Djezair : un printemps algérien

L’Algérie, si proche et pourtant si loin…

Destination beaucoup moins grand public que ses voisins tunisien et marocain, l’Algérie est un trésor secret au potentiel touristique de premier plan qui recèle de nombreux sites d’exceptions. Cela s’explique notamment par ses empruntes numides, arabes, romaines, berbères, espagnoles, ottomanes et françaises, ses paysages naturels préservés, son littoral à couper le souffle, son désert immense. 

L’Algérie, c’est aussi un pays riche et une terre de convoitise avec ses ressources naturelles gigantesques (gaz et pétrole), source de nombreuses convoitises. Lorsqu’on évoque l’Algérie on pense à la guerre d’Algérie, dont on nous parle à l’école assez rapidement et dont on sent que les blessures commencent à peine à se refermer. On pense aussi à la décennie noire des années 90 avec la montée du terrorisme et les événements terribles qui s’y déroulèrent.

Forcément, ça reste dans les esprits des deux côtés de la Mer Méditerranée. J’ai toujours senti en France un certain tabou et malaise vis à vis de ce pays et cela m’a toujours intrigué : jeunesse française d’origine algérienne qui galère, pieds noirs déracinés, harkis humiliés… Pas évident tout ça !

Mais au-delà de tout ce qu’on entend, l’Algérie c’est quoi ? Il était temps de monter un projet avec quelques amis pour nous faire notre propre expérience. 4 300 kilomètres parcourus en voiture nous ont permis de découvrir quelques un de ses joyaux : Oran l’espagnole à l’ombre de la chapelle Santa-Cruz, Tlemcen la zianide, Tipaza la punique, Timgad la romaine, Constantine la ville suspendue, Alger la blanche, Béjaïa la kabyle, les Aurès et les balcons de Ghouffi… Le programme est alléchant et aura raisons des démarches administratives pour obtenir le visa touristique.

Des touristes en Algérie, il y en a bien et en particulier représentés par la diaspora qui vient voir la famille restée au bled et se ressourcer au pays de leur deuxième culture. On compte aussi des touristes étrangers, espagnols et britanniques mais peu de Français. Et pourtant ici tout est écrit en arabe et en français, tout le monde parle français, bien plus qu’en Tunisie et au Maroc. Je n’ai d’ailleurs jamais remarqué de ressenti négatif vis-à-vis des Français que nous sommes, bien au contraire, plutôt un vrai sens de l’accueil chaleureux ! Bien loin des idées reçues.

C’est parti pour la découverte d’un printemps algérien !

Algérie

L’Oranais

Premier contact avec l’Algérie à Oran où nous débutons notre périple. On rencontre le cousin d’un ami qui nous accueille à l’aéroport et nous accompagnera pendant tout notre séjour oranais. On se souviendra longtemps de sa gentillesse, ainsi que celle de ses amis avec lesquels on s’est tout de suite senti sur la même longueur d’onde. On a découvert l’Oranais de l’intérieur et on ne pouvais pas rêver mieux. Après un week-end reposant dans une villa établie près de la station balnéaire d’Aïn el Turk prise d’assaut en été, on découvrira Oran l’excentrique, capitale du Raï et très ouverte par rapport à certaines villes plus conservatrices à l’Est. On était logé juste à côté de la fameuse Corniche qui domine le port, endroit idéal pour une balade en début de soirée avec une bonne glace rafraîchissante, après un repas à la Pêcherie. Oran m’a fait pensé à Marseille et son fameux clair-obscur, on y croise le meilleur et le pire: la conduite y est agressive, l’atmosphère parfois tendue parfois décontractée, la lumière pure.

La tenue officielle c’est le Lacoste, j’ai rarement croisé autant de personnes fièrement arborer le croco et c’est bien ici que nous en avons vu le plus porté de 7 à 77 ans ! On s’est donc équipé nous aussi comme il se doit, à des prix défiants toute concurrence.

Trêve de plaisanterie, le site incontournable à Oran c’est bien évidemment Santa-Cruz. Quelle splendeur ! La vue depuis le fort bâti par les Espagnols au 16ème siècle est à couper le souffle. La vue est imprenable sur la baie d’Oran, la médina jdida, le port et la ville moderne. La Vierge de la Chapelle de Santa Cruz veille paisiblement sur la ville .

