Madère, le jardin de l’Atlantique…

Coincé entre le littoral Marocain à l’Est, les îles Canaries au Sud et les Acores à l’Ouest, l’archipel de Madère est une région autonome portugaise en plein Océan Atlantique, située à quasiment 1 000 kilomètres de Lisbonne.

Caractérisée par un climat océanique subtropical, la végétation y est luxuriante et les températures clémentes toute l’année. D’origine volcanique, l’île présente un relief particulièrement découpé.

Découverte par les Carthaginois et les Vikings, ce sera finalement les Portugais qui la coloniseront voilà plus de 600 ans. L’île, avec ses terres fertiles et son eau en abondance se révélera être une escale de choix sur les routes commerciales maritimes vers l’Afrique et l’Amérique. 

A leur arrivée, les colons du Nord du Portugal durent brûler les denses forêts sur la côte sud de l’île pour y développer les plantations. Ils amenèrent avec eux leur culture mais également leurs vignes pour produire le célèbre Vin liquoreux de Madère. Des expériences concluantes furent également rapidement entreprises pour cultiver la canne à sucre tant convoitée à l’époque.

Aujourd’hui, lorsqu’on évoque Madère, on l’associe au vin de Madère évidemment, à Cristiano Ronaldo, le célèbre et talentueux joueur de football fier de ses origines insulaires, mais également au tourisme. En effet, dotée de somptueux jardins, de spectaculaires sentiers de randonnées et d’une gastronomie qui lui est propre, l’île dispose de nombreux atouts à ce titre !

Cap sur Madère, l’île jardin au cœur de l’Atlantique !

Madère

Funchal

Arrivée par avion, on se demande encore comment les pilotes parviennent à atterrir sur cette courte piste faisant face à des vents violents et pour partie construite sur l’emprise de l’Océan ! L’aéroport de Madère fait effectivement partie des dix plus dangereux du Monde

Ouf, nous voilà à Funchal, ville principale de l’île qui totalise près de 100 000 âmes. Funchal, vient du mot funcho en portugais qui désigne le fenouil. En effet, lors de l’arrivée des colons au XVème siècle, du fenouil sauvage poussait en abondance à l’emplacement de la ville actuelle.

Après avoir gagné notre élégante chambre d’hôte, nous n’avons qu’une envie, flâner dans ses rues pour nous imprégner de son ambiance si particulière. On est littéralement impressionnés par le relief escarpé et les innombrables maisons accrochées sur ses coteaux abrupts.

Pour commencer, rien de mieux qu’un tour au Mercado dos Lavradores – marché couvert principal de l’île – qui s’avère particulièrement coloré. On pénètre d’abord dans le Marché aux poissons. On y trouve notamment le très prisé Sabre noir, poisson local tout en longueur à la tête tout droit sortie d’un film d’horreur. Il est cuisiné de multiples façons mais on le trouve souvent cuisiné avec des maracujas (fruits de la passion), des bananes de Madère et des patates douces. Puis, nous découvrons les fruits et légumes et plusieurs stands aux couleurs éclatantes attirent notre attention. La majorité de ces derniers sont des fruits hybrides et sont importés mais ça attise quand même notre curiosité. On apprendra par exemple que l’un d’entre eux est un croisement entre un fruit de la passion et une tomate…

On se dirige tranquillement vers le bord de l’Océan pour prendre un pot. Sur notre chemin, on découvre plusieurs jardins publics parfaitement entretenus et le magnifique Palais de Sao Lourenco. On s’installe et on déguste notre poncha, cocktail traditionnel local à base de rhum, de citron, orange et fruits de la passion. Avec ces fruits exotiques, cette végétation luxuriante et ces maisons à flancs de montagne, on se croirait presque quelque part aux Caraïbes ou en Amérique Centrale…

Jardim botanico de Funchal

On grimpe dans le télécabine pour rejoindre les hauteurs de la ville et partir à l’assaut de deux fameux jardins exotiques de Funchal. La vue sur la baie et les quartiers résidentiels typiques est grandiose. On commence par gagner l’entrée du Jardim botanico, le jardin botanique de la ville. Aménagé sur plusieurs niveaux, il  réunit les principaux spécimens de la flore madérienne et bien plus avec ses 2 000 plantes exotiques. La partie consacrée aux cactus et le parterre à la française aux formes géométriques multicolores sont un régal pour les yeux, sans parler du panorama depuis la grotte des amoureux !

Jardim tropical de Monte Palace

On enchaîne avec le plus spectaculaire des jardins de l’île. Il s’agit du célèbre jardin tropical de Monte Palace. Déployé sur 7 hectares, il rassemble 10 000 espèces issues des cinq continents. On a l’impression par endroit d’être en pleine jungle. Le jardin japonisant est tout à fait insolite en ce lieu mais apporte beaucoup de cachet au site !

Au milieu du jardin trône le majestueux Quinta Monte Palace, édifié au début du XXème siècle par un riche négociant qui s’est inspiré des châteaux du bord du Rhin qu’il découvrit lors d’un voyage en Allemagne. Il servait d’hôtel jusqu’en 1940. Le petit étang doté d’une cascade artificielle à l’arrière de cette demeure cossue est particulièrement agréable et nous apporte un peu de fraîcheur après toutes ces pérégrinations.

Camara de Lobos

On quitte Funchal pour le petit port de pêche de Camara de Lobos, situé à une dizaine de kilomètre de là. Lové entre mer et montagne, le site est plein de charme. Les traditionnels filets de morues sèchent au soleil sur les embarcations à quai. La petite ville est dotée d’une promenade en front de mer particulièrement agréable offrant un point de vue de choix sur le monumental Cap Girao, notre prochaine étape !

Cabo Girao

On reprend notre petite voiture qui crie en affrontant les routes en lacets qui n’en finissent plus. Le Cabo Girao se mérite. Il s’agit du plus haut Cap d’Europe avec ses 580 mètres d’altitude ! Sensation garantie sur le skywalk, promontoire en verre qui offre une vue imprenable sur Camara de Lobos, Funchal et surtout les presque 600 mètres de vide sous nos pieds ! Personnes sujettes au vertige, passez votre chemin…

Curral das feiras

C’est parti pour une nouvelle ascension en direction de Curral das feiras, littéralement la Vallée des Nonnes. Les routes sont en extrêmement bon état, et il s’agit là de véritables prouesses techniques au vu du relief accidenté. Les tunnels se succèdent et on arrive à destination. Notre prochain hôtel doté d’un petit spa est situé là, à proximité du promontoire de l’eira do Serrado, à plus de 1 000 mètres d’altitude.

Le belvédère offre probablement l’une des vues les plus spectaculaires qu’il m’ait été donné de voir. C’est grandiose ! Le village de Curral das feiras, ceinturé par les montagnes du Massif Central de Madère, semble sorti tout droit d’un film fantastique.

Particulièrement enclavée, la vallée est appelée ainsi car les nonnes du couvent Funchal s’y sont réfugiées et établies suite à l’attaque de corsaires français au XVIème siècle.

