Thaïlande, en famille au Royaume de Siam…

La Thaïlande, un classique sur la carte des voyageurs du Monde entier ! J’avoue que cette destination ne m’attirait pas plus que cela lorsque j’ai commencé à parcourir la planète. Je me souviens avoir fait quelques recherches sur le pays au début des années 2000 lorsque je pratiquais la boxe française. En effet, le Muay Thaï ou boxe thaïe est souvent considérée comme la reine des boxes. Le caractère traditionnel et extrêmement efficace de ce sport de combat m’inspirait.

Pour autant, les clichés liés au tourisme sexuel en Thaïlande et en particulier les bordels de Pattaya me répugnaient. Je n’ai donc pas creusé davantage. Le Viêt-Nam et le Cambodge, anciennes colonies françaises, m’attiraient bien davantage, et ce d’autant plus que quelques-uns de mes amis d’enfance en étaient originaires.

Plus récemment et après avoir pas mal vadrouillé, choisir la Thaïlande en famille me semblait assez évident pour un premier voyage en Asie avec notre fils aventurier de 2 ans.

L’ancien Royaume de Siam, colosse touristique d’Asie du Sud Est, partageant régulièrement le Top10 des nations les plus visitées au Monde, est probablement l’une des destinations les plus célèbres et réputées d’Asie. Particulièrement prisé des touristes internationaux, le pays regroupe certaines des plus belles plages de la planète, un patrimoine culturel d’exception et une cuisine de caractère à tomber par terre !

Partie intégrante de la Péninsule Indochinoise, la Thaïlande est bordée par la Birmanie à l’Ouest, le Laos et le Cambodge à l’Est et la Malaisie au Sud, elle est également ouverte sur l’Océan Indien à l’Ouest et à la Mer de Chine à l’Est.

Le pays dispose de plus de 3200 kilomètres de côtes et s’étend sur environ 800 kilomètres d’Est en Ouest et 1800 kilomètres du Nord au Sud. Il comporte trois zones bien distinctes : un territoire marqué par des hautes montagnes au Nord et à l’Ouest, avec un sommet culminant à presque 2600 mètres d’altitude ; une vaste et riche plaine centrale et un haut plateau plus aride à l’Ouest. Son climat est tropical avec des températures chaudes variant de 20°C à 35°C en moyenne.

Après avoir parcouru quelques guides de voyage, les étapes du séjour ont été assez faciles à identifier : une première découverte de la bouillonnante capitale Bangkok et de ses temples, une excursion vers l’antique cité d’Ayutthaya, quelques jours dans la fraîcheur des villes traditionnelles du Nord à Chiang Mai et Chiang Rai, et un peu de farniente dans le Sud sur la côte de Krabi et les îles de Koh Phi Phi et Koh Ya Noï. C’est parti !

Bangkok

Bangkok, capitale tentaculaire, comptabilise plus de 8 millions d’habitants. Son rythme effréné, sa population galopante et ses pics de pollution rebutent bon nombres de visiteurs qui s’enfuient rapidement dans le reste du pays. Pour autant, la Cité des Anges présente de nombreux trésors, constituant de véritables incontournables lors d’un séjour en Thaïlande.

Pendant nos quelques jours à Bangkok, nous nous sommes concentrés sur la découverte des Grands classiques : Temples Wat Pho et son Bouddha couché, Wat Arun et sa pyramide à degrés, et l’opulent Palais Royal. Une excellente entrée en matière au pays du sourire !

Wat Pho

Situé sur la rive Est du fleuve Chao Phraya, en plein cœur de Bangkok, le Wat Pho, aussi appelé Temple du Bouddha couché, est l’un des plus anciens et plus grands temples bouddhistes de la capitale.

Le complexe est vaste et se déploie sur près de 8 hectares. Il est composé de salas, pavillons servant de lieu de réunion, de méditation ou d’enseignement. Il comporte également de nombreuses stupas. Quatre d’entre elles se distinguent par leurs dimensions hors norme et représentent chacune un roi de la dynastie Chakri (Rama), qui fit de Bangkok la capitale du Royaume.

Wat Pho est considéré comme étant un centre d’enseignement bouddhique de premier plan en Thaïlande. Il comporte également une école de massage thaï et de médecine traditionnelle.