Tlemcen

On aura l’occasion de faire une escapade d’une journée vers le Sud où nous attendais un ami à nous croisé à l’aéroport et qui était heureux de nous accueillir et nous faire découvrir son deuxième chez lui : Tlemcen et ses environs !

Tlemcen est plus bourgeoise et calme que sa sœur de la côte. C’est un peu comme si nous quittions Marseille pour découvrir Aix-en-Provence. La ville est surtout connue pour ses vestiges zianides et mérinides, la Mansourah, comparée à une Tour Eiffel locale ! Elle est effectivement immense et capte extraordinairement bien la lumière !

La ville est adossé au plateau de Lalla Seti, offrant une vue imprenable sur la cité.

Les environs ne sont pas en reste avec une cascade agréable surmonté d’un ancien pont construit par Eiffel pour le coup. Mais également de grottes monumentales bien aménagées que nous aurons la chance de découvrir. Ce réseau de galeries mesurait encore il y a plusieurs dizaine d’année près de 70 kilomètres mais a été en partie détruit pour lutter contre la résistance algérienne pendant la guerre d’Algérie. Le site est exceptionnel. Nous sommes sous le charme de cette belle bourgade et de ses environs mais il est déjà temps de reprendre la route vers Oran puis Alger.

Tipaza

En route vers Alger, nous avons prévu une halte à Tipaza la punique. Ce riche site antique a la particularité de s’ouvrir sur la mer et est en cela assez remarquable. Une petite balade du site principal nous permet de nous détendre un peu et de découvrir l’emprunte punique puis romaine en terre algérienne. N’ayant pas la chance de passer par Djemila, nous finirons quand même notre séjour par la découverte de la Grande Timgad, à la porte des Aurès, qui clôturera parfaitement le voyage et nous permettra de voir l’importance de la région pour l’Empire Romain.

Une petite halte pour nous restaurer et nous poursuivons vers Alger la Blanche ! L’ambiance dans cette ville était aussi bien tranquille et sympathique.

Alger

Nous arrivons à Alger et les drapeaux algérien et serbe jonchent le bord dl’autoroute partout. J’en ai jamais vu autant et je ne comprends pas pourquoi le drapeau serbe et les nombreux militaires présents le long de la route. Il y avait en fait une visite officielle du président serbe dans la capitale . On arrive dans notre sympathique villa à Aïn Benian dans le quartier de la Madrague en bord de mer. Les rochers me font penser à la Bretagne. Un coucher de soleil mémorable nous accueille !

Le lendemain on part à la découverte d’Alger la Blanche. On est sous le charme du centre et de ses bâtiments haussmannien blancs qui nous rappellent Paris. On se croirait vraiment en France. Quelle belle ville : le boulevard Amirouche mélange entre une corniche et une avenue prestigieuse, la Grande Poste, son architecture néo-mauresque et les cafés qui l’entourent, les escaliers décorés, la Basilique Notre-Dame d’Afrique et son point de vue imprenable sur la baie d’Alger… Notre passage éclair ne nous donnera pas l’occasion de nous perdre dans le quartier historique de la Casbah mais nous reviendrons un jour c’est sûr !

Après toute l’agitation du centre, nous nous décidons à profiter du calme du Jardin du Hamma, créé en 1832 considéré comme un des jardins d’essai et d’acclimatation les plus grands au monde. On y trouve un jardin anglais, français, japonais et des allées majestueuses avec des platanes, frangipaniers et autres dragonniers, surprenant à cette latitude. Le panorama qu’offre l’allée des Palmiers du jardin français ceinturée entre la Méditerranée et le Mémorial des Martyrs nous éblouit.

On essaie de prendre le téléphérique pour rejoindre le fameux Mémorial mais ce ne sera pas possible puisqu’il est hors service, comme ceux d’Oran et d’Annaba d’ailleurs. Dommage. Le taxi assurera ce service et nous découvrons un lieu très symbolique le Mémorial du Martyr, érigé en 1982 à l’occasion du 20ème anniversaire de l’Indépendance de l’Algérie. Il rend ainsi hommage aux nombreuses personnes tombées pendant la guerre d’Indépendance.

