Inde : au pays des Maharajas…

L’Inde, voilà un pays qui ne laisse personne de marbre : soit on aime, soit on déteste !
En parlant de notre projet de voyage avec mon entourage, beaucoup ont eu de vives réactions. Certains arguant que même si on leur offrait le voyage, ils n’y mettraient pas les pieds, invoquant la saleté, la pauvreté extrême, l’injustice des castes, la surpopulation, la pollution et l’insécurité. Bref, de nombreux arguments contre, parfois justes pour certains, et une image bien négative pour un pays qui pourtant recèle de véritables merveilles.

L’Inde est officiellement le pays le plus peuplé de la planète avec plus de 1.46 milliards d’habitants. C’est pourtant seulement le 7ème pays en terme de taille, avec tout de même près de 3.3 millions de km2, soit 6 fois la superficie de la France.

Bordé à l’Ouest par le Pakistan, au Nord par la Chine, le Bhoutan et le Népal, et à l’Est par le Bangladesh et la Birmanie, l’Inde s’étend sur environ 3 000 kilomètres d’Est en Ouest et 3 200 kilomètres du Nord au Sud. Le pays compte aussi 7 000 kilomètres de littoral. Des contreforts de l’Himalaya aux plages de l’Océan Indien, le pays offre des paysages et des populations aux contrastes saisissants.

Véritable melting-pot culturel et spirituel, l’Inde s’avère être le berceau de nombreuses religions : l’hindouisme, le bouddhisme, le sikhisme et moins connue le jaïnisme. Les religions musulmane et chrétienne sont aussi bien représentées et pratiquées.

Pour ma part, l’Inde m’a toujours émerveillé : pays et peuples aux couleurs chaudes et chatoyantes, cuisine riche et gouteuse aux savants mélanges d’épices, finesse architecturale des lieux de cultes et palais, nature époustouflante entre jungle exubérante, déserts arides, sommets vertigineux et plages vierges… Une véritable invitation au voyage.

L’Inde, c’est aussi la patrie de l’intrépide Mowgli et son épopée merveilleuse aux côtés de Baloo et Bagheera, comptée dans le Livre de la jungle. Le superbe dessin animé de Walt Disney et sa bande sonore pleine d’entrain et de bonne humeur m’a beaucoup fait rêver étant jeune comme beaucoup d’enfants. Je me devais de transmettre cela à mon fils. Zacharie n’est pas en reste et se réjouit comme son papa de fouler cette terre pleine de promesse d’aventures.

En définissant le programme de notre périple, nous avons dû faire un choix en considérant la taille du pays. Rapidement, nous avons opté pour le Rajasthan et ses palais majestueux, et Agra et le mythique Taj Mahal. Mais nous avions aussi envie de découvrir une destination moins courue des touristes internationaux, Aurangabad et les incroyables complexes de grottes sacrées d’Ajanta et d’Ellora. Enfin, après toutes ces découvertes éreintantes, une parenthèse détente au bord de l’Océan Indien du côté de la sulfureuse Goa conclurait à merveille notre séjour.

New Delhi

Nous voilà arrivés en Inde et notre porte d’entrée sera New Delhi, capitale du pays située dans le Nord du pays. Il fait chaud et la foule est encore bien présente dans les rues. Une courte nuit réparatrice nous permettra de nous familiariser avec la ville le lendemain. Souvent considérée comme peu attractive et extrêmement polluée, nous avons hâte de nous faire notre propre opinion.

Après une bonne course dans le centre de New Delhi, nous découvrons une ville aérée et verte, loin de la vision que nous nous en faisions, même si nous avons conscience que nous sommes dans les beaux quartiers de la mégalopole. Le ciel est bleu et nous n’avons pas particulièrement de mal à respirer même si l’air de la ville est l’un des plus pollué de la planète.

Mosquée Jama et marché Chandni Chowk

Le guide nous amène d’abord découvrir la plus grande mosquée du pays : la mosquée Jama. Pouvant accueillir 25 000 fidèles, elle nous impressionne par ses dimensions. De style moghole, elle a été édifiée au 17ème siècle en blocs de gré rouge. Une fois entrés dans l’enceinte du lieu de culte, nous découvrons un véritable havre de paix, loin du tumulte incessant de la ville. Il y a très peu de touristes ici. Zacharie sympathise avec des enfants sur place. Il est chez lui partout, comme un poisson dans l’eau et ça nous fait chaud au cœur.

Nous quittons la mosquée et rejoignons un vélo pousse-pousse pour une petite balade au cœur du marché Chandni Chowk. Une première expérience très originale en famille. Les ruelles deviennent de plus en plus étroites et nous admirons la conduite millimétrée du chauffeur entre les marchands et les badauds !

Petite pause méritée pour nous remettre de nos émotions et boire un authentique thé masala, boisson nationale. Un vrai régal. Après quelques courses d’épices et produits locaux, nous reprenons la route. On se fait déposer pile devant notre restaurant, mais avant cela, nous croisons un charmeur de serpent qui fera danser son cobra devant nous. Spectaculaire ! A peine quelques heures dans cette ville et nous sommes déjà sous le charme !

Mausolée d’Humayun

Après ce bon repas, nous poursuivons notre visite de la ville en direction du Mausolée d’Humayun, immense complexe d’architecture moghole. Si la majeure partie du pays est hindoue, l’islam est également assez répandu, en particulier dans le Nord du pays. Sa pratique s’est largement développée avec l’incursion de conquérants issus d’Asie Mineure, d’Afghanistan et de Perse.

Fruit de ces différentes invasions, l’empire moghol qui régna du 16ème siècle au 19ème siècle, coïncide avec l’apogée de l’expansion de la religion musulmane en Inde. L’art moghol se caractérise par le développement d’une architecture typique fusionnant standards perses et hindous. Le mausolée d’Humayun en est un magnifique exemple. Premier tombeau dynastique moghol érigé en Inde, l’influence perse est évidente et une certaine quiétude se dégage de ces jardins et édifices aux formes géométriques hypnotisantes.

Temple du lotus

Notre guide nous amène ensuite visiter le Temple du Lotus. Construit dans les années 80, ce bâtiment a été conçu comme une fleur de lotus à peine éclose et compte 27 pétales et 9 côtés. Il s’agit en fait de la plus grande maison d’adoration de la foi bahaïe, une religion monothéiste qui proclame l’unité spirituelle de l’Humanité. Je dois dire qu’il s’agit d’un site surprenant, véritable témoin de la diversité des cultes pratiqués en Inde.

Pour la petite histoire, le marbre utilisé pour la construction du temple provient de la même carrière qui a servi à l’édification du Parthénon à Athènes en Grèce.

Agrasen ki Baoli

Nous rejoignons ensuite l’Agrasen ki Baoli, un magnifique puits à degrés. Il servait à la fois de lieu de culte pour les ablutions et bains rituels chez les sikhs et les hindous, mais constituait également une source d’approvisionnement en eau.

Temple sikh Gurudwara Bangla Sahib

Nous terminons notre journée par la visite du plus grand temple sikh de la capitale. 5ème religion mondiale comptant 30 millions de fidèles, le sikhisme a été fondé au 15ème siècle dans le Pendjab. Les sikhs croient en un seul Dieu éternel, prêchent une vie intègre et invitent à vivre de manière fraternelle, généreuse et désintéressée. Ils ne consomment ni viande, ni alcool, ni tabac et ne peuvent pas se couper les cheveux. Nombre d’entre eux portent également un kirpan, poignard traditionnel sikh symbole de courage.

Ce haut-lieu de rassemblement de la communauté sikh en impose et nous éblouit avec ses murs ciselés en marbre blanc et son dôme massif entièrement doré. Le sanctuaire comprend un temple très fréquenté par les fidèles qui y prient, des tombes, un sarovar (bassin d’eau sacrée), un musée, une école et une cuisine communautaire ouverte à tous. Nous sommes vraiment touchés par les préceptes sikhs et l’accueil universel palpable en ce lieu. Une touche d’espoir dans ce monde de brutes.

Voilà notre première étape en terre indienne derrière nous, nous sommes ravis et nous pensons déjà à la suite de ce programme haut en couleurs. Pour continuer l’aventure, nous embarquons dans un train de nuit pour parcourir en 10 heures les 600 km qui nous séparent de Jodhpur, première escale au Rajasthan : un voyage dans le voyage !

Rajasthan

Le Rajasthan, état incontournable de l’Inde, est un véritable joyau. C’est le pays des maharajas et rajpoutes, littéralement « grands rois » et « fils de rois », qui recèle un patrimoine culturel d’une richesse rare. Ici, les palais, temples et forteresses sont légions, édifiés avec une finesse architecturale inégalée, de la véritable dentelle…

Jodhpur

Après nous avoir cherché de bonne heure sur le quai de la gare, notre chauffeur nous dépose à l’hôtel où nous laissons nos bagages. On en profite pour prendre une douche bien méritée, suivie d’un petit déjeuner de champion pour attaquer la journée comme il se doit.