Mais le clou du spectacle reste l’entrée dans le bot, bâtiment principal du temple bouddhiste, qui abrite une statue monumentale et lumineuse recouverte de feuilles d’or. Mesurant 46 mètres de long et 15 mètres de haut, elle représente Bouddha couché, apaisé, libéré des désirs terrestres et atteignant le Nirvana.

Grand Palais

Après cette mise en bouche de choix, nous nous dirigeons vers le l’ancien Palais Royal, également appelé Grand Palais qui se situe à quelques encablures du Wat Pho. La foule est au rendez-vous mais le site est très vaste, occupant près de 30 hectares !

Le site est composé de nombreux palais, bâtiments, pavillons, cours et jardins d’époques différentes. Le Grand Palais fut construit à partir de la fin du 18ème siècle et reprend les codes de l’architecture traditionnelle thaïlandaise, mêlée à certains éléments européens.

Il accueillait autrefois la résidence du Roi mais continue à symboliser la puissance de la Monarchie thaïlandaise. Il abrite également le temple le plus sacré du Siam, le Wat Phra Kaew où trône le vénéré Bouddha d’émeraude.

Les nombreux palais et statues, richement décorés, scintillent de milles feux. Les frises et mosaïques aux styles très différents sont majestueux, sans parler des exceptionnelles fresques qui ornent les murs témoignant de la mythologie thaïlandaise. C’est un vrai régal, on en oublierait presque les hordes de touristes.

Wat Arun

Dernière étape de la journée de l’autre côté du fleuve Chrao Phraya. Après une courte traversée en bateau, nous pénétrons dans l’un des temples les plus célèbres de la capitale thaïlandaise, le Wat Arun ou temple de l’aube.

En entrant dans le temple, une vraie ambiance de sérénité se dégage. Nous sommes relativement peu nombreux et croisons quelques couples posant pour des photos en magnifiques tenues traditionnelles d’apparat. Les colonnades blanches du bot (bâtiment principal du temple), maculées de blanc et décorées de lotus rose nous émerveillent.

On poursuit en direction des prangs, ces tours en forme de pyramides à degrés, typiques de l’architecture sacrée khmère, et nous retrouvons une foule bien plus importante.

Culminant à près de 80 mètres de haut, le prang central domine fièrement les environs, et constitue en quelque sorte l’un des symboles de Bangkok.

Richement décorés, les prangs sont ornés d’une incroyable quantité d’éclats de porcelaine chinoise avoisinant les 300 000 morceaux. Telle une montagne sacrée, l’ascension raide et compliquée du prang central représente la difficulté d’atteindre les niveaux supérieurs de l’existence.

Parc Historique d’Ayutthaya

Après une superbe première journée au cœur de Bangkok à parcourir les plus belles pagodes de la capitale, nous mesurerons la grandeur du patrimoine culturel thaïlandais et décidons de remonter un peu le temps en partant à l’assaut de l’antique cité d’Ayutthaya.

Ce sera Veera, chauffeur de taxi avec lequel nous avons sympathisé la veille, qui nous amènera dans l’ancienne capitale du royaume de Siam. Située à seulement 80 kilomètres au nord de Bangkok, Ayutthaya présente un vaste parc historique classé qui recèle de très nombreuses temples et bâtiments officiels plus ou moins ruinés.

La découverte de ce lieu magique me replonge quelques années auparavant lorsque j’ai eu la chance d’arpenter les merveilleuses ruines d’Angkor qui me faisaient tant rêver. Et pour cause, l’architecture khmer se retrouve parfois dans les différents édifices que nous découvrons, témoins d’échanges entre les deux peuples.

Au cours du 14ème siècle, la montée en puissance du Royaume de Siam marqua la fin de l’Empire Khmer et la chute d’Angkor, envahie par les troupes thaï en provenance d’Ayutthaya.

La ville deviendra par la suite la capitale du Royaume de Siam pendant près de 4 siècles avant que le pouvoir ne s’établisse finalement à Bangkok.

Wat Yai Chai Mongkhon

Veera nous propose de visiter dans un premier temps le Wat Yai Chai Mongkan. Ce temple, situé légèrement en périphérie du centre historique d’Ayutthaya fut édifié au 14ème siècle pour accueillir des bonzes revenant de Ceylan (actuel Sri Lanka).

