Macédoine du Nord, au royaume d’Alexandre le Grand

« La Macédoine du Nord, en voilà un projet de voyage étrange ! C’est où déjà ? ».

Destination peu courue par les Français, la petite république d’ex-Yougoslavie a pourtant de belles cartes à jouer en matière de tourisme.

Située en plein cœur des Balkans, la Macédoine du Nord présente un relief principalement montagneux totalisant plus d’une trentaine de sommets dépassant les 2 000 mètres d’altitude. Elle est bordée au Nord par la Serbie et le Kosovo, à l’Ouest par l’Albanie, au Sud par la Grèce et à l’Est par la Bulgarie et n’a aucun accès direct à la mer. Son territoire constitue approximativement la moitié Nord de la Macédoine Antique, la partie Sud étant partagée par la Grèce et la Bulgarie. Cela explique en partie les frictions longtemps ancrées entre la Macédoine du Nord et la province grecque de Macédoine (et a fortiori de l’État Grec) qui réclament toutes deux la légitimité de cette appellation et revendiquent l’héritage d’Alexandre Le Grand. Son drapeau, particulièrement original m’a toujours beaucoup plu et intrigué à la fois. Adopté en 1995, il représente un soleil jaune à huit rayons sur un ciel rouge, reprenant une version stylisée du soleil de Vergina, symbole d’une dynastie ayant régné sur l’Antique Macédoine.

Mais revenons à la culture populaire, lorsqu’on évoque la macédoine, en France, on imagine une salade composée de petits dés de nombreux légumes aux couleurs variées. Et bien, après quelques recherches, le lien existe bel et bien ! Cette salade a été nommée de la sorte en référence à la diversité ethnique de la Macédoine au 19ème et 20ème siècles. En effet, ce territoire est depuis toujours un important carrefour culturel mêlant des influences slaves, grecques, romaines, byzantines, bulgares et ottomanes. Aujourd’hui encore, la population de Macédoine du Nord est métissée. Elle est composée principalement de Macédoniens slaves (55%) mais présente également des minorités albanaises (30%), turques (4%), roms (2.5%) et serbes (1.2%).

Nous voilà partis pour un petit road-trip en famille d’une semaine sur les routes macédoniennes ! En avant toutes !

Lagadin, sur les bords du Lac d’Ohrid

Après un vol plutôt court et agréable, nous atterrissons à Skopje, capitale du pays que nous arpenterons plus tard. Nous mettons cap vers le Sud et la région des lacs, frontalière avec l’Albanie et la Grèce.

La première partie du trajet nous fait cheminer dans la vallée du Vardar qui se referme peu à peu, laissant place progressivement à des paysages montagneux et des routes plus sinueuses. On remarque aussi, selon les hameaux, des drapeaux albanais qui flottent au vent et les mosquées qui côtoient les églises, nous rappelant ainsi la mixité culturelle du pays.

Nous nous rapprochons de notre première destination qui n’est autre que la splendide cité d’Ohrid bâtie sur les rives du Lac du même nom. Pour profiter d’un peu de quiétude et d’une superbe vue sur le lac, on rejoint un charmant hôtel familial dans la petite commune de Lagadin. La vue est exceptionnelle, le personnel est au petit soin et le serveur se prends d’affection pour Zacharie le séducteur, le surnommant « zlatna serca » que je comprend en « petit cœur d’or ».

Après avoir profité de la piscine encore bien fraîche au cours de ce printemps humide, on rejoint le Lac d’Ohrid et la plage publique de Lagadin située à 5 minutes en contrebas de l’hôtel. Zacharie s’éclate avec ces milliers de cailloux. L’eau est translucide et on profite d’un ponton pour se prêter au jeu du shooting en famille. Le Lac d’Ohrid est le lac le plus profond des Balkans avec 288 mètres de fond, mais c’est aussi un des plus vieux lacs du monde avec le Lac Titicaca et le Lac Baïkal. Les superlatifs sont nombreux pour ce lac qui présente une des plus exceptionnelles sources de biodiversité d’Europe, un patrimoine culturel et spirituel unique. La ville d’Ohrid et son lac sont ainsi classés au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1980.

