Cap sur la Guadeloupe, l’archipel papillon…

La Guadeloupe, Karukera en langue caraïbe, est un archipel célèbre qui fait partie des Antilles Françaises et qui constitue une destination touristique très populaire en métropole. Son simple nom évoque les plages paradisiaques, la plaisance en eaux limpides, une végétation luxuriante, la culture créole colorée, les fruits de mer alléchants et le rhum exquis et convoité…

Plus grande et plus peuplée que la Martinique, la Guadeloupe totalise une superficie d’environ 1 500 km2 et présente une longueur maximale d’une centaine de kilomètres. Près de 400 000 personnes vivent sur l’archipel formé par la Guadeloupe, la Désirade, Marie-Galante, les Saintes, Petite-Terre et de nombreux îlets.

L’île principale, la Guadeloupe a la particularité de présenter une forme originale s’apparentant à un papillon. Elle est constituée de deux parties distinctes : Grande Terre et Basse Terre, séparées par un étroit bras de mer, appelé Rivière Salée, n’excédant pas 200 mètres de large.

Escarpée et luxuriante, Basse-Terre est dominée par la Soufrière qui culmine à plus de 1 467 mètres, constituant le plus haut sommet des Petites Antilles. A contrario, Grande-Terre se caractérise par un climat beaucoup plus sec et un relief bien moins accidenté.

Près de 10 ans après mon premier et extraordinaire séjour en Martinique dans la famille de mon ami RastaMatnik, je pose à nouveau les valises en terre antillaise. Mais, cette fois si, Cap sur la Guadeloupe en famille, où mon ami d’enfance Djo a tenté l’aventure pour quelques années.

Deshaies, le coup de coeur

Paris – Pointe-à-Pitre : Premier long courrier pour mon fils Zacharie, tout juste âgé d’un an, qui s’est tenu comme un chef pendant les 9 heures de vol. On sort de l’avion et l’amplitude thermique se fait vite ressentir ! Il fait bien chaud ! Que c’est agréable en plein hiver !

Après avoir récupéré notre voiture de location, on se dirige vers Deshaies du côté de Basse Terre, où ma frangine Ysaline nous a dégoté une superbe villa avec piscine, terrasse et vue sur la Mer des Caraïbes. C’est un vrai petit paradis et on va débuter ces vacances tranquillement en profitant un maximum de ces superbes installations. Un iguane familier des lieux viendra même nous rappeler que nous ne sommes que de passage, et qu’il est ici chez lui !

Le soleil tape, les cocktails planteurs s’enchaînent au cours de cette première matinée, et on alterne entre tartine de crème solaire et bains rafraichissants dans la piscine. Après quelques discussions pour fixer la suite du programme, on se décide à partir à la découverte de la plage située juste en contrebas de notre hébergement. Il s’agit de la superbe Plage de Leroux, qui présente une anse quasi parfaite enserrée par deux belles collines verdoyantes. L’endroit est plutôt fréquenté mais très nature et après deux petites heures de baignade, on profite d’un coucher de soleil doré qui s’offre à nous. Il est à peine 18h, mais sous les tropiques la nuit tombe très vite !

Le Saut de l’Acomat

Nouvelle journée, nouveau défi. On longe la côte pour rejoindre le Sud de Basse-Terre en direction d’une belle cascade assez accessible avec bébé, le Saut d’Acomat.

L’équipe s’enfonce tranquillement dans la jungle qui se densifie à chaque pas. On se prend pour des aventuriers mais nos claquettes nous rappellent que nous ne sommes que de simples touristes.

Après avoir franchi l’Acomat, on croise les premiers curieux venus se rafraichir et profiter du spectacle offert par Dame Nature. On remonte le cours d’eau avec prudence en suivant le grondement de la cascade qui s’annonce. On escalade encore quelques rochers, et la fameuse chute d’eau nous ébahit.

Ce n’est certainement pas la plus importante, ni la plus impressionnante de l’île, mais l’endroit est vraiment magnifique avec cette ambiance moite et cette végétation luxuriante. C’est tellement différent de nos cascades européennes, aussi belles soient-elles. On se croirait, l’espace d’un instant, dans une pub TV vintage pour Tahiti Douche !