Notre courte expérience algéroise s’arrêtera là et il est déjà temps de partir vers l’Est et la Petite Kabilye, particulièrement verte en cette saison. Béjaïa nous voilà !

Béjaia

En route vers la Kabylie et ses montagnes verdoyantes au printemps, qui plongent littéralement dans la Méditerranée et sculptent la côte. Un vrai coup de cœur pour cette superbe région où tout est plus calme et saisissant de beauté !

Azul !

nous dirons beaucoup de kabyles, peuple berbère très ancien originaire des montagnes du Nord qui aiment faire vivre leur dialecte et patrimoine culturel au sein de l’Algérie.

La Grande Kabylie plus à l’Ouest est la région d’origine de Zinédine Zidane, un des Algériens les plus célèbre au monde que nous continuons d’aduler et qui nous a tellement fait rêver en 98 !  Je ne peux m’empêcher également de penser à mon cousin dont le papa était également kabyle. Ce voyage est aussi un peu le sien puisque je sais qu’il aurait aimé y prendre part mais ce n’est que partie remise.

La Petite Kabylie est la destination estivale de choix pour les familles algériennes et la diaspora française. Le Printemps se prête bien plus à une découverte de cette région féerique, qui voit sa fréquentation se multiplier pendant la belle saison et également les bouchons !

Béjaïa a un petit centre ancien avec de belles ruelles typiques. Elle dispose aussi d’une promenade en bords de mer – la Brise de Mer – que lui envient les Algérois et où les restaurant de poissons se succèdent les uns après les autres.

Le site naturel emblématique de la ville est sans conteste le Cap Carbon, au sein du Parc Naturel de Gouraya. Une superbe balade longeant le cap creusée à même la roche est un pur régal pour les yeux. Une montée un peu plus physique nous permet également d’atteindre le Pic des Singes où nous croisons quelques farouches Macaques de Barbarie particulièrement à l’aise ! Le panorama est exceptionnel ! Ambiance vacances garantie.

Kefrida

Petite escapade depuis Béjaia vers la populaire cascade de Kefrida déjà bien fréquentée pour la saison. Le chemin qui mène à la cascade donne lieu à un petit marché touristique qui vend principalement des chinoiseries. Le site est impressionnant et très fréquenté par les jeunes du coin qui en profitent pour piquer une tête et impressionner leurs amis en sautant depuis les rochers. Un de mes ami me propose d’en faire autant et il ne faut pas me le dire deux fois. J’en profiterai pour crier

1,2,3 ! Viva l’Algérie !

qui fera rire quelques petits ! Cette petite incursion dans les montagne kabyle nous aura permis un bon rafraîchissement. On en profitera pour manger un « sandwich spécial » se poser à la plage de Tichy au retour. La mer y était particulièrement démontée, pleine lune oblige !

Annaba

On comprend rapidement que le réseau routier n’est plus le même que du côté ouest ! Les routes sont plus petites, les dos d’ânes omniprésents ! La route est vraiment longue et nous arrivons fatigués sur les hauteurs d’Annaba où nous avons réservé dans l’hôtel Mountazah à Séraidi, niché sur la montagne riche d’une belle forêt de chênes-liège et dominant l’ancienne Bône. La vue est imprenable.

Nous sommes très déçu car la piscine extérieure où nous nous réjouissions de piquer une tête est vide ! Quel déception. Elle sera remplie pour accueillir les touristes après le Ramadan. On ajoutera à cela que si cet hôtel fut un palace, il n’est plus que l’ombre de lui-même. En effet, il s’agit d’un hôtel geré par l’Etat et les rénovations n’ont pas du être nombreuses au cours des dernières décennies. Dommage au vu du potentiel de son architecture rappelant les maisons du M’zab et ses terrasses panoramiques offrant une vue imprenable sur la Méditerranée. Le charme opère malgré tout.

Le lendemain on dépose notre ami d’origine algérienne qui en profitera pour passer quelques jours en famille. Nous continuerons donc la suite du voyage sans lui mais nous réjouissons de venir lui rendre visite pour un vrai festin à Oued Zenati à quelques kilomètres de Guelma et ses sources chaudes !

