« La Macédoine du Nord, en voilà un projet de voyage étrange ! C’est où déjà ? ».
Destination peu courue par les Français, la petite république d’ex-Yougoslavie a pourtant de belles cartes à jouer en matière de tourisme.
Située en plein cœur des Balkans, la Macédoine du Nord présente un relief principalement montagneux totalisant plus d’une trentaine de sommets dépassant les 2 000 mètres d’altitude. Elle est bordée au Nord par la Serbie et le Kosovo, à l’Ouest par l’Albanie, au Sud par la Grèce et à l’Est par la Bulgarie et n’a aucun accès direct à la mer. Son territoire constitue approximativement la moitié Nord de la Macédoine Antique, la partie Sud étant partagée par la Grèce et la Bulgarie. Cela explique en partie les frictions longtemps ancrées entre la Macédoine du Nord et la province grecque de Macédoine (et a fortiori de l’État Grec) qui réclament toutes deux la légitimité de cette appellation et revendiquent l’héritage d’Alexandre Le Grand. Son drapeau, particulièrement original m’a toujours beaucoup plu et intrigué à la fois. Adopté en 1995, il représente un soleil jaune à huit rayons sur un ciel rouge, reprenant une version stylisée du soleil de Vergina, symbole d’une dynastie ayant régné sur l’Antique Macédoine.
Mais revenons à la culture populaire, lorsqu’on évoque la macédoine, en France, on imagine une salade composée de petits dés de nombreux légumes aux couleurs variées. Et bien, après quelques recherches, le lien existe bel et bien ! Cette salade a été nommée de la sorte en référence à la diversité ethnique de la Macédoine au 19ème et 20ème siècles. En effet, ce territoire est depuis toujours un important carrefour culturel mêlant des influences slaves, grecques, romaines, byzantines, bulgares et ottomanes. Aujourd’hui encore, la population de Macédoine du Nord est métissée. Elle est composée principalement de Macédoniens slaves (55%) mais présente également des minorités albanaises (30%), turques (4%), roms (2.5%) et serbes (1.2%).
Nous voilà partis pour un petit road-trip en famille d’une semaine sur les routes macédoniennes ! En avant toutes !
Lagadin, sur les bords du Lac d’Ohrid
Après un vol plutôt court et agréable, nous atterrissons à Skopje, capitale du pays que nous arpenterons plus tard. Nous mettons cap vers le Sud et la région des lacs, frontalière avec l’Albanie et la Grèce.
La première partie du trajet nous fait cheminer dans la vallée du Vardar qui se referme peu à peu, laissant place progressivement à des paysages montagneux et des routes plus sinueuses. On remarque aussi, selon les hameaux, des drapeaux albanais qui flottent au vent et les mosquées qui côtoient les églises, nous rappelant ainsi la mixité culturelle du pays.
Nous nous rapprochons de notre première destination qui n’est autre que la splendide cité d’Ohrid bâtie sur les rives du Lac du même nom. Pour profiter d’un peu de quiétude et d’une superbe vue sur le lac, on rejoint un charmant hôtel familial dans la petite commune de Lagadin. La vue est exceptionnelle, le personnel est au petit soin et le serveur se prends d’affection pour Zacharie le séducteur, le surnommant « zlatna serca » que je comprend en « petit cœur d’or ».
Après avoir profité de la piscine encore bien fraîche au cours de ce printemps humide, on rejoint le Lac d’Ohrid et la plage publique de Lagadin située à 5 minutes en contrebas de l’hôtel. Zacharie s’éclate avec ces milliers de cailloux. L’eau est translucide et on profite d’un ponton pour se prêter au jeu du shooting en famille. Le Lac d’Ohrid est le lac le plus profond des Balkans avec 288 mètres de fond, mais c’est aussi un des plus vieux lacs du monde avec le Lac Titicaca et le Lac Baïkal. Les superlatifs sont nombreux pour ce lac qui présente une des plus exceptionnelles sources de biodiversité d’Europe, un patrimoine culturel et spirituel unique. La ville d’Ohrid et son lac sont ainsi classés au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1980.