Jardin Botanique de Deshaies

On ne quittera pas Deshaies sans avoir visité l’incontournable Jardin Botanique. La propriété de 7 ha a d’abord appartenu à un collectionneur de plantes rares, qui l’a ensuite vendu à Coluche en personne. A la mort de ce dernier, un ami à lui s’en est acquit pour en faire un petit paradis de la biodiversité ouvert au public. Quel bel hommage que ce petit Éden !

Le Jardin Botanique attire plus de 150 000 visiteurs par an, ce qui en fait un des sites de visite les plus fréquentés de la Guadeloupe. Il permet d’appréhender la flore endémique des Antilles mais également d’autres contrées. Le sentier d’1,5km propose de nombreux espaces à thèmes : enclos à loriquets, cascade, étang aux nénuphars, bougainvilliers, cactus, orchidées, bassin à carpes koï, volière à Aras bleus…

C’est une vraie merveille. On en prend plein les yeux ! Il y a un peu d’affluence mais cela reste tout à fait acceptable. On passe vraiment un moment agréable. On guette la moindre réaction du petit face à toutes ces couleurs, toutes ces plantes et animaux. Il se régale et nous aussi. On aura même la chance d’observer d’habiles colibris se délecter de nectar récolté en vol stationnaire dans les pistils de fleurs. La rencontre dans la volière avec les loriquets aux couleurs flamboyantes est également un coup de cœur !

Journée bateau dans le Grand Cul-de-sac Marin

On a envie de profiter davantage de la Mer et on décide de se faire une journée bateau. Sans hésitation, Djo nous suggère de partir naviguer au cœur du Grand Cul-de-sac Marin. Il s’agit en fait d’une vaste baie de 15 000 Ha aux eaux peu profonde (2 à 5 mètres) enserrées au Nord de l’île entre Basse-Terre et Grande-Terre et fermée au large par un récif corallien. Classée en Réserve de Biosphère par l’UNESCO, elle présente la forêt marécageuse la plus massive des Petites Antilles, la plus grande barrière de corail et des herbiers très riches et variés.

On embarque au petit port de Sainte-Rose et nous sommes déjà dans le Grand Cul-de-sac Marin. Après s’être familiarisé avec l’embarcation, Djo met le cap sur la mangrove. On y fait un petit tour rapide, histoire de prendre le pouls de cette forêt de palétuviers. On repart rapidement pour laisser ce biotope fragile au calme.

Après une session baignade en eaux peu profonde, on poursuit notre balade nautique en direction de l’îlet Caret. Ce magnifique îlet paraît assez irréel. Il doit son appellation aux tortues « carettes » qui venaient y pondre. L’îlet mesure 120 mètres de long et 20 mètres de large. Le sable blanc qui la constitue provient de résidus de coraux morts du récif situé à une centaine de mètres plus loin. On joue les Robinson Crusoé sur cette petite île mais les vagues font encore bien peur à Zacharie.

Pour finir cette journée en beauté, on enfile nos masques et tubas pour une session snorkeling au dessus de l’épave à Caret. Cette épave, utilisée à l’époque pour l’enlèvement du sable a été coulée volontairement en 1998 pour créer une zone de développement pour les Algues dont sont friands les poissons. On y verra quelques beaux spécimens aux couleurs flamboyantes et un majestueux poisson scorpion au venin redoutable !

On regagne Deshaies heureux mais épuisés. Une bonne nuit de sommeil s’impose.

D’une île à l’autre, virée aux Saintes

Après une nuit finalement assez courte, l’équipe part en direction de Trois Rivières dans l’extrême Sud de Basse-Terre, à une heure et demie de route de Deshaies.

Nous arrivons en temps voulu au port, déjà bien fréquenté, pour embarquer dans le ferry en direction des Saintes et ses quatre îlots. Une quinzaine de minutes suffisent pour faire la traversée jusqu’à Terre-de-Haut, îlot principal de l’archipel. Les Saintes sont saisissantes de beauté combinant relief escarpé, camaïeux de bleu et de vert et cases aux toitures cramoisies.

L’île ne compte que quelques rares véhicules à moteur thermique. Ici pour se déplacer, il faut louer un vélo ou une voiturette électrique. Djo a envie de faire un peu de sport, alors il tente le VAE. Pour les autres, ce sera voiturette de golf turquoise. Zacharie est aux anges et nous aussi !