Avant cela, on profite des derniers moments dans la ville d’Annaba pour découvrir les restes d’Hippone et la majestueuse basilique Saint-Augustin. une bonne crêpe et un milk-shake nous raviront sur le front de mer animé de la station balnéaire.

Guelma

Petite pause improvisée à Guelma et plus précisément à Hammam Debagh réputé pour ses sources et sa cascade pétrifiée de 30 mètres de haut. Une petite promenade nous permet de constater l’importance de cette formations qui doit être vieilles de plusieurs milliers d’année. L’eau y jaillit bouillonnante à plus de 90°C et en fait après l’Islande les sources les plus chaudes du monde ! Quelle surprise ! Un lieu qui nous fait penser à Pammukale en Turquie. Peut-être au programme d’un prochain voyage ?

Il est l’heure d’aller à la rencontre de la famille de notre ami où nous serons accueilli comme des rois ! On se régalera de plats traditionnels et notamment la chekhchoukha et la kesra produite avec le blé réputé des champs d’Oued Zenati ! Un régal.

Constantine

Poursuite de notre escapade vers Constantine, la cité des ponts suspendue. Cette ville est très ancienne et a été construite par les Numides sur un énorme rocher séparé en deux par le Rhummel qui coule au fond d’une gorge impressionnante à plus d’une centaine de mètre sous les nombreux ponts qui permettent de joindre les deux parties de la ville haute. Pour celles et ceux qui ont le vertige, mieux vaut s’abstenir !

On rejoint Lazhar qui nous guidera jusqu’à la fin de notre périple à Constantine, Timgad et dans les Aurès depuis Batna. Sa compagnie et les nombreux échanges que nous avons eu avec lui nous ont permis de mieux comprendre le pays, dépasser les clichés et vivre l’Algérie de l’intérieur. Lazhar n’a pas été un simple guide pour nous mais un véritable ami. Nous avons rencontré sa famille et mangé plusieurs fois avec eux. Nous ne l’oublierons pas ! Il nous fera découvrir la ville et parcourir les pont et passerelles les plus impressionnants. Mentions spéciales pour le Pont Sidi M’Cid et la passerelle Mellah Slimane (aussi appelée passerelle Pérrégeux ou Pont de l’Ascenceur) qui sont de pures merveilles.

On croisera, par hasard, une femme médecin du centre ancien passionnée par sa ville, qui nous fera entrer dans son cabinet pour nous faire découvrir une des demeures les plus anciennes de la ville, très emprunte de décorations ottomanes. Cette femme, qui a le cœur sur la main, nous a même offert des copies de son livre en cours d’édition retraçant l’histoire de la ville. Une très belle rencontre.

Lazhar nous fera boire un café moulu à l’ancienne dans un bistro de quartier (une expérience à part entière ! Quel régal !). Puis nous filons vers le marché qui grouille de vie et le Palais du Bey, chargé d’histoire. Ce palais a été construit à l’époque ottomane et présente de belles cours et colonnade. Dépaysement garanti.

Le soir venu, nous en profiteront pour visiter la majestueuse Mosquée Emir AbdelKader et son esplanade idéale pour profiter du soleil couchant avant l’appel à la prière.

Aurès

On partira de Batna pour faire la fameuse boucle des Aurès. Cette région est célèbre car elle fut le berceau de la révolte algérienne pour la lutte à l’Indépendance. Les Aurès, c’est la terre des Chaouis, autre population très ancienne qui a su s’acclimater dans ce territoire très aride. En témoignent encore les maisons accrochées à flanc de falaise, dominant l’oued et les oasis. Les Balcons de Ghouffi constitueront également pour nous un véritable coup de cœur malgré une chaleur écrasante : 43°C !

Ce site est également bien structuré avec une sympathique promenade qui nous permets de serpenter le long de la gorge. On aperçoit en face une construction qui est en fait un ancien hôtel construit dans un lieu assez irréel ! Les ruines de l’Hôtel Transatlantique où aurait séjourné Louis de Funés. On explore également les petites maisons de bergers abandonnées. Ces petits villages reculés ont abrité des groupes terroristes dans les années 90. Ca fait froid dans le dos mais le site est grandiose.