Le Wat Yai Chai Monghkan comporte un chedi (stupa) monumental qui culmine à plus de 70 mètres de haut. Il est entouré d’une lignée de Bouddhas assis. On grimpe les quelques dizaines d’escaliers permettant de rejoindre le cœur du stupa et accéder à la plateforme panoramique en transpirant à grosses gouttes. Veera nous récupère et nous profitons de la climatisation de son véhicule avant de découvrir un nouveau temple.

Wat Chai Watthanaram

Suite à une petite pause gourmande pour reprendre des forces, nous découvrons sous nos yeux ébahis, un temple d’un tout autre style : le Wat Chai Watthanaram ! Ce temple, édifié bien plus tardivement au 17ème siècle, constitue un merveilleux exemple de l’art khmer. Il aurait été construit pour célébrer la victoire du Royaume d’Ayutthaya sur l’Empire Khmer plusieurs siècles auparavant. Le Roi Prasat Thong le fit ériger en hommage à sa mère. Tout un symbole.

La visite est très agréable car le site est très vaste et offre des perspectives très intéressantes. Les prangs sont bien ciselés et la vue depuis le Chao Phraya vaut son pesant d’or. Il y règne un véritable air d’Angkor Wat. On a adoré !

Wat Phra Ram

On se balade tranquillement dans le centre historique d’Ayutthaya et on découvre un nouveau prang assez imposant. Un nouveau temple s’offre à nous. A nouveau, nous sommes surpris par la sérénité des lieux. On croisera 4 touristes en tout et pour tout. Zacharie, notre explorateur en herbe, s’éclate avec les cailloux et les branches qu’il ramasse en chemin !

Le Wat Phra Ram est plus ruiné que le temple précédant mais la magie opère avec la végétation qui est assez présente. Ce temple aurait été bâti sur les lieux de la crémation du Roi U-Thong, fondateur du Royaume d’Ayutthaya.

Wat Phra Si Sanphet

On continue notre visite de l’ancienne capitale en direction du Wat Phra Si Sanphet. Le site est à nouveau complètement différent des précédant, notamment sur le plan organisationnel avec 3 chedis en forme de bols renversés et alignés. Cette vision me ramène à mon adolescence lorsque je jouais à Street Fighter II et que j’affrontais les combattants thaï dans des décors assez similaires.

Ce temple, le plus important de l’ancienne capitale, servait de temple royal. Les 3 chedis sont majestueux et tellement imposants qu’il est difficile de les faire rentrer tous dans l’objectif de mon appareil photo. Ils renferment des reliques de trois Rois d’Ayutthaya.

Wat Mahathat

Nous commençons à être un peu fatigués et notre journée s’achève par un grand classique d’Ayutthaya, le Wat Mahathat. Ce temple est à nouveau un bel exemple d’architecture khmer. La lumière du soleil couchant nous offre un superbe spectacle en léchant les constructions aux briques orangées finement ciselées.

Là encore, nous sommes relativement tranquilles sauf à un endroit, le figuier des pagodes. Ce figuier étrangleur sacré, emblème du bouddhisme, est probablement photographié par la grande majorité des visiteurs qui viennent découvrir Ayutthaya. Il présente la particularité d’enserrer une tête de Bouddha entre ses racines et il est vrai que c’est assez spectaculaire.

Chiang Rai

Après cette première étape culturelle de choix, nous embarquons pour le Nord du Pays en direction de Chiang Rai, non loin du Triangle d’or. C’est là que nous sommes accueillis par la sympathique Nancy qui tient un charmant hôtel familial dans lequel nous séjournerons.

Nancy nous accueille et fait tout pour nous mettre à l’aise. Elle tombe rapidement sous le charme de Zacharie et ses bouclettes blondes. Nous prenons la route sans plus attendre pour visiter un premier site, le Wat Huay Pla Kang.

Wat Huay Pla Kang

Situé sur les collines qui jouxtent la ville, ce temple n’est pas le plus visité de la région mais gagne à être connu. D’architecture chinoise lanna, il se distingue par son imposante statue blanche immaculée de Guan Yin, déesse de la miséricorde bouddhiste. Divinité importante, elle a atteint l’illumination mais reste dans le monde physique pour aider le reste de l’Humanité à faire de même.