On parcourt les routes sinueuses de l’île et déjà la batterie du vélo de Djo présente quelques signes de fatigue. Les points de vue spectaculaires s’enchaînent avec l’altitude. On profite un maximum des paysages.

Djo nous guide ensuite vers le Pain de sucre et on fait une pause fraîcheur sur la plage située à son pied, la splendide plage de l’Anse du Pain de sucre. L’ambiance est plutôt originale, les touristes partagent leurs serviettes avec des poulets en liberté et plusieurs pélicans qui nous surprennent par leur agile technique de pêche.

On reprend la route en direction du Fort Napoléon qui domine l’autre extrémité de l’îlot, à 4 kilomètres de là. A mi-parcours, je propose à Djo de prendre le relais à vélo. Ce sera un mauvais choix car quelques centaines de mètres plus loin, la batterie lâche définitivement et la dernière partie du trajet présente un dénivelé plutôt sportif. Je rejoins mes partenaires de voyage en sueur ! Mais il faut bien l’avouer, le spectacle est à la hauteur de mes espérances. La vue sur la baie est à couper le souffle depuis le belvédère situé en contrebas du fort.

Un repas bien mérité en bord de mer et la visite de l’église en bois du bourg clôturent nos aventures du jour.

Zoo de Guadeloupe Parc des Mamelles

Basse-Terre constitue la partie la plus humide, la plus escarpée et la plus sauvage de l’île. Ce n’est pas pour rien qu’une bonne partie de sa forêt tropicale luxuriante est classée, au même titre que la Réserve du Grand Cul-de-sac Marin en Parc National de la Guadeloupe depuis plus de 30 ans.

On a eu l’occasion de s’y engouffrer en empruntant la mythique Route de la Traversée. Longue de 17km, elle relie Petit-Bourg à Pointe-Noire par le massif montagneux. La route est spectaculaire. On a littéralement l’impression que la végétation grignote l’asphalte de la route. Le franchissement du Col des Mamelles est également une très belle expérience lorsqu’il est embrumé !

A l’Orée du Parc National, on part explorer le Zoo de Guadeloupe du Parc des Mamelles. Ce sera une bonne occasion de se faire une promenade dans la forêt tropicale humide. C’est pour moi, depuis mon enfance, le milieu naturel des explorateurs par essence. J’ai toujours été fasciné par cette palette de vert à l’infini. Si riche, si exubérante, la jungle m’attire terriblement. J’ai envie de faire découvrir cette sensation à mon fils. Depuis tout petit, je le sensibilise aux végétaux, à leur odeur, à leur forme et il est très réceptif. C’est un beau cadeau.

Le zoo, établi sur 2 Ha de forêt dense, abrite plus de 450 mammifères, oiseaux, reptiles et insectes. Ils représentent plus de 85 espèces animales rares de la Caraïbe et de la Guyane. Panthères, racoons, mangoustes, coatis, singes, lémuriens, tamanoirs, iguanes, tortues, caïmans, perroquets et toucans dont Zacharie raffole, voilà quelques unes des rencontres que nous faisons ce jour-là. Le cheminement en bois est vraiment qualitatif et permet d’observer la végétation de près. Un excellent parcours dans la canopée nous permet d’appréhender la forêt sous un autre angle. On est emballé et Zacharie en prend plein les yeux.

Saint-François, Riviera Gwada

On quitte Basse-Terre certain qu’elle renferme encore énormément de trésors que nous n’avons finalement qu’à peine effleuré. Cette première partie de séjour est une belle découverte. On a hâte de profiter de la suite du programme.

Grande-Terre est moins humide que sa grande sœur, mais n’est pas aride pour autant et elle présente un relief marqué par une succession de collines, qui par endroit pourrait nous faire croire à des paysages de bocages de l’Ouest de la France.

Nous nous dirigeons vers Saint-François, station balnéaire établie sur la Riviera comme la surnomme les locaux. Nous prenons possession de notre deuxième hébergement et il s’agit d’une sympathique petite villa de style coloniale aux façades aussi bleue que la piscine. On décide de lever un peu le pied après ces nombreuses virées harassantes. On profite pleinement de la terrasse-piscine oscillant entre baignades, apéros et barbecues.

