elle fût construite sous la dynastie Qadjar. Richement décorée également, elle se découvre au petit matin pour apprécier la lumière produite par les rayons de soleil qui transpercent les vitraux colorés et viennent sublimer les tapis persans. Soyons clairs, vous ne serez pas seuls et l’ambiance intime que nous avions savouré au sein de la Mosquée Vakil la veille n’y sera pas. Mais le site reste assez magique malgré la horde d’instagrameurs en quête du meilleur selfie. Les iwans, muqarnas et céramiques sont sublimes.

Maison Zinat ol-Molk

A deux pas de la Mosquée Rose, on pénètre à l’intérieur de la Maison Zinat ol-Molk. Cette splendide demeure patricienne est de proportions relativement modestes, mais ses intérieurs ornées de miroirs à facettes, moulures et autres vitraux nous charment encore une fois.

Maison Narenjestan

Puis, dans le même esprit mais bien plus imposante, la Maison Qavam, également appelée Maison Narenjestan, présente un jardin remarquable composé de fontaines, dattiers, palmiers, agrumiers et autres plantes fleuries. Les parfums qui s’en dégagent raviront nos narines.

Mausolée de l’Emir Ali

Après une visite impressionnante dans le Chah Tcheragh, plus important lieu de pèlerinage de Chiraz composé d’une mosquée et d’un mausolée, je me sens un peu frustré de ne pas avoir pu dégainer mon objectif. On nous conseille alors de visiter le Mausolée de l’Emir Ali. Nous ne l’avions même pas identifié à la base dans nos choix de visite mais je dois dire que l’accueil y était excellent : petits gâteaux, thé et échange sur la foi avec les gardiens. Je suis resté bouche bée face au spectacle éclatant de la lumière produite par ces milliers de fragments de miroirs vénitiens décorant le mausolée.

Persépolis

On se réjouit de jouer les archéologues aventuriers en herbe à la Indiana Jones en nous rendant à Persépolis. Capitale de l’Empire Perse Achéménide, à 75km au Nord-Est de Chiraz, la cité antique fut élevée par Darius Ier au Vème s. av J.-C.

On emprunte l’escalier principal monumental pour accéder à l’immense terrasse où se déploie un gigantesque complexe de Palais aux colonnades en plus ou moins bon état. Sous une chaleur écrasante, on nous remet un casque proposant de la réalité augmentée nous permettant d’appréhender facilement à quoi ressemblaient les lieux avant le carnage destructeur entrepris par Alexandre le Grand. Le style architectural est métissé, empruntant certains éléments à l’Egypte antique, l’Assyrie, la Mésopotamie ou encore la Grèce Ionienne où s’étendent les frontières de l’Empire Perse… La Porte de toutes les Nations gardée par les deux Lamassus monumentaux a été construite par Xerxès Ier, fils de Darius Ier. Elle marque l’unité de l’Empire composé de nombreux territoires allant de la Lybie à l’Egypte et de la Grèce à la Russie à l’Ouest jusqu’aux confins de l’Inde et de la Chine à l’Est.

Les Perses étaient très tolérants, tandis que leur religion, le mazdéisme développait une morale exigeante basée sur la recherche du bien, de la justice, et le rejet du mensonge. Comme conquérants, ils se montraient cléments avec les vaincus, ce qui était alors une nouveauté extraordinaire, comparée à la cruauté des méthodes guerrières des Assyriens ou des Babyloniens. De nombreux représentations d’Ahura Mazda, divinité centrale de la religion mazdéenne, sont visibles sur les magnifiques bas-reliefs sculptés sur les escaliers et portes des palais représentent la diversité des peuples composant l’empire.

Naqsh-e Rostam

A 5 kilomètres de Persépolis, nous nous rendons à Naqsh-e Rostam. Il s’agit d’un autre site archéologique présentant un ensemble de quatre tombes royales rupestres achéménides. Monumentales, elles renferment les tombeaux de Darius Ier, Xerxès Ier, Artaxerxès Ier et Darius II.

Faisant face à la roche, l’intrigante Ka’ba-ye Zartosht (Kaaba de Zoroastre), monument zoroastrien de la même époque veille sur le site.

Meymand

En route pour Yazd, nous nous arrêtons avec notre excellent guide et chauffeur Mehdi (Compte Instaram Persiexplore), dans la cité troglodyte de Meymand, encore partiellement habitée de nos jours. Nous visiterons une chambre d’hôte restaurée avec soin par ses amis.

Kerman

Après autant de culture, nous avons comme une envie de grands espaces. C’est la partie aventure de notre voyage qui débute. Pris en charge par notre guide Mansour (www.irankalut.com), nous nous laisserons porter dans la magnifique province de Kerman sur la route de l’Afghanistan et du Pakistan ! Au programme : une imposante citadelle de terre crue, un canyon secret abritant une piscine naturelle et enfin l’énigmatique désert du Lut.

Citadelle de Rayen

Deuxième édifice en briques crues au monde par sa superficie, la Citadelle de Rayen a été fondée sous la dynastie Sassanides il y a plus de 1 500 ans. La plus grande citadelle fortifiée de ce type est celle de Bam encore un peu plus au Sud, mais qui a payé un lourd tribu lors d’un puissant tremblement de terre en 2003. Mansour et son enthousiasme indéfectible nous guide à travers le dédale de la forteresse quasi déserte. On a l’impression d’être dans un décor de Star Wars. Les remparts crénelés et autres portes à arcs brisés apportent une certaine élégance à l’édifice.

Canyon de Késhit

Avec Mansour au volant de sa Dacia tout terrain, nous nous enfonçons dans les montagnes qui entourent Kerman. Un premier stop nous permet de découvrir les strates colorées entrelacées qui les composent. Puis, après avoir franchi un petit col, nous arrivons sur un très vaste plateau encore plus aride. Nous semblons seuls au monde, la route est déserte, mais en excellent état. On atteint notre prochaine destination, le Canyon de Késhit. Il s’agit d’une faille d’une bonne centaine de mètres de profondeur au sein de laquelle coule un petit cours d’eau. Cet écosystème, classé en réserve naturelle protégée, foisonne de vie : eau cristalline, dattiers, palmiers, plantes en tout genre, oiseaux. C’est comme si tout la vie du plateau s’y concentrait. On descend dans le Canyon pour gagner une petite cascade qui alimente une piscine naturelle aux eaux turquoises. Une baignade s’impose ! Mansour nous amènera ensuite manger dans une palmeraie chez une famille produisant des dattes, mais avant cela nous explorerons le village abandonné à proximité. Il est en ruine et totalement en briques crues. On se croirait à Agraba, il ne manque plus qu’ Aladdin et Apu pour nous guider !

Désert du Lut

Après une courte nuit dans un écolodge aux portes du désert, nous laissons la Dacia de Mansour pour un vrai 4X4. Le réveil à l’aube est un peu rude mais le lever de soleil au cœur du Désert du Lut s’annonce grandiose ! Le Désert du Lut – littéralement désert du vide – est l’un des endroits les plus arides et hostiles de la planète. Un record planétaire y a été enregistré en 2005 avec plus de 70°C à l’ombre. Heureusement, nous sommes en octobre et la température est plutôt clémente ! L’immensité du Désert nous étreint. Mansour est très fier de nous montrer cette merveille. On fera un pit-stop dans un ancien caravansérail à l’abandon. Les paysages sont très variés, sculptés par les vents violents. Ça et là se dressent des formations immenses comme de petites montagnes, puis ailleurs, d’innombrables collines régulières qui semblent irréelles. On se croirait sur Mars !

Yazd

Nous voilà à Yazd, ville plusieurs fois millénaire aux portes de deux déserts. Véritable oasis fondée au IIIème millénaire avant J.-C., il s’agit d’une des plus anciennes villes du monde. Les ruelles y sont étroites, les portes joliment travaillées, le centre-ville parait surgir d’un autre temps. La ville a développé un système très ingénieux de climatisation naturelle avec les Badgirs – Tour du Vent – et mis en place un réseau de canalisation efficace, les qanats, lui permettant de survivre dans cet environnement hostile. Située sur la Route de la Soie, Marco Polo y fit escale au XIIIème s. 

Mosquée du Vendredi

Signal fort dans la ville, richement décorée, la Mosquée du Vendredi ne passe pas inaperçue avec sa façade monumentale et ses deux minarets qui culminent à 48 mètres de haut, les plus hauts d’Iran. Construite il y a plus de 900 ans sur l’emplacement d’un ancien temple du feu zoroastrien, elle présente un magnifique exemple du style azéri de l’architecture perse. Les céramiques sont d’une finesse rare. Le lieu est splendide !