Pico do Arieiro et Pico Ruivo : le toit de Madère

Madère c’est un véritable paradis pour les randonneurs et on compte bien tenter l’expérience ! Après avoir étudié de près les possibilités, on choisit sans trop de difficultés la plus alpine des balades. On s’embarque pour une randonnée physique reliant les plus hauts pics de l’île : la liaison Pico Arieiro – Pico Ruivo. On arrive tôt car on sait que les nuages risquent de s’inviter et les points de vues risquent d’être totalement bouchés. On se sent seuls au monde car arrivés parmi les premiers courageux. Il est 7h30 et il fait encore bien frais mais le soleil est au beau fixe, même si nous savons que les conditions météo sont extrêmement changeantes ici. Il souffle un puissant vent frais qui nous rappelle que nous sommes sur le toit de Madère à plus de 1800 mètres d’altitude !

Le sentier entièrement sécurisé et pavé est un must de l’île. Les paysages sont époustouflants et si Curral das feiras m’avait impressionné, là c’est encore un cran au-dessus. Aménagé sur des sentiers muletiers il y a une cinquantaine d’année, la randonnée est assez éprouvante mais on s’est préparé. Elle présente un dénivelé de 1300 mètres à la montée et autant à la descente, et ne s’adresse donc pas à tout le monde. Bienvenue dans un décor préhistorique formé de tours rocheuses, de crêtes et de vallées abruptes verdoyantes. 

Waowwww !!!

Ribeiro frio

On quitte le Massif Central  pour rejoindre le Nord de l’île plus sauvage, et on passe par la réserve du Ribeiro Frio réputée pour son élevage de truites. Les températures sont rapidement plus fraîches dans les vallons encaissés protégés par la végétation. Ça et là, des miradouros – belvédère – offrent des points de vues uniques sur les paysages déchiquetés de l’île. On reconnait les fameux poios, cultures en terrasse locales qui m’obsèdent par leur beauté pendant ce voyage, apportant une touche asiatique à la campagne madérienne.

Santana

Prochaine destination, le village de Santana où nous découvrons les magnifiques maisons typiques aux toits de chaume de la commune. Dotées d’un grenier, d’un rez-de-chaussée et parfois d’une cave, elles sont de taille bien modeste. On se croirait dans le village d’Astérix le Gaulois…

Non loin du village sur la route de Boa Ventura, on s’arrête à l’un des plus incroyables belvédères de l’île : le miradouro da Beira da Quinta offrant une vue plongeante sur la baie de Sao Jorge.

Caldeirao Verde

Mais Santana est surtout un point de départ idéal pour notre deuxième grosse randonnée du séjour : le combiné Caldeirao Verde et Caldeirao do Inferno ! Tout un programme.

Le premier mot portugais que les randonneurs assimileront sur l’île est sans nul doute « levada ». Il s’agit en fait d’étroits canaux d’irrigation construits depuis le XVIème siècle par les habitants entre le Nord-Ouest de l’île, particulièrement arrosée, et le Sud-Est, plus sec, et qui concentre les besoins de la population et des plantations de bananes, de vignes et de canne à sucre. Cet ingénieux réseau de plus de 2 000 kilomètres et les chemins d’entretien qui les longent offrent ainsi des possibilités infinies ou presque. 

La randonnée de la Caldeirao Verde compte parmi les plus extraordinaires, mais également fréquentées de l’île. Il s’agit donc de partir tôt pour parcourir la spectaculaire levada taillée directement dans la paroi rocheuse. Cette randonnée plutôt sécurisée d’environ 7 kilomètres aller ne présente pas de dénivelé particulier. Ceci étant, le sentier est par endroit assez mince et le vide qui s’offre à vous peut-être phénoménal. La laurisylve, forêt primaire de lauriers sauvages ne vous quittera pas tout au long de la randonnée. Elle lui confère un caractère exubérant et tropical indéniable. On se croirait dans le film « A la poursuite du diamant vert »… Le clou du spectacle est sans conteste la magnifique cascade de 50 mètres de haut bordée d’hortensias. Comme un air de paradis !

Caldeirao do Inferno

La deuxième partie de la randonnée, la Caldeirao do Inferno est plus sauvage et plus physique que la première. Les quelques 3 kilomètres aller qui la constitue comportent des cascades, tunnels, canyons et finissent en beauté sur un imposant cirque, le Cirque Infernal… Les levadas ont tenu leurs promesses !

Porto da Cruz

Avant de partir vers Porto Moniz et ses incontournables piscines naturelles, on fait un petit saut à Porto da Cruz. Les montagnes entourant la localité forment un amphithéâtre sur la mer et présente une falaise de plus de 590 mètres de haut.

On profite d’une de ses plages de sable noir et de sa piscine naturelle à l’eau de mer. Pour clôturer la journée, on flâne à la fête villageoise qui bat son plein et on déguste une espetadabrochette de bœuf façon madérienne tendre et succulente à souhait !

Hummmm…..

Sao Vicente

On poursuit notre route vers Porto Moniz et on fait une halte bien méritée à Sao Vicente après cette belle randonnée. Le village est enserré dans une vallée profonde et agricole parsemée de poios (culture en terrasses) qui mène au centre de l’île vers le Col de l’Encumeada. Nous profitons de notre magnifique hôtel, le Solar da Bica, qui se révélera être notre coup de cœur du voyage. Doté d’élégantes chambres et d’un coquet spa, l’établissement ne propose que des produits locaux dont beaucoup proviennent de leur jardin pour composer un petit déjeuner des plus fastueux ! Ajouter à cela une vue sur les montagnes environnantes et un personnel au petit soin, nous sommes comme des coqs en pâte ! Avant de partir, on s’aventure dans le bourg qui présente une belle petite église blanche et des ruelles piétonnes sympathiques. 

Ribeira da Janela

Nouvel arrêt à Ribiera da Janela pour les superbes points de vue que la petite localité propose : Miradouro da Ribeira da Janela et Miradouro da Eira da Achada offrant une vue plongeante sur les poios et l’Océan. Toujours un pur régal visuel !

Le bord de mer, assez étroit, est assez particulier ici. En effet, quelques rochers basaltiques aux formes étranges, les Ilhéus da Ribeira da Janela trônent fièrement à quelques mètres de la plage de galets noirs, comme pour défier l’Océan Atlantique !

Porto Moniz

Nous voici enfin à Porto Moniz, autre spot incontournable de l’île pour ses fameuses piscines naturelles. Porto Moniz, anciennement largement tournée vers la pêche à la baleine, et ce jusque dans les années 1980, s’est reconverti en une petite station balnéaire à l’ambiance sympathique. Les piscines naturelles, blotties entre les rochers de basaltes aux formes acérées sont alimentées directement par l’Océan.

La plus spectaculaire des deux piscines naturelles est évidemment celle qui présente le caractère le plus sauvage avec uniquement quelques petits aménagements. Son accès est gratuit mais il faut être bien vigilant lors de la baignade pour ne pas se retrouver avec une entaille aux pieds. La deuxième, payante, est quant à elle bien plus aménagée et plus adaptée au public familial. Quoi qu’il en soit, faire trempette au milieu de ces rochers une expérience assez unique dans ce paysage de carte postale. 

Le Miradouro de Santa offre là aussi une vue panoramique de choix sur la baie et ces étranges piscines baignées par l’Océan.