Jaswand Thada

Il est encore assez tôt et nous arrivons quasiment les premiers au Jaswand Thada, un cénotaphe exceptionnel dédié à la mémoire du maharaja Jaswant Singh II.

En pénétrant dans l’enceinte du lieu sacré, un joueur de musique traditionnelle nous met dans l’ambiance. Le lieu est d’une beauté saisissante, bâti sur les hauteurs de la ville, en bordure d’un petit lac. Les couleurs du gré et du marbre se marient à merveille, absorbant les rayons du soleil qui commencent à devenir plus mordants. Nous prenons toute la mesure de l’expertise des artisans rajasthanis en observant les dômes, piliers, arches et portes finement sculptés et décorés. Il s’agit là d’un travail d’orfèvre sans nul doute.

Fort de Mehrangarh

Nous reprenons la route pour quelques centaines de mètres et rejoignons la sentinelle de Jodhpur, le Fort de Mehrangarh, signifiant « Majesté ». Cette imposante forteresse domine fièrement la ville et parait absolument impénétrable avec ses remparts de plusieurs dizaines de mètres.

Après avoir pris nos tickets, nous accédons rapidement à la plateforme sommitale pour profiter d’un panorama exceptionnel sur Jodhpur, la ville bleue. En effet, nombre de ses maisons présentent des murs peints en bleu, couleur originelle caractéristique des habitations brahmanes, caste prestigieuse associée à la royauté, à l’apprentissage et à la spiritualité. La vue est à couper le souffle !

Nous visitons ensuite les différents palais et cours intérieures qu’il englobe. Là encore, la finesse du travail réalisé sur les façades nous émerveille. Le Sheesh Mahal, palais des miroirs, brille de milles feux et n’est pas sans nous rappeler les majestueux palais persans, maîtres du style.

Pour clôturer le spectacle, nous aurons la chance de croiser le maharaja en personne, accompagné par sa garde royale coiffée d’un long turban aux couleurs chaudes.

La ville bleue…

Nous nous dirigeons ensuite vers la ville basse et notre guide nous fait découvrir le dédale des ruelles aux maisons bleues, particulièrement photogéniques. Jusque là, la ville parait très calme.

Puis, en descendant vers la place centrale, nous percevons des bruits de processions de plus en plus marqués. Quelques mètres de plus et nous nous joignons à la fête hindoue qui bat son plein. La population nous invite littéralement aux réjouissances et nous partageons un moment rare, bienveillant, coloré, jovial et très bruyant. Zacharie est tout excité et fait une petite démonstration de breakdance sur une musique endiablée et assourdissante, encouragé par des femmes indiennes sous le charme. Quelle expérience incroyable !

Nous quittons cette première ville du Rajasthan complètement conquis. Mais il est temps de rependre la route pour une étape de choix, Ranakpur et son incroyable temple jaïn…

Ranakpur

Temple d’Adinatha

Sur notre route en direction d’Udaipur, nous traversons la chaîne de moyennes montagnes des Aravalli. Elle marque la fin du désert de Thar dans le Nord-Ouest du Rajasthan et laisse place à une plaine verdoyante vers laquelle nous nous acheminons.

Mais avant de la franchir, nous marquons un arrêt dans la petite ville de Ranakpur, qui abrite le plus beau et le plus vaste temple jaïn d’Inde. Il s’agit du Temple d’Adinatha, qui constitue l’un des cinq lieux de pèlerinage de la religion jaïn.

Le jaïnisme est une ancienne religion indienne. Le terme vient de « jina », signifiant « celui qui a vaincu ses passions et son karma. Les jaïns prônent la non-violence envers tout être vivant, même les plus petits. Ils sont strictement végétariens et tentent de purifier leurs âmes en adoptant une conduite irréprochable et pure.

Nous arrivons enfin à proximité du temple. Il fait très chaud, le thermomètre de la voiture indique une température écrasante de 47°C. On se dépêche d’entrer dans l’enceinte du lieu sacré pour chercher un peu de fraîcheur.

Rapidement la magie opère, le temple de marbre blanc est intégralement orné de fines et splendides sculptures, toutes uniques. C’est grandiose. Le plan du temple est tout simplement l’un des plus complexes et élaborés de toute l’architecture indienne. Comptant 29 salles et plus de 1440 piliers, c’est certainement l’un des temples les plus spectaculaires qu’il m’ait été donné de voir. Nous sommes ébahis par tant de raffinement.

Udaipur

Encore quelques heures de route nous séparent d’Udaipur, l’une des villes les plus séduisantes du Nord de l’Inde. Blottie au bord du Lac Pichola, la cité aux ruelles étroites et sinueuses et aux maisons blanchies à la chaux est l’une des plus anciennes du Rajasthan. Ses habitants, hindous, sont fiers de n’avoir jamais cédé à l’envahisseur musulman. La ville compte de nombreux temples, palais et cénotaphes, sans oublier des artisans très réputés.

Jagdish Temple

Il fait une chaleur écrasante en ce milieu de matinée. Nous cheminons tranquillement avec notre guide dans les ruelles animées du centre pour rejoindre le Jagdish Temple. Haut en couleurs, il s’agit du plus grand temple hindou dédié à Vishnou dans le Nord de l’Inde. Pour pénétrer en son sein, il faut d’abord gravir un escalier raide et imposant.

A la fois massif et finement décoré, le temple est intégralement orné de sculptures de figures divines, de danseurs et autres éléphants. Les fidèles, arborant des tenues traditionnelles aux couleurs vives et chaudes, se joignent avec ferveur à la cérémonie en cours.

Tous ces détails sont un véritable régal pour les yeux. L’odorat et l’ouïe sont également bien mis à contribution au cours de notre visite avec les senteurs enivrantes d’encens et la musique rituelle.

City Palace

A quelques encablures de là se dresse la star d’Udaipur : le City Palace. Il fut la résidence des maharanas du Mewar, souverains héréditaires d’une dynastie royale insoumise encore présente en Inde de nos jours.

Construit sur près de 400 ans, l’immense palais est un véritable dédale où s’imbriquent avec raffinement, cours, jardins, pavillons, balcons, portes monumentales, tours et galeries parées de fresques, vitraux, mosaïques ou miroirs vénitiens.

Dominant fièrement le Lac Pichola, l’édifice a servi de lieu de tournage au célèbre Octopussy, 13ème volet de l’incontournable saga James Bond.

Croisière sur le lac Pichola

Après un peu de repos bien mérité, Yogesh, notre guide, nous amène à l’embarcadère situé au pied du City Palace pour profiter d’une petite croisière paisible de fin de journée.

Nous longeons dans un premier temps le palais et prenons le pleine mesures de ses dimensions hors normes. La lumière rasante nous offre un spectacle grandiose, valorisant avec brio le complexe architectural d’un jaune étincelant.

Puis nous voguons à proximité de l’élégante résidence d’été des souverains, Jag Niwas, édifiée sur une première île et transformée de nos jours en hôtel de luxe : le Lake Palace Hotel.

Nous arrivons finalement sur une deuxième île qui abrite le Jag Mandir, aussi appelé « Palais du jardin du lac ». La famille royale s’en servait comme Palais d’été et de loisirs. Aujourd’hui, il se visite et propose un bar et un restaurant particulièrement prisés par les locaux et les touristes qui viennent profiter de la vue sur le City Palace et le Lake Palace Hotel.

A notre retour au pied du City Palace, nous constatons la présence d’innombrables chauves-souris suspendues aux branches de deux magnifiques arbres habillant la place accueillant les croisiéristes. Il s’agit de chauves-souris géantes d’Inde aux dimensions exceptionnelles. Elles peuvent atteindre 1 mètre d’envergure. C’est la première que j’en vois d’aussi grandes en liberté et ça fait un sacré effet !

Pushkar

La prochaine étape de notre périple au Rajasthan nous mène à Pushkar, lieu de pèlerinage majeur pour les Hindous. Ces derniers viennent vénérer Brahma, le Dieu créateur. Il est l’un des trois principaux Dieux de la foi hindoue avec Vishnou, le protecteur et Shiva, le destructeur.

On apprécie alors, depuis la terrasse panoramique de l’Hotel Pushkar Palace dans lequel nous sommes descendus, le calme et l’atmosphère pieuse qui se dégage de la ville. Les croyants viennent assister à des cérémonies religieuses, pratiquer des bains rituels dans le lac sacré et prier au sein du mystérieux temple Jagatpita Shri Brahma Mandir qui lui est consacré.