Ohrid, la Jérusalem des Balkans…
Après avoir profité d’agréables rayons de soleil sur les bords du magnifique Lac d’Ohrid aux eaux translucides, on a envie d’en savoir davantage surOhrid, la « Jérusalem des Balkans« .
A l’époque romaine, la ville, alors appelée Lychnidos, était un carrefour commercial et culturel important sur la Via Egnatia, route antique reliant l’Adriatique à la Mer Noire et rassemblant langues latines et grecques.
Au fil du temps, Lychnidos devint un centre religieux important. Saint-Clément d’Ohrid, Saint Patron de la Macédoine du Nord, y fonda un monastère au 9ème siècle. Il joua un rôle majeur dans l’expansion des prêches en langue protoslave et est considéré comme l’un des pères de l’alphabet cyrillique. La ville est devenue l’un des points de rayonnement de la Chrétienté Orientale, lui valant également le surnom de ville aux 365 églises.
On commence notre balade ohridienne par le marché local. Fruits et légumes frais et séchés, conserves d’ajvar, de pindjur, d’aïoli, d’épices, de miel… Les étals sont pleins, colorés et bien ordonnés. On ne résiste pas à quelques achats pour goûter ces nouvelles saveurs qui fleurent bon les Balkans et la Méditerrannée.
La marché débouche sur une rue commerçante aux devantures soignées, correspondant à l’ancien bazar de la ville. Tout est très propre et léché, on sent bien qu’Ohrid est la capitale touristique du pays et la déambulation en cette saison est tout à fait sympathique. Au fonds de la rue se dresse la Mosquée Ali Pasha témoignant de l’héritage ottoman de la ville. En chemin, on tombe sur une échoppe qui attire notre attention. Il s’agit du cordonnier et bottier traditionnel BELEV dont l’atelier-magasin s’apparente à une véritable caverne d’Ali Baba. On en profite pour offrir une paire de souliers faits main en cuir bleu et rouge à notre petit champion, qui les porte encore fièrement aujourd’hui.
On poursuit notre visite en direction de la forteresse et de quelques unes des plus belles églises de la ville. Les rues se resserrent et le relief s’accentue. Les maisons présentent une architecture balkanique caractéristique avec un étage supérieur plus large donnant sur la rue et soutenu par une charpente en bois sombre. Les bâtiments flambant neufs côtoient les demeures en ruine et parfois les vestiges archéologique. On tombera ainsi un peu par hasard sur le théâtre antique d’Ohrid complètement imbriqué dans un quartier d’habitations et offrant une belle vue sur le lac.
Monastère Saints-Clément-et-Panteleimon
Après avoir suivi un sentier peu conventionnel, nous voici devant le flamboyant Monastère Saints-Clément-et-Saint-Panteleimon. On voit bien qu’il est bâti sur des vestiges archéologiques. Il s’agit en fait du site de Plaosnik, site religieux de premier plan qui abritait deux basiliques et le siège des premiers évêques de Lychnidos la romaine. C’est ici même, au 9ème siècle que Saint-Clément d’Ohrid entreprit l’évangélisation des Slaves et l’enseignement de l’alphabet cyrillique. Tout un symbole.
L’emprise au sol des vestiges est impressionnante et témoigne de la grandeur passée du site. Le Monastère Saints-Clément-et-Saint-Pantéleimon est en fait une construction très récente qui date des années 2000 suivant le modèle supposé de l’église bâtie alors par Saint-Clément d’Ohrid. La vue plongeante sur le lac est splendide.
Forteresse de Samuel, place forte du Premier Empire Bulgare…
Samuel, ancien tsar de Bulgarie de 997 à 1014, reconquis de nombreux territoires à la fin du Xème siècle, annexant les actuelles Albanie et Serbie, le Nord de la Grèce et la Macédoine du Nord. Fort de ces conquêtes et avec des frontières largement remodelées, il fit d’Ohrid la capitale du Premier Empire bulgare à cette période.