On poursuit ver M’Choumèche où nous aurons le plaisir de piquer une tête dans un oasis. On se délecte de cette baignade rafraîchissante car il fait toujours aussi chaud. Quel bonheur !

On pousse vers Biskra à la porte du désert. On visitera la plus ancienne mosquée d’Algérie puis on retourne en direction de Batna. Malheureusement, nous ne verrons les gorges d’El Kantara que de nuit. Cette journée a vraiment été exceptionnelle.

Timgad

Timgad est situé à quelques encablures de Batna, qui est décidément idéale pour rayonner. Nous faisons une première pause à Lambèse, ancien site romain qui s’avère moins impressionnant que Timgad, puisque les Français ont utilisé une bonne partie des pierres de taille pour construire une prison à quelques kilomètres. Ceci dit le cœur du site mérite un détour.

Timgad, quant à elle, est majestueuse. Surnommée la Pompéi d’Afrique du Nord, le site est immense. Lazhar nous expliquera le fonctionnement de la cité romaine et ses points remarquables. La qualité sonore de l’amphithéâtre nous impressionnera, ainsi que le Forum, le marché et l’Arc de Trajan.

Notre séjour algérien touche à sa fin. Cela restera pour nous une expérience inoubliable. J’aimerai largement dédicacer ce petit article à Leila, la femme de mon cousin Vince et maman de mon filleul Djibril qui nous a grandement aidé ; à Nadir qui m’a aidé pendant de longs mois à construire ce voyage et notamment la partie Est qui reste encore assez difficile à découvrir pour quelqu’un qui n’a pas d’attache en Algérie. Grand merci à lui, à sa réactivité, à sa sympathie et à son professionnalisme. Il travaille au sein de l’agence Timgad Voyage qui nous a permis de rencontrer Lazhar et de passer des moments extra en cette fin de séjour.

Merci également à tous ceux qui nous ont aidé et que nous avons croisé pendant notre séjour.

L’Algérie est belle, n’hésitez pas à dépasser les clichés et à la découvrir.

Tahia Djezair !

Madagascar, cap sur Majunga et le Boeny

Madagascar, la Grande île rouge… Qui n’a pas rêvé de l’explorer en regardant des reportages sur les paysages, sur la faune et la flore exceptionnelle qui la caractérisent. J’ai eu cette chance grâce à l’IRCOD Alsace de partir 11 jours dans ce beau pays si riche et si pauvre à la fois. Riche sur le plan culturel grâce aux 18 ethnies qui la composent, riche d’un environnement exceptionnel avec un taux d’espèces endémiques animales et végétales presque unique au monde, et pourtant tellement pauvre sur le plan économique… On parle souvent d’énigme malgache.

Objectif du déplacement : Réaliser un diagnostic touristique dans la région partenaire de l’Alsace et de la ville de Mulhouse, à savoir le Boeny dont la capitale est Majunga. Ce travail lourd basé sur une cinquantaine d’entretiens en face à face, sur une analyse fine du contexte local et national doit leur apporter les clés pour un développement touristique optimal. Au-delà du plan d’action qui en découlera, la volonté politique et les moyens alloués seront décisifs.

Madagascar

Antananarivo, « Tana » capitale grouillante malgache

Passage obligatoire par Antananarivo, la mégalopole malgache située sur les haut-plateaux mérina (prononcez mirne), fief de l’ethnie métissée aux traits asiatiques. Premier constat, le climat se rapproche du climat continental européen, bien loin du climat tropical humide sur la côte Est ou tropical sec sur la côte Ouest. On peut ainsi manger à Madagascar aussi bien des fruits et légumes tropicaux que ceux que nous trouvons chez nous ! La ville de Tana présente de nombreuses collines. La vue depuis le Palais de la Reine est extraordinaire, embrassant le Stade, les rizières ou encore le fameux Lac Anousy. Les bâtiments d’époque coloniale présente un certain cachet désuet et une balade sur l’Avenue de l’Indépendance fait partie des grands classiques. On sent cependant que la Capitale concentre aussi beaucoup de misère humaine, en effet, l’exode rural fait rage et les paysans des campagnes pensent trouver un avenir meilleur en ville finissant finalement souvent mendiant, vendeurs ambulant dans les bouchons de la capitale dans des conditions sanitaires déplorables… Un bien triste tableau qui nous renvoie sur la condition humaine et la chance que nous avons d’être européen… Après ce premier contact malgache, direction le Boeny à 500km au Nord-Ouest !