Ce dernier est considéré comme étant le plus important temple dédié au Dieu créateur en Inde. On en compte seulement quatre dans tous le pays car Shiva, le Dieu destructeur, a porté une malédiction à Brahma pour limiter son culte.

La présence de touristes étrangers se fait davantage ressentir que lors de nos précédentes étapes. Nous croisons de nombreux Européens qui semblent être ici pour un motif spirituel, mais dont l’attitude nous dérange parfois quelque peu. Quoi qu’il en soit, l’ambiance de la ville reste assez unique.

Notre journée se finit par une cérémonie rituelle sur les bords du lac sacré, à laquelle nous sommes chaleureusement invités. On en gardera un excellent souvenir.

Jaipur

Nous concluons notre tour du Rajasthan de la plus belle des manières qui soit, en nous laissant envouter par le charme fou de Jaipur, la cité rose. Capitale de l’État comptant pas moins de 4 millions d’habitants, la ville a été bâtie au 18ème siècle et a été intégralement planifiée. Cela explique ainsi le plan en damier et les grandes avenues bordées de colonnades abritant des commerces aux dimensions standardisées. On ressent l’influence européenne comme lors de notre passage dans les beaux quartiers de New Delhi.

Elle est surnommée ville rose en raison de la couleur de ses façades, totalement repeintes pour la visite officielle du Prince de Galles il y a plus d’un siècle, et synonyme d’hospitalité.

Notre premier arrêt rapide se fait devant le Hawa Mahal, ou Palais des Vents. De style moghole et rajput, sa façade inspirée par la couronne du Dieu hindou Krishna est un véritable chef d’œuvre ! Orné de nombreux Jharokha (oriels), le palais comporte plus de 950 fenêtres, desquelles les femmes du harem royal pouvaient voir sans être vues.

Fort Amber

Sans plus attendre, notre guide nous fait remonter le temps en direction d’Amber, capitale originelle de l’État, à 11 kilomètres de là. C’est ici que se dresse fièrement le Fort d’Amber, blotti au pieds des Monts Aravelli. Il fut le centre politique et militaire du royaume avant le développement de Jaipur.

Mêlant style rajput et moghol, le palais-forteresse de couleur ocre impressionne par sa taille et la longueur de ses remparts crénelés. Après quelques efforts pour rejoindre la porte monumentale, nous pénétrons dans une vaste cours intérieure, véritable esplanade où se côtoient gardes, éléphants et touristes dans un ballet rythmé.

Nous continuons notre ascension et gagnons une nouvelle vaste cours comprenant le Diwan-i-am, magnifique salle des conseils ouverte aux colonnes associant gré rouge et marbre blanc. Nous tombons ensuite sur la Porte de Ganesh, aux décors finement exécutés et permettant d’accéder à l’étage le plus raffiné du fort, comptant un agréable jardin et des palais de style moghol. Le plus majestueux d’entre eux est probablement le Sheesh Mahal, ou Palais des Glaces, incrusté de miroirs, qui nous rappelle à nouveau l’influence perse.

Quelle splendeur à nouveau ! Après avoir visité l’ancienne capitale, nous avons hâte de prendre le pouls de la cité rose de Jaipur !

Jaipur

Jantar Mandir

Nous retournons donc à Jaipur et commençons par visiter le Jantar Mandir, observatoire créé au début du 18ème siècle par le maharaja Jai Singh II passionné d’astronomie. Précurseur pour l’époque, le site comporte une vingtaine d’instruments aux dimensions monumentales et capables d’établir des thèmes astraux hindous et d’identifier les périodes idéales pour l’organisation d’évènements.

City Palace

Résidence du maharaja de Jaipur, ce palais nous séduit à nouveau par la diversité et la finesse de ses façades, jardins, pavillons, temples et cours intérieures. Nous admirons les innombrables arches et portes finement sculptées et décorées. Zacharie en profite pour immortaliser ce moment en se faisant photographier fièrement avec deux gardes rajputs devant l’une d’elles.

Nous sommes particulièrement impressionnés par la spectaculaire Diwan-i-Khas, salle des audiences privées aux colonnades roses, ouverte sur l’extérieur, qui nous rappelle un instant le Palais des Vents.

Enfin, jouxtant le Chandra Mahal, résidence actuelle du maharaja, la cours Pritam Chawk nous émerveille également avec ses portes monumentales aux couleurs des quatre saisons.

Décidément, ce tour du Rajasthan n’en finit plus de nous éblouir. Nous prenons désormais la route pour un nouvel État, l’Uttar Pradesh, qui renferme l’iconique Taj Mahal. Mais avant cela, je demande à notre chauffeur de nous arrêter pour une ultime étape rajasthani afin de nous émerveiller devant l’un des plus incroyables puits à degrés du monde : le Chand Baori.

Abhaneri

Chand Baori

Nous arrivons ainsi à Abhaneri, village célèbre pour son baoli, puits à degrés traditionnel du Rajasthan. Construit entre le 8ème et le 9ème siècle de notre ère, le puits est remarquable par ses dimensions et sa profondeur. Bâti sur un plan carré de 30 mètres de côté, il est profond de 30 mètres et compte plus de 3 500 marches réparties sur 13 étages !

C’est clairement l’un des lieux les plus spectaculaires qu’il m’ait été donné de voir ! Ce puits à degré est extrêmement graphique et j’apprends par le guide qu’il a servi de décor à plusieurs tournages de films, parmi lesquels l’un des volets de la série des Batman.

Un petit temple hindou à l’ambiance unique jouxte le baoli et mérite amplement une visite.

Fatehpur Sikri

En compagnie de notre sympathique guide Furkan, nous nous arrêtons à Fatehpur Sikri. La cité planifiée par le souverain Akbar fut la capitale de l’Empire Moghol de 1571 à 1584. Abandonnée par la suite pendant près de 5 siècles, elle est restée par chance en parfait état de conservation.

Sa couleur ocre rouge et son atmosphère toute particulière tranchent par rapport à nos découvertes récentes. Akbar, empereur moghol puissant mais tolérant, intégra dans la conception des bâtiments et palais une forte influence hindoue avec les décors sculptés et voûtes fleuries typiques du Rajasthan et du Gujarat.

Avec très peu de visiteurs, on a l’impression de visiter une cité perdue et on ne s’y attendait pas vraiment, c’est une nouvelle belle surprise et un petit coup de cœur.

Agra

Nous voilà donc à Agra, la ville qui abrite l’un des symboles de l’Inde, j’ai nommé l’emblématique Taj Mahal. Mais avant de découvrir le lieu le plus visité et admiré d’Inde, nous regagnons notre guesthouse pour un repos bien mérité. Pour la première fois depuis notre arrivée, nous passons d’un climat chaud et sec à un climat chaud et humide, avec un taux d’humidité avoisinant les 70%.

Taj Mahal

Cet immense mausolée funéraire, construit en marbre blanc sur les rives du fleuve Yamuna, a été édifié au 17ème siècle par l’empereur moghol Shah Jahan. Il perpétue la mémoire de son épouse favorite surnommée Mumtaz Mahal, signifiant en persan « Lumière du Palais ». Le Taj Mahal constitue ainsi l’un des plus grands hommages jamais rendus à l’amour.

Véritable joyau de l’art indo-musulman, il est reconnu comme l’une des 7 nouvelles Merveilles du Monde. Il faut dire que lorsqu’on franchit la porte monumentale qui s’ouvre sur le jardin, la vue sur cet édifice à la silhouette immaculée nous parait irréelle. Le temps s’arrête l’espace d’un instant, tellement nous sommes saisis par la beauté du lieu.

Le mausolée s’inscrit dans un magnifique et immense jardin de style persan traversé par quatre canaux symbolisant les points cardinaux. La grande coupole centrale se dresse à 35 mètres de haut. Elle est entourée de coupoles plus petites et de minarets disposés avec une symétrie parfaite. Les façades du mausolée sont ornées de versets coraniques tracés en pierre noire et de délicates incrustations de pierres semi-précieuses. Motifs floraux et arabesques polychromes se mêlent dans une rare élégance. Chaque détail témoigne du raffinement et de la puissance de l’Empire moghol alors à son apogée lors de la construction du Taj Mahal.

Le site est tellement vaste que lors de notre visite, nous n’avons absolument pas été dérangé par la foule. Il accueille pourtant plus de 7 millions de visiteurs chaque année.

Pour une fois, nous nous attachons les services d’un photographe professionnel pour immortaliser notre visite du Taj Mahal et nous y prenons beaucoup de plaisir.

Fort rouge d’Agra

Bâti sur les rives du fleuve Yamuna, le Fort Rouge se situe à seulement quelques kilomètres du Taj Mahal. Moins fréquenté que son voisin, il n’en demeure pas moins le plus important des forts construits en Inde. D’une superficie de 38 ha, il dispose de solides remparts d’une longueur de 2.5 km et haut de plus de 20 mètres.