Jardin Dowlat Abad

Petite pause fraîcheur bien méritée au Jardin Dowlat Abad. Il s’agit de la résidence d’un ancien gouverneur établit dans un jardin de 7 000 m2. Le bassin principal est bordé de pins, grenadiers et agrumiers qui offrent un peu d’ombre bien appréciée. Les bâtiments sont finement décorés entre coupoles, vitraux et moucharabieh aux formes géométriques…

Zoroastisme

Avant de découvrir quelques sites emblématiques de la foie zoroastrienne originaire de Yazd, voici un petit décodage au travers des 7 piliers de la première religion monothéiste au monde analysés par le magazine Géo. Ces préceptes s’avèrent tout à fait d’actualité :

1/ Prier un dieu unique
Ahura Mazda – le seigneur sage – est le dieu unique de la religion prêchée par le prophète Zarathoustra. Cet être suprême est le créateur du ciel et de la Terre, de l’homme, ainsi que des quatre éléments, l’eau, la terre, l’air et le feu.

2/ Faire le bien autour de soi
Le code de conduite zoroastrien se résume ainsi : «bonnes pensées, bonnes paroles, bonnes actions». En effet, en créant l’homme, Ahura Mazda lui a accordé le libre arbitre, mais une seule voie, celle de la droiture, conduit au bonheur.

3/ Vénérer le feu
Trois des éléments divins (l’air, l’eau et la terre) existent sans le concours de l’homme. Au contraire du feu qui, lui, doit être alimenté pour continuer à vivre.

4/ Lutter contre l’oppression
Le zoroastrisme rejette toute forme de soumission et, en premier lieu, l’esclavage. Dans cette religion, la femme est l’égale de l’homme.

5/ Respecter toutes les formes de vie
L’homme, en charge du monde créé par Ahura Mazda, ne doit pas faire de mal aux animaux. Le sacrifice de ces derniers, considéré comme un crime, est prohibé.

6/ Rejeter l’idolâtrie
Les adeptes du zoroastrisme ne doivent pas vénérer la pierre, les statues, ou tout autre lieu qui a été construit. Dieu, dans la pensée zoroastrienne, n’habite pas dans un sanctuaire édifié par l’homme, mais dans le cœur de ce dernier.

7/ Cultiver la joie de vivre
L’enseignement de Zarathoustra insiste sur l’importance de l’humilité, de la solidarité envers son prochain, mais aussi… sur la bonne humeur. Faire une fête une fois par mois, être joyeux et rire autant que possible sont des préceptes zoroastriens. (Source Géo).

Temple du Feu

Dans les Temples du feu, les flammes sacrées au pouvoir purificateur, qui ne doivent jamais s’éteindre, sont protégées sous un globe ou derrière une vitre pour ne pas être souillées par le souffle des hommes.

Le Faravahar est l’élégant symbole du zoroastrisme. Cet hybride homme-oiseau est rempli de codes : les ailes à trois rangées rappellent l’importance de la bonne pensée, de la bonne parole et de la bonne action. La queue à trois niveau évoque l’obligation de piétiner les mauvaises pensées, mauvaises paroles et mauvaises actions. Le cercle symbolise la vie éternelle. L’âge avancé de l’homme insiste sur le respect des aînés et leurs connaissance. Les deux pendants incarnent le bien et le mal inscrits en chacun de nous. La main droite levée évoque le souhait d’aller vers le progrès, la voix de Dieu. L’anneau porté par le vieil homme symbolise le respect de sa parole.

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Chak-Chak

A plusieurs dizaines de kilomètres de Yazd se trouve le hameau de Chak-Chak abritant un sanctuaire, érigé dans le flanc d’une montagne. Il s’agit d’un des plus importants lieux de pèlerinage des zoroastriens. Perdu en plein désert il s’en dégage une atmosphère sereine.

Tour du silence

Les Tours du silence sont les lieux de rites funéraires des zoroastriens. Les corps sans vie des défunts sont déposés au sommet de ces structures pour se décomposer, parfois avec l’aide des vautours. Ces rites étaient pratiqués encore jusque dans les années 70.

Kharanaq

Nous passerons par le village abandonné de Kharanaq, qui se caractérise à nouveau par des constructions en briques de terre crue. Les conditions sanitaires s’étant dégradées au cours des dernières décennies, la population a du être relogée dans une ville nouvelle édifiée à proximité. Cependant, les nouvelles constructions sont moins bien isolées que celles de l’ancien village et beaucoup regrettent leur ancien domicile plus frais.

Meybod

Petite excursion à Meybod, où nous visiterons la Forteresse de Narin Qaleh, offrant une vue magnifique sur la ville et la région. Nous aurons un gros coup de cœur pour l’extraordinaire et très photogénique pigeonnier de la ville. Il comporte plus de 4000 nichoirs servant à récolter les fientes produites par les volatiles dont ils se servaient comme engrais.

Ispahan

Nous voici à Ispahan, surnommée « La Moitié du Monde », pépite de la culture perse et clou du spectacle pour les touristes en séjour en Iran. Capitale de l’empire sous la dynastie Séfévides entre le XVIème s. et le XVIIIème s., le Chah Abbas et les monumentaux travaux qu’il y a entrepris font de la ville une véritable vitrine du savoir-faire, de l’art et de l’architecture extrêmement raffinés de l’époque !

Place Naghch-e Djahan

La célébrissime Place Naghch-e Djahan – littéralement miroir ou portrait du mondeest l’une des plus vastes places au monde avec ses 9Ha (560 mètres de long sur 160 de large). La place tenait une importance stratégique en regroupant à la fois le pouvoir du Chah avec le Palais Ali Qapu, le pouvoir du clergé avec les Mosquées de l’Imam et Mosquée Cheikh Lotfollah et le pouvoir des commerçants avec le bazar impérial.

Pour la petite histoire, des matchs de polo y étaient également organisés, sport dont l’origine est perse (le chogan).

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Mosquée du Chah

La Mosquée du Chah, également appelée Mosquée de l’Imam, a été construite sur les ordres du Chah Abbas et constitue le plus grand monument qu’il fit bâtir. Le Chah la considérait comme son chef d’oeuvre, l’impressionnante finesse des décors en atteste d’ailleurs !
Dès que nous franchissons le Pishtak (portail d’entrée), nous sommes éblouis par la beauté des lieux, mais également un peu désorientés car l’édifice est immense et deux écoles coraniques la complètent. Dans la salle du Merhab, nous aurons l’immense privilège d’assister à un petit chant sacré qui conférera encore une autre dimension à cette sublime mosquée !

Mosquée du Cheikh Lotfollah

La Mosquée du Cheikh Lotfollah, également appelée oratoire du Roi, est la première mosquée érigée à Ispahan. Elle présente un plan quasi unique : pas de minaret, aucune cour intérieure, un dôme à la dominante jaune… Peu importe, c’est celle du Roi ! Mention spéciale pour les muqarnas d’une rare finesse et le dôme principal monumental le plus impressionnant qu’il m’ait été donné de voir ! L’ambiance dans cette mosquée et très particulière car les repères sont tout à fait différents… Pour moi, la plus incroyable mosquée d’Iran.

Palais Ali Qapu

Le Palais Ali Qapu, – Porte d’Ali en persan – est le Palais principal qui donne sur la Place Naghch-e Djahan. Selon la légende, Chah Abbas Ier aurait pris les portes du tombeau de l’Imam Ali à Karbala pour les installer dans ce palais.
Il servait au Chah de lieu de réception et de tribune officielle. Sa terrasse qui offre une vue imprenable sur la Place, est surmontée d’un toit en bois finement décoré et soutenu par dix-huit piliers monumentaux. Les fresques des salles supérieures et les niches complexes qui habillent la salle de musique nous en mettent encore une fois plein les yeux !

Grande Mosquée

La Grand Mosquée d’Ispahan, aussi appelée Mosquée du Vendredi est la plus grande mosquée du pays. Elle a été largement remaniée au fil des siècles et des dynasties au pouvoir.