Cristo Rei

Une dernière balade avant notre vol retour nous amène au Cristo Rei, le Corcovado de Madère, situé à quelques encablures de Funchal. L’imposante statue du Christ accueille ainsi à bras ouverts tous les voyageurs arrivant à Madère par la mer. Nous étions obligés de venir lui rendre hommage et le remercier pour ce voyage exceptionnel. Une fois de plus, la beauté des paysages est saisissante, les points de vue sont splendides. 

Je savais, avant de m’aventurer à Madère, que l’île était pleine de charmes. Mais là, je dois dire que nous en avons pris plein les yeux pendant tout le voyage ! On a vraiment l’impression d’être sur un autre continent au beau milieu des tropiques.

L’avantage avec Madère, c’est que les paysages de l’île sont très variés, les routes en excellent état et qu’il est tout à fait possible de se rendre d’un bout à l’autre de l’île en une journée. Je suis d’ailleurs vraiment impressionné par les réseaux routiers et autres levadas qui sont de véritables prouesses techniques au vu du relief accidenté de Madère ! Je me suis aussi souvent imaginé la vie à l’époque de la colonisation de cette île sauvage au XVIème siècle. Quelle aventure ça devait être dans ce décor spectaculaire !

Madère, le jardin sauvage de l’Atlantique nous a dévoilé quelques unes de ses facettes mais elle recèle encore bien des secrets, et une semaine ne nous suffira pas à les découvrir… Quoi qu’il en soit, nous y reviendrons avec plaisir si l’occasion se présente à nouveau.

 

Sicile et îles éoliennes : d’un Volcan à l’autre…

L’Italie en un seul article, ce serait juste dommage ! Je dois l’avouer, j’y suis allé souvent et je continuerai à parcourir ce beau pays, tant je l’aime. Après avoir pas mal bourlingué, c’est simplement mon pays européen préféré. Une gastronomie incroyable ; des sites naturels, culturels et archéologiques grandioses ; un climat agréable ; la méditerranée et les Alpes ; du bon vin ; la classe italienne (et les italiennes tout court !) ; le sens de la famille ; la Dolce Vita… Bref, je ne m’en lasse pas.

Avant toute chose, la Sicile a beaucoup fait travaillé mon imaginaire d’adolescent. Je me souviens d’une série italienne estivale dont le nom m’échappe, qui narrait l’histoire de la Cosa Nostra sur l’île et le combat d’un petit garçon contre la mafia qui lui avait tout pris. L’ambiance mystérieuse, la guimbarde et les paysages m’avaient fascinés ! Puis, plus tard, l’album solo « Métèque et Mat«  prodigieusement réalisé par le rappeur Akhenaton m’avait conquis. Les références à la Sicile y sont omniprésentes :

Pendant quelques mois, je me coiffais les cheveux gominés en arrière et vouais une certaine admiration pour la mafia comme pas mal d’ados de ma génération ; ce qui, il faut le dire, avait quand même un peu inquiété ma mère. Heureusement, cette période n’a pas duré et je ne suis pas tombé dans le côté obscur de la force…

La Sicile, c’est la plus grande île méditerranéenne, coincée entre la Tunisie et l’Italie continentale, elle forme un triangle entre Trapani, Messine et Syracuse, symbolisé sur son drapeau par la gorgone à trois jambes. Depuis toujours, elle occupe une position stratégique au centre de la Mer Méditerranée, ce qui explique son extraordinaire richesse culturelle. Aux influences phéniciennes, grecques, carthaginoises, romaines, vandales, ostrogothes, byzantines, arabes, normandes,… la Sicile intégrera finalement le Royaume d’Italie au XIXème siècle. Elle constitue en quelques sortes un trait d’union culturel entre l’Europe et l’Afrique encore largement palpable de nos jours.

La Sicile, c’est aussi une terre éruptive de premier plan. Elle abrite trois des volcans les plus actifs d’Europe : le monumental Volcan Etna, le très odorant volcan Vulcano et l’impressionnant volcan Stromboli !

Dans cet article, je vous propose un mix entre deux récents séjours effectués en Sicile et sur les îles éoliennes espacés de seulement un an. Nous parcourrons la côte Nord de la Sicile de Trapani jusqu’au Volcan Etna à Catane, avant de nous embarquer sur trois des paradisiaques îles éoliennes : Lipari, Panarea et la mythique île de Stromboli !

Carte Sicile

Avanti !

Trapani

Arrivé par l’aéroport de Trapani à l’extrême Ouest de l’île, on décide de faire un petit saut dans la ville portuaire pour nous immerger dans la vie sicilienne. Si la ville n’est pas d’un incontournable de l’île, sa grand’rue, ses ruelles étroites et petites églises revêtent un certain charme. Petit arrêt sur le port pour déguster quelques produits frais de la pêche du jour face à la mer. La vue de la Tour de Ligny vaut le détour. Elle marque la jonction des Mers Tyrrhénienne et Méditerranée.

Erice

A quelques encablures de là, nous prenons un peu de hauteur et rejoignons la coquette cité d’Erice établie à 750 mètres d’altitude qui domine fièrement la baie en forme de faux-scie de Trapani. Le Mont Eryx est un lieu sacré depuis l’occupation des premiers autochtones. Le village, très minéral, est de toute beauté, on aime à se perdre dans ses petites ruelles pavées. L’empreinte Normande est ici une évidence avec l’imprenable Château de Venere, construit sur un ancien Temple Romain dédié à la Vénus Erycine.

Réserve du Zingaro

Après cette mise en bouche bien sympathique, on rejoint les portes de la Réserve du Zingaro, première réserve naturelle créée en Sicile. La réserve abrite de nombreuses espèces végétales, dont certaines sont rares et endémiques, comme le palmier nain. Mais, le vrai régal c’est bien une petite randonnée le long des sentiers qui surplombent la Mer Tyrrhénienne d’un bleu azur. Les petites criques aux eaux turquoises sont juste paradisiaques…

Monreale

On ne s’arrêtera pas à Palerme, mais choisirons plutôt de faire un arrêt express à Monreale à quelques kilomètres de là, pour découvrir l’incroyable Cathédrale Santa-Maria Nuova, célèbre pour son cloître et ses mosaïques byzantines. Nous arrivons en pleine célébration d’un mariage, mais parvenons à nous frayer un chemin à l’intérieur. Les décorations nous éblouissent les yeux : dorures, mosaïques, fresques… C’est l’opulence. La Cathédrale construite par les Normands au XIIème siècle est de style arabo-normand-byzantin, synthèse des trois différentes cultures présentes à cette époque.

Cefalù

Arrivés en toute fin d’après-midi à Cefalù, à 70 kilomètres à l’Est de Palerme, nous déambulons dans ses rues étroites. Bâti aux pieds de la Rocca, une falaise monumentale, l’ancien village de pêcheurs est aujourd’hui devenu une station balnéaire réputée, aux nombreux bars et restaurants typiques. Elle recèle également une superbe Cathédrale au style normand affirmé. Bâtie en pierres jaunes, elle capture toute la lumière offerte par le coucher du soleil. Dorures et mosaïques sont à nouveau au rendez-vous à l’intérieur pour le plus grand plaisir des yeux. Après cette visite, un bon repas sur le ponton d’un restaurant en bord de mer s’impose. Moment magique !