Mahajanga, la ville aux fleurs

Dès la sortie de l’avion, on se retrouve à mille lieux de l’ambiance parfois oppressante de la capitale. Pas de doute, nous sommes bien arrivés à Majunga, capitale du Boeny, LA destination balnéaire des Malgaches ! La ville se caractérise par un métissage extraordinaire. Les 18 ethnies du pays y sont représentées, auxquels on peut ajouter la communauté des Karanas (les Indo-pakistanais apatrides qui gèrent de nombreux commerces), des Maorais (de l’île voisine de Mayotte) ainsi que les Vazas (Européens souvent Français implantés depuis plus ou moins longtemps). La visite de la ville nous délivre un véritable patchwork de couleurs, de cultures, un régal pour les yeux. L’improbable Mairie en forme d’avion, l’imposante Cathédrale de Majunga, les mosquées de Mahabibo et du Vendredi, les bâtiment coloniaux et les boutiques indiennes et anciens comptoirs arabes, l’ancienne Maison Eiffel, le Rouve, les badzazs et autres pousse-pousses, la Baie de la Betsiboka aux eaux rougeâtres et aux boutres inconditionnels… Un véritable tableau aux couleurs chatoyantes. Cette ville a incontestablement une identité plurielle, terre d’accueil des Sakalava !

« Le bord », la croisette majungaise

L’image d’Epinal de Majunga, c’est bien sûr le coucher de soleil sur le Bords en sirotant une boisson bien fraîche et en dégustant des masikita (brochettes de zébu). Il suffit de voir les photos qui suivent pour comprendre cet engouement ! Le bord est en fait une superbe promenade aménagée et très fleurie aux trottoirs peints en rouge et blanc, avec un Baobab plusieurs fois centenaire. Les locaux et vacanciers aiment s’y retrouver pour se détendre et discuter entre amis.

Les marchés de la ville

La ville présente de nombreux marchés aux ambiances assez différentes et produits toujours plus originaux. Là aussi couleurs et odeurs sont au rendez-vous ! Les commerçants sont d’ailleurs très courtois et sympathiques. Vous serez parfois surpris par la créativité de certains d’entre eux qui n’hésitent pas à recycler d’anciens pneus pour en faire des tongs !

Port aux boutres

Le port aux boutres est un véritable musée vivant à ciel ouvert. C’est par ce port qu’ont débarqué les colons Français d’après certains. On y découvre des boutres et autres embarcations traditionnelles. La tradition portuaire est ancienne puisque Majunga est un ancien comptoir arabe au 13ème siècle. On peut d’ailleurs encore admirer certaines portes arabes très anciennes dans le quartier du Port.

L’artisanat

Madagascar est réputée pour son artisanat et le Boeny n’est pas en reste. A noter la création il y a quelques années d’un label de qualité Angaya, associant de nombreux artisans engagés pour proposer des produits de qualité fidèle aux méthodes traditionnelles. Les fameuses bouteilles de sable constituent la signature locale, mais les tissages & broderies en raphia, les objets en pierres précieuses et semi-précieuses ou en corne de zébu, la vanille l’or malgache ornent les étalages des marchands…

La plage du Grand Pavois et le Cirque rouge

La plage du Grand Pavois et le Cirque rouge sont situés dans la partie Nord de Majunga. Pris d’assaut par les vacanciers et locaux pendant les week-ends et les vacances. Idéal pour se ressourcer et déguster les produits fraichement péchés dans le Canal du Mozambique.

A quelques encablures, nous découvrons un site grandiose, le cirque rouge. Une véritable aubaine car assez accessible depuis le centre ville. C’est le grand Canyon local. Il s’agit en fait des effets de l’érosion et du temps sur les sols, qui creusent le paysage de la sorte.

