« La Macédoine du Nord, en voilà un projet de voyage étrange ! C’est où déjà ? ».
Destination peu courue par les Français, la petite république d’ex-Yougoslavie a pourtant de belles cartes à jouer en matière de tourisme.
Située en plein cœur des Balkans, la Macédoine du Nord présente un relief principalement montagneux totalisant plus d’une trentaine de sommets dépassant les 2 000 mètres d’altitude. Elle est bordée au Nord par la Serbie et le Kosovo, à l’Ouest par l’Albanie, au Sud par la Grèce et à l’Est par la Bulgarie et n’a aucun accès direct à la mer. Son territoire constitue approximativement la moitié Nord de la Macédoine Antique, la partie Sud étant partagée par la Grèce et la Bulgarie. Cela explique en partie les frictions longtemps ancrées entre la Macédoine du Nord et la province grecque de Macédoine (et a fortiori de l’État Grec) qui réclament toutes deux la légitimité de cette appellation et revendiquent l’héritage d’Alexandre Le Grand. Son drapeau, particulièrement original m’a toujours beaucoup plu et intrigué à la fois. Adopté en 1995, il représente un soleil jaune à huit rayons sur un ciel rouge, reprenant une version stylisée du soleil de Vergina, symbole d’une dynastie ayant régné sur l’Antique Macédoine.
Mais revenons à la culture populaire, lorsqu’on évoque la macédoine, en France, on imagine une salade composée de petits dés de nombreux légumes aux couleurs variées. Et bien, après quelques recherches, le lien existe bel et bien ! Cette salade a été nommée de la sorte en référence à la diversité ethnique de la Macédoine au 19ème et 20ème siècles. En effet, ce territoire est depuis toujours un important carrefour culturel mêlant des influences slaves, grecques, romaines, byzantines, bulgares et ottomanes. Aujourd’hui encore, la population de Macédoine du Nord est métissée. Elle est composée principalement de Macédoniens slaves (55%) mais présente également des minorités albanaises (30%), turques (4%), roms (2.5%) et serbes (1.2%).
Nous voilà partis pour un petit road-trip en famille d’une semaine sur les routes macédoniennes ! En avant toutes !
Lagadin, sur les bords du Lac d’Ohrid
Après un vol plutôt court et agréable, nous atterrissons à Skopje, capitale du pays que nous arpenterons plus tard. Nous mettons cap vers le Sud et la région des lacs, frontalière avec l’Albanie et la Grèce.
La première partie du trajet nous fait cheminer dans la vallée du Vardar qui se referme peu à peu, laissant place progressivement à des paysages montagneux et des routes plus sinueuses. On remarque aussi, selon les hameaux, des drapeaux albanais qui flottent au vent et les mosquées qui côtoient les églises, nous rappelant ainsi la mixité culturelle du pays.
Nous nous rapprochons de notre première destination qui n’est autre que la splendide cité d’Ohrid bâtie sur les rives du Lac du même nom. Pour profiter d’un peu de quiétude et d’une superbe vue sur le lac, on rejoint un charmant hôtel familial dans la petite commune de Lagadin. La vue est exceptionnelle, le personnel est au petit soin et le serveur se prends d’affection pour Zacharie le séducteur, le surnommant « zlatna serca » que je comprend en « petit cœur d’or ».
Après avoir profité de la piscine encore bien fraîche au cours de ce printemps humide, on rejoint le Lac d’Ohrid et la plage publique de Lagadin située à 5 minutes en contrebas de l’hôtel. Zacharie s’éclate avec ces milliers de cailloux. L’eau est translucide et on profite d’un ponton pour se prêter au jeu du shooting en famille. Le Lac d’Ohrid est le lac le plus profond des Balkans avec 288 mètres de fond, mais c’est aussi un des plus vieux lacs du monde avec le Lac Titicaca et le Lac Baïkal. Les superlatifs sont nombreux pour ce lac qui présente une des plus exceptionnelles sources de biodiversité d’Europe, un patrimoine culturel et spirituel unique. La ville d’Ohrid et son lac sont ainsi classés au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1980.
Ohrid, la Jérusalem des Balkans…
Après avoir profité d’agréables rayons de soleil sur les bords du magnifique Lac d’Ohrid aux eaux translucides, on a envie d’en savoir davantage surOhrid, la « Jérusalem des Balkans« .
A l’époque romaine, la ville, alors appelée Lychnidos, était un carrefour commercial et culturel important sur la Via Egnatia, route antique reliant l’Adriatique à la Mer Noire et rassemblant langues latines et grecques.
Au fil du temps, Lychnidos devint un centre religieux important. Saint-Clément d’Ohrid, Saint Patron de la Macédoine du Nord, y fonda un monastère au 9ème siècle. Il joua un rôle majeur dans l’expansion des prêches en langue protoslave et est considéré comme l’un des pères de l’alphabet cyrillique. La ville est devenue l’un des points de rayonnement de la Chrétienté Orientale, lui valant également le surnom de ville aux 365 églises.
On commence notre balade ohridienne par le marché local. Fruits et légumes frais et séchés, conserves d’ajvar, de pindjur, d’aïoli, d’épices, de miel… Les étals sont pleins, colorés et bien ordonnés. On ne résiste pas à quelques achats pour goûter ces nouvelles saveurs qui fleurent bon les Balkans et la Méditerrannée.