Etna

Direction Catane à l’Est de l’île pour partir à l’ascension du célèbre Volcan Etna. Visible à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde, l’imposante montagne conique culmine à plus 3 300 mètres d’altitude ! Il est ainsi le plus haut volcan d’Europe mais également l’un des plus actifs du Monde avec plus de 80 éruptions au XXème siècle !

L’Etna, j’en ai entendu parlé petit par mon père qui me présentait des morceaux de lave et de soufre de sa collection de pierres. Il avait en effet récupéré quelques fragments lors d’un passage sur l’île et me les montrait avec enthousiasme. Plus tard, j’étudierai la géologie et apprendrai qu’il fait partie des volcans dits effusifs, qu’on appelle aussi volcans rouges car il émet des longues coulées de lave rouge.

Nous rejoignons donc un petit groupe dans une camionnette qui nous amène aux télécabines. Le trajet d’une heure me paraît interminable, on voit qu’au fur et à mesure de l’ascension, la végétation change passant de vergers de citronniers et d’orangers au pied de la montagne, à une forêt et des buissons de genêts à partir de 800 mètres, puis à une étendue minérale désolée de lave sombre.

Nous prenons donc les télécabines qui nous porterons de 1 800 mètres à 2 500 mètres d’altitude. Puis, un bus qu’on dirait équipé pour rouler sur la Lune, nous mène encore plus haut. De là, nous pourrons jouer aux géologues et volcanologues en herbe en foulant les arrêtes d’anciens cratères. C’est ultra impressionnant mais il fait froid ! Et oui, le vent souffle fort et les températures sont bien plus fraîches qu’en bas ! Il doit faire 5 degrés à peine ! La vue sur la baie de Catane est saisissante. Nous sommes tellement haut et loin, qu’on distingue à peine la côte. Sensations garanties !

La Sicile est évidemment associée à l’Etna, mais elle comporte d’autres volcans, dont le non moins célèbre Stromboli. Cap sur les îles Éoliennes !

Lipari

Les îles Éoliennes, tout un symbole ! Petit chapelet d’îles volcaniques perdu au large de la pointe Nord-Est de la Sicile, elles seraient les filles d’Éole, Dieu du Vent et appartiendraient à un continent disparu dont elles seraient les seules rescapées.

L’archipel est composé de sept îles : Lipari, Salina, Vulcano, Panaréa, Stromboli, Anacudi et Filicudi. Peu peuplées, seulement trois d’entre elles autorisent la circulation automobile, ce qui ne gâche rien au charme de ce petit coin de paradis.

Au départ de Milazzo, nous embarquons sur le ferry rapide en partance pour Lipari, première étape de notre périple éoliens. Après une traversée mouvementée et difficile pour la moitié des passagers, nous arrivons enfin ! La météo qui semblait incertaine sera finalement au beau fixe. Lipari est la plus grande et la plus peuplée des îles avec ses quelques 10 000 âmes. Son accueillant centre ville et sa fière Citadelle s’offrent à nous. Dominant les deux ports de la ville, elle offre des points de vue imprenables.

On décide ensuite de louer une Méhari pour partir sur la route panoramique de l’île. De multiples arrêts improvisés s’imposent, les points de vue se succèdent, le spectacle est grandiose. On aperçoit les îles voisines : Vulcano et ses fumerolles soufrées, et plus loin le mythique Stromboli et sa forme conique parfaite jaillissant de la mer, coiffé d’un petit nuage.

Panarea

On embarque pour notre prochaine destination, ce sera Panarea, l’île éolienne aux airs grecs. En effet, les maisons typiques blanches à grandes terrasses s’entremêlent les unes aux autres. On se croirait un peu dans les Cyclades. L’île revêt un charme fou. Elle constitue le lieu de villégiature privilégié de nombreuses stars en toute discrétion. Beyonce y aurait une demeure prestigieuse avec piste d’atterrissage pour hélicoptère. On pense même l’avoir découverte lors de notre petite exploration.

Attention, ici les prix sont plus élevés qu’ailleurs et on se fera un excellent poisson local mais l’addition sera particulièrement salée… C’est le jeu. Parfois on se fait avoir ! Les vues sur le Stromboli sont encore plus belles, on s’en rapproche !

Avant de quitter l’île, on longera un petit chemin de randonnée pour rejoindre la plage de Zimmari et les vestiges d’un ancien village préhistorique bâti sur un promontoire rocheux faisant face à la mer. C’est encore une fois de toute beauté !

Stromboli

Dernière étape de ce séjour sicilien et non des moindres, le Stromboli s’offre à nous après une nouvelle traversée en ferry. Arrivés au port, les représentants des agences  de tourisme s’affairent déjà à nous proposer leurs excursions, avec parfois un peu d’agressivité il faut le dire. On préférera voir tout cela plus tard. On rejoint d’abord notre splendide hôtel Il Gabbiano, avant de déguster quelques linguinis aux palourdes accompagnées de vin blanc sicilien sur une terrasse en hauteur avec vue panoramique sur le bleu azur de la mer. La Dolce Vita !

Le Stromboli est un volcan explosif, on l’entend dégazer quasiment toute les heures, ce qui est vraiment impressionnant il faut le dire ! Il est parfaitement conique et circulaire, d’où son nom grec antique Strongyle – littéralement la ronde. Haut de 926 mètres, la partie immergée prend naissance à quasiment 2 000 mètres sous la mer. Il est en éruption quasi permanente et son surnom de « Phare de la Méditerranée » n’est pas volé, avec ses projections incandescentes visibles de nuit. 

Les habitants de l’île le personnifient en le nommant « Iddu » – lui en sicilien. Ils vivent donc avec Lui selon ses humeurs.

Nous tenterons deux ascensions du Volcan. La première avec un groupe d’une trentaine de participants sera assez monotone et longue. En effet, contraints par le rythme du groupe et arrivés au sommet en pleine nuit avec des conditions météo défavorables, nous serons frustrés et déçus. Aucune visibilité malgré la patience de notre extraordinaire guide Pier CODA, guide de montagne expérimenté du Nord de l’Italie qui change parfois de terrain de jeu en été pour mener les touristes au sommet du Stromboli.

Nous décidons déterminés de retenter le coup le lendemain mais en optant cette fois pour une randonnée privée avec Pier. On partagera l’aventure avec Adrien venu de région parisienne, qui n’avaient pas dit son dernier mot non plus ! Le Stromboli se mérite ! La randonnée est bien plus agréable que celle de la veille. On change d’itinéraire pour longer la fameuse Sciara del Fuoco – Allée de Feu, uniquement autorisée aux petits groupes encadrés. Le spectacle est grandiose. On admire également bien davantage la partie sommitale du volcan et ses éruptions régulières : panaches de fumée gris et bruit sourd et puissant de dégazage. Quelle force ! Le vent se renforce, les nuages arrivent au loin et commencent à caresser le dôme.

Nous arrivons au refuge et les couleurs du coucher de soleil sont d’une rare beauté. On attend que les gros groupes passent à tour de rôle pour profiter pleinement du spectacle. Seuls au monde, nous nous dressons désormais pile au dessus des cheminées en fusion que nous ne voyions pas mais entendions uniquement la veille. C’est une expérience d’une rare intensité, on se dit qu’on est tout petit face à la force de la nature. On restera là une petite heure avant de redescendre à toute vitesse en utilisant la technique enseignée par Pier. Puis un bon repas dans le restaurant faisant face à l’Eglise de la Place principale clôturera notre aventure !