La Forteresse de Samuel, qui domine fièrement la vieille ville d’Ohrid et le Lac porte aujourd’hui son nom. L’ensemble est monumental et comporte 18 tours carrées, 4 portes et des remparts de 10 à 16 mètres de haut ! Le site a été totalement restauré au début des années 2000 et offre une vue imprenable sur les alentours. La montée est un peu raide mais la vue du haut de ses remparts crénelés en vaut véritablement la peine !
Cathédrale Sainte-Sophie d’Orhid
Après avoir bien crapahuté sur les hauteurs de la ville, nous sommes contents de redescendre tranquillement vers le lac et les rues commerçantes. La faim se fait sentir et nous sommes ravis de trouver un petit restaurant devant notre prochain lieu de visite : la Cathédrale Sainte-Sophie d’Ohrid.
Après avoir avalé de réconfortantes côtelettes d’agneau, il ne nous reste que quelques pas à faire pour franchir l’entrée de la majestueuse Cathédrale au style purement byzantin. Elle constitue la plus grande église médiévale du pays, mais également le siège l’Église orthodoxe macédonienne.
Ses abords sont soignés et verdoyants. La façade de son bas-côté Nord bardée d’arches est particulièrement impressionnante. Mais, ce qui fait de ce lieu saint un lieu véritablement unique, ce sont bel et bien ses incroyables fresques médiévales inestimables protégées pendant plusieurs siècles grâce un enduit appliqué par les Ottomans et révélées presque intactes au 20ème siècle.
Église Saint-Jean de Kanéo
Pour finir cette belle journée de découvertes, nous longeons le lac en direction de la plus célèbre église de Macédoine du Nord : l’église Saint-Jean de Kanéo. Érigée au 13ème siècle, elle est consacrée à Saint-Jean l’Évangéliste et adopte un plan en croix latine et une architecture de style byzantin et arménien.
On y accède qu’à pieds par une un sentier aménagé sur pilotis nous donne l’impression de marcher sur l’eau, d’être en connexion directe avec le lac. Le sentier, plus ou moins bien aménagé par endroits, nous offre de beaux points de vue sur le lac et ses berges. C’est vraiment une belle surprise.
Au bout d’un petit kilomètre de marche, on l’aperçoit enfin. Il ne nous reste que quelques centaines de mètres pour profiter pleinement du paysage de carte postale proposé par l’église Saint-Jean de Kanéo. Située sur un promontoire rocheux, elle domine le Lac d’Ohrid et offre l’un des plus spectaculaire panorama du pays.
Éreintés, nous profitons d’un matelot qui nous propose une petite croisière à bord de son embarcation en direction du port. Encore une belle aventure pour Zacharie !
Bitola
Non loin d’Ohrid et à proximité de la frontière grecque, nous rejoignons Bitola, troisième ville du pays. L’ancienne Manastir était un centre culturel et commercial de premier plan dans les Balkans à l’époque ottomane, situé à mi-chemin entre Selanik (Thessalonique) et Uskub (Skopje).
Particulièrement métissée, elle comptait de puissantes communautés turques, slaves, albanaises et juives. La ville a conservé un patrimoine architectural précieux qui reste peu mis en valeur. Les bazars, la tour de l’horloge et les deux mosquées Yeni et Ishak Celebi rappellent l’héritage ottoman. Sirok Sokak, la rue principale très commerçante marque quant à elle l’empreinte slave et son architecture néoclassique du 19ème siècle.
Malgré ce patrimoine important, la ville ne nous a pas conquis et nous y avons ressenti une ambiance étrange qui ne nous a pas donné envie de nous attarder.
Heraclea Lyncestis
La ville de Bitola est établie à quelques encablures des vestiges d’une cité prospère de l’ancien Royaume de Macédoine, alors État de la Grèce Antique. Heraclea Lyncestis, fondée au milieu du 4ème siècle avnt J.-C. par Philippe II de Macédoine, qui n’est autre que le père d’Alexandre le Grand !
Le site, plutôt vaste, conserve de nombreux vestiges de la période romaine : portique, thermes, amphithéâtre, colonnes, mosaïques et autres statues. C’est une belle surprise pour Zacharie qui n’a qu’une idée en tête : trouver un maximum de cailloux !