La marché débouche sur une rue commerçante aux devantures soignées, correspondant à l’ancien bazar de la ville. Tout est très propre et léché, on sent bien qu’Ohrid est la capitale touristique du pays et la déambulation en cette saison est tout à fait sympathique. Au fonds de la rue se dresse la Mosquée Ali Pasha témoignant de l’héritage ottoman de la ville. En chemin, on tombe sur une échoppe qui attire notre attention. Il s’agit du cordonnier et bottier traditionnel BELEV dont l’atelier-magasin s’apparente à une véritable caverne d’Ali Baba. On en profite pour offrir une paire de souliers faits main en cuir bleu et rouge à notre petit champion, qui les porte encore fièrement aujourd’hui.
On poursuit notre visite en direction de la forteresse et de quelques unes des plus belles églises de la ville. Les rues se resserrent et le relief s’accentue. Les maisons présentent une architecture balkanique caractéristique avec un étage supérieur plus large donnant sur la rue et soutenu par une charpente en bois sombre. Les bâtiments flambant neufs côtoient les demeures en ruine et parfois les vestiges archéologique. On tombera ainsi un peu par hasard sur le théâtre antique d’Ohrid complètement imbriqué dans un quartier d’habitations et offrant une belle vue sur le lac.
Monastère Saints-Clément-et-Panteleimon
Après avoir suivi un sentier peu conventionnel, nous voici devant le flamboyant Monastère Saints-Clément-et-Saint-Panteleimon. On voit bien qu’il est bâti sur des vestiges archéologiques. Il s’agit en fait du site de Plaosnik, site religieux de premier plan qui abritait deux basiliques et le siège des premiers évêques de Lychnidos la romaine. C’est ici même, au 9ème siècle que Saint-Clément d’Ohrid entreprit l’évangélisation des Slaves et l’enseignement de l’alphabet cyrillique. Tout un symbole.
L’emprise au sol des vestiges est impressionnante et témoigne de la grandeur passée du site. Le Monastère Saints-Clément-et-Saint-Pantéleimon est en fait une construction très récente qui date des années 2000 suivant le modèle supposé de l’église bâtie alors par Saint-Clément d’Ohrid. La vue plongeante sur le lac est splendide.
Forteresse de Samuel, place forte du Premier Empire Bulgare…
Samuel, ancien tsar de Bulgarie de 997 à 1014, reconquis de nombreux territoires à la fin du Xème siècle, annexant les actuelles Albanie et Serbie, le Nord de la Grèce et la Macédoine du Nord. Fort de ces conquêtes et avec des frontières largement remodelées, il fit d’Ohrid la capitale du Premier Empire bulgare à cette période.
La Forteresse de Samuel, qui domine fièrement la vieille ville d’Ohrid et le Lac porte aujourd’hui son nom. L’ensemble est monumental et comporte 18 tours carrées, 4 portes et des remparts de 10 à 16 mètres de haut ! Le site a été totalement restauré au début des années 2000 et offre une vue imprenable sur les alentours. La montée est un peu raide mais la vue du haut de ses remparts crénelés en vaut véritablement la peine !
Cathédrale Sainte-Sophie d’Orhid
Après avoir bien crapahuté sur les hauteurs de la ville, nous sommes contents de redescendre tranquillement vers le lac et les rues commerçantes. La faim se fait sentir et nous sommes ravis de trouver un petit restaurant devant notre prochain lieu de visite : la Cathédrale Sainte-Sophie d’Ohrid.
Après avoir avalé de réconfortantes côtelettes d’agneau, il ne nous reste que quelques pas à faire pour franchir l’entrée de la majestueuse Cathédrale au style purement byzantin. Elle constitue la plus grande église médiévale du pays, mais également le siège l’Église orthodoxe macédonienne.
Ses abords sont soignés et verdoyants. La façade de son bas-côté Nord bardée d’arches est particulièrement impressionnante. Mais, ce qui fait de ce lieu saint un lieu véritablement unique, ce sont bel et bien ses incroyables fresques médiévales inestimables protégées pendant plusieurs siècles grâce un enduit appliqué par les Ottomans et révélées presque intactes au 20ème siècle.
Église Saint-Jean de Kanéo
Pour finir cette belle journée de découvertes, nous longeons le lac en direction de la plus célèbre église de Macédoine du Nord : l’église Saint-Jean de Kanéo. Érigée au 13ème siècle, elle est consacrée à Saint-Jean l’Évangéliste et adopte un plan en croix latine et une architecture de style byzantin et arménien.
On y accède qu’à pieds par une un sentier aménagé sur pilotis nous donne l’impression de marcher sur l’eau, d’être en connexion directe avec le lac. Le sentier, plus ou moins bien aménagé par endroits, nous offre de beaux points de vue sur le lac et ses berges. C’est vraiment une belle surprise.
Au bout d’un petit kilomètre de marche, on l’aperçoit enfin. Il ne nous reste que quelques centaines de mètres pour profiter pleinement du paysage de carte postale proposé par l’église Saint-Jean de Kanéo. Située sur un promontoire rocheux, elle domine le Lac d’Ohrid et offre l’un des plus spectaculaire panorama du pays.
Éreintés, nous profitons d’un matelot qui nous propose une petite croisière à bord de son embarcation en direction du port. Encore une belle aventure pour Zacharie !