Déborah souhaite nous faire découvrir une plage qui lui avait beaucoup plu quelques années auparavant. Il s’agit de la Plage de la Caravelle à Sainte-Anne. Constituée de sable blanc et bordée de cocotiers, on la surnomme aussi Plage du Club Méditerranée puisqu’elle le jouxte. Il s’agit d’une des plages les plus célèbres de l’île. La plage est en effet splendide mais ce ne sera pas ma préférée. Le coucher de soleil auquel nous assistons est quand même de toute beauté !

Pointe-à-Pitre, ambiance Route du Rhum !

Les grandes villes des Antilles Françaises sont souvent décriées par les touristes et les locaux eux-même. Lors de mon passage à Fort-de-France en Martinique, j’avais effectivement senti que l’ambiance était moins « peace » que dans le reste de l’île. Et ce, notamment à proximité du marché touristique où pas mal de junkies rôdaient. Et oui, l’île a beaux être paradisiaque, la pauvreté et les problèmes sociaux existent partout et dans les Caraïbes, il est vrai que le crack fait des ravages.

Mais cette visite de Pointe-à-PîtrePAP pour les locaux – est particulière, car cette année a lieu la mythique Route du Rhum. C’est une chance inouïe. Cette course à la voile transatlantique en solitaire est organisée tous les quatre ans de fin octobre à début novembre. Elle relie Saint-Malo à Pointe-à-Pitre sur près de 5 700 km.

Pour l’occasion, un village artisanal est déployé en plein centre de la ville et de nombreuses et fastueuses animations sont organisées sur la Marina du Bas du Fort. On y trouve de tout : dégustation de rhum, vente d’épices et de prêt-à-porter, expos d’artistes, concerts… L’ambiance est excellente, locaux et visiteurs sont tous là ensemble pour festoyer. Ça fait plaisir !

On aura l’occasion d’admirer de près les incroyables et gigantesques monocoques et multicoques, véritables vaisseaux des mers !

L’année 2022 marque d’ailleurs l’établissement d’un nouveau record absolu car le temps de traversée enregistré par le skipper français Charles CAUDRELIER est de seulement 6 jours et 19 heures. A titre comparatif, lors de la première traversée en 1978, le skipper avait mis plus de 23 jours pour réaliser la traversée.

Pointe des Châteaux, un air de cap breton

Basé à Saint-François, nous sommes idéalement placés pour explorer la Pointe des Château. Cette mince péninsule de 11 kilomètres de long est située à l’extrême Sud-Est de Grande Terre.

Site particulièrement fréquenté, il attire plus de 500 000 visiteurs par an qui partent à l’assaut de la Grande Croix trônant au sommet de l’éperon rocheux. Bien que très venteux, le belvédère offre une vue panoramique majestueuse sur l’Océan Atlantique, les aiguillons calcaires et la Désirade au long. Il y règne comme un air de Bretagne !

On profite du retour pour faire une halte à la Plage d’Anse à la Gourde, une longue plage de sable fin bordée de végétation accueillant un public familial. Sa bande de rochers coralliens située à quelques mètres du bords nous permet de faire un peu de snorkeling, mais le courant reste assez fort en raison du vent rendant la tâche plus ardue.

Petit Canal, traces d’Histoire…

Nous nous dirigeons vers le Nord de Grande-Terre à destination de Petit-Canal. La commune, chargée d’Histoire, est tristement célèbre pour ses Marches des Esclaves. Cet escalier monumental d’une cinquantaine de marches a été construit par les esclaves eux-même. Il leur servait à rejoindre le plus rapidement possible l’esplanade à proximité de l’église, où ils seraient vendus par leurs vils tortionnaires. Les marches portent par moment le nom des ethnies africaines d’origine des esclaves : bamiléké, ouolof, congo, peul, yoruba… On imagine ces malheureux en faisant un bond dans le passé. Ça nous glace le sang.