Cathédrale Vank

Mais l’islam chiite n’est pas la seule religion du pays. Outre une minorité sunnite, trois autres religions sont reconnues officiellement : les chrétiens, les juifs et les zoroastriens.
Parmi ses minorités, les Arméniens, chrétiens (Eglise apostolique arménienne) sont particulièrement représentés. Voisins proches de l’Iran et originaires d’une ancienne contrée perse sous quelques dynasties, plusieurs milliers d’Arméniens seront déplacés de force par le Chah Abbas depuis Djolfa au Nord-Ouest de l’Iran, alors persécutés par les Ottomans, et installés à Ispahan dans le quartier Nouvelle-Djolfa en mémoire de leur terre maternelle. Le Chah les autorisa à construire leurs églises et compta évidemment se servir de leurs talents de négociants.

La Cathédrale Vank, également appelée Cathédrale Saint-Sauveur d’Ispahan est la cathédrale la plus visitée d’Iran. Vank signifie monastère en arménien. Au premier abord, la cathédrale ressemble davantage à une mosquée mais la croix au sommet de son dôme ne nous trompe pas. L’intérieur est recouvert de lumineuses fresques racontant entre autres le martyre légendaire de Saint Grégoire l’Illuminateur, fondateur de l’Eglise arménienne.

Pont Khadjou

Le majestueux Pont Khadjou est le plus célèbre pont d’Ispahan. Construit sur deux niveaux, il servait à la fois de franchissement de la rivière, de barrage et de lieu de réunions publiques. Ses 23 arches éclairées de nuit sont encore très prisées des locaux qui viennent se promener, discuter, chanter et même danser !

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Abyanneh

Nous quittons Ispahan pour remonter vers Kashan puis Téhéran mais avant cela une petite halte dans le village montagnard typique d‘Abyanneh s’impose. A 2 500 mètres d’altitude, flanquées contre la falaise, les maisons traditionnelles à la couleur rosée s’imbriquent les unes aux autres. Les villageois y sont encore apprêtés comme autrefois : larges pantalons bouffant pour les hommes, robes et foulards aux couleurs vives pour les femmes.

Kashan

Dernier stop avant notre retour en Europe. Kashan, la ville des roses nous séduira un peu moins. C’est sûr qu’après Chiraz et Ispahan, tout paraît un peu fade, mais ici l’ambiance ne nous transportera pas. Cependant, nous ferons de belles découvertes entre maisons bourgeoises et hammam du Sultan.

La ville regorge de belles demeures traditionnelles de riches familles de commerçants. Les plus beaux exemples sont les Maison Tabatabaei et Maison des Abbassi. Elles présentent des caractéristiques communes, agencées autour de cours rectangulaires agrémentées de bassins et bordées de pièces et d’iwans reliés par des passages.

Maison Tabatabaei

Maison Abbassi

Mosquée Agha Bozorg

Petit tour également à la Mosquée Agha Bozorg. Dans un style assez différent des mosquées que nous avons pu voir en Iran jusque là, ma première réaction en voyant l’Iwan Sud est de penser à l’Inde et au Taj Mahal. La particularité de la Mosquée est d’avoir en son centre, un jardin à un niveau inférieur flanqué de cellules réservées pour les étudiants en théologie.

Hammam Amir Ahmad

Mais le coup de cœur de notre passage à Kashan, ce sera le Hammam Amir Ahmad, aujourd’hui transformé en musée qui se déploie sur plus de 1 000 m2 ! Assez difficile à trouver (en tout cas pour nous ce jour là), la visite vaut vraiment le coup ! Marcher sur ses toits aux cheminées illuminées ou encore explorer le dédale de pièces d’eau richement décorées nous émerveillera.

Ca y est, c’est la fin de ce très gros voyage de près de trois semaines dans ce pays si attachant qu’est l’Iran ! Il s’agit probablement de mon plus beau voyage. Jamais aucun pays ne m’aura autant impressionné par la finesse de son architecture. Mais au-delà de cette extraordinaire culture, ce qui m’a encore plus touché c’est bien la gentillesse et l’hospitalité naturelle de son peuple. Je ne pensais pas que cela puisse exister en tout cas pas à ce point !

Je suis encore en contact avec certaines personnes rencontrées à Chiraz, Ispahan, Kerman ou encore Téhéran et je souhaite du fonds du cœur que la situation géopolitique du pays évolue favorablement pour qu’ils puissent vivre simplement en paix et libre.

Serbie : Roadtrip au cœur des Balkans avec A l’Arash Crew…

Une fois n’est pas coutume, découvrir la richesse des origines des différents membres de mon groupe de danse constitue un extraordinaire motif de voyage et de découvertes. Après, la Martinique, le Cambodge, l’Algérie et la Côte d’Ivoire, il nous paraissait excitant de partir en vacances en Serbie en famille ! En effet, l’un d’entre nous arborait depuis des années son drapeau serbe à la moindre occasion, fier de ses origines slaves et rrom ! On s’imagine déjà dans le jardin de la maison familiale de Tomi en dansant autour d’un feu avec ses oncles qui se curent les dents avec leur couteau ! L’idée est lancée avec les membres du groupe et on monte un programme de choix avec à la clé un projet de clip réalisé avec un drone dans plusieurs spots de choix à découvrir ici :

La Serbie constitue le plus important pays de l’ex-Yougoslavie tant en terme de superficie que de population. C’est un pays à l’histoire riche, extraordinaire carrefour de culture entre l’Occident et l’Orient, les peuples slaves, autrichiens et méditerranéens. La Serbie souffre aussi d’une réputation extrêmement sulfureuse à l’instar de son voisin rival l’Albanie. La mafia, les hooligans mais aussi et surtout les stigmates de la guerre qui fit rage dans les années 90 restent encore bien palpables dans les esprits serbes et l’opinion internationale. Mais on aime dépasser les clichés et on embarque donc pour Belgrade !

Belgrade

Il fait chaud, il fait beau. On rejoint Niko, un autre pote serbe en vacances au pays. Il connait bien sa ville natale et on lui demande de nous la faire découvrir. La capitale serbe est étendue mais ne manque pas d’intérêt ! Notre appartement est situé à côté du Konak (résidence) de la princesse Ljubica qui mérite le détour. C’est un bâtiment à l’architecture métissée entre Orient et Occident merveilleusement conservé. On poursuit vers l’imposante forteresse de Belgrade qui domine la ville et le confluent stratégique du Danube et de la Sava. C’est un passage obligé dans la ville et on y croise de nombreux touristes et locaux qui viennent profiter du panorama et des espaces verts ombragés.

On file ensuite boire un café serbe traditionnel dans le plus vieux kafic de la ville accompagné d’un petit verre de rakija (eau de vie des Balkans). Il est situé à deux pas de la Cathédrale Saint-Michel aux intérieurs richement décorés.

Nikola nous balade dans les rues de la ville et l’ambiance y est bonne. On visite ensuite la très minérale Mosquée Bajrakli, plus ancienne mosquée de la ville encore en activité construite à l’époque ottomane. Puis l’Eglise Saint-Marc à l’architecture serbo-byzantine. Les plafonds y sont très hauts, le marbre omniprésent, les icônes majestueuses et le lustre surdimensionné ! Petit coup de cœur pour l’ambiance qui s’y dégage.

Petit arrêt à la boutique officielle du club de foot Etoile Rouge de Belgrade, passage obligé pour moi qui suit fan de l’Olympique de Marseille depuis mon adolescence ! Maillot en poche, on continue vers LE TEMPLE de Belgrade, l’Eglise Saint-Sava ! C’est un des emblèmes de la ville. C’est aussi la deuxième plus grande église orthodoxe au monde qui dispose de la plus grande mosaïque du monde en coupole (devant Sainte-Sophie à Istanbul) ! Les extérieurs sont finalisés mais l’intérieur reste encore largement en travaux. Au-delà de ces dimensions impressionnantes, la véritable surprise se situe en descendant dans la crypte de Saint-Sava. On y prend littéralement une claque ! Colonnades dorées à l’or fin, superbes fresques et icônes. Les chants traditionnels orthodoxes viendront compléter la magie du moment…

En rentrant à l’appartement, on passera devant les bâtiments de l’Etat-Major des forces armées de Serbie et Montenegro qui ont été bombardés en 1999 par l’ONU. Ca glace le sang et nous replonge dans l’ambiance de l’époque. Ces bâtiments n’ont pas été rasés et constituent un mémorial de cette douloureuse histoire de l’Ex-Yougoslavie, symbole avec lequel on ne plaisante pas à Belgrade. 