Bitola
Non loin d’Ohrid et à proximité de la frontière grecque, nous rejoignons Bitola, troisième ville du pays. L’ancienne Manastir était un centre culturel et commercial de premier plan dans les Balkans à l’époque ottomane, situé à mi-chemin entre Selanik (Thessalonique) et Uskub (Skopje).
Particulièrement métissée, elle comptait de puissantes communautés turques, slaves, albanaises et juives. La ville a conservé un patrimoine architectural précieux qui reste peu mis en valeur. Les bazars, la tour de l’horloge et les deux mosquées Yeni et Ishak Celebi rappellent l’héritage ottoman. Sirok Sokak, la rue principale très commerçante marque quant à elle l’empreinte slave et son architecture néoclassique du 19ème siècle.
Malgré ce patrimoine important, la ville ne nous a pas conquis et nous y avons ressenti une ambiance étrange qui ne nous a pas donné envie de nous attarder.
Heraclea Lyncestis
La ville de Bitola est établie à quelques encablures des vestiges d’une cité prospère de l’ancien Royaume de Macédoine, alors État de la Grèce Antique. Heraclea Lyncestis, fondée au milieu du 4ème siècle avnt J.-C. par Philippe II de Macédoine, qui n’est autre que le père d’Alexandre le Grand !
Le site, plutôt vaste, conserve de nombreux vestiges de la période romaine : portique, thermes, amphithéâtre, colonnes, mosaïques et autres statues. C’est une belle surprise pour Zacharie qui n’a qu’une idée en tête : trouver un maximum de cailloux !
Église Saint-Dimitri de Salonique
La plus belle découverte de cette journée reste pour nous l’Église Saint-Dimitri de Salonique. Située dans une petite rue à deux pas de Shirok Sokak, l’église est la principale église orthodoxe macédonienne de Bitola.
Érigée en 1830, elle abrite une superbe iconostase (paroi décorée d’icônes) en bois sculpté largement influencé par le style du Mont Athos. Nous y pénétrons alors qu’une cérémonie agrémentée de chants liturgiques bât son plein. Nous sommes seuls avec les hommes de foi pour partager un moment exceptionnel.
Tetovo
Mosquée peinte de Tetovo
Nous quittons le Sud de La Macédoine du Nord pour rejoindre tranquillement la capitale. Mais sur notre route, on choisit de faire une escale à Tetovo, situé à seulement 40 kilomètres de Skopje. Ce sera l’occasion de manger et surtout de s’imprégner de l’ambiance d’un des joyaux du pays : La Mosquée peinte.
Majoritairement peuplée d’Albanais, la ville de Tetovo est considérée comme la capitale officieuse de la minorité albanaise du pays. D’apparence grise et triste, elle ne semble pas particulièrement accueillante au premier abord. Après un bon repas dans un petit restaurant typique, nous nous acheminons vers le parc verdoyant qui abrite la fameuse mosquée peinte. On aperçoit ses majestueuses façades depuis l’extérieur de son enceinte et la magie opère déjà !
Construite aux 19ème siècle sur les vestiges d’une des plus anciennes mosquées de la ville érigée 4 siècles plus tôt, elle hérite notamment du minaret de cette dernière. L’édifice est remarquablement entretenu et présente la particularité rarissime d’être richement décorée à l’intérieur et à l’extérieur. Les murs extérieurs sont flanqués d’une trentaine de panneaux rectangulaires présentant des motifs géométriques colorés. Mais le clou du spectacle reste l’intérieur du monument avec son mihrab en marbre, ses balcons baroques et ses décors peints aux couleurs chaudes présentant des arabesques raffinées, de somptueuses calligraphies et des motifs floraux singuliers. Nous y sommes bien accueillis et savourons le moment avec Zacharie qui en profite pour courir dans tous les sens.
Tekke Arabati Baba
Avant de rejoindre Skopje et notre appartement, on passe rapidement voir le deuxième point d’intérêt de Tetovo. Il s’agit du Tekke Arabati Baba, une sorte de monastère réservé aux musulmans soufis, de la communauté Bektashi particulièrement importante dans la ville.
Le complexe, qui présente un vaste jardin, semble désert. Le Tekke est réputé pour ses tombes soufies, ses nombreuses boiseries sculptées et sa fontaine en marbre. Malheureusement, la majorité des bâtiments qui la composent tombe en ruine. Une restauration des lieux semble être une nécessité absolue pour ce lieu saint qui le mériterait tant.
Skopje
Ca y est, nous y voilà, Skopje ! Cette ville m’intrigue depuis bien longtemps. Mon père y était allé dans les années 70 et il m’avait fait part du grand tremblement de terre qui avait ravagé la ville à près de 80%. Cette image m’a marqué. Et aujourd’hui c’est à mon tour de fouler le sol skopiote. En me renseignant un peu, j’en apprends plus sur le nouveau visage du centre urbain. Il a fait l’objet d’aménagements considérables dans le cadre du Projet Skopje 2014 qui vise à reconstruire des monuments disparus lors du séisme de 1963 et à ériger d’autres édifices remarquables.
Nous commençons notre visite de la ville sur les berges du fleuve Vardar en direction du Parc des femmes combattantes. Cette vaste place arborée abrite de nombreuses statues rendant hommage aux héros nationaux. Certaines d’entre elles reprennent les codes soviétiques, mais la sculpture la plus emblématique du parc reste celle dédiée aux femmes yougoslaves ayant combattu aux côtés des soldats pendant la Seconde Guerre Mondiale.