A proximité de ce site de mémoire se trouve une ancienne prison qui présente la particularité d’être en état de délabrement avancé. Édifiée au 19ème siècle, elle est aujourd’hui littéralement engloutie par la végétation tropicale. Un majestueux figuier aux racines démesurées trône en plein milieu du bâtiment sans toiture et fait corps avec lui. L’ambiance est assez exceptionnelle. Cela me rappelle mes pérégrinations dans les incroyables temples d’Angkor au Cambodge.

Après toutes ces émotions, et avant de profiter d’une après-midi plage bien méritée, on fait chemin vers le petit port de pêche de Petit-Canal. C’est l’affluence des grands jours avec les retours de pêche. Les étals sont pleins de poissons charnus et colorés, qui s’arrachent au juste prix après d’âpres négociations en créole. Un repas chaud nous attend. Le petit restaurateur du port nous a concocté un mijoté de chatrou, expression locale désignant le poulpe. Zacharie se régale !

Plage du souffleur

On part un peu plus au Nord vers Port-Louis pour profiter de la Plage du Souffleur, notre plage coup de cœur du séjour. Bien aménagée, très familiale, des eaux turquoises calmes, des fonds poissonneux et un sable doré, c’est l’endroit idéal pour se prélasser quelques heures au soleil ou à l’ombre des nombreux raisiniers situés à deux pas de l’eau.

On sympathise avec un papa guadeloupéen venu passer un moment à la plage avec sa petite fille. Une complice idéale pour Zacharie qui n’a d’yeux que pour elle. Les jeunes loustics s’éclatent pendant que papa et tata partent explorer les fonds marins.

Un autre jeune nous fait découvrir ce jour là le dernier son caribéen à la mode « Asé » interprété par Kalash et Lu City, un groupe originaire de Sainte-Lucie. Ce titre deviendra l’hymne du séjour !

Maison Zevallos

En tant que fans incontestés de vieilles pierres, on met le cap sur Le Moule, situé sur la Côte Est de Grande Terre, pour admirer une superbe maison de maître : l’Habitation Zevallos. Cette maison coloniale est un morceau d’Histoire de l’île.

Construite en 1873 par la famille Duchassaing de Fontbressin qui racheta l’exploitation aux Parisis de Zevallos, elle témoigne de l’existence d’une prospère industrie sucrière guadeloupéenne. Elle se distingue des autres bâtisses antillaises par son style louisianais, ses ferronneries délicates, sa décoration intérieure soignée et son magnifique parc de 2Ha.

Maggy, notre guide et membre active de l’Association des Amis de Zevallos, est passionnée et nous raconte l’Histoire du site et par la même de la Guadeloupe. On découvre également dans le splendide jardin quelques plantes médicinales créoles. Zacharie, pour sa part, commence à se dissiper et veut gambader sur la pelouse fraîchement taillée.

Cette petite pause culture nous nourrit l’esprit et vient compléter toutes les merveilles naturelles que nous avons eu l’occasion de découvrir sur ce bel archipel.

Ces vacances en Guadeloupe constituent le premier voyage Outre-Atlantique et long courrier pour mon fils Zacharie et j’en suis particulièrement fier. J’ai adoré le voir évoluer dans ce nouveau décor et croquer la vie à pleines dents, avide de découvertes.

J’avais été séduit par la Martinique natale de mon ami Rasta-Matnik, mais je dois avouer que le coup de cœur est encore plus grand pour la Guadeloupe. Cela est sûrement dû au caractère sauvage et tropical de Basse-Terre et à la splendeur des Saintes.

J’ai souvent entendu dire que les Guadeloupéens étaient méfiants, voir racistes avec les métropolitains. Je dois dire que je ne partage pas du tout ce sentiment. En tout cas, je n’en ai jamais fait l’expérience lors de mon séjour.

J’envisage déjà de retourner voir mon ami Djo – qui ne semble pas pressé de rentrer en France Métropolitaine – avec toute ma petite famille pour découvrir de nouvelles facettes de l’île papillon. Les sessions baignades dans la piscine ou l’océan, les apéros sur la terrasse bercée par les alizés, les explorations dans la jungle ou dans les fonds marins, les barbecues savoureux, et la chaleur de la culture créole m’appellent à nouveau !

A bientôt Karukera !