Après avoir gravi la série d’escaliers enserrée par deux dragons menaçants, nous pénétrons dans les entrailles de l’hospitalière Guan Yin et empruntons un ascenseur pour gravir les 25 étages qui nous séparent de la plateforme d’observation offrant une vue imprenable sur toute la région.

Ce temple est vraiment l’un des plus originaux que j’ai eu l’occasion de visiter. Sa couleur blanche nous éblouit sous un soleil radieux. Une belle première découverte et mention spéciale pour les superbes dragons protecteurs.

Temple Bleu – Wat Rong Suea Ten

Nous poursuivons vers le Nord de la ville en direction de l’un des grands classiques de la région, le Temple Bleu.

Le Wat Rong Suea Ten, littéralement temples des tigres dansant, rend hommage aux tigres qui peuplaient les environs au cours d’une époque lointaine. Bâti sur les berges de la rivière Kok, le Temple Bleu est l’œuvre du célèbre architecte qui a conçu l’exceptionnel Temple Blanc, incontournable à Chiang Rai.

Il se caractérise par son mélange de couleurs bleu profond et or à l’extérieur comme à l’intérieur, assez atypique pour les temples bouddhistes. Les décors peints sont très travaillés et le spectaculaire ubosot abrite un majestueux Bouddha blanc en position de lotus.

Wat Phra That Chom Sak

Sur le chemin du retour en direction de l’hôtel, nous nous arrêtons pour visiter un temple doré que nous avions repéré depuis la route. Il s’agit du Wat Phra That Chom Sak, qui n’est pas du tout sur la liste des temples visités par les touristes internationaux.

Zacharie reste avec Nancy et nous gravissons la série d’escaliers, à nouveau gardée par plusieurs dragons, dorés cette fois. Le temple est littéralement désert et nous apprécions la quiétude des lieux. Pour autant, le temple est centre spirituel important de Chiang Rai, sa stupa dorée centrale abriterait des reliques sacrées de Bouddha.

Il est temps de rentrer chez Nancy pour se détendre enfin et profiter du beau parc arboré et de l’agréable piscine ! Un bon repas traditionnel fait maison clôturera parfaitement la journée.

Baan Dam Museum

Thawan Duchanee est un célèbre peintre et plasticien thaïlandais. Né en 1939 à Chiang Rai, il jouit d’une renommée internationale. Ces thèmes de prédilection sont le bouddhisme et la psychologie. Il s’intéresse particulièrement au courant surréaliste depuis ses études en Europe, ce qui transparait dans l’ensemble de son œuvre. Il s’éteint en 2014 à l’âge de 74 ans.

La Baan Dam Museum, littéralement Musée de la Maison Noire, est un musée privé établi sur un vaste domaine qui compte de nombreuses bâtisses érigées par Duchanee. Ce qui n’était à la base que le modeste atelier du peintre s’est métamorphosé au fil des années en un chef d’œuvre architectural monumental.

Le style architectural est métissé mais présente souvent les signes de la culture Lanna très présente dans la région. Contrairement à la majorité des édifices bouddhistes, ici la couleur noire règne en maître, apportant un caractère inquiétant qui pousse le visiteur à l’interrogation ! Une visite pas comme les autres qui nous permet de découvrir l’univers si particulier de Duchanee.

Plantations de thé de Choui Fong

En route pour le célèbre triangle d’or, nous faisons une petite halte aux plantations de thé de Choui Fong. Ces plantations sont les plus grandes de Chiang Rai et parmi les plus qualitatives du pays. J’avoue cependant ne pas être renversé par les paysages car je me souviens encore de mon passage dans les Cameron Highlands en Malaisie où le relief était bien plus découpé et les points de vue sur les plantations encore plus spectaculaires.

Triangle d’or et Karen Long Neck Village

Nous poursuivons donc en direction de la triple frontière Thaïlande – Laos – Birmanie, cœur du célèbre Triangle d’or. Cette région mythique fut autrefois l’épicentre du commerce de l’opium. Cette zone, aujourd’hui pacifiée, fut pendant de nombreuses décennies particulièrement instable en proie aux trafics de drogues et aux guerres de clans rivaux.