On poursuit en direction de la Place de Macédoine et nous tombons sur un Arc de Triomphe. Il s’agit de la Porte de Macédoine, construite en 2011 pour fêter les 20 ans de l’indépendance du pays. Puis nous rejoignons la place principale de la ville où trône fièrement la monumentale Statue du guerrier à cheval qui représente bien évidemment Alexandre le Grand conquérant sur son cheval cabré. Nous sommes tous les trois impressionnés par les dimensions de ce monument emblématique. Tout cela peut paraître kitsch mais j’avoue être sous le charme de toutes ces installations récentes.
Nous rejoignons les bords du fleuve et découvrons plusieurs bâtiments particulièrement imposant dont le Théâtre National, le Musée de la Lutte macédonienne ou encore le Musée archéologique, sans oublier la Forteresse qui domine la ville. Après avoir dépassé une nouvelle statue monumentale dévolue cette fois-ci à Philippe II de Macédoine, nous nous engouffrons dans le Vieux Bazar de Skopje. Après avoir englouti quelques spécialités locales et notamment des cevapis (kefta des Balkans) accompagné d’ajvar (condiment à base de poivrons, de tomates et d’aubergines), on se faufile dans les ruelles de ce quartier marchand typique et particulièrement animé. C’est un excellent moment très dépaysant. On expérimente ici la richesse multiculturelle du pays qui nous donne un vrai sentiment d’ailleurs, trait d’union entre Europe et Orient.
Cathédrale Saint-Clément d’Orhid
La Cathédrale St-Clément d’Ohrid, reconnaissable entre toute avec sa rotonde, a été construite en 1976. Elle constitue le siège de l’église orthodoxe macédonienne et s’avère être l’une des rares cathédrales au monde de style aussi moderne. Une fois à l’intérieur, nous en prenons plein les yeux, c’est une véritable splendeur. Le dôme de l’édifice est recouvert d’une fresque du Christ de 70m2 et présente une iconostase tout aussi impressionnante.
Église Saint-Sauveur de Skopje
Après avoir arpenté les rues du vieux bazar, nous franchissons la porte de l’église Saint-Sauveur. Discrète, nous sommes surpris par la beauté du lieu qui ne laissait rien paraître depuis l’extérieur. Bâtie Nous sommes à nouveau seul sur site, hormis un moine orthodoxe qui nous conseille de descendre quelques marches.
L’église du 17ème siècle se trouve en fait bien cachée dans la partie droite du complexe légèrement rabaissée en sous-sol. Quelle surprise, l’iconostase est certainement la plus belle qu’il m’ai été donné de voir. Le travail des boiseries torsadées est d’une finesse incroyable, c’est tout simplement splendide, un véritable trésor ! Les fresques elles aussi participent au spectacle et ont été redécouvertes lors de travaux de restauration à la fin des années 1960.
Kuklica
Après avoir arpenté les centres historiques et principaux lieux saints du pays, une furieuse envie de nature nous gagne. Nous quittons donc Skopje pour un site naturel peu connu mais vraiment original. Aussi, après une grosse heure de route, nous arrivons dans le village de Kuklica.
La petite ville de campagne abrite un site géologique remarquable qui se déploie sur un peu moins de 400 m2 et rassemble plus d’une centaine de cheminées des fées, appelées localement poupées de pierre. Ces formations rocheuses volcaniques datent de plusieurs millions d’années et mesurent chacune 5 à 10 mètres de haut. Après un bref passage par le centre d’accueil du site, Zacharie part à l’assaut de ces demoiselles de pierre. Le site est assez petit mais spectaculaire et encore une fois nous sommes seuls au monde !
La ville c’est bien mais la nature c’est mieux, n’est-ce pas Zach ?
Canyon de Matka
Pour finir en beauté notre séjour macédonien, nous partons à la découverte du Canyon de Matka. Situé à une dizaine de kilomètres du centre de Skopje, ce deuxième spot naturel constitue un incontournable lors d’un séjour dans le pays. Creusé par la rivière Treska pendant des millénaires, les gorges de Matka sont très marquées. Un barrage construit en 1938 a permis la création d’un lac artificiel largement dévolu aux activités touristiques de nos jours.
Nous commençons donc notre balade par une croisière en bateau afin d’explorer le canyon par les eaux. Plusieurs grottes ponctuent l’excursion, dont celle de Vrelo, qui serait une des plus profondes grottes sous-marines du monde. De retour au point d’embarquement, nous profitons d’un bon repas au bord du lac avant de partir à l’assaut du sentier creusé à même la roche qui nous offre une autre perspective sur cette petite pépite naturelle. La fréquentation touristique est bien plus importante que dans les autres sites que nous avons pu découvrir mais cela reste tout à fait agréable.
Notre séjour s’achève donc ici et nous repartons avec pleins de beaux souvenirs de ce petit pays métissé et en pleine construction identitaire, véritable trait d’union entre l’Europe et l’Orient.
Petite anecdote amusante, pour chacun de mes projet de voyage, j’aime me projeter en me procurant un guide touristique faisant la part belle aux photos. La Macédoine du Nord est à ce jour la seule destination nationale pour laquelle je n’ai trouvé aucun guide. Heureusement, les contributions de voyageurs et les brochures de l’Office National du tourisme m’ont apporté pas mal de contenu pour préparer au mieux notre escapade en famille.
Décidément les Balkans continuent à nous réserver de belles surprises.