Ohrid, la Jérusalem des Balkans…

Après avoir profité d’agréables rayons de soleil sur les bords du magnifique Lac d’Ohrid aux eaux translucides, on a envie d’en savoir davantage surOhrid, la « Jérusalem des Balkans« .

A l’époque romaine, la ville, alors appelée Lychnidos, était un carrefour commercial et culturel important sur la Via Egnatia, route antique reliant l’Adriatique à la Mer Noire et rassemblant langues latines et grecques.

Au fil du temps, Lychnidos devint un centre religieux important. Saint-Clément d’Ohrid, Saint Patron de la Macédoine du Nord, y fonda un monastère au 9ème siècle. Il joua un rôle majeur dans l’expansion des prêches en langue protoslave et est considéré comme l’un des pères de l’alphabet cyrillique. La ville est devenue l’un des points de rayonnement de la Chrétienté Orientale, lui valant également le surnom de ville aux 365 églises.

On commence notre balade ohridienne par le marché local. Fruits et légumes frais et séchés, conserves d’ajvar, de pindjur, d’aïoli, d’épices, de miel… Les étals sont pleins, colorés et bien ordonnés. On ne résiste pas à quelques achats pour goûter ces nouvelles saveurs qui fleurent bon les Balkans et la Méditerrannée.

La marché débouche sur une rue commerçante aux devantures soignées, correspondant à l’ancien bazar de la ville. Tout est très propre et léché, on sent bien qu’Ohrid est la capitale touristique du pays et la déambulation en cette saison est tout à fait sympathique. Au fonds de la rue se dresse la Mosquée Ali Pasha témoignant de l’héritage ottoman de la ville. En chemin, on tombe sur une échoppe qui attire notre attention. Il s’agit du cordonnier et bottier traditionnel BELEV dont l’atelier-magasin s’apparente à une véritable caverne d’Ali Baba. On en profite pour offrir une paire de souliers faits main en cuir bleu et rouge à notre petit champion, qui les porte encore fièrement aujourd’hui.

On poursuit notre visite en direction de la forteresse et de quelques unes des plus belles églises de la ville. Les rues se resserrent et le relief s’accentue. Les maisons présentent une architecture balkanique caractéristique avec un étage supérieur plus large donnant sur la rue et soutenu par une charpente en bois sombre. Les bâtiments flambant neufs côtoient les demeures en ruine et parfois les vestiges archéologique. On tombera ainsi un peu par hasard sur le théâtre antique d’Ohrid complètement imbriqué dans un quartier d’habitations et offrant une belle vue sur le lac.

Monastère Saints-Clément-et-Panteleimon

Après avoir suivi un sentier peu conventionnel, nous voici devant le flamboyant Monastère Saints-Clément-et-Saint-Panteleimon. On voit bien qu’il est bâti sur des vestiges archéologiques. Il s’agit en fait du site de Plaosnik, site religieux de premier plan qui abritait deux basiliques et le siège des premiers évêques de Lychnidos la romaine. C’est ici même, au 9ème siècle que Saint-Clément d’Ohrid entreprit l’évangélisation des Slaves et l’enseignement de l’alphabet cyrillique. Tout un symbole.

L’emprise au sol des vestiges est impressionnante et témoigne de la grandeur passée du site. Le Monastère Saints-Clément-et-Saint-Pantéleimon est en fait une construction très récente qui date des années 2000 suivant le modèle supposé de l’église bâtie alors par Saint-Clément d’Ohrid. La vue plongeante sur le lac est splendide.