Antsanitia, un coin de paradis

Pause détente dans cet éco-resort classé parmi les plus beaux établissements malgaches dans un petit coin de paradis au nord de Majunga. Ici travail en lien avec les populations locales, développement durable et écotourisme, ainsi qu’une possibilité de partir à la pêche au gros avec AntsaPêche. L’acheminement par la piste en latérite nous donne presque l’impression de partir à l’aventure ! Le site est enchanteur et le personnel aux petits soins.

Le Lac sacré

Le Lac de Mangatsa constitue une étape intéressante qui nous familiarisera avec les traditions Sakalava et ses nombreux « Fady » (tabous locaux). On ne manquera pas de nourrir les poissons du lac qui seront de bon augure ! Interdiction de faire trempette dans ce superbe point d’eau qui donne pourtant bien envie ! Les paysages de savanes et baobabs ; Crocodiles, lémuriens et araignée à la toile d’or vous y attendent !

Le Parc Naturel National d’Ankarafantsika

Le Parc Naturel National d’Ankarafantsika est une étape incontournable sur le circuit Nord Nord-Ouest. D’une superficie de 130 000 ha, il est composé essentiellement de forêt dense sèche semi-caducifoliée, de savane et de zone de marécage. On y dénombre 130 espèces d’oiseaux dont 66 endémiques. C’est le royaume des oiseaux. On y croise de nombreux scientifiques. La réserve est implantée autour du Lac de Ravelobe habité par les crocodiles, faucons de Haurrier, ibis noirs, martins pécheurs… Une balade en bateau s’impose. Vous verrez aussi de nombreux lémuriens dont le fameux microcébus, des caméléons de toutes sortes et n’oubliez pas de partir à la découverte du canyon d’Ankarafantsika !

Excursion aux Grottes monumentales d’Anjohibe et à la Cascade de Mahafanina

Là on comprend véritablement ce que c’est que de parcourir 80 km sur une piste ! En effet, on atteindra le campement de John Rivu en 5-6 heures. Mais là on est bien loin de la ville c’est l’aventure ! Le 4X4 est nécessaire. Le spot touristique est un classique de la Région et on comprend bien pourquoi. Dès notre arrivée, on prend nos quartiers dans les huttes qui composent le campement. Puis direction la piscine naturelle où on se rafraichit avant un bon repas (comme à chaque fois à Madagascar !). Une fois rassasié, direction les chutes d’eau de Mahafanina en contrebas de la piscine naturelle. Nous en profiterons pour descendre le lit de la rivière et sauter de rocher en rocher. Les araignées sont nombreuses mais inoffensives. La toile jaune qu’elle produise est tellement résistante qu’elle est utilisée par la Nasa pour mettre au point des gilets par balle !!!

Le lendemain, direction les grottes d’Anjohibe à quelques kilomètres. Il s’agit là de grottes cathédrales, les 2èmes plus grandes grottes au monde ! Un guide est nécessaire. Les salles se succèdent toutes plus démesurées les unes que les autres entre stalactites, stalagmites, chauves-souris et rivière souterraine ! Impressionnant !

Session break A l’Arash au milieu de la savane

Petite session breakdance à la malgache lors de ce week-end en expédition dans le Boeny ! Dédicace à mon groupe A l’Arash Crew.

On the road again’

Fin de mission malgache et retour vers l’Europe mais cette fois-ci par la route. Les paysages traversés sont variés et grandioses. Les compagnies Cotisse et Première Classe proposent des services fiables et de qualité pour rejoindre la capitale.

Loin des circuits touristiques internationaux et pourtant très prisée par la clientèle nationale, la Région de Boeny et la ville de Mahajanga respirent encore l’authenticité et méritent véritablement une autre place sur l’échiquier touristique malgache. Quelques mots qui caractérisent bien cette partie si spécifique de l’île : Soleil, métissage culturel, hospitalité, couleurs chaudes, tolérance, Canal du Mozambique. Alors sortez des sentiers battus et partez à la découverte de la ville aux fleurs ! Toky, Ary, Hamza et bien d’autres personnages clé vous accueilleront et vous parleront avec amour de leur destination.

Pour plus d’infos, contactez l’Office Régional du Tourisme du Boeny : http://www.majunga.org/