Après un superbe périple du crew en Serbie en 2018, on souhaite remettre le couvert à l’été 2019. Toujours attiré et inspiré par les Balkans, je propose à la team un projet de voyage en Bulgarie. Après avoir un peu préparé le terrain et identifié quelques pépites, c’est le consensus, on s’y voit déjà.
Mais replaçons un peu le contexte du pays, la Bulgarie est bordée par la Serbie et la Macédoine du Nord à l’Ouest, la Grèce et la Turquie au Sud et la Roumanie au Nord avec laquelle elle partage une belle partie des rives du Danube. Elle présente également une ouverture sur la Mer Noire à l’Est et compte plus de 350 kilomètres de côte. La Bulgarie est aussi synonyme de relief puisqu’elle abrite plusieurs massifs montagneux (Grand Balkan, Rila, Rhodopes….) atteignant une altitude moyenne de 2 000 mètres. Comme la majorité des pays balkaniques, c’est un territoire aux influences multiples et complexes. De la Thrace antique à la Bulgarie actuelle, de nombreuses civilisations y ont laissé leur emprunte : Grecs, Byzantins, Perses, Ottomans et Slaves principalement.
Le séjour d’une semaine s’annonce court mais intense avec de nombreux objectifs de visite et un nouveau projet de vidéo A l’Arash Crew à l’étranger. Après ceux tournés au Cambodge et en Serbie, il s’agit du troisième clip du groupe tourné un peu partout au fil de nos pérégrinations, le voici donc en guise d’introduction
Sofia
Fraîchement arrivés à Sofia, on prend le pouls bulgare en se baladant dans la ville. L’ambiance y est sympa et il fait bien chaud en cette fin du mois d’août. J’avais quand même ciblé deux édifices remarquables de la ville à découvrir avant de partir dans l’après-midi à la conquête du splendide Monastère de Rila, perdu en pleine montagne.
Le premier est l’imposante Synagogue de Sofia. Construite au début du XXème siècle par un architecte autrichien, elle en impose par ses dimensions et son style mêlant néo-mauresque, viennois et vénitien. Elle est considérée comme la plus grande synagogue d’Europe de l’Est et la troisième plus grande d’Europe. Ses intérieurs sont richement décorés avec des colonnes en marbre de Carrare, de nombreuses boiseries peintes ainsi qu’un chandelier d’1.7 tonne. Il s’agit pour moi de la plus belle synagogue qu’il m’ait été donné de voir. Belle première surprise.
On arpente ensuite les rues de la ville pour rejoindre l’incontournable Cathédrale orthodoxe Saint Alexandre Nevski qui trône au milieu de l’agréable square du même nom. Cet édifice de style néo-byzantin est un petit bijou construit au début du XXème siècle pour rendre hommage aux 200 000 soldats russes tombés lors de la guerre russo-turque fin XIXème, qui permis de libérer la Bulgarie du joug ottoman.
Ses dimensions en font l’une des plus vastes cathédrales du monde orthodoxe avec une capacité d’accueil de 10 000 fidèles. Son campanile culmine fièrement à plus de 50 mètres de haut. Marbre d’Italie, Onyx du Brésil, Albâtre d’Égypte, icônes et peintures dorées à l’or fin viennent habiller les intérieurs et apporter un peu de lumière dans cet espace plutôt sombre à l’ambiance unique.
Rila
Après cette première matinée riche en découvertes, on prend comme prévu la route pour admirer la pépite bulgare : le Monastère de Rila.
Situé à 2 petites heures de route au Sud de Sofia, le monastère est établi dans le spectaculaire Massif de Rila. Centre spirituel de la foi orthodoxe bulgare, l’ensemble architectural est exceptionnel. Inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO, il constitue le site touristique le plus visité de Bulgarie.
Fondé par l’ermite Saint Ivan de Rila en 930, le monastère plusieurs fois remanié, est caractéristique de la Renaissance Bulgare. Il est installé sur près de 9 000m2 et comprend une vaste cour, une église principale richement décorée, des bâtiments monastiques et une imposante tour médiévale. Je suis littéralement époustouflé par les fresques colorées et omniprésentes du célèbre et productif peintre Zahari Zograf réalisées au cours du XIXème siècle.
On retourne sur Sofia en début de soirée, des étoiles plein les yeux, après un bon repas traditionnel dans une auberge de campagne.
Prohodna
Le lendemain, on part explorer l’incroyable grotte de Prohodna. Située au Centre-Nord du pays dans la Plaine du Danube au sein de la Province de Lovetch, Prohodna fait partie d’un ensemble de près de 300 grottes qui s’égrainent dans les gorges de Karlukovo, l’une des plus grandes régions karstiques de Bulgarie.
Comme la plupart des karsts, il s’agit d’un massif calcaire rongé par l’infiltration des eaux, donnant naissance à des cavités spectaculaires et des formes parfois étranges. Celle de Prohodna m’avait beaucoup marqué au court du visionnage d’un reportage télévisé. Elle présente des dimensions monumentales, véritable Cathédrale souterraine longue de 350 mètres et haute de plus de 55 mètres. Mais ce qui la caractérise véritablement, ce sont les deux cavités longitudinales en forme d’amande rappelant les yeux. Elle est d’ailleurs surnommée Grotte des Yeux de Dieu, ce qui lui confère un caractère mystique. Elle est inscrite depuis 1962 sur la liste des merveilles naturelles de Bulgarie. Encore une belle découverte au pays des Thraces !