Superbe exemple d’architecture moghole, cette résidence impériale fut construite au 16ème siècle sous le règne du puissant et aimé empereur Akbar. Elle fut transformée et embellie par ses successeurs dont Shah Jahan, à l’origine du romantique Taj Mahal.

Nous finissons ainsi notre séjour dans le Nord de l’Inde et nous apprêtons à faire un bon dans le passé en rejoignant l’État du Maharastra et Aurangabad. Prochaine étape pour nous : les merveilleux temples rupestres d’Ajantâ et Ellorâ.

Aurangabad

La ville d’Aurangabad, située dans le centre-ouest du pays à quelques centaines de kilomètres de Bombay, ne fait pas partie des circuits touristiques classiques en Inde. Ces derniers se limitent souvent au Triangle d’Or dans le Nord entre New Delhi, Jaipur et Agra ; puis Goa et le Kerala dans le Sud. Pour autant, le région d’Aurangabad recèle de nombreuses pépites peu connues des touristes étrangers et c’est tant mieux.

Ajantâ cave

Situées à une centaine de kilomètres au nord d’Aurangabad, nous nous acheminons vers le complexe monastique des grottes d’Ajantâ avec notre guide local.

Après avoir emprunté un bus collectif pour rejoindre l’entrée du site, nous rejoignons tranquillement un cours d’eau asséché sous une chaleur écrasante. Nous prenons un peu de hauteur et découvrons les falaises qui bordent la rivière Vaghora, formant ici une magnifique méandre en forme de fer à cheval, au cœur des Monts Indhyagiri. Ces falaises abritent une trentaine de temples bouddhistes sculptées dans la roche basaltique noire. Longtemps abandonnés, ils furent redécouverts par hasard par des soldats britanniques en 1819 lors d’une partie de chasse.

Le complexe est très ancien, les plus anciens temples rupestres datent du IIème et Ier siècle avant J.-C. et les plus récents remontent au 7ème siècle après J.-C. On distingue deux types de salles, une vingtaine d’entre elles servait de refuges aux moines pendant la mousson et une petite dizaine était dévolue au culte bouddhique. Parmi elles, cinq sont des chaitya, elles présentent une magnifique façade sculptée et renferment une spectaculaire stupa. Il y règne une ambiance à la Indiana Jones qui résonne en nous !

Notre guide nous fait visiter les salles les plus intéressants et nous sommes subjugués par la beauté, la finesse et la diversité des peintures rupestres. A vrai dire, j’avais entendu parler des temples rupestres d’Ellorâ depuis un moment mais je n’avais jamais entendu parlé de ceux d’Ajantâ et je dois dire que c’est un véritable coup de cœur ! Je n’ai pour ainsi dire jamais vu quelque chose de comparable. Ce haut centre spirituel bouddhiste est exceptionnel !

Ellorâ cave

Si nous avons fait étape à Aurangabad, c’est bien pour visiter le complexe monastique troglodyte d’Ellorâ. Je l’ai découvert il y a une dizaine d’année un peu par hasard en me baladant à Metz dans une galerie Yellow Corner. La vue du temple principal d’Ellorâ sur ce magnifique cliché m’a littéralement laissé bouche bée. Je m’étais fait la promesse de partir découvrir cette pépite un jour et c’est aujourd’hui chose faite !

Les grottes d’Ellorâ sont situées à une trentaine de kilomètres d’Aurangabad. Édifiées à partir du 7ème siècle, elles sont postérieures à celles d’Ajantâ et coïncident avec le déclin de ces dernières. Si Ajantâ est réputé pour la qualité et la quantité de ses peintures rupestres, Ellorâ l’est pour la beauté de ses temples et sculptures.

Contrairement à Ajantâ exclusivement bouddhiste, Ellorâ est métissé et compte 34 grottes sculptées : 12 salles bouddhistes, 17 hindoues et 5 jaïns, témoignant de la tolérance qui existait à cette époque.

La star du site est évidemment le Temple de Kailâsanâtha, celui qui figurait sur le cliché qui a déclenché ma venue en Inde. Et autant dire qu’il a été à la hauteur de mes attentes ! Quelle splendeur ! Entièrement excavé du haut vers le bas, c’est près de 400 000 tonnes de roches basaltiques qui ont été dégagées de la falaise, laissant apparaître piliers, cours intérieures, salles de réunion et de prière, sculptures et décorations.
Le temple hindou construit au 8ème siècle est dédié à Shiva, il s’avère très impressionnant et présente une taille monumentale, deux fois plus grand que la Parthénon à Athènes. Les sculptures sont d’une grande finesse et l’ambiance est juste incroyable. Une véritable merveille non sans me rappeler les temples khmers !

Parmi les autres espaces remarquables du site, la seule et majestueuse chaitya bouddhiste du complexe arbore une magnifique stupa présentant une statue de Bouddha assis. Enfin, à deux kilomètres du Temple de Kailâsanâtha, le Temple jaïn Chota Kailasha est également un petit bijou. Il ressemble à une version miniature du Temple de Kailâsanâtha et recèle des traces de peintures ornementales.

Nous avons particulièrement apprécié cette étape du voyage et la magnificence des complexes d’Ajantâ et d’Ellorâ, loin des foules de touristes occidentaux et à l’ambiance si particulière qui collerait parfaitement au tournage d’un film d’aventure de Steven Spielberg !

Il est maintenant temps de prendre un peu de repos et pour cela nous allons poser nos valises à Goa, une destination encore bien différente de tout ce que nous avons pu découvrir jusqu’à présent en Inde !

Goa

Il est temps de relâcher un peu la pression et de profiter du bord de mer ! Goa nous semble être l’endroit idéal pour cela. Colonisée par les Portugais au 16ème siècle, Goa dénote quelque peu par rapport à ce que nous avons pu voir de l’Inde jusque là. Ici, le climat est tropical, la végétation luxuriante et l’empreinte chrétienne bien ancrée avec de nombreuses églises. Même si la population est majoritairement hindoue, 1/4 de la population est catholique.

Mondialement célèbre pour être un repère hippie dans les années 1960, la destination balnéaire est devenue le temple branché de la musique électronique entre la fin des années 1980 et le début des années 1990. Depuis, les touristes internationaux l’ont un peu délaissé mais elle continue d’être fréquentée par les Indiens. Il faut dire que la région de Goa a un statut particulier autorisant les jeux de hasard et la vente d’alcool, elle continue donc d’attirer les fêtards.

Calangute – Chalston beach resort

Après une petite heure de route, nous prenons possession de nos chambres dans un magnifique resort familial extrêmement bien tenu à Calangute, une localité assez branchée de la côte goanaise. L’établissement comporte un restaurant en front de mer, une belle plage privée ainsi que deux piscines à taille humaine. On sait qu’on a fait le bon choix !

Le deuxième soir sera celui des retrouvailles avec mon ami d’enfance Jonathan et sa future femme Andrea, qui nous ont rejoint à Goa pour finir en beauté leur tour du Monde avant de rentrer en Guadeloupe. C’est assez étrange et amusant à la fois de se retrouver à plusieurs milliers de kilomètres de nos domiciles respectifs ! On passe vraiment quelques jours agréables ensemble tout en profitant des magnifiques couchers de soleils qui s’offrent à nous !

Arambol beach

Après avoir bien profité de la plage de Calangute, nous avons envie d’explorer les environs et choisissons Arambol Beach pour une nouvelle journée farniente et plage. L’ambiance est plutôt cool mais le plage est nettement moins bien entretenue qu’à Calangute. On profitera du petit promontoire rocheux pour décrocher quelques clichés panoramiques de la baie d’Arambol.

Panjim

Après ces journées farniente, la bougeotte nous reprend et nous partons à l’assaut de Panjim, la capitale administrative goanaise. La ville s’est développée tardivement suite à l’édification de la résidence du vice-roi des Indes portugaises en 1759.

Le quartier de Fontainhas présente des maisons coloniales colorées au charme suranné et à l’ambiance agréable. On visitera également le Temple hindou Maruti rouge orangé dédié à Hanuman, célèbre Dieu mi-homme mi-singe. Il dispose d’une surprenante pagode octogonale et offre une magnifique vue sur la ville basse.

Enfin, nous finirons en beauté avec l’église Notre-Dame-de-l’Immaculée-Conception, construite en 1609 et présentant un style colonial baroque portugais caractéristique. Elle s’avère particulièrement impressionnante avec sa double volée d’escaliers symétriques en zigzags et la lumière intense produite par ses murs d’un blanc immaculé ! Petite déception ceci dit car la visite de l’intérieur de l’église n’est pas possible.