Forteresse de Samuel, place forte du Premier Empire Bulgare…

Samuel, ancien tsar de Bulgarie de 997 à 1014, reconquis de nombreux territoires à la fin du Xème siècle, annexant les actuelles Albanie et Serbie, le Nord de la Grèce et la Macédoine du Nord. Fort de ces conquêtes et avec des frontières largement remodelées, il fit d’Ohrid la capitale du Premier Empire bulgare à cette période.

La Forteresse de Samuel, qui domine fièrement la vieille ville d’Ohrid et le Lac porte aujourd’hui son nom. L’ensemble est monumental et comporte 18 tours carrées, 4 portes et des remparts de 10 à 16 mètres de haut ! Le site a été totalement restauré au début des années 2000 et offre une vue imprenable sur les alentours. La montée est un peu raide mais la vue du haut de ses remparts crénelés en vaut véritablement la peine !

Cathédrale Sainte-Sophie d’Orhid

Après avoir bien crapahuté sur les hauteurs de la ville, nous sommes contents de redescendre tranquillement vers le lac et les rues commerçantes. La faim se fait sentir et nous sommes ravis de trouver un petit restaurant devant notre prochain lieu de visite : la Cathédrale Sainte-Sophie d’Ohrid.

Après avoir avalé de réconfortantes côtelettes d’agneau, il ne nous reste que quelques pas à faire pour franchir l’entrée de la majestueuse Cathédrale au style purement byzantin. Elle constitue la plus grande église médiévale du pays, mais également le siège l’Église orthodoxe macédonienne.

Ses abords sont soignés et verdoyants. La façade de son bas-côté Nord bardée d’arches est particulièrement impressionnante. Mais, ce qui fait de ce lieu saint un lieu véritablement unique, ce sont bel et bien ses incroyables fresques médiévales inestimables protégées pendant plusieurs siècles grâce un enduit appliqué par les Ottomans et révélées presque intactes au 20ème siècle.

Église Saint-Jean de Kanéo

Pour finir cette belle journée de découvertes, nous longeons le lac en direction de la plus célèbre église de Macédoine du Nord : l’église Saint-Jean de Kanéo. Érigée au 13ème siècle, elle est consacrée à Saint-Jean l’Évangéliste et adopte un plan en croix latine et une architecture de style byzantin et arménien.

On y accède qu’à pieds par une un sentier aménagé sur pilotis nous donne l’impression de marcher sur l’eau, d’être en connexion directe avec le lac. Le sentier, plus ou moins bien aménagé par endroits, nous offre de beaux points de vue sur le lac et ses berges. C’est vraiment une belle surprise.

Au bout d’un petit kilomètre de marche, on l’aperçoit enfin. Il ne nous reste que quelques centaines de mètres pour profiter pleinement du paysage de carte postale proposé par l’église Saint-Jean de Kanéo. Située sur un promontoire rocheux, elle domine le Lac d’Ohrid et offre l’un des plus spectaculaire panorama du pays.

Éreintés, nous profitons d’un matelot qui nous propose une petite croisière à bord de son embarcation en direction du port. Encore une belle aventure pour Zacharie !

Bitola

Non loin d’Ohrid et à proximité de la frontière grecque, nous rejoignons Bitola, troisième ville du pays. L’ancienne Manastir était un centre culturel et commercial de premier plan dans les Balkans à l’époque ottomane, situé à mi-chemin entre Selanik (Thessalonique) et Uskub (Skopje).

Particulièrement métissée, elle comptait de puissantes communautés turques, slaves, albanaises et juives. La ville a conservé un patrimoine architectural précieux qui reste peu mis en valeur. Les bazars, la tour de l’horloge et les deux mosquées Yeni et Ishak Celebi rappellent l’héritage ottoman. Sirok Sokak, la rue principale très commerçante marque quant à elle l’empreinte slave et son architecture néoclassique du 19ème siècle.

Malgré ce patrimoine important, la ville ne nous a pas conquis et nous y avons ressenti une ambiance étrange qui ne nous a pas donné envie de nous attarder.