Place à la détente à Ada Ciganlija à quelques encablures du centre historique. Il s’agit en fait d’une île située sur le fleuve Sava aménagée en zone de loisirs et lieu de baignade qui attire chaque jour 100 000 visiteurs en été. Une baignade bien méritée après toutes ces pérégrinations. 

Portes de Fer du Danube et Parc National du Derdap

Après cette introduction serbe à Belgrade, on décide de s’enfoncer dans les terres, direction le Danube ! C’est en fait, le deuxième fleuve d’Europe après la Volga et il marque notamment la frontière entre Serbie et Roumanie mais également deux massifs  montagneux, les Balkans et les Carpates.

Les Portes de Fer du Danube constituent sans conteste la plus imposante section du fleuve. Le Canyon de Kazan, où le cours d’eau se rétrécit considérablement, présentent des falaises de plus de 300 mètres de haut et un panorama à couper le souffle. Il est situé au cœur du Parc National du Derdap qui proposent de nombreux sentiers de randonnée et de superbes observatoires. On profitera de l’un d’entre eux pour notre clip avant de se préparer pour un shooting improvisé dans ce lieu magique !

Nis

On file ensuite vers le Sud pour une pause à Nis. On sent que l’Orient commence à pointer le bout de son nez. Une petite balade dans la ville nous mène à la forteresse ottomane de Nis qui développe plus de 2 kilomètres de remparts de 8 mètres de haut et 3 mètres d’épaisseur. C’est l’une des mieux conservées des Balkans. Elle renferme un beau parc arboré et une ancienne mosquée. Un festival de Jazz s’y déroule également en été.

La ville abrite aussi un lieu de mémoire important pour les Serbes. Il s’agit de la Tour des Crânes, Cele Kula en serbe. Il rappelle le premier soulèvement serbe contre les Ottomans. La Tour a été érigée en 1809 par le grand vizir après la bataille du Mont Cegar, marquant la défaite serbe et signe fort d’avertissement contre les velléités d’autonomie. Une ambiance particulière se dégage du site qui compte de très nombreux crânes serbes accrochés à cette tour. Le Vizir en aurait incorporé plus de 900 !

Devil’s Town

On poursuit vers le Sud à 6 kilomètres du Kosovo, à proximité de Kursumlija. Une curiosité naturelle nous y attend : Devil’s Town ou Djavolja Varos en serbe. Au cœur  des Monts Radan à plus de 1 400 mètres d’altitude, se déploient plus de 200 cheminées naturelles pétrifiées façonnées par l’érosion. L’eau qui s’y écoule se caractérise par un très fort taux d’acidité expliquant en partie ces étranges formations. Le décor est spectaculaire !

Les méandres de l’Uvac

Petite escale à Novi Pazar, certainement la plus orientale des villes de Serbie. Il y flotte comme un air de Turquie. Ce n’est pas la plus belle ville que nous ayons découvert dans ce pays mais on a beaucoup apprécié l’ambiance et la nourriture !

Après cette petite pause exotique et une fois requinqués, on s’enfonce plus dans les terres en direction de la Réserve naturelle de l’Uvac. L’Uvac est un cours d’eau qui présente des paysages tout à fait uniques marqués par de majestueuses méandres sur un petit territoire protégé depuis la fin des années 80. Le coin est bucolique et encore assez sauvage. Des ours, loups et de très nombreux vautours y ont élu domicile. Il s’agit probablement du spot le plus impressionnant qu’il nous ait été donné de voir en Serbie avec les Portes de Fer du Danube !

Kustendorf

On décide de partir à l’assaut des montagnes de l’Ouest du pays vers Mokra GoraLe plus grand cinéaste contemporain serbe, le talentueux Emir Kusturica, adore ce coin et y a fait construire les décors de son film « La vie est un miracle ». Il s’agit en fait d’un véritable village traditionnel nichée sur une colline avec une église, un restaurant, des boutiques, des maisons et une école de cinéma… 

Monastère de Zica

Dernière étape pour le crew avant notre retour vers Belgrade. La Serbie c’est aussi le pays des monastères orthodoxes ! Ils sont nombreux et assez différents et marquent la ferveur religieuse de ses habitants. L’un des plus beau d’entre eux se situe à Zica. Il a été fondé vers l’an 1 200 et constitue l’un des monastères les plus importants du pays. De très anciennes fresques y sont encore visibles. Il est peint de couleur rouge vif à l’instar des monastères du Mont Athos.

Au-delà des clichés, cette expérience serbe en famille avec mon groupe a vraiment été un plaisir. J’adore les Balkans, je suis tombé sous le charme de la Croatie avec sa merveilleuse Dalmatie, de la Bosnie-Herzégovine avec son charme oriental, du Monténégro avec son fjord spectaculaire. Mais je dois dire que pour la Serbie, c’est du peuple dont je suis tombé sous le charme ! Nous avons fait de superbes rencontres et contrairement à ce que veulent bien nous faire croire les médias, les Serbes ne sont pas des barbares sans cœur (hooligans haineux, mafiosi dangereux et anciens soldats aux lourds faits d’armes) mais des gens sympas et simples. Encore une fois, il y a les stratégies politiques et la réalité des habitants du pays et je dois dire qu’encore une fois, les clichés ont la vie dure lorsqu’on voyage… Espérons que la paix durable s’installera un jour dans les Balkans.

Norvège, sur les traces des Vikings…

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La Norvège est sans hésitation le pays scandinave le plus mystérieux et attirant à mes yeux ! Quand j’étais plus jeune, mon père avait fait quelques recherches sur nos origines et il s’avère que nous avons des origines scandinaves lointaines. Une simple recherche de la signification de mon patronyme m’avait rendu à l’évidence de nos origines norvégiennes et donc par conséquent viking par nos aïeux, Lett signifiant « léger » en norvégien. Il n’en fallait pas plus pour faire rêver un gamin : un peuple de marin conquérant et puissant, les fameux Vikings, des paysages à couper le souffle avec les fjords monumentaux et le saumon dont je raffole depuis mon plus jeune âge ! Je m’étais donc promis de fouler cette terre un jour. J’ai donc décidé d’y amener ma sœur pour écumer ce beau pays et rendre hommage à notre père parti dix ans plus tôt

Bergen

Première découverte sous un grand soleil de la ville de Bergen, deuxième du pays. L’ambiance y est décontractée. On rejoint le port en passant par un magnifique parc. Puis nous tombons sur le célèbre marché aux poissons qui se tient depuis le 11ème siècle. Le saumon et les produits de la mer y sont rois ! Rien à voir avec le saumon que nous trouvons en France, il est juste succulent ! Non loin de là, on arrive sur le vieux quartier médiéval de Bryggen. Les terrasses sont bondées. On se faufile dans les ruelles étroites intégralement construites en bois. Ce quartier typique est classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. C’est très impressionnant. Puis on poursuit en direction du Floybanen, un funiculaire qui amène sur un promontoire offrant une vue spectaculaire sur la ville et le fjord ! Le décor est planté ! On récupère notre voiture de location pour filer vers Odda, d’où nous ferons une randonnée inoubliable. Les routes sont splendides et les cascades nombreuses. On kiffe !

Trolltunga, la langue du troll

Après une courte nuit, on décide de partir tôt à l’assaut du spot le plus dingue de toute la Scandinavie, la fameuse Trolltunga ou langue du Troll en français. En préparant le voyage, j’ai découvert ce site hors du commun et eu envie de gravir les 1 000 mètres de dénivelé positif et quelques 28 kilomètres aller-retour ! Un défi de taille que nous avons accompli avec ma sister. Pas peu fiers d’ailleurs. On décolle à 6 heures du matin de l’appart pour rejoindre le parking en contrebas. Au début, nous pensions être seuls au monde sur la route, puis surprise en arrivant il n’y a déjà plus que quelques places sur le second parking en contrebas (2 kilomètres de montées sans intérêt sur un chemin goudronné avec un bon dénivelé pour se mettre en jambe avant le début de la rando). Let’s go !