Jardin des épices de Sahakari

Nous quittons la ville de Panjim pour rejoindre la campagne et Ponda, situé à une petite heure de là. La petite localité abrite une plantation d’épices qui se visite et permet une parenthèse verte lors de notre séjour balnéaire. La Sahakari spice farm propose ainsi un repas typique goanais suivi d’une visite guidée où sont présenté les plants de vanille, cannelle, noix de muscade, cardamome, poivre, café, clous de girofle, feuilles de curry, piment, curcuma, gingembre et jackfruit. Zacharie se sent à l’aise dans la jungle de Goa !

Old Goa

On finit enfin la journée par une courte visite de Old Goa, situé à 10 kilomètres en amont de Panjim le long du fleuve Mandovi. Elle fut la capitale des Indes portugaises pendant plusieurs siècles, surnommée la Lisbonne d’Orient, et compta jusqu’à 60 000 habitants. De nos jours la petite cité endormie compte un incroyable nombre d’édifices religieux catholiques très anciens comme la Basilique du Bon Jésus et la Cathédrale Sainte-Catherine. Le coucher du soleil en ce lieu si spécial a une saveur particulière. C’est très apaisant.

Nous finissons ainsi notre incroyable périple en Inde et nous sommes particulièrement fier de notre petit baroudeur qui a vécu une sacrée aventure pour son âge ! Pas moins de 5 états, 13 villes et des milliers de kilomètres parcourus en voiture et en avion.

Ce voyage de trois semaines a été un pur délice pour toute la famille et nous avons eu l’occasion de bien nous imprégner de la culture indienne dans toute sa diversité, musulmane, hindoue, jaïn, catholique…

Je tiens à remercier tout particulièrement l’ensemble des guides qui nous ont fait visiter les merveilles de leur pays et Piyush, notre contact qui travaille au sein de l’agence locale « Inde en Liberté » pour son grand professionnalisme et sa grande réactivité.

Thaïlande, en famille au Royaume de Siam…

La Thaïlande, un classique sur la carte des voyageurs du Monde entier ! J’avoue que cette destination ne m’attirait pas plus que cela lorsque j’ai commencé à parcourir la planète. Je me souviens avoir fait quelques recherches sur le pays au début des années 2000 lorsque je pratiquais la boxe française. En effet, le Muay Thaï ou boxe thaïe est souvent considérée comme la reine des boxes. Le caractère traditionnel et extrêmement efficace de ce sport de combat m’inspirait.

Pour autant, les clichés liés au tourisme sexuel en Thaïlande et en particulier les bordels de Pattaya me répugnaient. Je n’ai donc pas creusé davantage. Le Viêt-Nam et le Cambodge, anciennes colonies françaises, m’attiraient bien davantage, et ce d’autant plus que quelques-uns de mes amis d’enfance en étaient originaires.

Plus récemment et après avoir pas mal vadrouillé, choisir la Thaïlande en famille me semblait assez évident pour un premier voyage en Asie avec notre fils aventurier de 2 ans.

L’ancien Royaume de Siam, colosse touristique d’Asie du Sud Est, partageant régulièrement le Top10 des nations les plus visitées au Monde, est probablement l’une des destinations les plus célèbres et réputées d’Asie. Particulièrement prisé des touristes internationaux, le pays regroupe certaines des plus belles plages de la planète, un patrimoine culturel d’exception et une cuisine de caractère à tomber par terre !

Partie intégrante de la Péninsule Indochinoise, la Thaïlande est bordée par la Birmanie à l’Ouest, le Laos et le Cambodge à l’Est et la Malaisie au Sud, elle est également ouverte sur l’Océan Indien à l’Ouest et à la Mer de Chine à l’Est.

Le pays dispose de plus de 3200 kilomètres de côtes et s’étend sur environ 800 kilomètres d’Est en Ouest et 1800 kilomètres du Nord au Sud. Il comporte trois zones bien distinctes : un territoire marqué par des hautes montagnes au Nord et à l’Ouest, avec un sommet culminant à presque 2600 mètres d’altitude ; une vaste et riche plaine centrale et un haut plateau plus aride à l’Ouest. Son climat est tropical avec des températures chaudes variant de 20°C à 35°C en moyenne.

Après avoir parcouru quelques guides de voyage, les étapes du séjour ont été assez faciles à identifier : une première découverte de la bouillonnante capitale Bangkok et de ses temples, une excursion vers l’antique cité d’Ayutthaya, quelques jours dans la fraîcheur des villes traditionnelles du Nord à Chiang Mai et Chiang Rai, et un peu de farniente dans le Sud sur la côte de Krabi et les îles de Koh Phi Phi et Koh Ya Noï. C’est parti !

Bangkok

Bangkok, capitale tentaculaire, comptabilise plus de 8 millions d’habitants. Son rythme effréné, sa population galopante et ses pics de pollution rebutent bon nombres de visiteurs qui s’enfuient rapidement dans le reste du pays. Pour autant, la Cité des Anges présente de nombreux trésors, constituant de véritables incontournables lors d’un séjour en Thaïlande.

Pendant nos quelques jours à Bangkok, nous nous sommes concentrés sur la découverte des Grands classiques : Temples Wat Pho et son Bouddha couché, Wat Arun et sa pyramide à degrés, et l’opulent Palais Royal. Une excellente entrée en matière au pays du sourire !

Wat Pho

Situé sur la rive Est du fleuve Chao Phraya, en plein cœur de Bangkok, le Wat Pho, aussi appelé Temple du Bouddha couché, est l’un des plus anciens et plus grands temples bouddhistes de la capitale.

Le complexe est vaste et se déploie sur près de 8 hectares. Il est composé de salas, pavillons servant de lieu de réunion, de méditation ou d’enseignement. Il comporte également de nombreuses stupas. Quatre d’entre elles se distinguent par leurs dimensions hors norme et représentent chacune un roi de la dynastie Chakri (Rama), qui fit de Bangkok la capitale du Royaume.

Wat Pho est considéré comme étant un centre d’enseignement bouddhique de premier plan en Thaïlande. Il comporte également une école de massage thaï et de médecine traditionnelle.

Mais le clou du spectacle reste l’entrée dans le bot, bâtiment principal du temple bouddhiste, qui abrite une statue monumentale et lumineuse recouverte de feuilles d’or. Mesurant 46 mètres de long et 15 mètres de haut, elle représente Bouddha couché, apaisé, libéré des désirs terrestres et atteignant le Nirvana.

Grand Palais

Après cette mise en bouche de choix, nous nous dirigeons vers le l’ancien Palais Royal, également appelé Grand Palais qui se situe à quelques encablures du Wat Pho. La foule est au rendez-vous mais le site est très vaste, occupant près de 30 hectares !

Le site est composé de nombreux palais, bâtiments, pavillons, cours et jardins d’époques différentes. Le Grand Palais fut construit à partir de la fin du 18ème siècle et reprend les codes de l’architecture traditionnelle thaïlandaise, mêlée à certains éléments européens.

Il accueillait autrefois la résidence du Roi mais continue à symboliser la puissance de la Monarchie thaïlandaise. Il abrite également le temple le plus sacré du Siam, le Wat Phra Kaew où trône le vénéré Bouddha d’émeraude.

Les nombreux palais et statues, richement décorés, scintillent de milles feux. Les frises et mosaïques aux styles très différents sont majestueux, sans parler des exceptionnelles fresques qui ornent les murs témoignant de la mythologie thaïlandaise. C’est un vrai régal, on en oublierait presque les hordes de touristes.

Wat Arun

Dernière étape de la journée de l’autre côté du fleuve Chrao Phraya. Après une courte traversée en bateau, nous pénétrons dans l’un des temples les plus célèbres de la capitale thaïlandaise, le Wat Arun ou temple de l’aube.

En entrant dans le temple, une vraie ambiance de sérénité se dégage. Nous sommes relativement peu nombreux et croisons quelques couples posant pour des photos en magnifiques tenues traditionnelles d’apparat. Les colonnades blanches du bot (bâtiment principal du temple), maculées de blanc et décorées de lotus rose nous émerveillent.

On poursuit en direction des prangs, ces tours en forme de pyramides à degrés, typiques de l’architecture sacrée khmère, et nous retrouvons une foule bien plus importante.

Culminant à près de 80 mètres de haut, le prang central domine fièrement les environs, et constitue en quelque sorte l’un des symboles de Bangkok.

Richement décorés, les prangs sont ornés d’une incroyable quantité d’éclats de porcelaine chinoise avoisinant les 300 000 morceaux. Telle une montagne sacrée, l’ascension raide et compliquée du prang central représente la difficulté d’atteindre les niveaux supérieurs de l’existence.

Parc Historique d’Ayutthaya

Après une superbe première journée au cœur de Bangkok à parcourir les plus belles pagodes de la capitale, nous mesurerons la grandeur du patrimoine culturel thaïlandais et décidons de remonter un peu le temps en partant à l’assaut de l’antique cité d’Ayutthaya.