Quelles merveilles ! Des paysages à couper le souffle, des randonnée époustouflantes, des volcans sauvages, des églises richement décorées aux couleurs flamboyantes, une cuisine simple et de grande qualité partout et peu chère, des gens sympas, la Sicile a tenu ses promesses il n’y a pas de doute et nous n’en avons découvert qu’une petite partie !

C’est sûr, ce ne sera pas la dernière, tout comme le reste de l’Italie d’ailleurs ! Viva Italia !

Iran : Splendeurs d’Iran, sur les traces de l’Empire Perse…

Si on parle de l’Iran, on pense rapidement à l’image noire du pays : Révolution islamique  (si bien décrite dans le film animé Persépolis), guerre contre l’Irak et Saddam HUSSEIN, et plus récemment les difficiles négociations concernant le nucléaire et le bras de fer économique avec Donald TRUMP…

Mais l’Iran c’est aussi et surtout une terre dotée d’une extrême richesse culturelle. En effet, l’antique Perse à l’histoire mouvementée a laissé derrière elle un patrimoine unique au monde encore largement préservé. Elle constitue l’une des civilisations continues les plus anciennes du monde et compte plus d’une vingtaine de dynasties aux influences métissées.

L’Iran est bordée au Nord par la Mer Caspienne, où est d’ailleurs produit le prestigieux caviar, et au sud par les golfes d’Oman et Persique, particulièrement riche en hydrocarbures. Le pays, dont la superficie représente trois fois celle de la France, possède des frontières terrestres avec l’Irak, la Turquie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan à l’Ouest ; le Turkménistan, l’Afghanistan et le Pakistan à l’Est.

L’Iran se caractérise par une altitude moyenne élevée, dominant de 600 mètres de haut les plaines de la Mésopotamie, de l’Indus et de la Mer Caspienne. Les plateaux iraniens très arides, sont bordés au Nord par la chaîne enneigée de l’Elbrouz et à l’Ouest par les montagnes du Zagros. Les habitants se concentrent sur les versants de ces montagnes en bordure de désert.

Mais l’Iran c’est aussi un peuple fier et très cultivé présentant un sens de l’hospitalité inégalé, découlant du Taarof, sens de l’accueil et art de la politesse hérités de l’islam chiite… « Welcome to Iran« , combien de fois avons-nous entendu ce message de bienvenue pendant notre séjour persan ? On ne les compte plus ! Une pensée spéciale à nos amis de Téhéran Hossein, Mohammad Reza et Sara ! Mais également à un DJ londonien d’origine iranienne Hiatus qui nous a fait rêvé avec ses musiques bien avant le départ ! Ambiance :

De la tentaculaire Téhéran, nous irons chercher de la fraîcheur dans les splendides jardins des maisons traditionnelles exubérantes de Chiraz, avant de poursuivre vers l’antique Persépolis et les tombeaux Achéménides. De l’hostile Désert du Lut, nous irons à la conquête de Yazd, aride berceau des Zoroastriens, puis nous remonterons tranquillement vers la Capitale culturelle, la célébrissime Ispahan toute en finesse, reflet de l’époque Safavide. Une dernière halte à Kashan, capitale des roses aux demeures cossues clôturera notre périple iranien. C’est parti !

Carte Iran

 

Téhéran

Palais du Golestan

Arrivés dans la tentaculaire capitale iranienne, qui avec son agglomération totalise près de 15 millions d’habitants, nous décidons de partir à l’assaut d’un de ses joyaux, le Palais du Golestan. Signifiant littéralement en persan « Palais du jardin des fleurs« , il s’est développé dans l’enceinte de l’ancienne citadelle édifiée au XVIème s. sous le règne Safavide. Deux siècles plus tard, les Qadjar font de Téhéran leur nouvelle capitale et l’ensemble devient cité royale. Ses ornements sont particulièrement représentatifs de l’art et de l’architecture Qadjar. Jardins, bassins, mosaïques, vitraux, miroirs étincelants, tout est parfait, tout est géométrique, on en prend plein les yeux. Certains détails rappellent l’Occident, d’autres au contraire sont profondément ancrés en Orient, mais qu’on aime ou non, on ne peut être qu’impressionné ! 

Tour Azadi

Symbole de Téhéran, à l’instar de la Tour Eiffel pour Paris, le monument appelé initialement Tour Mémorial des Rois, a été inauguré en 1971 par le dernier Shah d’Iran pour marquer les 2500 ans de l’Empire Perse. Elle sera rebaptisée Tour Azadi – Tour de la Libertéaprès la Révolution de 1979. Elle mesure 45 m de haut et est entièrement recouverte de quelques 25 000 plaques de marbre blanc d’Ispahan. La Tour marie les styles pré et post-islamiques de l’Iran.

Chiraz

Cap au Sud du pays vers Chiraz, la ville des poètes et des jardins. Situé à près de 1500 mètres d’altitude et au pied des montagnes de Zagros, la ville présente un patrimoine architectural incomparable. Ce sera l’un de nos plus gros coups de cœur du séjour. L’ambiance douce et paisible, la taille humaine du centre-ville (et la gentillesse des locaux encore une fois), nous séduirons pour de bon.

Jardin Eram

Il fait plus chaud qu’à Téhéran, mais on oubliera le tee-shirt et le short, respect de la culture locale oblige. Le jardin d’Eram, ou « Jardin du Paradis » en persan a été conçu au XXème s. autour d’un pavillon de l’époque Qadjar. Richement décoré, il se déploie devant un grand bassin rempli d’eau cristalline qui reflète le paysage alentour. De nombreuses variétés d’agrumes, de grenadiers, de roses constituent un tableau végétal d’un esthétisme rare.

Tombeau de Hafez

Comment venir à Chiraz et ne pas rendre hommage à Hafez, probablement le plus célèbre des poètes iraniens ! Hafez est renommé pour ses poèmes lyriques évoquant des thèmes mystiques du soufisme en mettant en avant les plaisirs de la vie.

« Même si l’abri de ta nuit est peu sûr et ton but encore lointain sache qu’il n’existe pas de chemin sans terme. Ne sois pas triste. » Extrait.

« Dans la roseraie d’Iram, la nuit dernière, l’air était très doux et la chevelure des jacinthes s’abandonnait à la brise de l’aube… » Extrait.

Citadelle de Karim Khan

L’impressionnante bâtisse fortifiée, dont nous n’attendions rien au départ, s’avère particulièrement intéressante à l’intérieur. Érigée au XVIIIème s. par Karim Khan, le premier roi de la dynastie Zand, elle comporte un Palais d’été et un Palais d’hiver disposés autour d’une cour bordée d’orangers.

Mosquée Vakil

Entre chien et loup, nous décidons de visiter un dernier monument lors de cette première journée chirazienne. Nous tombons sur l’entrée de l’envoûtante Mosquée Vakil (Mosquée du Régent) bâtie sous la dynastie Zand. Elle est presque vide. Bordée de deux iwans en vis-a-vis, sa grande cour possède un long bassin rectangulaire. Les coupoles et les muqarnas aux céramiques typiques de la ville nous impressionnent. Puis, le temps s’arrête, l’appel à la prière retenti alors qu’une petite brise légère nous caresse la peau. On aperçoit le reflet de l’un des iwans dans le bassin.
Moment magique !