Mais avant cela, nous nous délestons de 50€ pour les frais de stationnement journalier, ça pique ! On constatera d’ailleurs que nous n’avons pour ainsi dire aucun pouvoir d’achat dans ce pays. Un pauvre menu McDo coûte 15€, deux sacs de courses chez Lidl plus de 50€…

Les paysages sont majestueux, vastes, un vrai sentiment de liberté. Et le soleil est toujours là. On pensait avoir froid mais finalement il fera plus de 27 degrés toute la journée ! Incroyable ici, cela ne se produit quasiment jamais dans cet endroit où il pleut sans cesse… On passe par des paysages d’alpages, puis des pierriers, enfin les premiers fjords se dessinent devant nous. On verra de la neige, de l’herbe extrêmement verte, des petites cascades avec une eau incroyablement pure. Aucun besoin d’acheter de l’eau, il suffit de remplir sa gourde. Et enfin après une marche longue et harassante, on y arrive. C’est époustouflant, le site est dingue. On fait une pause en appréciant le paysage. Puis on fait la queue comme les dizaines de personnes devant nous, et oui c’est un spot connu, la patience est de mise mais ça en vaut la peine ! Incroyable.

Stavanger

Encore une superbe route, encore de belles cascades et toujours le soleil ! On arrive bientôt à Stavanger bien fatigués il faut le dire. La randonnée de la veille nous a littéralement achevé. On arrive donc à l’hôtel et on baisse le rythme. Petite pause méritée avant d’embarquer sur un bateau pour une virée dans le Lysefjord en direction du Preikestolen (chaire du prêtre), une imposante falaise culminant à 604 mètres de hauteurs qui offre également une superbe vue sur les alentours. On ne la verra que d’en bas, une nouvelle grosse randonnée ça va pas être possible tout de suite !

Stavanger est une plus petite bourgade que Bergen mais l’ambiance est très sympa, surtout en cette période de coupe du monde. Le vieux centre est très mignon avec ces belles petites maisonnettes en bois peintes en blanc et bien fleuries. On ira également faire un petit saut aux Epées sur les rochers, un monument qui commémore une célèbre bataille entre trois rois vikings.

Oslo

Dernière étape scandinave à Oslo, capitale du pays. On s’empare du pass musée et deux d’entre eux retiennent particulièrement notre attention : l’écomusée norvégien et le musée des navires vikings. Le premier met en scène l’héritage culturel du pays et ses habitats typiques. On sera impressionnés par les belles bâtisses en bois dont certaines présentent des toits végétaux et des sculptures assez travaillées. Mais le clou du spectacle reste la Stavkirke (église en bois debout) viking datant de plus de 500 ans et remontée au sein du parc. Elle est ultra impressionnante. Elle dégage vraiment quelque chose. Bluffant de finesse pour un peuple qui me semblait si barbare. La chaire est ornée d’une superbe peinture et j’avoue que j’ignorais que ses bâtisseurs maîtrisaient cet art… Le musée des navires vikings lui aussi dégage quelque chose de particulier. On découvre ces immenses navires dans un état de conservation remarquable malgré le poids des âges et on imagine ces vaillants guerriers parcourir une bonne partie des mers du globe pour partir à la conquête de nouvelles contrées. Encore de belles prouesses avec rien ou si peu !

Et voilà, ce séjour de 5 jours a été très rapide mais à la limite, tant mieux pour nos porte-monnaies ! Quelle chance d’avoir eu le soleil avec nous pendant tout le roadtrip, on se sent privilégiés ! Les grands espaces norvégiens sont une merveille et ces marins conquérants ont laissé des traces visibles et éloquentes. Ça donne envie de revenir et pourquoi pas monter encore plus vers le Nord pour les aurores boréales… Mais un des souvenirs les plus marquant restera quand même le soleil de minuit. Se balader dans la ville et voir la nuit tomber vers 23h sans jamais tomber dans l’obscurité totale, ça fait quand même bizarre !

Russie / Ukraine : De la Place Rouge au Khanat de Crimée…

La Crimée, cette contrée m’intrigue depuis ma tendre enfance. Je me souviens du jour où l‘équipe de Sylvain Augier présentait la destination comme la Côte d’Azur des Russes dans son émission « Faut pas rêve! » Mais la Crimée c’est aussi Sébastopol et l’offensive de Napoléon, Yalta et les fameux accords décisifs de la Seconde Guerre Mondiale, ou plus récemment l’annexion russe cristallisant les tensions entre Europe et Russie. Cet article ne sera pas consacré à ces événements mais bien aux richesses de ce territoire si peu connu des Européens de l’Ouest.

La Crimée, qui signifie « ma colline » en tatar, est une péninsule russo-ukrainienne qui s’invite dans la Mer Noire. Elle est bercée par des influences antiques Grecques, Romaines, Scythes, Mongoles, Génoises, Arménienne, Ottomanes puis Russes. 

Les monts de Crimée sur la côte Sud-Est sont assez élevées (1 500 mètres d’altitude), et se jettent dans la Mer Noire en dessinant des plateaux intérieurs de 500 mètres d’altitude. Le climat méditerranéen en fait une destination balnéaire de choix.

Moscou

Les vols directs vers Simferopol et la Crimée n’existent pas, on en profite donc d’une escale de deux jours pour découvrir la Capitale russe et nous ne le regretterons pas !

Nous sommes littéralement tombés sous le charme de cette ville grouillante qui compte plus de 12 millions d’habitants. Evidemment en deux jours nous devons faire des choix. Le temps est au beau fixe et notre première découverte sera la majestueuse Cathédrale du Christ Sauveur toute blanche et coiffée de dômes dorés dominant le fleuve Moskova. On profitera d’une soirée sympathique en terrasse sur l’île Bolotny à deux pas de là !

Kremlin

Le lendemain on se dirige vers la vaste Place Rouge, symbole de la Russie où se déroulent les grandioses défilés militaires. La Place envahie de badauds jouxte le Kremlin et ses remparts imprenables, la surréaliste Cathédrale Basile-le-bienheureux et ses dômes colorés, le Musée historique d’Etat couleur écarlate et le Mausolée de Lénine. Le décor est planté. L’excitation monte, on y est !

En fait, contrairement à ma maigre connaissance sur le sujet, le Kremlin n’est pas que le siège politique du pays. Il s’agit d’une forteresse qui englobe de nombreux bâtiments, palais, tours et lieux sacrés. La Place des Cathédrales est sans comparaison possible. Sur la même Place, il suffit de tourner sur soi-même pour admirer 3 Cathédrales, 2 églises, 3 Palais et un clocher ! Et les intérieurs sont encore plus impressionnants flanqués d’icônes dorées à l’or fin. Quel faste !

Eglise Basile le Bienheureux

La Basilique surmontée de clochers qui ressemblent à des cup-cakes bariolés est le symbole de Moscou et il mérite amplement une visite, contrairement à ce que nous avons pu lire avant de venir. La légende veut que les architectes qui ont conçu l’édifice se firent crever les yeux sur ordre du tsar pour les empêcher de reproduire cette architecture si extraordinaire. L’intérieur est un dédale de méandres et passages qui mènent à des petites salles de prières richement décorées. On aura l’occasion d’assister à un concert de chants orthodoxes particulièrement prenant dans ce cadre enchanteur.

On quitte le Kremlin pour faire un saut express au fameux Goum, le plus luxueux centre commercial de Russie. Puis on prend de la hauteur en allant se balader du côté de l’Université que nous rejoindrons en métro. La vue sur la ville y est somptueuse entre centre historique et quartier des affaires plus moderne. La longue avenue qui longe le promontoire est également le spot des bikers et autres fous du volant qui n’hésitent pas à faire rugir leur moteur, crisser leurs pneus et se défier pour devenir le boss des lieux. Les bâtiments universitaires sont monumentaux et reflètent l’architecture stalinienne.

Bye bye Moscou ! Et en route pour la Crimée !

Crimée

Yevpatoria

Ca y est nous y sommes. On touche le sol de Crimée.

Après avoir récupéré notre voiture de location, on se dirige vers Yevpatoria, appelée aussi Eupatoria.

Cette ville a attisé ma curiosité en préparant le voyage car elle est est surnommée « Little Jerusalem ». Elle concentre dans un mouchoir de poche une mosquée, une cathédrale orthodoxe, une église arménienne, une synagogue, une kenassa (édifice sacré karaïte) et une tekie soufie (édifice sacré des derviches). On en profite pour se reposer et profiter du bord de mer car le voyage nous a épuisé !

Je suis conquis ! Mention spéciale pour l’église orthodoxe et son intérieur multicolore incroyable ! On prendra un repas tatar dans un restaurant traditionnel qui nous apporte ce petit cachet exotique et oriental que nous étions venus chercher ! L’endroit est splendide.