Martinique, joyau caribéen

Madinina, l‘île aux fleurs, sensations Caraïbes…

Les plages paradisiaques, le tissu madras, les rhums & ti punchs, la forêt vierge, les pirates… Autant d’images qui viennent à l’esprit lorsqu’on évoque la Martinique, l’île aux Fleurs d’Aimé Cézaire, partie intégrante de l’Archipel des Caraïbes. Un voyage qui me tenais aussi particulièrement à cœur puisque Thierry -Alias Matnik- membre de mon groupe de breakdance et ami depuis une bonne dizaine d’année, nous a proposé de découvrir son petit coin de paradis. Un séjour de deux semaines et demi pour faire le tour de l’île (ou du moins un bel aperçu) dans la famille de notre ami ! Madinina nous voilà.

Martinique

Matnik prendra d’ailleurs sa tâche bien à cœur en véritable prof de géographie, d’histoire, de sociologie et un très bon guide touristique créole.

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Le QG : la maison familiale sur les hauteurs de Sainte-Luce

Après un voyage qui nous parait interminable en ce mois de novembre 2011 particulièrement froid en métropole, nous atterrissons à Fort de France avec quasi 35 degrés de plus ! Choc thermique garanti mais plutôt agréable dans ce sens. Direction les hauteurs de Sainte-Luce, quartier Bellevue et on comprend rapidement pourquoi ce lieu porte ce nom ! Depuis sa maison on découvre l’Océan Atlantique et le Rocher du Diamant, mais aussi au loin Fort-de-France et la forêt luxuriante juste derrière chez lui, la ravine Saint-Jean. Il suffit de se baisser ou d’escalader les arbres pour ramasser les fruits dans cette jungle toute proche. L’accueil créole est chaleureux ! On rencontre une bonne partie de la famille venue accueillir Matnik et ses amis. Les soirées festives seront nombreuses et nous aurons même droit à un Chanté Nwel avant l’heure en famille.

Plages d’Anse Corps de Garde, Anse Mabouyas et Anse Fonds Bananes : Les pieds dans l’eau…

Premiers contacts avec les fameuses plages caribéennes ! Y’a pas à dire c’est juste énorme et tout ça juste en bas de chez Matnik… Le paradis les pieds dans l’eau. On lui demandera quand même très rapidement pourquoi il est venu en métropole !!! Le lac Achard (base de loisirs nautique de Strasbourg) c’est sympa mais là, c’est grandiose. Les plages sont très différentes les unes des autres : certaines sont très aménagées et fréquentées, d’autres désertes et accidentées. Le soleil nous chauffe la peau, nos yeux de strasbourgeois en quête d’exotisme sont émerveillés par les cocotiers, le sable fin et l’eau turquoise…

Expédition à la Ravine Saint-Jean

Une fois nos premiers coups de soleil attrapés, on décide d’en découdre avec la nature sauvage juste derrière la maison familiale de Matnik. Une expédition au cœur de la Ravine Saint-Jean s’impose. Il ne s’agit pas de découvrir un lieu touristique mais juste de partir à l’assaut de la jungle omniprésente dès qu’on sort des chemins bitumés… On va donc s’équiper en mode chercheurs d’or avec nos coupe-coupe pour nous frayer un chemin dans cette forêt tropicale qui nous tend les bras. Le chemin est fatiguant et on avance doucement. Matnik nous explique que lorsqu’il était petit, sa famille partait de temps en temps se rafraichir là en bas, près du cours d’eau qui sera notre objectif. On y découvre des plantes aux formes et odeurs surprenantes, sans oublier quelques insectes impressionnants. Il ne nous manquait plus que le matos d’orpailleur pour se croire en Amazonie.

Anse Figuier : une plage d’exception

Après cette incursion dans la jungle, retour sur le littoral. Matnik nous amène dans une des plages qu’il affectionnait particulièrement, la Plage d’Anse Figuier, une des plus belles que nous ayons eu la chance de découvrir. Superbes cocotiers, petit baie aux eaux turquoises délimitée par un rocher que nous ne manquerons pas de gravir pour accéder à l’endroit où il regardait la mer, superbe cap abrupt plongeant dans la mer où un béquet (descendant de colon français) a construit sa belle demeure…

Cassez-vous ou j’appelle la police. Vous n’avez rien à foutre ici, c’est une propriété privée…

Bref, on essaie de lui expliquer qu’il s’agit d’un endroit cher au yeux de notre ami qui voulait nous le faire découvrir. Apparemment, le béquet s’en tape, on constate que les mentalités de colon que nous ne connaissions pas existent encore bel et bien. Sentiment bizarre… Nous regagnons la plage et assistons à un coucher de soleil merveilleux, probablement le plus beau qu’il m’ait été donné de voir. On reste comme scotché sur la plage pour ne pas en perdre une miette pendant les 30 minutes qui nous séparent de la pénombre.