Mosquée Rose

La star de la ville, c’est bien elle, la Mosquée Rose. Son nom officiel est Mosquée Nasir-ol-Molk, elle fût construite sous la dynastie Qadjar. Richement décorée également, elle se découvre au petit matin pour apprécier la lumière produite par les rayons de soleil qui transpercent les vitraux colorés et viennent sublimer les tapis persans. Soyons clairs, vous ne serez pas seuls et l’ambiance intime que nous avions savouré au sein de la Mosquée Vakil la veille n’y sera pas. Mais le site reste assez magique malgré la horde d’instagrameurs en quête du meilleur selfie. Les iwans, muqarnas et céramiques sont sublimes.

Maison Zinat ol-Molk

A deux pas de la Mosquée Rose, on pénètre à l’intérieur de la Maison Zinat ol-Molk. Cette splendide demeure patricienne est de proportions relativement modestes, mais ses intérieurs ornées de miroirs à facettes, moulures et autres vitraux nous charment encore une fois.

Maison Narenjestan

Puis, dans le même esprit mais bien plus imposante, la Maison Qavam, également appelée Maison Narenjestan, présente un jardin remarquable composé de fontaines, dattiers, palmiers, agrumiers et autres plantes fleuries. Les parfums qui s’en dégagent raviront nos narines.

Mausolée de l’Emir Ali

Après une visite impressionnante dans le Chah Tcheragh, plus important lieu de pèlerinage de Chiraz composé d’une mosquée et d’un mausolée, je me sens un peu frustré de ne pas avoir pu dégainer mon objectif. On nous conseille alors de visiter le Mausolée de l’Emir Ali. Nous ne l’avions même pas identifié à la base dans nos choix de visite mais je dois dire que l’accueil y était excellent : petits gâteaux, thé et échange sur la foi avec les gardiens. Je suis resté bouche bée face au spectacle éclatant de la lumière produite par ces milliers de fragments de miroirs vénitiens décorant le mausolée.

Persépolis

On se réjouit de jouer les archéologues aventuriers en herbe à la Indiana Jones en nous rendant à Persépolis. Capitale de l’Empire Perse Achéménide, à 75km au Nord-Est de Chiraz, la cité antique fut élevée par Darius Ier au Vème s. av J.-C.

On emprunte l’escalier principal monumental pour accéder à l’immense terrasse où se déploie un gigantesque complexe de Palais aux colonnades en plus ou moins bon état. Sous une chaleur écrasante, on nous remet un casque proposant de la réalité augmentée nous permettant d’appréhender facilement à quoi ressemblaient les lieux avant le carnage destructeur entrepris par Alexandre le Grand. Le style architectural est métissé, empruntant certains éléments à l’Egypte antique, l’Assyrie, la Mésopotamie ou encore la Grèce Ionienne où s’étendent les frontières de l’Empire Perse… La Porte de toutes les Nations gardée par les deux Lamassus monumentaux a été construite par Xerxès Ier, fils de Darius Ier. Elle marque l’unité de l’Empire composé de nombreux territoires allant de la Lybie à l’Egypte et de la Grèce à la Russie à l’Ouest jusqu’aux confins de l’Inde et de la Chine à l’Est.

Les Perses étaient très tolérants, tandis que leur religion, le mazdéisme développait une morale exigeante basée sur la recherche du bien, de la justice, et le rejet du mensonge. Comme conquérants, ils se montraient cléments avec les vaincus, ce qui était alors une nouveauté extraordinaire, comparée à la cruauté des méthodes guerrières des Assyriens ou des Babyloniens. De nombreux représentations d’Ahura Mazda, divinité centrale de la religion mazdéenne, sont visibles sur les magnifiques bas-reliefs sculptés sur les escaliers et portes des palais représentent la diversité des peuples composant l’empire.

Naqsh-e Rostam

A 5 kilomètres de Persépolis, nous nous rendons à Naqsh-e Rostam. Il s’agit d’un autre site archéologique présentant un ensemble de quatre tombes royales rupestres achéménides. Monumentales, elles renferment les tombeaux de Darius Ier, Xerxès Ier, Artaxerxès Ier et Darius II.

Faisant face à la roche, l’intrigante Ka’ba-ye Zartosht (Kaaba de Zoroastre), monument zoroastrien de la même époque veille sur le site.

Meymand

En route pour Yazd, nous nous arrêtons avec notre excellent guide et chauffeur Mehdi (Compte Instaram Persiexplore), dans la cité troglodyte de Meymand, encore partiellement habitée de nos jours. Nous visiterons une chambre d’hôte restaurée avec soin par ses amis.

Kerman

Après autant de culture, nous avons comme une envie de grands espaces. C’est la partie aventure de notre voyage qui débute. Pris en charge par notre guide Mansour (www.irankalut.com), nous nous laisserons porter dans la magnifique province de Kerman sur la route de l’Afghanistan et du Pakistan ! Au programme : une imposante citadelle de terre crue, un canyon secret abritant une piscine naturelle et enfin l’énigmatique désert du Lut.

Citadelle de Rayen

Deuxième édifice en briques crues au monde par sa superficie, la Citadelle de Rayen a été fondée sous la dynastie Sassanides il y a plus de 1 500 ans. La plus grande citadelle fortifiée de ce type est celle de Bam encore un peu plus au Sud, mais qui a payé un lourd tribu lors d’un puissant tremblement de terre en 2003. Mansour et son enthousiasme indéfectible nous guide à travers le dédale de la forteresse quasi déserte. On a l’impression d’être dans un décor de Star Wars. Les remparts crénelés et autres portes à arcs brisés apportent une certaine élégance à l’édifice.

Canyon de Késhit

Avec Mansour au volant de sa Dacia tout terrain, nous nous enfonçons dans les montagnes qui entourent Kerman. Un premier stop nous permet de découvrir les strates colorées entrelacées qui les composent. Puis, après avoir franchi un petit col, nous arrivons sur un très vaste plateau encore plus aride. Nous semblons seuls au monde, la route est déserte, mais en excellent état. On atteint notre prochaine destination, le Canyon de Késhit. Il s’agit d’une faille d’une bonne centaine de mètres de profondeur au sein de laquelle coule un petit cours d’eau. Cet écosystème, classé en réserve naturelle protégée, foisonne de vie : eau cristalline, dattiers, palmiers, plantes en tout genre, oiseaux. C’est comme si tout la vie du plateau s’y concentrait. On descend dans le Canyon pour gagner une petite cascade qui alimente une piscine naturelle aux eaux turquoises. Une baignade s’impose ! Mansour nous amènera ensuite manger dans une palmeraie chez une famille produisant des dattes, mais avant cela nous explorerons le village abandonné à proximité. Il est en ruine et totalement en briques crues. On se croirait à Agraba, il ne manque plus qu’ Aladdin et Apu pour nous guider !