Shooting du crew
Ici le sol ne nous permet pas de produire quelques rushs vidéo pour notre projet de clip alors on se contente tranquillement de faire quelques poses immortalisées par mon bon vieux Canon ! On était obligé de tenter un petit shooting pour le groupe au sein de cet espace monumental si particulier. Mais promis, à la prochaine étape on fait chauffer la piste !
Veliko Tarnovo
Toujours dans le Centre-Nord du pays, on poursuit notre périple en direction de Veliko Tarnovo, l’ancienne capitale du puissant Second Empire bulgare qui englobait l’actuelle Bulgarie, l’Albanie, le Sud de la Roumanie et de la Moldavie, le Sud-Ouest de l’Ukraine, la Macédoine du Nord, la Grèce septentrionale et la Serbie orientale entre le XIIème et le XIVème siècle.
Située sur le plateau prébalkanique, la ville, pleine de charme, se développe sur les méandres de la rivière Yantra qui y forme une gorge marquée offrant des panoramas saisissants. Elle est célèbre pour ses maisons à flancs de coteaux et son quartier médiéval du Tsarevets qui abritait la cour royale du Second Empire bulgare.
Le Tsarevets est une forteresse imprenable dotée d’une muraille bien conservée d’une épaisseur moyenne de 2,40 mètres, de tours défensives et de meurtrières. A son apogée, le Tsarevets comptait plusieurs milliers d’habitants, près de 400 maisons, 22 églises, 4 monastères, un enchevêtrement de ruelles étroites et le palais royal érigé sur près de 5 000m2. Ce lieu chargé d’Histoire pourrait tout à fait servir de décor à une série fantastique comme Game of Thrones.
C’est un spot idéal pour enfin produire les premières images de notre clip « A l’Arash Crew dancing in Bulgaria » malgré la température caniculaire !
On en profite aussi pour visiter Arbanassi, petit bourg cossu situé à proximité de Veliko Tarnovo qui constituait un centre commercial important. La Maison Konstantsaliev, convertie en musée est un bel exemple de demeure cossue fortifiée appartenant à la bourgeoise commerçante de l’époque.
Sozopol
Après toutes ces pérégrinations sous un soleil de plomb, nous sommes contents de trouver un peu de fraîcheur sur la côte de la Mer Noire du Sud de la Bulgarie. On pose nos valises à Sozopol, ancienne colonie grecque qui présente un charme fou. L’antique Apollonia dispose d’un cadre idéal avec une belle baie protégée des vents par une petite presqu’île, sur laquelle se déploie le centre ancien flanqué d’innombrables maisons typiques en bois sombre.
Suite à un déjeuner bien mérité, on ne pense qu’à piquer une tête mais la plage de sable fin est bondée. Une petite marche digestive effectuée le long des fortifications de la ville en front de mer, nous permet de tomber sur une sympathique crique rocheuse idéale pour la baignade à proximité du Cap Skamni. « Que ça fait du bien ! ». On viendra le lendemain matin tourner quelques nouvelles image du crew en pleine action face à la Mer Noire.
L’affluence palpable lors de notre dîner au Port de pêche nous rappelle que nous sommes en pleine saison touristique et cette ambiance balnéaire nous convient bien après ces dernières journées au programme bien rempli. On aurait presque envie de jouer les prolongations avant de poursuivre en direction de Plovdiv, dernière étape de notre périple bulgare !
Plovdiv
Après trois heures de route, on approche de Plovdiv, dernière escale de notre aventure bulgare. La ville a fait de gros efforts au cours des dernières années pour mettre en valeur son patrimoine architectural exceptionnel. Elle est d’ailleurs Capitale Européenne de la Culture en 2019, année de notre séjour. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ça se voit. Les rues pavées du centre ancien sont propres et lumineuses et les maisons traditionnelles extrêmement bien restaurées et entretenues.
Plovdiv, fondée à la fin du 2ème millénaire avant J.-C. est l’une des plus anciennes ville d’Europe encore peuplée, fait marquant que pourtant beaucoup ignorent. Thraces, Romains, Byzantins et Ottomans ont laissés leurs empruntes dans la ville des 7 collines de manière durable.
On commence par la Mosquée Dzhumaya (mosquée du vendredi), toute façonnée de briques rouges et de boiseries sculptées, qui appelle le chaland et l’invite à prendre une pause sur sa terrasse ombragée pour déguster un thé et des pâtisseries turques. L’intérieur est richement décoré et me rappelle les mosquées stambouliotes.
L’ancien stade romain est situé juste en face de la mosquée, à moitié enterré, ce qui constitue un original mélange des genres. A l’époque de Philippopolis (ancien nom romain de Plovdiv), il pouvait accueillir près de 30 000 spectateurs, témoignant ainsi de l’importance le cité. La ville compte également un théâtre romain antique sur les hauteurs d’une capacité estimée de 5 000 personnes.