Ascension du Mont Pelé : Jurassic trail !

Le Mont Pelé est le sommet de cette île généreuse, sentinelle souvent plongée dans les nuages. Une ascension de la montagne sacrée s’offre à nous. A l’assaut ! Premier constat, on arrive trop tard, l’humidité accumulée au fil des heures a fini par se transformer en nuage et le panorama final ne sera pas celui qu’on espérait. Peu importe, on décide d’entamer la montée. Elle sera difficile avec les tongs que certains n’auront pas voulu quitter. On se retrouve vite la tête dans le nuage. Me lunettes perlent, le sol est glissant mais l’avancée est intéressante. Les plantes qu’on y voit : arbres et fougères tropicales géantes n’ont rien à envier au décor de Jurassic Parc, espérons qu’on ne croise pas de T-Rex…

Bienvenue à bords Capitaine : Catamaran et canoë

On aura l’occasion de tester notre pied marin lors de deux journées nautiques qui resteront gravées dans nos mémoires. La première est une balade en canoë qui nous mènera dans le lagon bleu de la Baignoire de Joséphine : quelle couleur ! Waow. Puis découverte de l’Ilet Chancel et l’îlet Madame, où on découvrira d’anciens bâtiment en ruine fabriqués en brique et en corail et qui abritait une ancienne fabrique. On croisera également de nombreux spécimens d’iguanes locaux mâles et femelles. Les T-Rex ne sont pas là mais leur cousin si ! La deuxième journée sera une journée détente en catamaran : une première. Rhum et gastronomie créole à volonté. Au loin on s’approchera d’une petite île au nom qui fait froid dans le dos : Le Loup Garou.

Rivière tropicale : fraîcheur garantie

On découvre l’île et ses paysages changeant en allant profiter de la fraîcheur d’une des nombreuses rivières tropicales dont regorge la Martinique. Certains points de vue sont spectaculaires. On emprunte des ponts en métal et découvre des maisons abandonnées. Puis arrivée à proximité de la rivière. Ca change de l’Ardèche ! Petite marche avant d’aller profiter d’un bain d’eau de source qui nous fera oublier la moiteur ambiante. Session saut et bain dans un spa naturel tropical avant de remonter le lit de la rivière.

Le Diamant et la Dame couchée : Sentinelle martiniquaise

Petit panorama sur la Baie du Diamant. On se laisse émerveiller par les courbes féminines du rocher de la Dame couchée et le Rocher du Diamant posté à quelques encablures de la Côte. Le courant y est plus fort et on en profite pour faire un peu de planche.

La case créole typique

Tonton Guy, surnommé le Vagabond décide de nous emmener à la Maison de leurs ancêtres, une belle maison coloniale plus bas dans le village où il fabrique du charbon qu’il revend pour arrondir ses fins de mois. L’ambiance y est particulière. On apprécie la fraîcheur des arbres qui protège d’une chaleur écrasante. La demeure présente un charme suranné et la terrasse invite à la sieste réparatrice.

Jardin de Balata : un must

Commencé en 1982 par son propriétaire, Jean-Philippe Thoze, grâce à sa collection de plantes personnelles, il a été ouvert au public le 19 avril 1986. Horticulteur passionné et créateur du jardin, le propriétaire a réuni une magnifique et exceptionnelle collection d’essences tropicales : des anthuriums, des hibiscus, des nymphéas exotiques, des roses de porcelaine, des héliconias, des pandanus panaché ou bien encore des dracénas et des balisiers. Un magnifique cocktail dans une mise en scène digne des plus grands artistes paysagistes. C’est un incontournable en Martinique et le passage sur les ponts suspendus nous donne la sensation de suivre les traces d’Indiana Jones. Le spectacle des chenilles multicolores posées sur leurs arbustes préférés et les colibris qui butinent nous en mettent plein les yeux.