Église Saint-Dimitri de Salonique
La plus belle découverte de cette journée reste pour nous l’Église Saint-Dimitri de Salonique. Située dans une petite rue à deux pas de Shirok Sokak, l’église est la principale église orthodoxe macédonienne de Bitola.
Érigée en 1830, elle abrite une superbe iconostase (paroi décorée d’icônes) en bois sculpté largement influencé par le style du Mont Athos. Nous y pénétrons alors qu’une cérémonie agrémentée de chants liturgiques bât son plein. Nous sommes seuls avec les hommes de foi pour partager un moment exceptionnel.
Tetovo
Mosquée peinte de Tetovo
Nous quittons le Sud de La Macédoine du Nord pour rejoindre tranquillement la capitale. Mais sur notre route, on choisit de faire une escale à Tetovo, situé à seulement 40 kilomètres de Skopje. Ce sera l’occasion de manger et surtout de s’imprégner de l’ambiance d’un des joyaux du pays : La Mosquée peinte.
Majoritairement peuplée d’Albanais, la ville de Tetovo est considérée comme la capitale officieuse de la minorité albanaise du pays. D’apparence grise et triste, elle ne semble pas particulièrement accueillante au premier abord. Après un bon repas dans un petit restaurant typique, nous nous acheminons vers le parc verdoyant qui abrite la fameuse mosquée peinte. On aperçoit ses majestueuses façades depuis l’extérieur de son enceinte et la magie opère déjà !
Construite aux 19ème siècle sur les vestiges d’une des plus anciennes mosquées de la ville érigée 4 siècles plus tôt, elle hérite notamment du minaret de cette dernière. L’édifice est remarquablement entretenu et présente la particularité rarissime d’être richement décorée à l’intérieur et à l’extérieur. Les murs extérieurs sont flanqués d’une trentaine de panneaux rectangulaires présentant des motifs géométriques colorés. Mais le clou du spectacle reste l’intérieur du monument avec son mihrab en marbre, ses balcons baroques et ses décors peints aux couleurs chaudes présentant des arabesques raffinées, de somptueuses calligraphies et des motifs floraux singuliers. Nous y sommes bien accueillis et savourons le moment avec Zacharie qui en profite pour courir dans tous les sens.
Tekke Arabati Baba
Avant de rejoindre Skopje et notre appartement, on passe rapidement voir le deuxième point d’intérêt de Tetovo. Il s’agit du Tekke Arabati Baba, une sorte de monastère réservé aux musulmans soufis, de la communauté Bektashi particulièrement importante dans la ville.
Le complexe, qui présente un vaste jardin, semble désert. Le Tekke est réputé pour ses tombes soufies, ses nombreuses boiseries sculptées et sa fontaine en marbre. Malheureusement, la majorité des bâtiments qui la composent tombe en ruine. Une restauration des lieux semble être une nécessité absolue pour ce lieu saint qui le mériterait tant.
Skopje
Ca y est, nous y voilà, Skopje ! Cette ville m’intrigue depuis bien longtemps. Mon père y était allé dans les années 70 et il m’avait fait part du grand tremblement de terre qui avait ravagé la ville à près de 80%. Cette image m’a marqué. Et aujourd’hui c’est à mon tour de fouler le sol skopiote. En me renseignant un peu, j’en apprends plus sur le nouveau visage du centre urbain. Il a fait l’objet d’aménagements considérables dans le cadre du Projet Skopje 2014 qui vise à reconstruire des monuments disparus lors du séisme de 1963 et à ériger d’autres édifices remarquables.
Nous commençons notre visite de la ville sur les berges du fleuve Vardar en direction du Parc des femmes combattantes. Cette vaste place arborée abrite de nombreuses statues rendant hommage aux héros nationaux. Certaines d’entre elles reprennent les codes soviétiques, mais la sculpture la plus emblématique du parc reste celle dédiée aux femmes yougoslaves ayant combattu aux côtés des soldats pendant la Seconde Guerre Mondiale.