Ce sera Veera, chauffeur de taxi avec lequel nous avons sympathisé la veille, qui nous amènera dans l’ancienne capitale du royaume de Siam. Située à seulement 80 kilomètres au nord de Bangkok, Ayutthaya présente un vaste parc historique classé qui recèle de très nombreuses temples et bâtiments officiels plus ou moins ruinés.

La découverte de ce lieu magique me replonge quelques années auparavant lorsque j’ai eu la chance d’arpenter les merveilleuses ruines d’Angkor qui me faisaient tant rêver. Et pour cause, l’architecture khmer se retrouve parfois dans les différents édifices que nous découvrons, témoins d’échanges entre les deux peuples.

Au cours du 14ème siècle, la montée en puissance du Royaume de Siam marqua la fin de l’Empire Khmer et la chute d’Angkor, envahie par les troupes thaï en provenance d’Ayutthaya.

La ville deviendra par la suite la capitale du Royaume de Siam pendant près de 4 siècles avant que le pouvoir ne s’établisse finalement à Bangkok.

Wat Yai Chai Mongkhon

Veera nous propose de visiter dans un premier temps le Wat Yai Chai Mongkan. Ce temple, situé légèrement en périphérie du centre historique d’Ayutthaya fut édifié au 14ème siècle pour accueillir des bonzes revenant de Ceylan (actuel Sri Lanka).

Le Wat Yai Chai Monghkan comporte un chedi (stupa) monumental qui culmine à plus de 70 mètres de haut. Il est entouré d’une lignée de Bouddhas assis. On grimpe les quelques dizaines d’escaliers permettant de rejoindre le cœur du stupa et accéder à la plateforme panoramique en transpirant à grosses gouttes. Veera nous récupère et nous profitons de la climatisation de son véhicule avant de découvrir un nouveau temple.

Wat Chai Watthanaram

Suite à une petite pause gourmande pour reprendre des forces, nous découvrons sous nos yeux ébahis, un temple d’un tout autre style : le Wat Chai Watthanaram ! Ce temple, édifié bien plus tardivement au 17ème siècle, constitue un merveilleux exemple de l’art khmer. Il aurait été construit pour célébrer la victoire du Royaume d’Ayutthaya sur l’Empire Khmer plusieurs siècles auparavant. Le Roi Prasat Thong le fit ériger en hommage à sa mère. Tout un symbole.

La visite est très agréable car le site est très vaste et offre des perspectives très intéressantes. Les prangs sont bien ciselés et la vue depuis le Chao Phraya vaut son pesant d’or. Il y règne un véritable air d’Angkor Wat. On a adoré !

Wat Phra Ram

On se balade tranquillement dans le centre historique d’Ayutthaya et on découvre un nouveau prang assez imposant. Un nouveau temple s’offre à nous. A nouveau, nous sommes surpris par la sérénité des lieux. On croisera 4 touristes en tout et pour tout. Zacharie, notre explorateur en herbe, s’éclate avec les cailloux et les branches qu’il ramasse en chemin !

Le Wat Phra Ram est plus ruiné que le temple précédant mais la magie opère avec la végétation qui est assez présente. Ce temple aurait été bâti sur les lieux de la crémation du Roi U-Thong, fondateur du Royaume d’Ayutthaya.

Wat Phra Si Sanphet

On continue notre visite de l’ancienne capitale en direction du Wat Phra Si Sanphet. Le site est à nouveau complètement différent des précédant, notamment sur le plan organisationnel avec 3 chedis en forme de bols renversés et alignés. Cette vision me ramène à mon adolescence lorsque je jouais à Street Fighter II et que j’affrontais les combattants thaï dans des décors assez similaires.

Ce temple, le plus important de l’ancienne capitale, servait de temple royal. Les 3 chedis sont majestueux et tellement imposants qu’il est difficile de les faire rentrer tous dans l’objectif de mon appareil photo. Ils renferment des reliques de trois Rois d’Ayutthaya.

Wat Mahathat

Nous commençons à être un peu fatigués et notre journée s’achève par un grand classique d’Ayutthaya, le Wat Mahathat. Ce temple est à nouveau un bel exemple d’architecture khmer. La lumière du soleil couchant nous offre un superbe spectacle en léchant les constructions aux briques orangées finement ciselées.

Là encore, nous sommes relativement tranquilles sauf à un endroit, le figuier des pagodes. Ce figuier étrangleur sacré, emblème du bouddhisme, est probablement photographié par la grande majorité des visiteurs qui viennent découvrir Ayutthaya. Il présente la particularité d’enserrer une tête de Bouddha entre ses racines et il est vrai que c’est assez spectaculaire.

Chiang Rai

Après cette première étape culturelle de choix, nous embarquons pour le Nord du Pays en direction de Chiang Rai, non loin du Triangle d’or. C’est là que nous sommes accueillis par la sympathique Nancy qui tient un charmant hôtel familial dans lequel nous séjournerons.

Nancy nous accueille et fait tout pour nous mettre à l’aise. Elle tombe rapidement sous le charme de Zacharie et ses bouclettes blondes. Nous prenons la route sans plus attendre pour visiter un premier site, le Wat Huay Pla Kang.

Wat Huay Pla Kang

Situé sur les collines qui jouxtent la ville, ce temple n’est pas le plus visité de la région mais gagne à être connu. D’architecture chinoise lanna, il se distingue par son imposante statue blanche immaculée de Guan Yin, déesse de la miséricorde bouddhiste. Divinité importante, elle a atteint l’illumination mais reste dans le monde physique pour aider le reste de l’Humanité à faire de même.

Après avoir gravi la série d’escaliers enserrée par deux dragons menaçants, nous pénétrons dans les entrailles de l’hospitalière Guan Yin et empruntons un ascenseur pour gravir les 25 étages qui nous séparent de la plateforme d’observation offrant une vue imprenable sur toute la région.

Ce temple est vraiment l’un des plus originaux que j’ai eu l’occasion de visiter. Sa couleur blanche nous éblouit sous un soleil radieux. Une belle première découverte et mention spéciale pour les superbes dragons protecteurs.

Temple Bleu – Wat Rong Suea Ten

Nous poursuivons vers le Nord de la ville en direction de l’un des grands classiques de la région, le Temple Bleu.

Le Wat Rong Suea Ten, littéralement temples des tigres dansant, rend hommage aux tigres qui peuplaient les environs au cours d’une époque lointaine. Bâti sur les berges de la rivière Kok, le Temple Bleu est l’œuvre du célèbre architecte qui a conçu l’exceptionnel Temple Blanc, incontournable à Chiang Rai.

Il se caractérise par son mélange de couleurs bleu profond et or à l’extérieur comme à l’intérieur, assez atypique pour les temples bouddhistes. Les décors peints sont très travaillés et le spectaculaire ubosot abrite un majestueux Bouddha blanc en position de lotus.

Wat Phra That Chom Sak

Sur le chemin du retour en direction de l’hôtel, nous nous arrêtons pour visiter un temple doré que nous avions repéré depuis la route. Il s’agit du Wat Phra That Chom Sak, qui n’est pas du tout sur la liste des temples visités par les touristes internationaux.

Zacharie reste avec Nancy et nous gravissons la série d’escaliers, à nouveau gardée par plusieurs dragons, dorés cette fois. Le temple est littéralement désert et nous apprécions la quiétude des lieux. Pour autant, le temple est centre spirituel important de Chiang Rai, sa stupa dorée centrale abriterait des reliques sacrées de Bouddha.

Il est temps de rentrer chez Nancy pour se détendre enfin et profiter du beau parc arboré et de l’agréable piscine ! Un bon repas traditionnel fait maison clôturera parfaitement la journée.

Baan Dam Museum

Thawan Duchanee est un célèbre peintre et plasticien thaïlandais. Né en 1939 à Chiang Rai, il jouit d’une renommée internationale. Ces thèmes de prédilection sont le bouddhisme et la psychologie. Il s’intéresse particulièrement au courant surréaliste depuis ses études en Europe, ce qui transparait dans l’ensemble de son œuvre. Il s’éteint en 2014 à l’âge de 74 ans.

La Baan Dam Museum, littéralement Musée de la Maison Noire, est un musée privé établi sur un vaste domaine qui compte de nombreuses bâtisses érigées par Duchanee. Ce qui n’était à la base que le modeste atelier du peintre s’est métamorphosé au fil des années en un chef d’œuvre architectural monumental.

Le style architectural est métissé mais présente souvent les signes de la culture Lanna très présente dans la région. Contrairement à la majorité des édifices bouddhistes, ici la couleur noire règne en maître, apportant un caractère inquiétant qui pousse le visiteur à l’interrogation ! Une visite pas comme les autres qui nous permet de découvrir l’univers si particulier de Duchanee.