Bakhchisaray

On poursuit notre périple vers la Capitale du Khanat de Crimée : Bakhchisaray (mot compte triple). La ville se situe à l’entrée d’une petite vallée encaissée. Nous logerons dans un bel hôtel traditionnel bien tenu offrant une vue de choix sur la ville et le Palais. L’appel à la prière du soir sera un moment particulièrement agréable et dépaysant.

Palais du Khan de Crimée

Le Hansaray, ou Palais du Khan a été construit au 16ème siècle dans le style tatar. Aujourd’hui musée, il était alors la résidence principale des Khans de Crimée.

Les Tatars de Crimée sont en fait issu de différents peuples de la steppe venus se réfugier dans les montagnes de Crimée au 15ème siècle pour fuir les invasions mongoles. Ils embrassent l’islam sunnite et forment le khanat de Crimée qui sera allié de l’Empire ottoman et prospérera jusqu’à son déclin face au pouvoir de l’Empire russe fin 18ème.

A l’intérieur des murailles du Palais se trouvent une mosquée, un harem, un cimetière, de somptueux salons d’apparat, des jardins et une tour de fauconnier. Les lieux sont célèbres en Europe de l’Est car ils constituent un véritable coup de cœur pour l’impératrice Catherine II. Un célèbre poème de Pouchkine rappelle également le destin tragique de la femme polonaise du Khan Qirim Giray, issue de son harem et partie trop tôt. Le Khan, jugé particulièrement cruel, fit construire une fontaine en hommage à sa défunte femme symbolisant les larmes éternelles qu’il verserait pour elle.

Monastère orthodoxe Ouspenski

On poursuit notre balade en plein cagnard en direction du Monastère Ouspenski. On passe d’abord devant l’ancienne Madrasa de Bakhchisaray bien mise en valeur et totalement déserte. Les parois rocheuses qui enserrent la vallée se font de plus en plus massives. Ça commence à grimper. Ça y est on y est, le monastère est particulièrement impressionnant, avec son église adossée à la roche et ses icônes peintes à même la falaise à une cinquantaine de mètres de hauteur.

Le monastère fut fondé au 8ème siècle et abrite une célèbre fontaine à la Vierge Marie. La tradition de tolérance des Tatars a permis aux populations chrétiennes de rester dans la vallée près du monastère.

On se promènera sur la falaise qui fait face au Monastère pour obtenir un cliché qui rende véritablement compte de cet effet majestueux du monastère troglodyte ne faisant qu’un avec la roche. Les hautes herbes nous réserverons de belles surprises car un serpent brun de belle taille, surpris par mes pas, tentera de me mordre avant de prendre la fuite ! Pfiou !

Forteresse karaïte de Chufut Kale

Le chemin vers l’ancienne cité troglodyte est escarpé et le soleil est toujours de la partie ! Enfin, derrière les arbres, les falaises apparaissent et on distingue des cavités creusées dans la roche. Cette ville est très ancienne et était placée sur une ancienne route commerciale où les roues des chariots ont laissés des traces impressionnantes !

A l’époque du Khanat de Crimée, la ville a été baptisée Chufut Kale, littéralement forteresse juive. Les karaïtes, qui pratiquent une forme particulière du judaïsme basés uniquement sur les écrits, s’y établirent dès le 15ème siècle. Ils constituaient une communauté bien représentée en Crimée.

La cité, particulièrement étendue, compte plusieurs dizaines de pièces creusées à même la roche. Chufut Kale compte également une mosquée, un mausolée, deux kanessas, deux fermes et une pièce troglodyte de belle dimension où était frappée la monnaie. Elle domine un canyon exposé au vents. La vue est imprenable !

Yalta

« Yalta », chaque Français en a entendu parler pendant sa scolarité grâce à la fameuse Conférence de Yalta qui scellera la fin de la deuxième guerre mondiale. Et pourtant, bon nombre d’entre nous ne sait pas le situer sur une carte.

La première chose qui nous surprend, c’est le côté accidenté de la côte qui nous fait penser à la Côte d’Azur, mais surtout la verdure omniprésente. Kristina, notre guide et amie nous expliquera qu’en fait, Yalta a toujours été un lieu de villégiature très prisé par la bourgeoise russe et que des quantités pharaoniques de terres arables ont été apportées ici. Le contraste est saisissant avec la partie Est de la côte de la péninsule de Crimée qui devient de plus en plus aride.

Nous profiterons d’une agréable balade le long de la Promenade aménagée en bords de mer, avant de visiter la superbe Cathédrale Nevski et les Parcs du Palais Lividia où furent signés les accords historiques.

Nid d’hirondelles

Le Château du Nid d’Hirondelle est un château de style néo-gothique construit début 1900 surplombant un à-pic de plus de 40 mètres de haut. Il constitue un symbole fort de la Crimée.  Il parait posé en équilibre sur la falaise, dominant fièrement la Mer Noire et ses eaux aux teintes claires et foncées, particulièrement propice aux photographes en herbe !

Palais Vorontsov

Encore un Palais fastueux sur notre chemin, nous voici au Palais Vorontsov. Après un château aux influences rhénanes, ce Palais est un véritable métissage d’influences architecturales : arche turco-mongole,  éléments néo-gothique écossais et néo-mauresque.

Construit dans les années 1830, l’ensemble est particulièrement original. Sa situation idéale offrant une vue imprenable sur la Mer Noire, entourée d’un immense jardin paysager abritant plus de 200 essences végétales propose pour arrière plan la Montagne sacrée Aï Petri (Saint-Pierre en grec) ! Un petit bijou !

Mont Aï Petri

Fini les visites culturelles, on a envie de grands espaces ! C’est parti pour une route interminable en lacets pour gravir le Mont Aï Petri.

Certainement le sommet le plus célèbre de Crimée, il domine la région du haut de ses 1 235 mètres d’altitude. Une série de ponts himalayens permettent de rejoindre ses trois dents caractéristiques. L’une d’entre elle est surmontée d’une croix rappelant le caractère sacré du site ! La vue est littéralement à couper le souffle avec plus d’un kilomètre de vide !

Sudak

Forteresse génoise de Sudak

On poursuit plus vers l’Est en direction de Sudak. La végétation se fait de plus en plus rare. Puis on tombe nez-à-nez avec l’incroyable Forteresse de Sudak.

Comme un air de Muraille de Chine ici en Crimée !

Son origine reste mystérieuse mais remonterait à plus de 2 000 ans. Elle marque l’une des frontières occidentales de la Route de la Soie et a ainsi fait l’objet de nombreuses convoitises (Grecs, Scythes, Khazars, Mongols, Vénitiens, Génois, Ottomans…). Les Génois, grands commerçants, lui auraient donné son aspect actuel, d’où son nom. La vue plongeante sur la baie de Sudak aux eaux émeraudes est splendide !

Sentier de Golitsyn

Dernière étape de notre périple, une petite balade en front de mer. On part sur les traces du sentier de Golitsyn ! Ce chemin de randonnée de choix a été aménagé par le célèbre propriétaire du domaine viticole voisin qui accueillit ici le tsar Nicolas II.

Le sentier longe la côte escarpée et mène à la plage du tsar, la plage favorite de Nicolas II, lovée dans une baie démesurée mais secrète en raison de son accessibilité difficile.

Je tiens à remercier tout particulièrement Bgirl Lena sans qui ce voyage n’aurait pas été le même. Elle nous a mis en contact avec sa cousine Kristina, une guide exceptionnelle qui nous a accompagné lors de notre roadtrip criméen. Si vous envisagez de vous y rendre, ce contact vous sera très utile car la barrière de la langue constitue quand même un handicap de taille. 

La Crimée nous a vraiment offert un spectacle saisissant. Son métissage et sa nature nous ont séduit, ses habitants bien accueillis, sa culture tatare dépaysé ! Ce territoire est exceptionnel et mérite plus que la triste réputation liée au déchirement actuel entre la Russie et l’Ukraine. 

Malaisie plurielle, de Kuala Lumpur à Bornéo…

Rêve de Malaisie…

La Malaisie m’a toujours intrigué, et ce, depuis ma plus tendre enfance. Je me souviens de cet ouvrage sur le monde animalier qui présentait de nombreuses espèces fantastiques, comme les tamanoirs, les tapirs ou encore les panthères… Mais celui qui m’intriguait le plus venait de Malaisie, c’était le Nasique, endogène à la forêt de Bornéo.  Il s’agit en fait d’un singe qui présente un énorme nez disproportionné en banane à la Cyrano de Bergerac…

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Bornéo, là aussi tout un symbole, celui des forêts vierges denses et giboyeuses, la terre des aventuriers ! Bref, la Malaisie évoquait déjà quelque chose pour moi.