On poursuit en direction de la Place de Macédoine et nous tombons sur un Arc de Triomphe. Il s’agit de la Porte de Macédoine, construite en 2011 pour fêter les 20 ans de l’indépendance du pays. Puis nous rejoignons la place principale de la ville où trône fièrement la monumentale Statue du guerrier à cheval qui représente bien évidemment Alexandre le Grand conquérant sur son cheval cabré. Nous sommes tous les trois impressionnés par les dimensions de ce monument emblématique. Tout cela peut paraître kitsch mais j’avoue être sous le charme de toutes ces installations récentes.
Nous rejoignons les bords du fleuve et découvrons plusieurs bâtiments particulièrement imposant dont le Théâtre National, le Musée de la Lutte macédonienne ou encore le Musée archéologique, sans oublier la Forteresse qui domine la ville. Après avoir dépassé une nouvelle statue monumentale dévolue cette fois-ci à Philippe II de Macédoine, nous nous engouffrons dans le Vieux Bazar de Skopje. Après avoir englouti quelques spécialités locales et notamment des cevapis (kefta des Balkans) accompagné d’ajvar (condiment à base de poivrons, de tomates et d’aubergines), on se faufile dans les ruelles de ce quartier marchand typique et particulièrement animé. C’est un excellent moment très dépaysant. On expérimente ici la richesse multiculturelle du pays qui nous donne un vrai sentiment d’ailleurs, trait d’union entre Europe et Orient.
Cathédrale Saint-Clément d’Orhid
La Cathédrale St-Clément d’Ohrid, reconnaissable entre toute avec sa rotonde, a été construite en 1976. Elle constitue le siège de l’église orthodoxe macédonienne et s’avère être l’une des rares cathédrales au monde de style aussi moderne. Une fois à l’intérieur, nous en prenons plein les yeux, c’est une véritable splendeur. Le dôme de l’édifice est recouvert d’une fresque du Christ de 70m2 et présente une iconostase tout aussi impressionnante.
Église Saint-Sauveur de Skopje
Après avoir arpenté les rues du vieux bazar, nous franchissons la porte de l’église Saint-Sauveur. Discrète, nous sommes surpris par la beauté du lieu qui ne laissait rien paraître depuis l’extérieur. Bâtie Nous sommes à nouveau seul sur site, hormis un moine orthodoxe qui nous conseille de descendre quelques marches.
L’église du 17ème siècle se trouve en fait bien cachée dans la partie droite du complexe légèrement rabaissée en sous-sol. Quelle surprise, l’iconostase est certainement la plus belle qu’il m’ai été donné de voir. Le travail des boiseries torsadées est d’une finesse incroyable, c’est tout simplement splendide, un véritable trésor ! Les fresques elles aussi participent au spectacle et ont été redécouvertes lors de travaux de restauration à la fin des années 1960.
Kuklica
Après avoir arpenté les centres historiques et principaux lieux saints du pays, une furieuse envie de nature nous gagne. Nous quittons donc Skopje pour un site naturel peu connu mais vraiment original. Aussi, après une grosse heure de route, nous arrivons dans le village de Kuklica.
La petite ville de campagne abrite un site géologique remarquable qui se déploie sur un peu moins de 400 m2 et rassemble plus d’une centaine de cheminées des fées, appelées localement poupées de pierre. Ces formations rocheuses volcaniques datent de plusieurs millions d’années et mesurent chacune 5 à 10 mètres de haut. Après un bref passage par le centre d’accueil du site, Zacharie part à l’assaut de ces demoiselles de pierre. Le site est assez petit mais spectaculaire et encore une fois nous sommes seuls au monde !
La ville c’est bien mais la nature c’est mieux, n’est-ce pas Zach ?
Canyon de Matka
Pour finir en beauté notre séjour macédonien, nous partons à la découverte du Canyon de Matka. Situé à une dizaine de kilomètres du centre de Skopje, ce deuxième spot naturel constitue un incontournable lors d’un séjour dans le pays. Creusé par la rivière Treska pendant des millénaires, les gorges de Matka sont très marquées. Un barrage construit en 1938 a permis la création d’un lac artificiel largement dévolu aux activités touristiques de nos jours.