Plantations de thé de Choui Fong

En route pour le célèbre triangle d’or, nous faisons une petite halte aux plantations de thé de Choui Fong. Ces plantations sont les plus grandes de Chiang Rai et parmi les plus qualitatives du pays. J’avoue cependant ne pas être renversé par les paysages car je me souviens encore de mon passage dans les Cameron Highlands en Malaisie où le relief était bien plus découpé et les points de vue sur les plantations encore plus spectaculaires.

Triangle d’or et Karen Long Neck Village

Nous poursuivons donc en direction de la triple frontière Thaïlande – Laos – Birmanie, cœur du célèbre Triangle d’or. Cette région mythique fut autrefois l’épicentre du commerce de l’opium. Cette zone, aujourd’hui pacifiée, fut pendant de nombreuses décennies particulièrement instable en proie aux trafics de drogues et aux guerres de clans rivaux.

Pour palper l’âme de ce territoire montagneux, nous rejoignons Sop Ruak, petite localité située à la confluence du Mékong et de son affluent le Ruak. Un accueillant belvédère aménagé nous permet de bien contempler les berges des trois pays frontaliers. La ligne de rencontre des eaux nous saute aux yeux avec les couleurs très différentes des deux cours d’eau.

Nous quittons Sop Ruak et partons à la rencontre des Karen Long Neck. Originaires de Mongolie, cette ethnie s’est établie en Birmanie il y a plus de 700 ans. Persécutée par les Birmans depuis plusieurs décennies, une partie de cette minorité a fait le choix d’émigrer et de se réfugier en Thaïlande. On compte ainsi plusieurs villages de Karen dans les régions montagneuses du Nord de la Thaïlande.

Nous franchissons les portes de l’un d’entre eux. Nous avons lu quelques avis avant de tenter l’expérience et je dois dire que nous aussi sommes partagés. Le village est bien aménagé et la visite agréable. On est vraiment en contact avec la population locale, mais on a un peu l’impression d’être dans un zoo humain. Ce côté voyeuriste est dérangeant. Si avec certains villageois, il y a de véritables échanges, avec beaucoup d’autres, on sent de la lassitude, de la fatigue et une espèce de mise en scène. Finalement pas sûr que la visite de ce village aide véritablement la communauté…

Pour autant, nous avons étais ébloui par les costumes colorés et très impressionnés par les femmes Karen aux long cous. Symbole de beauté ultime, elle se pare d’un collier en spiral entièrement en cuivre, souvent à partir de 5 ans qui leur permet d’allonger considérablement le cou.

Temple blanc

Pour la dernière étape de notre séjour à Chang Rai, nous nous devions de visiter l’un des plus emblématiques temples bouddhiste contemporains, le Wat Rong Khun, communément appelé Temple Blanc.

Il est l’œuvre du célèbre artiste thaïlandais Chalermchai Kositpipat, qu’il mit une dizaine d’année à construire. Entièrement blanc, il symbolise la pureté du Bouddhisme. Il est incrusté de milliers de fragments de miroir. L’entrée dans l’ubosot met le visiteur en situation : après avoir franchi une mer de mains terrifiantes provenant des ténèbres et représentant la souffrance, il passe sous une paire de défenses de pachydermes monumentales.

Même si beaucoup de représentations sont clairement contemporaines et parfois déstabilisantes par rapport aux temples bouddhistes classiques, il faut reconnaître que le site est exceptionnel et mérite vraiment le coup d’œil. Le temple est extrêmement fréquenté mais la gestion des flux est plutôt efficace. Le comportement de certains touristes étrangers nous fait cependant quand même parfois grincer des dents.

Chalermchai, en édifiant ce temple a voulu rendre hommage au Roi Rama IX décédé en 2016 et originaire de Chiang Rai. Le Wat Rong Khun continue son expansion et devrait être intégralement finalisé en 2070.

Wat Sang Kaew Phothiyan

Situé à une cinquantaine de kilomètres au Sud-Ouest de Chiang Rai, sur la route de Chiang Mai, le Wat Sang Kaew Phothiya, est un vaste temple fondé en 2006. Il présente plusieurs espaces très diversifiés : une arche d’entrée colorée monumentale, un jardin mystique et secret, un ubosot couleur vermeil aux fresques dorées d’une finesse rare, un champ de statues géantes de divinités dont la plus imposante représente Ganesha et un sanctuaire des moines vénérés dans la région.

Le Wat Sang Kaew Phothiyan est encore peu connu des touristes étrangers et lors de notre passage nous avons peut-être croisé un ou deux couples d’Européens, un monde comparé aux hordes d’instagrameurs qui se bousculaient au Temple Blanc. Nancy a visé juste avec cette visite totalement imprévue qui restera un vrai coup de cœur de notre escale sur Chiang Rai.

Chiang Mai

Annicha, amie de Nancy, prend le relais pour nous guider lors de notre étape à Chiang Mai. Nous commençons par une excursion à la journée pour découvrir la Réserve des Eléphants de Mae Taman. Nous n’en avions jamais vu de près (à part au zoo) et je dois dire que nous attendions cette journée avec impatience.

Réserve des éléphants de Mae Taman

La réserve se situe à deux heures de route, à une petite centaine de kilomètres au Nord de Chiang Mai. A notre arrivée, on se voit remettre des tickets et on nous explique le programme. Nous commençons par un spectacle qui se déroule sur un petit terrain de jeu. Les éléphants se rapprochent de nous et cherchent quelques gourmandises avant d’entrer véritablement en scène. Ils nous impressionnent en jouant au football, puis en peignant des toiles comme de vrais artistes. L’ambiance est bon enfant. Les pachydermes sont majestueux et impressionnants.

On poursuit avec une balade à dos d’éléphant d’une vingtaine de minutes. Nous montons sur une petite plateforme arrimée sur son dos et je dois dire que nous ne sommes pas du tout à l’aise. C’est très instable et nous luttons pour ne pas tomber. Zacharie est très impressionné et semble décontenancé. Pour autant, il prend son courage à deux mains, et nous traversons finalement assez facilement la rivière avant une petite virée dans la jungle sur des chemins très raides.

Ce fut une vraie expérience mais nous n’avons aucune envie de remonter sur le dos de l’éléphant. Une petite carriole tirée par des buffles nous attend déjà pour découvrir le village. La balade est nettement plus tranquille.

Le repas est prêt, un buffet chaud nous attend et nous en profitons pour reprendre quelques forces. Pendant ce temps, les équipes du parc préparent les radeaux en bambous pour notre dernière balade qui s’effectuera sur la rivière Mae Taman. Nous nous laissons donc guider par les flots sur plusieurs kilomètres et admirons le paysage et les autres sanctuaires pour éléphants. La croisière est très agréable.

Je dois dire que nous avons passé un excellent moment que nous ne sommes pas prêts d’oublier. Cependant, à notre retour en France, nous apprendrons que beaucoup de ces parcs maltraitent littéralement ces animaux et qu’il est donc important de bien se renseigner en amont.

Wat Phrathat Doi Suthep

Situé à une petite quinzaine de kilomètres au Nord de Chiang Mai, le Wat Phrathat Doi Suthep est bâti sur une petite montagne à 1 000 mètres d’altitude. Il offre un panorama grandiose sur la capitale du Nord de la Thaïlande.

Fondé au 14ème siècle, son Chedi monumental doré contiendrait des reliques de Bouddha déposé par un éléphant blanc. Ce temple, sacré pour les Thaïlandais, est l’un des plus célèbres du pays et son emplacement dominant les environs en fait un but de visite incontournable pour les visiteurs étrangers.

Mais y accéder se mérite, en effet, il faut gravir plus de 300 marches pour découvrir le complexe. Le Wat Phrathat Doi Suthep est richement décoré et présente un style Lanna caractéristique de la région avec des fresques et ornements finement exécutées aux couleurs vermeil et or.

Wat Suan Dok

Dernier temple de la journée pour la petite famille avant de retourner à l’hôtel après un journée riche en émotions et découvertes ! Nous arrivons donc au Wat Suan Dok, l’un des plus beau temple de Chiang Mai, pour le coucher du soleil. Nous sommes seuls au monde et apprécions l’ambiance particulièrement sereine tranchant littéralement avec les embouteillages incessants de la ville.

Le principal attrait du temple réside dans l’orignal cimetière composé de chedis blanchis à la chaux et renfermant les cendres de dirigeants et membres de la famille royale de Chiang Mai. Nous en faisons le tour et apprécions la variété architecturale des stupas. Zacharie se croit dans un labyrinthe et finira par faire connaissance avec quelques jeunes moines qui étudient au centre d’éducation bouddhiste établi sur place.