Heraclea Lyncestis

La ville de Bitola est établie à quelques encablures des vestiges d’une cité prospère de l’ancien Royaume de Macédoine, alors État de la Grèce Antique. Heraclea Lyncestis, fondée au milieu du 4ème siècle avnt J.-C. par Philippe II de Macédoine, qui n’est autre que le père d’Alexandre le Grand !

Le site, plutôt vaste, conserve de nombreux vestiges de la période romaine : portique, thermes, amphithéâtre, colonnes, mosaïques et autres statues. C’est une belle surprise pour Zacharie qui n’a qu’une idée en tête : trouver un maximum de cailloux !

Église Saint-Dimitri de Salonique

La plus belle découverte de cette journée reste pour nous l’Église Saint-Dimitri de Salonique. Située dans une petite rue à deux pas de Shirok Sokak, l’église est la principale église orthodoxe macédonienne de Bitola.

Érigée en 1830, elle abrite une superbe iconostase (paroi décorée d’icônes) en bois sculpté largement influencé par le style du Mont Athos. Nous y pénétrons alors qu’une cérémonie agrémentée de chants liturgiques bât son plein. Nous sommes seuls avec les hommes de foi pour partager un moment exceptionnel.

Tetovo

Mosquée peinte de Tetovo

Nous quittons le Sud de La Macédoine du Nord pour rejoindre tranquillement la capitale. Mais sur notre route, on choisit de faire une escale à Tetovo, situé à seulement 40 kilomètres de Skopje. Ce sera l’occasion de manger et surtout de s’imprégner de l’ambiance d’un des joyaux du pays : La Mosquée peinte.

Majoritairement peuplée d’Albanais, la ville de Tetovo est considérée comme la capitale officieuse de la minorité albanaise du pays. D’apparence grise et triste, elle ne semble pas particulièrement accueillante au premier abord. Après un bon repas dans un petit restaurant typique, nous nous acheminons vers le parc verdoyant qui abrite la fameuse mosquée peinte. On aperçoit ses majestueuses façades depuis l’extérieur de son enceinte et la magie opère déjà !

Construite aux 19ème siècle sur les vestiges d’une des plus anciennes mosquées de la ville érigée 4 siècles plus tôt, elle hérite notamment du minaret de cette dernière. L’édifice est remarquablement entretenu et présente la particularité rarissime d’être richement décorée à l’intérieur et à l’extérieur. Les murs extérieurs sont flanqués d’une trentaine de panneaux rectangulaires présentant des motifs géométriques colorés. Mais le clou du spectacle reste l’intérieur du monument avec son mihrab en marbre, ses balcons baroques et ses décors peints aux couleurs chaudes présentant des arabesques raffinées, de somptueuses calligraphies et des motifs floraux singuliers. Nous y sommes bien accueillis et savourons le moment avec Zacharie qui en profite pour courir dans tous les sens.

Tekke Arabati Baba

Avant de rejoindre Skopje et notre appartement, on passe rapidement voir le deuxième point d’intérêt de Tetovo. Il s’agit du Tekke Arabati Baba, une sorte de monastère réservé aux musulmans soufis, de la communauté Bektashi particulièrement importante dans la ville.

Le complexe, qui présente un vaste jardin, semble désert. Le Tekke est réputé pour ses tombes soufies, ses nombreuses boiseries sculptées et sa fontaine en marbre. Malheureusement, la majorité des bâtiments qui la composent tombe en ruine. Une restauration des lieux semble être une nécessité absolue pour ce lieu saint qui le mériterait tant.

Skopje

Ca y est, nous y voilà, Skopje ! Cette ville m’intrigue depuis bien longtemps. Mon père y était allé dans les années 70 et il m’avait fait part du grand tremblement de terre qui avait ravagé la ville à près de 80%. Cette image m’a marqué. Et aujourd’hui c’est à mon tour de fouler le sol skopiote. En me renseignant un peu, j’en apprends plus sur le nouveau visage du centre urbain. Il a fait l’objet d’aménagements considérables dans le cadre du Projet Skopje 2014 qui vise à reconstruire des monuments disparus lors du séisme de 1963 et à ériger d’autres édifices remarquables.