Désert du Lut

Après une courte nuit dans un écolodge aux portes du désert, nous laissons la Dacia de Mansour pour un vrai 4X4. Le réveil à l’aube est un peu rude mais le lever de soleil au cœur du Désert du Lut s’annonce grandiose ! Le Désert du Lut – littéralement désert du vide – est l’un des endroits les plus arides et hostiles de la planète. Un record planétaire y a été enregistré en 2005 avec plus de 70°C à l’ombre. Heureusement, nous sommes en octobre et la température est plutôt clémente ! L’immensité du Désert nous étreint. Mansour est très fier de nous montrer cette merveille. On fera un pit-stop dans un ancien caravansérail à l’abandon. Les paysages sont très variés, sculptés par les vents violents. Ça et là se dressent des formations immenses comme de petites montagnes, puis ailleurs, d’innombrables collines régulières qui semblent irréelles. On se croirait sur Mars !

Yazd

Nous voilà à Yazd, ville plusieurs fois millénaire aux portes de deux déserts. Véritable oasis fondée au IIIème millénaire avant J.-C., il s’agit d’une des plus anciennes villes du monde. Les ruelles y sont étroites, les portes joliment travaillées, le centre-ville parait surgir d’un autre temps. La ville a développé un système très ingénieux de climatisation naturelle avec les Badgirs – Tour du Vent – et mis en place un réseau de canalisation efficace, les qanats, lui permettant de survivre dans cet environnement hostile. Située sur la Route de la Soie, Marco Polo y fit escale au XIIIème s. 

Mosquée du Vendredi

Signal fort dans la ville, richement décorée, la Mosquée du Vendredi ne passe pas inaperçue avec sa façade monumentale et ses deux minarets qui culminent à 48 mètres de haut, les plus hauts d’Iran. Construite il y a plus de 900 ans sur l’emplacement d’un ancien temple du feu zoroastrien, elle présente un magnifique exemple du style azéri de l’architecture perse. Les céramiques sont d’une finesse rare. Le lieu est splendide !

Jardin Dowlat Abad

Petite pause fraîcheur bien méritée au Jardin Dowlat Abad. Il s’agit de la résidence d’un ancien gouverneur établit dans un jardin de 7 000 m2. Le bassin principal est bordé de pins, grenadiers et agrumiers qui offrent un peu d’ombre bien appréciée. Les bâtiments sont finement décorés entre coupoles, vitraux et moucharabieh aux formes géométriques…

Zoroastisme

Avant de découvrir quelques sites emblématiques de la foie zoroastrienne originaire de Yazd, voici un petit décodage au travers des 7 piliers de la première religion monothéiste au monde analysés par le magazine Géo. Ces préceptes s’avèrent tout à fait d’actualité :

1/ Prier un dieu unique
Ahura Mazda – le seigneur sage – est le dieu unique de la religion prêchée par le prophète Zarathoustra. Cet être suprême est le créateur du ciel et de la Terre, de l’homme, ainsi que des quatre éléments, l’eau, la terre, l’air et le feu.

2/ Faire le bien autour de soi
Le code de conduite zoroastrien se résume ainsi : «bonnes pensées, bonnes paroles, bonnes actions». En effet, en créant l’homme, Ahura Mazda lui a accordé le libre arbitre, mais une seule voie, celle de la droiture, conduit au bonheur.

3/ Vénérer le feu
Trois des éléments divins (l’air, l’eau et la terre) existent sans le concours de l’homme. Au contraire du feu qui, lui, doit être alimenté pour continuer à vivre.

4/ Lutter contre l’oppression
Le zoroastrisme rejette toute forme de soumission et, en premier lieu, l’esclavage. Dans cette religion, la femme est l’égale de l’homme.

5/ Respecter toutes les formes de vie
L’homme, en charge du monde créé par Ahura Mazda, ne doit pas faire de mal aux animaux. Le sacrifice de ces derniers, considéré comme un crime, est prohibé.

6/ Rejeter l’idolâtrie
Les adeptes du zoroastrisme ne doivent pas vénérer la pierre, les statues, ou tout autre lieu qui a été construit. Dieu, dans la pensée zoroastrienne, n’habite pas dans un sanctuaire édifié par l’homme, mais dans le cœur de ce dernier.

7/ Cultiver la joie de vivre
L’enseignement de Zarathoustra insiste sur l’importance de l’humilité, de la solidarité envers son prochain, mais aussi… sur la bonne humeur. Faire une fête une fois par mois, être joyeux et rire autant que possible sont des préceptes zoroastriens. (Source Géo).

Temple du Feu

Dans les Temples du feu, les flammes sacrées au pouvoir purificateur, qui ne doivent jamais s’éteindre, sont protégées sous un globe ou derrière une vitre pour ne pas être souillées par le souffle des hommes.

Le Faravahar est l’élégant symbole du zoroastrisme. Cet hybride homme-oiseau est rempli de codes : les ailes à trois rangées rappellent l’importance de la bonne pensée, de la bonne parole et de la bonne action. La queue à trois niveau évoque l’obligation de piétiner les mauvaises pensées, mauvaises paroles et mauvaises actions. Le cercle symbolise la vie éternelle. L’âge avancé de l’homme insiste sur le respect des aînés et leurs connaissance. Les deux pendants incarnent le bien et le mal inscrits en chacun de nous. La main droite levée évoque le souhait d’aller vers le progrès, la voix de Dieu. L’anneau porté par le vieil homme symbolise le respect de sa parole.

Yazdd-20Yazdd-22

Chak-Chak

A plusieurs dizaines de kilomètres de Yazd se trouve le hameau de Chak-Chak abritant un sanctuaire, érigé dans le flanc d’une montagne. Il s’agit d’un des plus importants lieux de pèlerinage des zoroastriens. Perdu en plein désert il s’en dégage une atmosphère sereine.

Tour du silence

Les Tours du silence sont les lieux de rites funéraires des zoroastriens. Les corps sans vie des défunts sont déposés au sommet de ces structures pour se décomposer, parfois avec l’aide des vautours. Ces rites étaient pratiqués encore jusque dans les années 70.

Kharanaq

Nous passerons par le village abandonné de Kharanaq, qui se caractérise à nouveau par des constructions en briques de terre crue. Les conditions sanitaires s’étant dégradées au cours des dernières décennies, la population a du être relogée dans une ville nouvelle édifiée à proximité. Cependant, les nouvelles constructions sont moins bien isolées que celles de l’ancien village et beaucoup regrettent leur ancien domicile plus frais.

Meybod

Petite excursion à Meybod, où nous visiterons la Forteresse de Narin Qaleh, offrant une vue magnifique sur la ville et la région. Nous aurons un gros coup de cœur pour l’extraordinaire et très photogénique pigeonnier de la ville. Il comporte plus de 4000 nichoirs servant à récolter les fientes produites par les volatiles dont ils se servaient comme engrais.

Ispahan

Nous voici à Ispahan, surnommée « La Moitié du Monde », pépite de la culture perse et clou du spectacle pour les touristes en séjour en Iran. Capitale de l’empire sous la dynastie Séfévides entre le XVIème s. et le XVIIIème s., le Chah Abbas et les monumentaux travaux qu’il y a entrepris font de la ville une véritable vitrine du savoir-faire, de l’art et de l’architecture extrêmement raffinés de l’époque !