Pour palper l’âme de ce territoire montagneux, nous rejoignons Sop Ruak, petite localité située à la confluence du Mékong et de son affluent le Ruak. Un accueillant belvédère aménagé nous permet de bien contempler les berges des trois pays frontaliers. La ligne de rencontre des eaux nous saute aux yeux avec les couleurs très différentes des deux cours d’eau.

Nous quittons Sop Ruak et partons à la rencontre des Karen Long Neck. Originaires de Mongolie, cette ethnie s’est établie en Birmanie il y a plus de 700 ans. Persécutée par les Birmans depuis plusieurs décennies, une partie de cette minorité a fait le choix d’émigrer et de se réfugier en Thaïlande. On compte ainsi plusieurs villages de Karen dans les régions montagneuses du Nord de la Thaïlande.

Nous franchissons les portes de l’un d’entre eux. Nous avons lu quelques avis avant de tenter l’expérience et je dois dire que nous aussi sommes partagés. Le village est bien aménagé et la visite agréable. On est vraiment en contact avec la population locale, mais on a un peu l’impression d’être dans un zoo humain. Ce côté voyeuriste est dérangeant. Si avec certains villageois, il y a de véritables échanges, avec beaucoup d’autres, on sent de la lassitude, de la fatigue et une espèce de mise en scène. Finalement pas sûr que la visite de ce village aide véritablement la communauté…

Pour autant, nous avons étais ébloui par les costumes colorés et très impressionnés par les femmes Karen aux long cous. Symbole de beauté ultime, elle se pare d’un collier en spiral entièrement en cuivre, souvent à partir de 5 ans qui leur permet d’allonger considérablement le cou.

Temple blanc

Pour la dernière étape de notre séjour à Chang Rai, nous nous devions de visiter l’un des plus emblématiques temples bouddhiste contemporains, le Wat Rong Khun, communément appelé Temple Blanc.

Il est l’œuvre du célèbre artiste thaïlandais Chalermchai Kositpipat, qu’il mit une dizaine d’année à construire. Entièrement blanc, il symbolise la pureté du Bouddhisme. Il est incrusté de milliers de fragments de miroir. L’entrée dans l’ubosot met le visiteur en situation : après avoir franchi une mer de mains terrifiantes provenant des ténèbres et représentant la souffrance, il passe sous une paire de défenses de pachydermes monumentales.

Même si beaucoup de représentations sont clairement contemporaines et parfois déstabilisantes par rapport aux temples bouddhistes classiques, il faut reconnaître que le site est exceptionnel et mérite vraiment le coup d’œil. Le temple est extrêmement fréquenté mais la gestion des flux est plutôt efficace. Le comportement de certains touristes étrangers nous fait cependant quand même parfois grincer des dents.

Chalermchai, en édifiant ce temple a voulu rendre hommage au Roi Rama IX décédé en 2016 et originaire de Chiang Rai. Le Wat Rong Khun continue son expansion et devrait être intégralement finalisé en 2070.

Wat Sang Kaew Phothiyan

Situé à une cinquantaine de kilomètres au Sud-Ouest de Chiang Rai, sur la route de Chiang Mai, le Wat Sang Kaew Phothiya, est un vaste temple fondé en 2006. Il présente plusieurs espaces très diversifiés : une arche d’entrée colorée monumentale, un jardin mystique et secret, un ubosot couleur vermeil aux fresques dorées d’une finesse rare, un champ de statues géantes de divinités dont la plus imposante représente Ganesha et un sanctuaire des moines vénérés dans la région.

Le Wat Sang Kaew Phothiyan est encore peu connu des touristes étrangers et lors de notre passage nous avons peut-être croisé un ou deux couples d’Européens, un monde comparé aux hordes d’instagrameurs qui se bousculaient au Temple Blanc. Nancy a visé juste avec cette visite totalement imprévue qui restera un vrai coup de cœur de notre escale sur Chiang Rai.

Chiang Mai

Annicha, amie de Nancy, prend le relais pour nous guider lors de notre étape à Chiang Mai. Nous commençons par une excursion à la journée pour découvrir la Réserve des Eléphants de Mae Taman. Nous n’en avions jamais vu de près (à part au zoo) et je dois dire que nous attendions cette journée avec impatience.