Wat Luang Khun Win

Nous partons à la découverte d’un dernier temple, qu’on peut qualifier de joyau secret. Situé à environ 1h30 de route, le Wat Luang Khun Win se mérite, les derniers kilomètres relèvent plus du sentier caillouteux que d’une vraie route. Nous avons l’impression de partir à l’aventure en rejoignant le temple perdu dans la montagne au beau milieu de la jungle.

Une fois arrivés, nous comprenons pourquoi Annicha a souhaité nous amener ici. Nous sommes quasiment les seuls touristes sur place et l’ambiance qui règne est totalement différente de tout ce que nous avons vécu jusqu’à présent. C’est un moment magique.

Zacharie inspecte les moindres détails des menaçants dragons blancs aux yeux rouges qui protègent les lieux ! Construit il y a plus de 700 ans dans le plus pur style régional Lanna en boiserie finement ciselée, le temple est d’une beauté saisissante.

Cascade Mae Sa Pok

Sur le chemin du retour, Annicha nous suggère une petite promenade dans la jungle pour partir à l’assaut de la Cascade de Mae Sa Pok. Il est clair que cela nous change un tantinet des nombreux temples que nous avons eu plaisir à explorer.

Après une quinzaine de minutes d’ascension le long d’un chemin qui suit la petite rivière, nous commençons à entendre le bruissement sourd de la cascade. Le site est très beau et encore une fois assez calme, les eaux vives de la cascade se jettent à près de 30 mètres de haut dans la rivière en contrebas. Zacharie profite de ce petit moment hors de la voiture et joue avec tout ce qu’il trouve, bâtons et cailloux font de lui un petit vadrouilleur heureux !

Nous regagnons la voiture et rejoignons l’aéroport pour la deuxième partie du voyage, bien plus calme en mode balnéaire dans le Sud de la Thaïlande dans les environs de Krabi. Nous allons enfin tous pouvoir nous reposer et passer une peu moins de temps dans la voiture, surtout Zacharie qui commençait franchement à saturer et on comprend pourquoi.

Krabi

Pour ces quelques jours dans le Sud de la Thaïlande, nous avons choisi les environs de Krabi que j’imagine plus familial et tranquille que Phuket, même si je n’y ai jamais mis les pieds. Il fait nettement plus chaud que dans le Nord et nous avons hâte de découvrir les plages paradisiaques qui font la réputation de la région !

Ao Nang

Nous posons nos valises à Ao Nang, station balnéaire située à quelques kilomètres de Krabi. La petite ville côtière présente un vaste front de mer très agréable et bien aménagé. L’heure n’est plus à la visite mais au farniente. Le premier jour, nous n’avons qu’une idée en tête, profiter de la mer et de la piscine de l’hôtel. Ahhhh ! un peu de repos après cette expédition millimétrée, ça fait du bien.

La longue allée commerçante qui mène à la plage concentre de nombreuses boutiques de souvenirs, de vêtements et de jeux de plages. Bars à jus et restaurants viennent compléter l’offre. Nous commençons donc notre séjour par un petit déjeuner en bord de route avec jus de mangue frais et petits plats thaïlandais. Tout le monde se régale…

Après nous être ragaillardis, nous découvrons la plage principale d’Ao Nang, elle est déjà magnifique. Nous décidons de nous diriger un peu plus au Sud vers Pai Plong Beach, car les pains de sucres en arrière plan nous attirent ! Mais pour rejoindre cette plage, il nous faut d’abord emprunter un sentier muni d’escalier en bois appelé Monkey Trail et on comprend assez rapidement pourquoi. Le jeu en vaut la chandelle lorsque nous arrivons, la vue est grandiose. Nous passerons l’après-midi ici.

Excursion à Koh Phi Phi

Deux jours plus tard, après nous être mis au rythme du farniente, nous avons à nouveau la bougeotte. On se renseigne auprès des agences de voyages locales qui proposent des excursions en bateau à la journée. Nous rêvons de fouler le sable blanc de l’incroyable plage de Maya Bay sur l’île de Koh Phi Phi Don, rendue célèbre dans le Monde entier par le film « The Beach » avec Leonardo DI Caprio, Guillaume Canet et Virginie Ledoyen. Billets en poche, nous partons au terminal maritime pour embarquer sur un speed boat. Zacharie, matelot en herbe, qui adore le bateau et les sensations fortes ne sera pas déçu ! C’est parti pour 50 minutes de traversée à fond les moteurs.

Premier stop sur l’île de Koh Yung. La plage de sable blanc est paradisiaque et nous pouvons profiter d’une petite baignade sympathique pendant une bonne heure. Un vrai régal. Nous apercevons en toile de fonds l’île Bamboo Island.

Après nous être prélassés, nous embarquons à nouveau, cette fois-ci en direction de Koh Phi Phi Don. L’île est plus grande mais il y a énormément de bateaux. Au vu de la renommée de l’île on s’en doutait un peu, mais là ça dépasse l’entendement, c’est littéralement noir de monde. Le débarquement se fait assez difficilement sur des pontons flottants qui brinquebalent dans tous les sens. Nous rejoignons une file indienne compacte en route pour Maya Bay. On se prête au jeu et on patiente. Nos efforts finissent par payer après une bonne demie-heure de marche au pas.

« La Plage » s’offre à nous, c’est spectaculaire. Il fait vraiment chaud, le sable blanc nous aveugle, l’eau se pare d’une couleur bleu émeraude intense comme nous en avons rarement vu. C’est un vrai trésor. Fermée au public de 2018 à 2022 en raison de sa surfréquentation qui a abimé les écosystèmes, elle est à nouveau accessible mais la baignade reste strictement interdite et c’est tant mieux !

Les visiteurs asiatiques, pour qui la foule ne pose que peu de problèmes, restent tous cantonnés au point d’accès de la plage. Les occidentaux, eux, préfèrent fuir le plus possible la foule et parcourent l’estran pour trouver un semblant de tranquillité.

Même si le spot est extrêmement fréquenté, nous avons pris beaucoup de plaisir à découvrir ce petit bijou mais il se mérite et l’inconfort du tourisme de masse est clairement palpable ici.

Koh Yao Noi

En me renseignant un peu sur les îles accessibles depuis Krabi, je tombe sur un blog dont l’auteur relate son passage sur une île voisine, qui abrite une belle communauté d’oiseaux endémiques semblant faire partie de la famille des toucans avec un beau bec orangé.

Nous aimons les oiseaux et avons un couple d’inséparables depuis 2018, à la suite à notre voyage en Iran où nous sommes tombés sous le charme de ces charmants volatiles. On se dit que partir observer ces beaux oiseaux dans leur milieu naturel pourrait vraiment être fun avec Zacharie. Ni une ni deux, on retourne au terminal maritime avec cette fois pour destination l’île de Koh Ya Noi.

Nous avons réservé dans une petite guesthouse qui loue des cabanes rudimentaires mais sympathiques, parfait pour notre petite escapade en mode Robinson Crusoé. Nous discutons avec le propriétaire qui nous met en contact avec un chauffeur de l’île connaissant bien ces oiseaux et les lieux à privilégier pour les observer.

Nous prenons place à bord de son tuk-tuk et nous nous arrêtons à proximité d’un beau complexe hôtelier. Un petit sentier en bois sur pilotis bien aménagé nous offre l’opportunité de nous enfoncer dans la mangrove à l’affût des calaos, qui n’ont en commun avec le toucan que la belle couleur du bec jaune orangé surdimensionné. Nous trouvons un nid mais il ne semble pas habité. On fait chou blanc mais on ne renonce pas pour autant !

Nous prenons un peu de hauteur au sortir de la forêt et ça y est nous en apercevons quelques-uns en train de récolter de petites baies au sommet des arbres. C’est l’explosion de joie du petits groupe d’aventuriers que nous sommes ! Zacharie est très content d’avoir trouvé des toucans (car il a décidé que c’était quand même des toucans).

Le chauffeur nous amène dans un dernier endroit en bord de plage où un petit nid a été aménagé. Et là, le spectacle est grandiose, le calao est à quelques mètres de nous et nous l’observons, c’est magique. Nous rentrons à l’hôtel satisfaits et accomplis.

Ce séjour en Thaïlande m’aura vraiment réconcilié avec le pays dont j’avais une vision bien trop réductrice. Force est de constater que tout est simple lorsqu’on voyage dans ce pays. Les gens sont sympas, trouvent toujours des solutions et ont une vraie culture de l’accueil et du partage. Sans parler du patrimoine culturel, naturel et gastronomique du pays. Une vraie belle découverte que j’avais occulté en quête de destinations plus originales.

Je dis rarement cela mais je pense vraiment retourner un jour en Thaïlande pour découvrir d’autres régions moins connues et certainement encore plus authentiques. Je suis encore en contact régulier avec Veera et Nancy et j’espère que nous nous reverrons en Thaïlande ou en France, qui sait ?