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Puis en me documentant, j’ai aussi découvert un pays aux identités plurielles composées de Malais, Chinois, Indiens et tribus indigènes. Par ailleurs, le pays constitue un carrefour commercial important et se nourrit depuis des siècles d’influences multiples. Tour à tour, la Malaisie aura appartenu à des empires bouddhistes, hindous et musulmans, et également suscité l’intérêt des colons portugais, hollandais puis britanniques ! Rien que ça.

Sur le plan géographique, la Malaisie est située en Asie du Sud-Est, au Sud de la Thaïlande et au Nord de l’Indonésie. Elle est composée d’une partie continentale : la Malaisie péninsulaire, qui concentre la majeure partie de la population ; et d’une partie insulaire : la partie Nord de l’île de Bornéo. La forêt tropicale humide couvre la moitié du territoire et abrite certaines des réserves de biosphères les plus précieuses et préservées de la planète. Elles sont cependant en danger ; survie, braconnage, agriculture intensive et développement non raisonné obligent…

Malaisie

Kuala Lumpur

Première pas en Malaisie par la capitale Kuala Lumpur. On nous a dit qu’elle ne valait pas trop le coup mais on est persuadé qu’il y a de belles choses à y découvrir. Kuala Lumpur, KL pour les intimes, signifie littéralement « confluent vaseux« , ça fait pas rêver c’est sûr ! La métropole compte 2 millions d’habitants et s’est développée grâce aux mines d’étain découvertes dans les années 1850. Sa population s’envole depuis les années 1980 et concentre de nombreuses activités commerciales notamment autour de la finance et des nouvelles technologies. Le pays dispose de gisements de pétrole importants, symbolisés par l’un des plus grand gratte-ciel du monde : Les Tours jumelles Petronas. Une petite balade dans le quartier vaut vraiment le coup, elles sont très bien mises en valeur le soir venu par de superbes éclairages. Les locaux aiment venir y flâner. Nous regagnons notre hôtel et il faut dire qu’on avait choisi un hébergement (KLCC View) avec rooftop piscine incroyable qui offrait une vue à couper le souffle sur la ville et les fameuses Petronas ! Le ton du voyage était donné !

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La ville est assez vaste et on décide de partir l’explorer. On commence par la paisible Mosquée Jamek, plus ancienne mosquée de la capitale construite sur les plans d’un architecte britannique. Elle dégage une certaine sérénité et s’avère agréable avec ses allées de colonnades qui nous font profiter d’une brise légère… On poursuit par la célèbre et imposante Place de la Liberté où flotte le drapeau malais, qui rappelle celui des États-Unis mais auquel on aurait substitué les étoiles pour y mettre le croissant musulman, n’en déplaise à Trump (Ok c’est HS mais c’est cadeau)… On passe devant le majestueux Palais du Sultan Abdul Samad et sa sublime architecture coloniale britannique qui abrite plusieurs institutions officielles nationales et l’Office de tourisme de la ville. On s’achemine ensuite vers le Musée des arts islamiques sous une chaleur écrasante. Le Musée déploie plus de 7 000 objets dans un bâtiment de 30 000 m2, qui en font le plus grand d’Asie du Sud-Est. C’est magnifique. On rejoindra également la Mosquée Negara, résolument moderne et le temple hindou Sri Maha Mariamman, qui nous rappelle le métissage de la Malaisie. Après cela, un bon repas dans le quartier de Bukit Bintang que m’avait conseillé un ami et il avait tapé dans le milles. Les terrasses grouillent de monde et les étales colorées de brochettes et autres mets nous mettent l’eau à la bouche ! Ça y est, on y est !

On sortira également de la capitale tentaculaire pour visiter les célèbres Grottes de Batu et son temple hindou troglodyte dédié à Murugan, dont la massive statue dorée de plus de 40 mètres de haut trône fièrement à son entrée. Après avoir gravi les 272 marches, on pénètre dans ce temple, on se croirait presque dans Indiana Jones en Asie ! La première galerie est monumentale : 100 de mètres de long, 100 mètres de haut et 30 mètres de large. On débouche enfin sur une autre salle qui présente un aven (trou) de 50 mètres de large et 200 mètres de profondeur qui nous permettent de voir le ciel ! Les hindous y ont construit un temple qui lui confère au site une atmosphère magique. Les processions peuvent attirer plusieurs centaines de milliers de pèlerins et le sanctuaire des Batu Caves s’avère être l’un des plus important hors de l’Inde.

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Dernière découverte, toujours dans la périphérie de KL, direction la Mosquée bleue de Shah Alam. Cet édifice est énorme, ses minarets sont parmi les plus hauts du monde et sa coupole bleue, qui lui vaut son nom, sont particulièrement esthétique. On nous y accueillera chaleureusement et nous aura la chance de partager un repas avec quelques fidèles bienveillants.

Langkawi

On quitte le tumulte de la capitale pour rejoindre l’île de Langkawi, à la frontière thaïlandaise. Je rêvais de découvrir le fameux Langkawi Sky Bridge. Ce pont à haubans long de 125 mètres est soutenu par un seul pilier central qui surplombe majestueusement le massif alentour.

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On ira également profiter de la superbe cascade Tujuh qui nous apportera un peu de fraîcheur pendant cette après-midi lourde et moite. Puis, petite pose détente sur une plage encore assez préservée des masses de touristes car moins accessible, bienvenue à Tanjung Rhu Beach et ses roches en forme de poisson !

Bukit Merah

On reprend la route depuis Kuala Perlis où une voiture de location nous attend. On redescend tranquillement vers le Sud et on en profite pour faire un petit crochet par la Fondation Orang Utan Island à Bukit Merah, que Fadil, notre chauffeur à Langkawi nous a conseillé. Quelle belle surprise, l’île est en fait dévolue aux Orangs-outangs qui y évoluent en liberté.

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Ici, c’est l’homme qui est derrière les grillages pour apercevoir les primates chouchoutés et étudiés par les spécialistes.

Kuala Kangsar / Ubudiah

On s’approche de notre destination du soir : Ipoh, mais on s’arrête à Ubudiah pour visiter la mosquée éponyme. On se croirait dans Aladdin, la mosquée présente une architecture originale qui n’est pas sans rappeler les classiques de Disney !

Ipoh

Cette ville agréable s’articule sur un plan en damier et attire de plus en plus de touristes pour ses parcours street-art. La plus belle visite restera sans conteste le temple bouddhiste chinois Perak Tong Cave, incorporé dans une grotte majestueuse parcourue de 450 marches, présentant des statues dorées et des peintures murales fines et colorées.

Cameron Highlands

On va prendre un peu de hauteur pour explorer les fameuses Cameron Highlands, célèbres pour leurs paysages de plantations de thé.  Les colons britanniques, séduits par le climat agréable y ont établis leurs résidences d’été et développé l’exploitation du thé. Une petite randonnée dans la plantation BOH vaut le détour et offre des paysages verdoyants spectaculaires…

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Le lendemain nous rejoignons notre guide pour une incursion dans la forêt de mousse et l’ascension du Mont Jasar qui offre une vue imprenable. La Mossy Forest est luxuriante et intrigante, on pourrait croire que l’esprit de la forêt nous observe. Elle a inspiré plusieurs films fantastiques contemporains et on comprend vite pourquoi…

Putrajaya

Putrajaya est la capitale administrative de la Malaisie. Située à 20 kilomètres au Sud de KL, elle est le fruit d’un vaste chantier finalisé en 2010 qui compte de nombreuses magnifiques réalisations. Le lac de Putrajaya est d’ailleurs l’un des plus important du monde. On se rendra également dans la Mosquée Putra lors de la prière du crépuscule. Cet édifice religieux est exceptionnel et peut contenir 10 000 fidèles. Sa coupole finement décorée est réalisée en kevlar.

Malacca

Nous nous rendons à Malacca, plus vieux port de Malaisie qui occupe une position stratégique commerciale sur le détroit du même nom. La ville est très métissée et dévoile des influences des anciens colons portugais, néerlandais et britanniques. Les maisons de commerçants sont splendides et la place centrale très photogénique !

On sortira aussi de la ville pour rejoindre la splendide mosquée sur l’eau, Masjid Selat Melaka. Cette dernière semble littéralement flotter à marée haute. Quel cadre enchanteur pour les fidèles !