On s’enfonce tranquillement dans le vieux Plovdiv et on retrouve une concentration remarquable de bâtiments remontant au Renouveau bulgare (fin XVIIIème s.- début XIXème s.), période marquée par la volonté de s’émanciper de la domination ottomane et de développer le sentiment national bulgare. Les habitations présentent un style typiquement balkanique avec des stucs blancs, roses ou bleu vif, des charpente et boiseries sombres, des contreforts au courbes gracieuses et de fines colonnes, qui pour l’époque étaient assez avant-gardistes. C’est un vrai régal pour les yeux. Plusieurs maisons ont été transformées en musées et méritent la visite : Maison Kujumdzioglu, Maison Stepan Hindliyan, Maison Balabanova…
On poursuit notre ascension du vieux Plovdiv en découvrant Nebet Tepe, site du village Thrace originel. On y découvre un complexe archéologique de premier ordre malheureusement sans aucune mise en valeur. La vue est à couper le souffle sur les alentours, le centre ancien qu’il domine et les collines avoisinantes.
Après une dernière session bboying qui s’opère sur une placette magnifiquement mise en valeur par une fresque urbaine aux couleurs chaudes, notre périple s’achève sur cette étape culturelle de choix et nous fait un peu l’effet d’un bouquet final.
Avant de nous plonger dans l’organisation de ce voyage et de mettre les pieds en sol bulgare, nous n’avions pas véritablement d’idée préconçue sur ce que nous allions découvrir mais je dois bien reconnaître que c’était au-delà de nos espérances. Et nous avons bien conscience d’avoir survolé ce beau pays qui à encore tant à offrir. Peut-être y retournerons nous…
Petite dédicace particulière à mes amis français d’origine bulgare Manuela, Rado et Oli, n’hésitez pas à me filer des bons plans pour notre prochaine escapade dans votre beau pays !
Une fois n’est pas coutume, découvrir la richesse des origines des différents membres de mon groupe de danse constitue un extraordinaire motif de voyage et de découvertes. Après, la Martinique, le Cambodge, l’Algérie et la Côte d’Ivoire, il nous paraissait excitant de partir en vacances en Serbie en famille ! En effet, l’un d’entre nous arborait depuis des années son drapeau serbe à la moindre occasion, fier de ses origines slaves et rrom ! On s’imagine déjà dans le jardin de la maison familiale de Tomi en dansant autour d’un feu avec ses oncles qui se curent les dents avec leur couteau ! L’idée est lancée avec les membres du groupe et on monte un programme de choix avec à la clé un projet de clip réalisé avec un drone dans plusieurs spots de choix à découvrir ici :
La Serbie constitue le plus important pays de l’ex-Yougoslavie tant en terme de superficie que de population. C’est un pays à l’histoire riche, extraordinaire carrefour de culture entre l’Occident et l’Orient, les peuples slaves, autrichiens et méditerranéens. La Serbie souffre aussi d’une réputation extrêmement sulfureuse à l’instar de son voisin rival l’Albanie. La mafia, les hooligans mais aussi et surtout les stigmates de la guerre qui fit rage dans les années 90 restent encore bien palpables dans les esprits serbes et l’opinion internationale. Mais on aime dépasser les clichés et on embarque donc pour Belgrade !
Belgrade
Il fait chaud, il fait beau. On rejoint Niko, un autre pote serbe en vacances au pays. Il connait bien sa ville natale et on lui demande de nous la faire découvrir. La capitale serbe est étendue mais ne manque pas d’intérêt ! Notre appartement est situé à côté du Konak (résidence) de la princesse Ljubica qui mérite le détour. C’est un bâtiment à l’architecture métissée entre Orient et Occident merveilleusement conservé. On poursuit vers l’imposante forteresse de Belgrade qui domine la ville et le confluent stratégique du Danube et de la Sava. C’est un passage obligé dans la ville et on y croise de nombreux touristes et locaux qui viennent profiter du panorama et des espaces verts ombragés.
On file ensuite boire un café serbe traditionnel dans le plus vieux kafic de la ville accompagné d’un petit verre de rakija (eau de vie des Balkans). Il est situé à deux pas de la Cathédrale Saint-Michel aux intérieurs richement décorés.
Nikola nous balade dans les rues de la ville et l’ambiance y est bonne. On visite ensuite la très minérale Mosquée Bajrakli, plus ancienne mosquée de la ville encore en activité construite à l’époque ottomane. Puis l’Eglise Saint-Marc à l’architecture serbo-byzantine. Les plafonds y sont très hauts, le marbre omniprésent, les icônes majestueuses et le lustre surdimensionné ! Petit coup de cœur pour l’ambiance qui s’y dégage.
Petit arrêt à la boutique officielle du club de foot Etoile Rouge de Belgrade, passage obligé pour moi qui suit fan de l’Olympique de Marseille depuis mon adolescence ! Maillot en poche, on continue vers LE TEMPLE de Belgrade, l’Eglise Saint-Sava ! C’est un des emblèmes de la ville. C’est aussi la deuxième plus grande église orthodoxe au monde qui dispose de la plus grande mosaïque du monde en coupole (devant Sainte-Sophie à Istanbul) ! Les extérieurs sont finalisés mais l’intérieur reste encore largement en travaux. Au-delà de ces dimensions impressionnantes, la véritable surprise se situe en descendant dans la crypte de Saint-Sava. On y prend littéralement une claque ! Colonnades dorées à l’or fin, superbes fresques et icônes. Les chants traditionnels orthodoxes viendront compléter la magie du moment…
En rentrant à l’appartement, on passera devant les bâtiments de l’Etat-Major des forces armées de Serbie et Montenegro qui ont été bombardés en 1999 par l’ONU. Ca glace le sang et nous replonge dans l’ambiance de l’époque. Ces bâtiments n’ont pas été rasés et constituent un mémorial de cette douloureuse histoire de l’Ex-Yougoslavie, symbole avec lequel on ne plaisante pas à Belgrade.