Nous commençons notre visite de la ville sur les berges du fleuve Vardar en direction du Parc des femmes combattantes. Cette vaste place arborée abrite de nombreuses statues rendant hommage aux héros nationaux. Certaines d’entre elles reprennent les codes soviétiques, mais la sculpture la plus emblématique du parc reste celle dédiée aux femmes yougoslaves ayant combattu aux côtés des soldats pendant la Seconde Guerre Mondiale.

On poursuit en direction de la Place de Macédoine et nous tombons sur un Arc de Triomphe. Il s’agit de la Porte de Macédoine, construite en 2011 pour fêter les 20 ans de l’indépendance du pays. Puis nous rejoignons la place principale de la ville où trône fièrement la monumentale Statue du guerrier à cheval qui représente bien évidemment Alexandre le Grand conquérant sur son cheval cabré. Nous sommes tous les trois impressionnés par les dimensions de ce monument emblématique. Tout cela peut paraître kitsch mais j’avoue être sous le charme de toutes ces installations récentes.

Nous rejoignons les bords du fleuve et découvrons plusieurs bâtiments particulièrement imposant dont le Théâtre National, le Musée de la Lutte macédonienne ou encore le Musée archéologique, sans oublier la Forteresse qui domine la ville. Après avoir dépassé une nouvelle statue monumentale dévolue cette fois-ci à Philippe II de Macédoine, nous nous engouffrons dans le Vieux Bazar de Skopje. Après avoir englouti quelques spécialités locales et notamment des cevapis (kefta des Balkans) accompagné d’ajvar (condiment à base de poivrons, de tomates et d’aubergines), on se faufile dans les ruelles de ce quartier marchand typique et particulièrement animé. C’est un excellent moment très dépaysant. On expérimente ici la richesse multiculturelle du pays qui nous donne un vrai sentiment d’ailleurs, trait d’union entre Europe et Orient.

Cathédrale Saint-Clément d’Orhid

La Cathédrale St-Clément d’Ohrid, reconnaissable entre toute avec sa rotonde, a été construite en 1976. Elle constitue le siège de l’église orthodoxe macédonienne et s’avère être l’une des rares cathédrales au monde de style aussi moderne. Une fois à l’intérieur, nous en prenons plein les yeux, c’est une véritable splendeur. Le dôme de l’édifice est recouvert d’une fresque du Christ de 70m2 et présente une iconostase tout aussi impressionnante.

Église Saint-Sauveur de Skopje

Après avoir arpenté les rues du vieux bazar, nous franchissons la porte de l’église Saint-Sauveur. Discrète, nous sommes surpris par la beauté du lieu qui ne laissait rien paraître depuis l’extérieur. Bâtie Nous sommes à nouveau seul sur site, hormis un moine orthodoxe qui nous conseille de descendre quelques marches.

L’église du 17ème siècle se trouve en fait bien cachée dans la partie droite du complexe légèrement rabaissée en sous-sol. Quelle surprise, l’iconostase est certainement la plus belle qu’il m’ai été donné de voir. Le travail des boiseries torsadées est d’une finesse incroyable, c’est tout simplement splendide, un véritable trésor ! Les fresques elles aussi participent au spectacle et ont été redécouvertes lors de travaux de restauration à la fin des années 1960.

Kuklica

Après avoir arpenté les centres historiques et principaux lieux saints du pays, une furieuse envie de nature nous gagne. Nous quittons donc Skopje pour un site naturel peu connu mais vraiment original. Aussi, après une grosse heure de route, nous arrivons dans le village de Kuklica.