Réserve des éléphants de Mae Taman

La réserve se situe à deux heures de route, à une petite centaine de kilomètres au Nord de Chiang Mai. A notre arrivée, on se voit remettre des tickets et on nous explique le programme. Nous commençons par un spectacle qui se déroule sur un petit terrain de jeu. Les éléphants se rapprochent de nous et cherchent quelques gourmandises avant d’entrer véritablement en scène. Ils nous impressionnent en jouant au football, puis en peignant des toiles comme de vrais artistes. L’ambiance est bon enfant. Les pachydermes sont majestueux et impressionnants.

On poursuit avec une balade à dos d’éléphant d’une vingtaine de minutes. Nous montons sur une petite plateforme arrimée sur son dos et je dois dire que nous ne sommes pas du tout à l’aise. C’est très instable et nous luttons pour ne pas tomber. Zacharie est très impressionné et semble décontenancé. Pour autant, il prend son courage à deux mains, et nous traversons finalement assez facilement la rivière avant une petite virée dans la jungle sur des chemins très raides.

Ce fut une vraie expérience mais nous n’avons aucune envie de remonter sur le dos de l’éléphant. Une petite carriole tirée par des buffles nous attend déjà pour découvrir le village. La balade est nettement plus tranquille.

Le repas est prêt, un buffet chaud nous attend et nous en profitons pour reprendre quelques forces. Pendant ce temps, les équipes du parc préparent les radeaux en bambous pour notre dernière balade qui s’effectuera sur la rivière Mae Taman. Nous nous laissons donc guider par les flots sur plusieurs kilomètres et admirons le paysage et les autres sanctuaires pour éléphants. La croisière est très agréable.

Je dois dire que nous avons passé un excellent moment que nous ne sommes pas prêts d’oublier. Cependant, à notre retour en France, nous apprendrons que beaucoup de ces parcs maltraitent littéralement ces animaux et qu’il est donc important de bien se renseigner en amont.

Wat Phrathat Doi Suthep

Situé à une petite quinzaine de kilomètres au Nord de Chiang Mai, le Wat Phrathat Doi Suthep est bâti sur une petite montagne à 1 000 mètres d’altitude. Il offre un panorama grandiose sur la capitale du Nord de la Thaïlande.

Fondé au 14ème siècle, son Chedi monumental doré contiendrait des reliques de Bouddha déposé par un éléphant blanc. Ce temple, sacré pour les Thaïlandais, est l’un des plus célèbres du pays et son emplacement dominant les environs en fait un but de visite incontournable pour les visiteurs étrangers.

Mais y accéder se mérite, en effet, il faut gravir plus de 300 marches pour découvrir le complexe. Le Wat Phrathat Doi Suthep est richement décoré et présente un style Lanna caractéristique de la région avec des fresques et ornements finement exécutées aux couleurs vermeil et or.

Wat Suan Dok

Dernier temple de la journée pour la petite famille avant de retourner à l’hôtel après un journée riche en émotions et découvertes ! Nous arrivons donc au Wat Suan Dok, l’un des plus beau temple de Chiang Mai, pour le coucher du soleil. Nous sommes seuls au monde et apprécions l’ambiance particulièrement sereine tranchant littéralement avec les embouteillages incessants de la ville.

Le principal attrait du temple réside dans l’orignal cimetière composé de chedis blanchis à la chaux et renfermant les cendres de dirigeants et membres de la famille royale de Chiang Mai. Nous en faisons le tour et apprécions la variété architecturale des stupas. Zacharie se croit dans un labyrinthe et finira par faire connaissance avec quelques jeunes moines qui étudient au centre d’éducation bouddhiste établi sur place.

Wat Luang Khun Win

Nous partons à la découverte d’un dernier temple, qu’on peut qualifier de joyau secret. Situé à environ 1h30 de route, le Wat Luang Khun Win se mérite, les derniers kilomètres relèvent plus du sentier caillouteux que d’une vraie route. Nous avons l’impression de partir à l’aventure en rejoignant le temple perdu dans la montagne au beau milieu de la jungle.

Une fois arrivés, nous comprenons pourquoi Annicha a souhaité nous amener ici. Nous sommes quasiment les seuls touristes sur place et l’ambiance qui règne est totalement différente de tout ce que nous avons vécu jusqu’à présent. C’est un moment magique.