Bornéo : Sultanat de Brunei

Nous commençons notre découverte de la merveilleuse île de Bornéo par le Sultanat de Brunei. On atterrit à Bandar Seri Begawan, la capitale. L’ambiance y est plus stricte, les prix s’envolent aussi. Ce minuscule pays, a donné son nom à l’île de Bornéo. C’est une monarchie islamique dirigée par un sultan, chef religieux et chef du gouvernement. Les transports ici sont bien moins développés qu’en Malaisie et coûte également bien plus cher. Nous partons visiter la sublime mosquée Omar Ali Saiffudin, qui semble tout droit sortie d’un conte de fée ! Majestueuse et paisible avec ses élégants dômes dorés et ses belles arêtes blanches élancées.

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On rejoint ensuite les bateliers locaux qui proposent des excursions pour découvrir la mangrove environnante et ses nombreux nasiques ! Ça y est je les voie de mes propres yeux, ils sont comme je les imaginait espiègles, bizarres et d’instinct grégaire ! Génial !

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On finit par une balade dans le cœur historique du Brunei, Kampong Ayer. Il s’agit en fait d’une ville sur pilotis de 40 000 âmes. Impressionnant et magique… On la surnomme parfois la Venise orientale, qui sera sublimée ce jour là par les couleurs dorées et chaudes du coucher de soleil.

Bornéo / Sarawak : Parc National du Mulu Gunung

La Malaisie dispose d’une richesse naturelle incroyable. Elle compte de nombreux parcs naturels. Nous décidons de poser nos valises dans le Parc Naturel National du Mulu Gunung dans l’état du Sarawak, à une centaine de kilomètres du Brunei. On atteint la ville de Miri, puis on prend un petit avion en direction de Mulu car aucune route n’y mène ! On est vraiment en pleine jungle !

Nous logerons dans un écolodge en bois. Le parc naturel est extrêmement bien géré et ses équipements sont de très bonne facture. Il dispose d’un bâtiment d’accueil, d’un restaurant, de plusieurs lodges, d’une auberge de jeunesse et d’un cheminement en bois de plusieurs kilomètres parcourant le parc. Une découverte idéale pour des aventuriers en herbe comme nous ! Plusieurs sentiers sont aménagés et proposent différentes thématiques (faune, flore…).
On aura aussi l’occasion de découvrir le Mulu skywalk proposant une découverte de la canopée en empruntant plusieurs ponts suspendus. Vraiment sympa cette rando mais à déconseiller aux personnes ayant le vertige !

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Une des randonnée proposée par le centre qui rencontre le plus de succès est sans conteste celle qui mène aux grottes creusées dans les massifs karstiques de la montagne Mulu.  Nous découvrirons en particulier la grotte du cerf : Deer Cave, véritable tranchée dans les entrailles de la montagne ! Cette grotte monumentale mesure 120 mètres de haut pour 175 mètres de large et longue de 2 kilomètres ! Le balais journaliers des 2 millions de chauve-souris qui partent dévorer les insectes au coucher du soleil est extraordinaire !

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Ce parc est incontestablement un must ! On y resterait bien un peu plus longtemps…

Ile de Tioman

Mais il est temps après ces nombreuses découvertes de baisser un peu le rythme et de se relaxer sur l’une des plus belles îles du pays : l’île de Tioman, une ancienne île de pirates malais. Elle est également réputée pour son univers marin de premier plan, couru par les plongeurs internationaux. Même sans diplôme particulier, une séance masque et tuba le long de la côté vous en mettra plein les yeux ! On verra pour notre part des poissons multicolores, des raies et un requin à pointe noire. Heureusement il est inoffensif mais ça fait bizarre lorsqu’on y connait rien !

La Malaisie était pleine de promesses et elles ont été clairement tenues voire dépassées, quelle beauté, quelle richesse, quelle diversité… et quel accueil. On est sous le charme.
Ce pays qui reste encore assez peu connu pour le marché français me semble être un incontournable d’Asie du Sud-Est et une mention très spéciale pour Bornéo, l’île des aventuriers !

Malte : l’île des Chevaliers…

Petit retour sur un nouvel an atypique passé bien plus au Sud que notre belle ville de Strasbourg. On la quitte quelques jours pour partir à la découverte de Malte, en plein cœur de la Méditerranée.

Située à 100 kilomètres au Sud de la Sicile, à 300 kilomètres de la Tunisie et de la Lybie, l’île de Malte occupe une place stratégique séparant la Méditerranée orientale et occidentale, l’Europe du Sud et l’Afrique du Nord. Elle a fait l’objet de convoitise de nombreuses civilisations au cours des âges. C’est parti pour un nouvel an plein de soleil !

Malte

La Valette

Capitale du plus petit état de l’Union Européenne avec ses 316 km2, La Valette a été construite à partir de 1566 par la volonté des grands maîtres de l’ordre hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem établis sur l’Archipel jusqu’à la fin du 18ème s. Ces Chevaliers étaient en fait des groupes religieux qui accueillaient et protégeaient les pèlerins se rendant en terre sainte au temps des Croisades. L’île est marquée par la présence de ces Chevaliers et sa capitale compte un nombre record de 320 monuments classés dans un mouchoir de poche !

Son style architectural est très particulier. Ruelles étroites toutes en pierre claires et lisses, balcons en bois colorés finement ciselés, bastions et fort imposants, fières coupoles et églises baroques omniprésentes… Malte est assez unique en son genre et au-delà de ses belles criques aux eaux turquoises, elle propose un patrimoine culturel exceptionnel qu’une simple balade au centre de la Valette révélera aux yeux ébahis des visiteurs.

L’exubérance de la Co-Cathédrale Saint-Jean vous en mettra plein les yeux avec ses dorures, fresques et son pavement en dalles de marbres multicolores. Offrez-vous aussi une vue panoramique imprenable sur la baie de la Valette depuis les jardins d’Upper Barrakka, juste grandiose. C’est d’ici que nous profiterons du feu d’artifice…

Mdina

Après avoir récupéré notre véhicule de location, on constatera que Malte a fait partie du Commonwealth puisque le volant est situé à droite et qu’on roule à gauche, un peu déstabilisant surtout le premier jour !

Direction Mdina à l’intérieur des terres. Cette ville fondée par les Phéniciens a longtemps été occupée par les civilisations arabes, son nom et celui de son faubourg Rabat en attestent. La langue maltaise est d’ailleurs une langue d’origine arabe et la seule langue dite « sémitique » européenne.

L’ancienne cité est entourée par un fossé et des remparts massifs. On découvre à nouveau une ville au patrimoine architectural de premier plan aux belles ruelles pavées ocres, aux églises richement décorées et aux belles maisons bourgeoises.

Popeye village

Popeye Village est un ensemble de maisonnettes en bois situées à Anchor Bay, dans le Nord-Ouest de l’île de Malte. Il a été créé pour servir de décor au film éponyme du début des années 1980 et se visite aujourd’hui comme un musée à ciel ouvert ! Il n’est pas rare d’y croiser Popeye et Oliv’ 😉 Le menu de la cafétéria est par contre très contraignant : Épinards en entrées, plat et dessert ! Sa situation lovée dans cette petit baie aux eaux radieuses lui confère un charme certain.

Marsaxlokk

Le coup de cœur de cette visite éclair de Malte c’est certainement l’ambiance du petit port de pêche de Marsaxlokk (mot compte triple au scrabble !) situé dans le Sud de l’île. Fondé au 9ème s. par les Phéniciens, le petit port a gardé la forme caractéristique des ports Phéniciens. La vision de ses nombreux luzzi (embarcations traditionnelles) colorés et baignés de soleil nous donne des impressions de Nil et d’Egypte, mais c’est certainement parce que nous y sommes jamais allés !

Autre petit bonus, la fameuse Saint Peter’s Pool, difficilement accessible en voiture mais située à quelques encablures de là, paradis des baigneurs et afficionados de saut et backflips en tout genre !

Blue Grotto

La grotte bleue de Wied Iz Zurrieq est une immense grotte maritime longue de 43 mètres particulièrement impressionnante ! Des balades en bateau sont proposées dans ses eaux limpides et turquoises.

On profitera d’un dernier coucher de soleil aux milles couleurs avant de repartir de cette petite île qui n’a de loin pas révélé ses très nombreux secrets et trésors ! Quelle lumière et quel ciel à couper le souffle…

Bye Bye Malta !