Place Naghch-e Djahan

La célébrissime Place Naghch-e Djahan – littéralement miroir ou portrait du mondeest l’une des plus vastes places au monde avec ses 9Ha (560 mètres de long sur 160 de large). La place tenait une importance stratégique en regroupant à la fois le pouvoir du Chah avec le Palais Ali Qapu, le pouvoir du clergé avec les Mosquées de l’Imam et Mosquée Cheikh Lotfollah et le pouvoir des commerçants avec le bazar impérial.

Pour la petite histoire, des matchs de polo y étaient également organisés, sport dont l’origine est perse (le chogan).

Ispahan-12Ispahan-14Ispahan-15

Mosquée du Chah

La Mosquée du Chah, également appelée Mosquée de l’Imam, a été construite sur les ordres du Chah Abbas et constitue le plus grand monument qu’il fit bâtir. Le Chah la considérait comme son chef d’oeuvre, l’impressionnante finesse des décors en atteste d’ailleurs !
Dès que nous franchissons le Pishtak (portail d’entrée), nous sommes éblouis par la beauté des lieux, mais également un peu désorientés car l’édifice est immense et deux écoles coraniques la complètent. Dans la salle du Merhab, nous aurons l’immense privilège d’assister à un petit chant sacré qui conférera encore une autre dimension à cette sublime mosquée !

Mosquée du Cheikh Lotfollah

La Mosquée du Cheikh Lotfollah, également appelée oratoire du Roi, est la première mosquée érigée à Ispahan. Elle présente un plan quasi unique : pas de minaret, aucune cour intérieure, un dôme à la dominante jaune… Peu importe, c’est celle du Roi ! Mention spéciale pour les muqarnas d’une rare finesse et le dôme principal monumental le plus impressionnant qu’il m’ait été donné de voir ! L’ambiance dans cette mosquée et très particulière car les repères sont tout à fait différents… Pour moi, la plus incroyable mosquée d’Iran.

Palais Ali Qapu

Le Palais Ali Qapu, – Porte d’Ali en persan – est le Palais principal qui donne sur la Place Naghch-e Djahan. Selon la légende, Chah Abbas Ier aurait pris les portes du tombeau de l’Imam Ali à Karbala pour les installer dans ce palais.
Il servait au Chah de lieu de réception et de tribune officielle. Sa terrasse qui offre une vue imprenable sur la Place, est surmontée d’un toit en bois finement décoré et soutenu par dix-huit piliers monumentaux. Les fresques des salles supérieures et les niches complexes qui habillent la salle de musique nous en mettent encore une fois plein les yeux !

Grande Mosquée

La Grand Mosquée d’Ispahan, aussi appelée Mosquée du Vendredi est la plus grande mosquée du pays. Elle a été largement remaniée au fil des siècles et des dynasties au pouvoir.

Cathédrale Vank

Mais l’islam chiite n’est pas la seule religion du pays. Outre une minorité sunnite, trois autres religions sont reconnues officiellement : les chrétiens, les juifs et les zoroastriens.
Parmi ses minorités, les Arméniens, chrétiens (Eglise apostolique arménienne) sont particulièrement représentés. Voisins proches de l’Iran et originaires d’une ancienne contrée perse sous quelques dynasties, plusieurs milliers d’Arméniens seront déplacés de force par le Chah Abbas depuis Djolfa au Nord-Ouest de l’Iran, alors persécutés par les Ottomans, et installés à Ispahan dans le quartier Nouvelle-Djolfa en mémoire de leur terre maternelle. Le Chah les autorisa à construire leurs églises et compta évidemment se servir de leurs talents de négociants.

La Cathédrale Vank, également appelée Cathédrale Saint-Sauveur d’Ispahan est la cathédrale la plus visitée d’Iran. Vank signifie monastère en arménien. Au premier abord, la cathédrale ressemble davantage à une mosquée mais la croix au sommet de son dôme ne nous trompe pas. L’intérieur est recouvert de lumineuses fresques racontant entre autres le martyre légendaire de Saint Grégoire l’Illuminateur, fondateur de l’Eglise arménienne.

Pont Khadjou

Le majestueux Pont Khadjou est le plus célèbre pont d’Ispahan. Construit sur deux niveaux, il servait à la fois de franchissement de la rivière, de barrage et de lieu de réunions publiques. Ses 23 arches éclairées de nuit sont encore très prisées des locaux qui viennent se promener, discuter, chanter et même danser !

Ispahan-122Ispahan-123

Abyanneh

Nous quittons Ispahan pour remonter vers Kashan puis Téhéran mais avant cela une petite halte dans le village montagnard typique d‘Abyanneh s’impose. A 2 500 mètres d’altitude, flanquées contre la falaise, les maisons traditionnelles à la couleur rosée s’imbriquent les unes aux autres. Les villageois y sont encore apprêtés comme autrefois : larges pantalons bouffant pour les hommes, robes et foulards aux couleurs vives pour les femmes.

Kashan

Dernier stop avant notre retour en Europe. Kashan, la ville des roses nous séduira un peu moins. C’est sûr qu’après Chiraz et Ispahan, tout paraît un peu fade, mais ici l’ambiance ne nous transportera pas. Cependant, nous ferons de belles découvertes entre maisons bourgeoises et hammam du Sultan.

La ville regorge de belles demeures traditionnelles de riches familles de commerçants. Les plus beaux exemples sont les Maison Tabatabaei et Maison des Abbassi. Elles présentent des caractéristiques communes, agencées autour de cours rectangulaires agrémentées de bassins et bordées de pièces et d’iwans reliés par des passages.

Maison Tabatabaei

Maison Abbassi

Mosquée Agha Bozorg

Petit tour également à la Mosquée Agha Bozorg. Dans un style assez différent des mosquées que nous avons pu voir en Iran jusque là, ma première réaction en voyant l’Iwan Sud est de penser à l’Inde et au Taj Mahal. La particularité de la Mosquée est d’avoir en son centre, un jardin à un niveau inférieur flanqué de cellules réservées pour les étudiants en théologie.

Hammam Amir Ahmad

Mais le coup de cœur de notre passage à Kashan, ce sera le Hammam Amir Ahmad, aujourd’hui transformé en musée qui se déploie sur plus de 1 000 m2 ! Assez difficile à trouver (en tout cas pour nous ce jour là), la visite vaut vraiment le coup ! Marcher sur ses toits aux cheminées illuminées ou encore explorer le dédale de pièces d’eau richement décorées nous émerveillera.

Ca y est, c’est la fin de ce très gros voyage de près de trois semaines dans ce pays si attachant qu’est l’Iran ! Il s’agit probablement de mon plus beau voyage. Jamais aucun pays ne m’aura autant impressionné par la finesse de son architecture. Mais au-delà de cette extraordinaire culture, ce qui m’a encore plus touché c’est bien la gentillesse et l’hospitalité naturelle de son peuple. Je ne pensais pas que cela puisse exister en tout cas pas à ce point !

Je suis encore en contact avec certaines personnes rencontrées à Chiraz, Ispahan, Kerman ou encore Téhéran et je souhaite du fonds du cœur que la situation géopolitique du pays évolue favorablement pour qu’ils puissent vivre simplement en paix et libre.