Place à la détente à Ada Ciganlija à quelques encablures du centre historique. Il s’agit en fait d’une île située sur le fleuve Sava aménagée en zone de loisirs et lieu de baignade qui attire chaque jour 100 000 visiteurs en été. Une baignade bien méritée après toutes ces pérégrinations.
Portes de Fer du Danube et Parc National du Derdap
Après cette introduction serbe à Belgrade, on décide de s’enfoncer dans les terres, direction le Danube ! C’est en fait, le deuxième fleuve d’Europe après la Volga et il marque notamment la frontière entre Serbie et Roumanie mais également deux massifs montagneux, les Balkans et les Carpates.
Les Portes de Fer du Danube constituent sans conteste la plus imposante section du fleuve. Le Canyon de Kazan, où le cours d’eau se rétrécit considérablement, présentent des falaises de plus de 300 mètres de haut et un panorama à couper le souffle. Il est situé au cœur du Parc National du Derdap qui proposent de nombreux sentiers de randonnée et de superbes observatoires. On profitera de l’un d’entre eux pour notre clip avant de se préparer pour un shooting improvisé dans ce lieu magique !
Nis
On file ensuite vers le Sud pour une pause à Nis. On sent que l’Orient commence à pointer le bout de son nez. Une petite balade dans la ville nous mène à la forteresse ottomane de Nis qui développe plus de 2 kilomètres de remparts de 8 mètres de haut et 3 mètres d’épaisseur. C’est l’une des mieux conservées des Balkans. Elle renferme un beau parc arboré et une ancienne mosquée. Un festival de Jazz s’y déroule également en été.
La ville abrite aussi un lieu de mémoire important pour les Serbes. Il s’agit de la Tour des Crânes, Cele Kula en serbe. Il rappelle le premier soulèvement serbe contre les Ottomans. La Tour a été érigée en 1809 par le grand vizir après la bataille du Mont Cegar, marquant la défaite serbe et signe fort d’avertissement contre les velléités d’autonomie. Une ambiance particulière se dégage du site qui compte de très nombreux crânes serbes accrochés à cette tour. Le Vizir en aurait incorporé plus de 900 !
Devil’s Town
On poursuit vers le Sud à 6 kilomètres du Kosovo, à proximité de Kursumlija. Une curiosité naturelle nous y attend : Devil’s Town ou Djavolja Varos en serbe. Au cœur des Monts Radan à plus de 1 400 mètres d’altitude, se déploient plus de 200 cheminées naturelles pétrifiées façonnées par l’érosion. L’eau qui s’y écoule se caractérise par un très fort taux d’acidité expliquant en partie ces étranges formations. Le décor est spectaculaire !
Les méandres de l’Uvac
Petite escale à Novi Pazar, certainement la plus orientale des villes de Serbie. Il y flotte comme un air de Turquie. Ce n’est pas la plus belle ville que nous ayons découvert dans ce pays mais on a beaucoup apprécié l’ambiance et la nourriture !
Après cette petite pause exotique et une fois requinqués, on s’enfonce plus dans les terres en direction de la Réserve naturelle de l’Uvac. L’Uvac est un cours d’eau qui présente des paysages tout à fait uniques marqués par de majestueuses méandres sur un petit territoire protégé depuis la fin des années 80. Le coin est bucolique et encore assez sauvage. Des ours, loups et de très nombreux vautours y ont élu domicile. Il s’agit probablement du spot le plus impressionnant qu’il nous ait été donné de voir en Serbie avec les Portes de Fer du Danube !
Kustendorf
On décide de partir à l’assaut des montagnes de l’Ouest du pays vers Mokra Gora. Le plus grand cinéaste contemporain serbe, le talentueux Emir Kusturica, adore ce coin et y a fait construire les décors de son film « La vie est un miracle ». Il s’agit en fait d’un véritable village traditionnel nichée sur une colline avec une église, un restaurant, des boutiques, des maisons et une école de cinéma…
Monastère de Zica
Dernière étape pour le crew avant notre retour vers Belgrade. La Serbie c’est aussi le pays des monastères orthodoxes ! Ils sont nombreux et assez différents et marquent la ferveur religieuse de ses habitants. L’un des plus beau d’entre eux se situe à Zica. Il a été fondé vers l’an 1 200 et constitue l’un des monastères les plus importants du pays. De très anciennes fresques y sont encore visibles. Il est peint de couleur rouge vif à l’instar des monastères du Mont Athos.
Au-delà des clichés, cette expérience serbe en famille avec mon groupe a vraiment été un plaisir. J’adore les Balkans, je suis tombé sous le charme de la Croatie avec sa merveilleuse Dalmatie, de la Bosnie-Herzégovine avec son charme oriental, du Monténégro avec son fjord spectaculaire. Mais je dois dire que pour la Serbie, c’est du peuple dont je suis tombé sous le charme ! Nous avons fait de superbes rencontres et contrairement à ce que veulent bien nous faire croire les médias, les Serbes ne sont pas des barbares sans cœur (hooligans haineux, mafiosi dangereux et anciens soldats aux lourds faits d’armes) mais des gens sympas et simples. Encore une fois, il y a les stratégies politiques et la réalité des habitants du pays et je dois dire qu’encore une fois, les clichés ont la vie dure lorsqu’on voyage… Espérons que la paix durable s’installera un jour dans les Balkans.