Zacharie inspecte les moindres détails des menaçants dragons blancs aux yeux rouges qui protègent les lieux ! Construit il y a plus de 700 ans dans le plus pur style régional Lanna en boiserie finement ciselée, le temple est d’une beauté saisissante.

Cascade Mae Sa Pok

Sur le chemin du retour, Annicha nous suggère une petite promenade dans la jungle pour partir à l’assaut de la Cascade de Mae Sa Pok. Il est clair que cela nous change un tantinet des nombreux temples que nous avons eu plaisir à explorer.

Après une quinzaine de minutes d’ascension le long d’un chemin qui suit la petite rivière, nous commençons à entendre le bruissement sourd de la cascade. Le site est très beau et encore une fois assez calme, les eaux vives de la cascade se jettent à près de 30 mètres de haut dans la rivière en contrebas. Zacharie profite de ce petit moment hors de la voiture et joue avec tout ce qu’il trouve, bâtons et cailloux font de lui un petit vadrouilleur heureux !

Nous regagnons la voiture et rejoignons l’aéroport pour la deuxième partie du voyage, bien plus calme en mode balnéaire dans le Sud de la Thaïlande dans les environs de Krabi. Nous allons enfin tous pouvoir nous reposer et passer une peu moins de temps dans la voiture, surtout Zacharie qui commençait franchement à saturer et on comprend pourquoi.

Krabi

Pour ces quelques jours dans le Sud de la Thaïlande, nous avons choisi les environs de Krabi que j’imagine plus familial et tranquille que Phuket, même si je n’y ai jamais mis les pieds. Il fait nettement plus chaud que dans le Nord et nous avons hâte de découvrir les plages paradisiaques qui font la réputation de la région !

Ao Nang

Nous posons nos valises à Ao Nang, station balnéaire située à quelques kilomètres de Krabi. La petite ville côtière présente un vaste front de mer très agréable et bien aménagé. L’heure n’est plus à la visite mais au farniente. Le premier jour, nous n’avons qu’une idée en tête, profiter de la mer et de la piscine de l’hôtel. Ahhhh ! un peu de repos après cette expédition millimétrée, ça fait du bien.

La longue allée commerçante qui mène à la plage concentre de nombreuses boutiques de souvenirs, de vêtements et de jeux de plages. Bars à jus et restaurants viennent compléter l’offre. Nous commençons donc notre séjour par un petit déjeuner en bord de route avec jus de mangue frais et petits plats thaïlandais. Tout le monde se régale…

Après nous être ragaillardis, nous découvrons la plage principale d’Ao Nang, elle est déjà magnifique. Nous décidons de nous diriger un peu plus au Sud vers Pai Plong Beach, car les pains de sucres en arrière plan nous attirent ! Mais pour rejoindre cette plage, il nous faut d’abord emprunter un sentier muni d’escalier en bois appelé Monkey Trail et on comprend assez rapidement pourquoi. Le jeu en vaut la chandelle lorsque nous arrivons, la vue est grandiose. Nous passerons l’après-midi ici.

Excursion à Koh Phi Phi

Deux jours plus tard, après nous être mis au rythme du farniente, nous avons à nouveau la bougeotte. On se renseigne auprès des agences de voyages locales qui proposent des excursions en bateau à la journée. Nous rêvons de fouler le sable blanc de l’incroyable plage de Maya Bay sur l’île de Koh Phi Phi Don, rendue célèbre dans le Monde entier par le film « The Beach » avec Leonardo DI Caprio, Guillaume Canet et Virginie Ledoyen. Billets en poche, nous partons au terminal maritime pour embarquer sur un speed boat. Zacharie, matelot en herbe, qui adore le bateau et les sensations fortes ne sera pas déçu ! C’est parti pour 50 minutes de traversée à fond les moteurs.

Premier stop sur l’île de Koh Yung. La plage de sable blanc est paradisiaque et nous pouvons profiter d’une petite baignade sympathique pendant une bonne heure. Un vrai régal. Nous apercevons en toile de fonds l’île Bamboo Island.