Nous commençons donc notre balade par une croisière en bateau afin d’explorer le canyon par les eaux. Plusieurs grottes ponctuent l’excursion, dont celle de Vrelo, qui serait une des plus profondes grottes sous-marines du monde. De retour au point d’embarquement, nous profitons d’un bon repas au bord du lac avant de partir à l’assaut du sentier creusé à même la roche qui nous offre une autre perspective sur cette petite pépite naturelle. La fréquentation touristique est bien plus importante que dans les autres sites que nous avons pu découvrir mais cela reste tout à fait agréable.
Notre séjour s’achève donc ici et nous repartons avec pleins de beaux souvenirs de ce petit pays métissé et en pleine construction identitaire, véritable trait d’union entre l’Europe et l’Orient.
Petite anecdote amusante, pour chacun de mes projet de voyage, j’aime me projeter en me procurant un guide touristique faisant la part belle aux photos. La Macédoine du Nord est à ce jour la seule destination nationale pour laquelle je n’ai trouvé aucun guide. Heureusement, les contributions de voyageurs et les brochures de l’Office National du tourisme m’ont apporté pas mal de contenu pour préparer au mieux notre escapade en famille.
Décidément les Balkans continuent à nous réserver de belles surprises.
L’Albanie et sa Riviera secrète, un joyau en devenir.
L’objectif du voyage : dépasser les clichés et partir à la découverte d’un pays tellement dénigré par les Européens de l’Ouest. L’Albanie, sa mafia, ses prostituées, ses armes… Qu’en est-il vraiment ? En en discutant avec des amis polonais, c’est un pays qui s’ouvre à peine au tourisme et qui dispose d’un potentiel impressionnant. Ce pays m’intriguait depuis longtemps avec son mystérieux drapeau rouge flanqué d’un aigle à deux têtes, symbolisant le contrôle de ses frontières face à l’ennemi. L’Albanie d’Ismaïl KADARE est aussi la terre de la loi du Kanun (équivalent local du code de l’honneur et de la Vendetta). Sans parler d’une langue qui n’est ni latine, ni slave… Bref, de quoi nourrir de nombreux fantasmes. On a donc décidé de monter une équipe pour découvrir la côte albanaise en une semaine de Sarandë (extrême Sud à la frontière grecque) jusqu’à Vlorë (pointe Nord, bastion important de la mafia albanaise).
Départ du Road-Trip à Corfou où nous rejoignons notre destination après une courte nuit sur l’île grecque grâce à un ferry qui relie Corfou à Sarandë pour une vingtaine d’euros. Les premières réactions grecques ne nous mettent pas en confiance :
Quoi, vous allez en Albanie, vous êtes fous, ils sont dangereux. Si jamais vous avez des problèmes, je connais du monde là-bas. Méfiez-vous !
Nous voilà parti pour une bonne heure de croisière et arrivée au port de Sarandë, station balnéaire la plus développée et la plus agréable, postée à quelques encablures de l’Europe.
Sarandë
La promenade du front de mer est très agréable et animée. Les locaux et touristes s’y retrouvent et s’installent sur les bancs, aux terrasses des restaurant ou dans les boutiques nocturnes qui fleurissent le soir. Après cette première approche avec une ville bien plus accueillante que ce qu’on a bien voulu nous dire, nous décidons d’aller explorer le littoral en sortant de la ville. On a repéré les plages en amont grâce à Wikimapia que je recommande fortement. Les conseils & tuyaux pour voyager en Albanie ne sont pas si nombreux sur la toile et avec ce site, avec du recul je dois dire qu’on a fait une sélection intéressante.