La petite ville de campagne abrite un site géologique remarquable qui se déploie sur un peu moins de 400 m2 et rassemble plus d’une centaine de cheminées des fées, appelées localement poupées de pierre. Ces formations rocheuses volcaniques datent de plusieurs millions d’années et mesurent chacune 5 à 10 mètres de haut. Après un bref passage par le centre d’accueil du site, Zacharie part à l’assaut de ces demoiselles de pierre. Le site est assez petit mais spectaculaire et encore une fois nous sommes seuls au monde !

La ville c’est bien mais la nature c’est mieux, n’est-ce pas Zach ?

Canyon de Matka

Pour finir en beauté notre séjour macédonien, nous partons à la découverte du Canyon de Matka. Situé à une dizaine de kilomètres du centre de Skopje, ce deuxième spot naturel constitue un incontournable lors d’un séjour dans le pays. Creusé par la rivière Treska pendant des millénaires, les gorges de Matka sont très marquées. Un barrage construit en 1938 a permis la création d’un lac artificiel largement dévolu aux activités touristiques de nos jours.

Nous commençons donc notre balade par une croisière en bateau afin d’explorer le canyon par les eaux. Plusieurs grottes ponctuent l’excursion, dont celle de Vrelo, qui serait une des plus profondes grottes sous-marines du monde. De retour au point d’embarquement, nous profitons d’un bon repas au bord du lac avant de partir à l’assaut du sentier creusé à même la roche qui nous offre une autre perspective sur cette petite pépite naturelle. La fréquentation touristique est bien plus importante que dans les autres sites que nous avons pu découvrir mais cela reste tout à fait agréable.

Notre séjour s’achève donc ici et nous repartons avec pleins de beaux souvenirs de ce petit pays métissé et en pleine construction identitaire, véritable trait d’union entre l’Europe et l’Orient.

Petite anecdote amusante, pour chacun de mes projet de voyage, j’aime me projeter en me procurant un guide touristique faisant la part belle aux photos. La Macédoine du Nord est à ce jour la seule destination nationale pour laquelle je n’ai trouvé aucun guide. Heureusement, les contributions de voyageurs et les brochures de l’Office National du tourisme m’ont apporté pas mal de contenu pour préparer au mieux notre escapade en famille.

Décidément les Balkans continuent à nous réserver de belles surprises.

Croatie / Hrvatska : magique Dalmatie

2008 / 2009 / 2013 / 2014 – Zadar / Split / Dubrovnik / Sibenik / Krka / Plitvicke

La Croatie, magique Dalmatie…

Petit pays d’ex-Yougoslavie, la Croatie est aussi celui qui dispose de la majorité du littoral du royaume des Slaves du Sud, et quel littoral !

Les amateurs de plage de sable fin ne seront pas à la fête, par contre les fans de côtes découpées et de criques et autres calanques seront servis. Mais la Croatie, c’est aussi des vestiges grecs et romains à couper le souffle avec des villes toutes en marbre. sans oublier des parcs naturels exceptionnels et assez uniques où le fil conducteur est l’eau ! Sa culture est profondément méditerranéenne, coincée entre l’Italie et le Monténégro, mais marquée par des influences romaines, vénitienne, slaves et ottomanes, un carrefour culturel intéressant.

Retour sur 4 voyages différents effectués dans ce beau pays et focus sur la région que j’affectionne le plus, la Dalmatie.

Croatie

Split

Dès mes premiers pas dans la ville, j’ai su que je m’y sentirais bien. Split est ouverte sur la mer et dominée par le Mont Marjan qui mérite une petite promenade. Les toitures orangées et le marbre sont partout dans le centre ancien qui constitue un vrai musée à ciel ouvert. Le soleil illumine la pierre blanche et les chaussures glissent sur le sol complètement lisse en marbre qui ébloui les yeux.Bienvenue dans la capitale dalmate.