Après nous être prélassés, nous embarquons à nouveau, cette fois-ci en direction de Koh Phi Phi Don. L’île est plus grande mais il y a énormément de bateaux. Au vu de la renommée de l’île on s’en doutait un peu, mais là ça dépasse l’entendement, c’est littéralement noir de monde. Le débarquement se fait assez difficilement sur des pontons flottants qui brinquebalent dans tous les sens. Nous rejoignons une file indienne compacte en route pour Maya Bay. On se prête au jeu et on patiente. Nos efforts finissent par payer après une bonne demie-heure de marche au pas.

« La Plage » s’offre à nous, c’est spectaculaire. Il fait vraiment chaud, le sable blanc nous aveugle, l’eau se pare d’une couleur bleu émeraude intense comme nous en avons rarement vu. C’est un vrai trésor. Fermée au public de 2018 à 2022 en raison de sa surfréquentation qui a abimé les écosystèmes, elle est à nouveau accessible mais la baignade reste strictement interdite et c’est tant mieux !

Les visiteurs asiatiques, pour qui la foule ne pose que peu de problèmes, restent tous cantonnés au point d’accès de la plage. Les occidentaux, eux, préfèrent fuir le plus possible la foule et parcourent l’estran pour trouver un semblant de tranquillité.

Même si le spot est extrêmement fréquenté, nous avons pris beaucoup de plaisir à découvrir ce petit bijou mais il se mérite et l’inconfort du tourisme de masse est clairement palpable ici.

Koh Yao Noi

En me renseignant un peu sur les îles accessibles depuis Krabi, je tombe sur un blog dont l’auteur relate son passage sur une île voisine, qui abrite une belle communauté d’oiseaux endémiques semblant faire partie de la famille des toucans avec un beau bec orangé.

Nous aimons les oiseaux et avons un couple d’inséparables depuis 2018, à la suite à notre voyage en Iran où nous sommes tombés sous le charme de ces charmants volatiles. On se dit que partir observer ces beaux oiseaux dans leur milieu naturel pourrait vraiment être fun avec Zacharie. Ni une ni deux, on retourne au terminal maritime avec cette fois pour destination l’île de Koh Ya Noi.

Nous avons réservé dans une petite guesthouse qui loue des cabanes rudimentaires mais sympathiques, parfait pour notre petite escapade en mode Robinson Crusoé. Nous discutons avec le propriétaire qui nous met en contact avec un chauffeur de l’île connaissant bien ces oiseaux et les lieux à privilégier pour les observer.

Nous prenons place à bord de son tuk-tuk et nous nous arrêtons à proximité d’un beau complexe hôtelier. Un petit sentier en bois sur pilotis bien aménagé nous offre l’opportunité de nous enfoncer dans la mangrove à l’affût des calaos, qui n’ont en commun avec le toucan que la belle couleur du bec jaune orangé surdimensionné. Nous trouvons un nid mais il ne semble pas habité. On fait chou blanc mais on ne renonce pas pour autant !

Nous prenons un peu de hauteur au sortir de la forêt et ça y est nous en apercevons quelques-uns en train de récolter de petites baies au sommet des arbres. C’est l’explosion de joie du petits groupe d’aventuriers que nous sommes ! Zacharie est très content d’avoir trouvé des toucans (car il a décidé que c’était quand même des toucans).

Le chauffeur nous amène dans un dernier endroit en bord de plage où un petit nid a été aménagé. Et là, le spectacle est grandiose, le calao est à quelques mètres de nous et nous l’observons, c’est magique. Nous rentrons à l’hôtel satisfaits et accomplis.

Ce séjour en Thaïlande m’aura vraiment réconcilié avec le pays dont j’avais une vision bien trop réductrice. Force est de constater que tout est simple lorsqu’on voyage dans ce pays. Les gens sont sympas, trouvent toujours des solutions et ont une vraie culture de l’accueil et du partage. Sans parler du patrimoine culturel, naturel et gastronomique du pays. Une vraie belle découverte que j’avais occulté en quête de destinations plus originales.

Je dis rarement cela mais je pense vraiment retourner un jour en Thaïlande pour découvrir d’autres régions moins connues et certainement encore plus authentiques. Je suis encore en contact régulier avec Veera et Nancy et j’espère que nous nous reverrons en Thaïlande ou en France, qui sait ?