Ksamil et Butrint
Il faut dire qu’en terme d’accueil, difficile de tomber sur une famille plus sympathique et au petit soin que les Nita, et en particulier Vaggelis. Les Nita ont investis et accueillent les touristes dans leurs chambres d’hôtes CasaNote ! Franchement au TOP. Un bon repas typique en famille et on partira avec Vaggelis découvrir les environs. A une dizaine de kilomètres au Sud de Sarandë, se trouve le village de Ksamil et ses plages aux eaux limpides surpeuplées en été. En septembre à peine quelques touristes. L’endroit a pas mal de charmes. Nous profitons du soleil et du spectacle. Puis, après cette petite baignade, direction Butrint ancien site roman et le bac ferry qui mène vers la frontière grecque. Vue plongeante sur le parc naturel qui nous entoure.
Kakomë l’oubliée…
Cette plage située dans une baie protégée à quelques kilomètres au nord de Sarandë est assez surprenante. On y devine un chantier à l’abandon. En fait, le Club Med avait décidé d’investir le site mais il a du être abandonné et est aujourd’hui gardé par quelques vigiles faciles à soudoyer. Étrange ambiance dans ce site enchanteur… Apparemment ancienne base stratégique militaire.
Le site, ancienne base militaire est surveillé et presque laissé à l’abandon.
La plage de Kakomë, où un imposant complexe hôtelier Club Med devait voir le jour… Il n’en est rien !
Himarë
Nous reprenons la route et découvrons une magnifique côte tout au long des 80 kilomètres qui nous séparent du Col de LLoragat. La route est en très bon état. Himarë présentent de belles plages. Nous décidons de faire une pause fraîcheur à la Livadhi Beach implantée dans une superbe baie, à quelques kilomètres du Cap Ali Pacha.
Jalë
La plage de Jalë est une des plages les plus fréquentée par les touristes qui viennent y faire la fête et danser tout l’été. Nous poursuivons notre chemin en direction de la plage secrète Aquarium, qui porte ce nom à cause de la clarté de son eau. Cette petite crique a vraiment été le coup de cœur de notre voyage ! N’hésitez pas à aller manger un bon poisson à la paillote d’Ervis en face de la plage de Jalë. Il est vraiment sympa et sa cuisine vous ravira !
Dhërmi
Ce petit village à flanc de falaise marque la fin de la côte. Nous en profitons pour boire un frappé avant d’entamer l’ascension du Col de Lloregat.
Palasë
Cette plage est assez atypique. Elle s’étend sur plusieurs kilomètres au pied de la montagne et du Col de Lloregat. Un torrent à sec y a charrié de nombreux rochers finissant en delta dans la mer adriatique. Cette plage propose également une petite paillote sympa. Vous aurez l’occasion de voir de nombreux bunkers comme partout dans le reste du pays. On dit qu’il y a un bunker pour 4 habitants… C’est juste hallucinant. Héritage d’Enver Hocher, qui équipa tout le territoire national dans les années 60 pour parer une éventuelle invasion soviétique. Ce patrimoine en décrépitude est très présent dans les paysages albanais.
Col de Lloregat
Ascension de ce fameux col dont les lacets paraissent interminables. La vue est saisissante. Une fois le col passé, on entre dans le parc naturel éponyme. L’Albanie du terroir s’offre à nous. La route est en bien moins bon état et les troupeaux de moutons et autres chèvres ne sont pas rares sous l’œil bienveillant des bergers.
Vlorë
L’Hôtel Liro, situé à l’entrée de la ville de Vlorë est imbriqué dans la falaise, pour notre plus grand plaisir. L’espace détente baignade vaut vraiment le coup d’œil. La ville de Vlorä n’a quant à elle que peu d’intérêt si ce n’est ses champs Elysées et son bazaar, mélange d’Orient et d’Occident. La ville constitue un des bastions important de la mafia albanaise et le Président en place a engagé une lutte importante envers elle. Le bord de mer est en pleine restructuration à l’image de la ville.
L’Albanie et sa Riviera méritent véritablement le détour. Chaque plage est très différente et très emprunte de l’Histoire plus ou moins récente du pays. La population locale est très sympathique et bien loin de tous les ragots dont elle fait malheureusement l’objet. Un voyage d’exception pour qui saura aller au-delà des clichés.