La première chose à faire est de se rendre sur la petite place du Palais Dioclétien et de gravir les marches du campanile de la Cathédrale Saint-Domnius pour découvrir un panorama grandiose sur toute la ville, ceinturée entre la tranquille mer adriatique et les pics agressifs des Balkans. Les bars en bas de la Cathédrale sauront vous attirer avec leurs coussins posés à même les marches du Palais. Le patrimoine n’est pas juste à observer, il se vit ici entre touristes et locaux. Le soir lorsque la température baisse, les gens sortent et profite de la fraîcheur. La promenade aménagée sur le port est animée et très agréable pour une balade digestive en soirée. Cette ville est définitivement une ville où j’aurais bien voulu habiter.

Trogir

A une trentaine de kilomètres au Nord de Split, nous voici à Trogir, presqu’île très touristique et chargée d’histoire également. La circulation y est compliquée en saison touristique. Mieux vaut choisir ses heures. Mais on comprends vite à quoi est dû son succès : des ruelles typiques, une marina avec des yachts énormes et des plages aux eaux cristallines avec une ambiance sympa. La mer y est étrangement calme. Cela est du aux îles au large qui cassent les vagues et en résulte une mer d’huile qui augurent des couchers de soleils somptueux.

Plitvicke & Krka

La Croatie dispose d’une dizaine de parcs nationaux dont les plus célèbres sont sans doute les Lacs de Plitvicke et Krka.

Le Parc national des Lacs de Plitvicke comporte pas moins de 16 lacs aux eaux limpides qui se déversent les uns dans les autres, à travers 92 cascades. Juste magnifique. Attention toutefois à bien choisir la saison de visite car l’été on se marche vraiment dessus. La chaleur nous donne d’ailleurs envie de plonger dans l’eau, ce qui est bien entendu interdit ! Il faut donc s’armer de patience. Le Parc de Krka, situé à proximité de šibenik nous invite à découvrir le cours d’eau Krka avec son lit, ses cascade dont la Cascade de Skradin. Là, par contre la baignade est autorisée !

Primošten

Primošten est un des petits villages de bord de mer au cachet particulier. L’eau turquoise et les plages y sont sublimes. Le centre ancien est bâti sur la presqu’ile en forme de cône, coiffé par une église et son campanile.

Dubrovnik

L’ancienne cité de Raguse est certainement la ville la plus touristique de la côte dalmate. Plus petite que Split, les stars aiment y séjourner et tout y est plus cher. Les paquebots qui déversent les milliers de croisiéristes chaque jour sont impressionnant par rapport à la taille de la ville. Malgré tout, une balade dans les ruelles étroites et typiques, la visite des principaux édifices religieux, ainsi que le tour de ronde de ses remparts reste une découverte qui reste mémorable. Encore plus qu’à Split, le marbre est partout. Impossible de marcher sans lunettes de soleil en journée avec une telle lumière !

Boat Trip

La Croatie, c’est le paradis du cabotage. Qui n’a pas vogué en Croatie n’a pas encore véritablement découvert le pays. Mais si louer un bateau reste cher, se faire une excursion à la journée à la découverte des îles est vraiment à faire ! L’une des villes les plus charmantes que j’ai pu découvrir reste Maslinica sur l’île de Solta. La photo de présentation de l’article y a d’ailleurs été prise. Vous vous arrêterez dans 2-3 îles différentes ayant chacune leurs spécificités plus ou moins arides, animées et habitées.

Zadar

Zadar est située un peu plus au Nord, plus familiale, elle constitue une étape intéressante également. Une ascension du campanile vaut le détour, sans parler d’un instant passé sur les marches des orgues de la mer desquels proviennent une musique produite par le remous des vagues. L’art contemporain comme ça on en aimerait davantage !

Sibenik

Sibenik mérite également une halte. moins connue que les autres villes de la côte, son centre ancien tout en pente et en marbre regorge de petites ruelles dans lesquelles on aime à se perdre…

Hrvatska-51

On ne repart pas de Croatie indemne ! Une fois qu’on y est allé, on a envie d’y retourné. En tout cas, moi je suis contaminé 🙂 Hrvatska volim te !