Les Salines : la carte postale…

On passera deux journées sur la plus célèbre plage de Martinique et l’une des belles plages des Caraïbes : Les Salines et ses fameux cocotiers qui fleurent avec l’Océan. Juste sublime et relativement paisible au vue de sa renommée. On goûtera les boules coco que les glacières habillées en madras vendent le long de la plage. Au Max ! Les couleurs, contrastes et lumières qui évoluent au fil des heures nous permettent de réaliser de beaux clichés. On constatera encore une fois que la météo peut changer chaque demi-heure. C’était en effet assez déstabilisant lors des premiers jours où quand nous nous levions nous découvrions un ciel gris en nous disant qu’il allait pleuvoire toute la journée et que trente minutes plus tard le soleil régnait en maître sur l’île !

Saint-Pierre & Sainte-Marie

Lors de nos pérégrinations, nous aurons aussi l’occasion de découvrir Saint-Pierre et remparts aux canons tournés vers le large, à proximité du Mont Pelé, qui fut le théâtre d’une éruption volcanique d’envergure qui eut lieu en 1902 et qui tua l’intégralité des habitants de la commune sauf… le prisonnier Cyparis bien à l’abri des affres du Mont Pelé dans sa cellule ! La visite des ruines de la vieille ville nous donne l’impression de marcher dans une ville fantôme. Autre curiosité de cette ville, ses plages de sable noir, résultat de l’érosion de la lave.

La plage de Sainte-Marie, où nous croiserons un pêcheur solitaire nous rappelera que de ce côté de l’île sévit l’Océan Atlantique aux courants puissants.

Distillerie Trois Rivières : un rhum siouplé !

Le rhum, la boisson emblématique de la Martinique méritait qu’on se penche un peu plus sur son origine et ce d’autant plus qu’on était logé à Sainte-Luce, berceau du fameux rhum Trois Rivières. D’ailleurs Tonton Guy le Vagabond avait ses entrées à la Distillerie ! La visite guidée nous entraîne à la découverte des bâtiments de production, et nous invite à suivre le processus d’élaboration du rhum, depuis le broyage de la canne, jusqu’à sa mise en fût.

Fort de France : un autre monde

Quand on demande à Matnik, l’enfant du zion (forêt sauvage), de nous faire découvrir la capitale martiniquaise il n’est pas trop emballé, et on ne le comprend pas tout de suite. Mais il admet qu’un tour au marché vaut le détour. D’autant plus qu’il nous faut ramener quelques souvenirs. On gare donc nos voitures dans un parking, des hauteurs duquel on découvre une des collines de la ville particulièrement photogénique. Les mus de la ville constituent une grande galerie de street art. ! Belle surprise. Il fait plus lourd et chaud que dans le reste de l’île. L’ambiance est bien moins cool qu’ailleurs. Les gens y sont stressés et la misère s’y fait ressentir notamment à proximité du marché créole. On surprendra quelques SDF y consommer du crack, qui fait rage dans toute la Caraïbe. Malgré cela, le marché présente des étales bien fournies et colorées aux produits assez originaux : redresseur de zizi, salsepareille, péteur de braguette et plus sérieusement madras, vanille et fruits exotiques… Pas la peine de s’attarder trop longtemps dans la capitale, retournons dans la quiétude de Sainte-Luce pour profiter de nos derniers moments en Martinique avant le retour en métropole.

Ce séjour martiniquais nous aura permis de découvrir la culture créole et d’avoir ce sentiment étrange d’être en France mais à des milliers de kilomètres de Paris : route et signalisation routière à la française sur un territoire d’Amérique Centrale… Nous restons profondément attaché à la famille de Matnik qui nous a accueilli à bras ouvert et nous a permis de découvrir leur île comme aucun touriste du Club Med n’en aura l’opportunité : 100% authentique. Cet article comporte une sélection de nombreux clichés réalisés par toute la team lors du voyage, fruit d’une sélection des 3 000 photos que nous avions collecté ! Les travers des photographes en herbe émerveillé…