L’Inde, voilà un pays qui ne laisse personne de marbre : soit on aime, soit on déteste !
En parlant de notre projet de voyage avec mon entourage, beaucoup ont eu de vives réactions. Certains arguant que même si on leur offrait le voyage, ils n’y mettraient pas les pieds, invoquant la saleté, la pauvreté extrême, l’injustice des castes, la surpopulation, la pollution et l’insécurité. Bref, de nombreux arguments contre, parfois justes pour certains, et une image bien négative pour un pays qui pourtant recèle de véritables merveilles.
L’Inde est officiellement le pays le plus peuplé de la planète avec plus de 1.46 milliards d’habitants. C’est pourtant seulement le 7ème pays en terme de taille, avec tout de même près de 3.3 millions de km2, soit 6 fois la superficie de la France.
Bordé à l’Ouest par le Pakistan, au Nord par la Chine, le Bhoutan et le Népal, et à l’Est par le Bangladesh et la Birmanie, l’Inde s’étend sur environ 3 000 kilomètres d’Est en Ouest et 3 200 kilomètres du Nord au Sud. Le pays compte aussi 7 000 kilomètres de littoral. Des contreforts de l’Himalaya aux plages de l’Océan Indien, le pays offre des paysages et des populations aux contrastes saisissants.
Véritable melting-pot culturel et spirituel, l’Inde s’avère être le berceau de nombreuses religions : l’hindouisme, le bouddhisme, le sikhisme et moins connue le jaïnisme. Les religions musulmane et chrétienne sont aussi bien représentées et pratiquées.
Pour ma part, l’Inde m’a toujours émerveillé : pays et peuples aux couleurs chaudes et chatoyantes, cuisine riche et gouteuse aux savants mélanges d’épices, finesse architecturale des lieux de cultes et palais, nature époustouflante entre jungle exubérante, déserts arides, sommets vertigineux et plages vierges… Une véritable invitation au voyage.
L’Inde, c’est aussi la patrie de l’intrépide Mowgli et son épopée merveilleuse aux côtés de Baloo et Bagheera, comptée dans le Livre de la jungle. Le superbe dessin animé de Walt Disney et sa bande sonore pleine d’entrain et de bonne humeur m’a beaucoup fait rêver étant jeune comme beaucoup d’enfants. Je me devais de transmettre cela à mon fils. Zacharie n’est pas en reste et se réjouit comme son papa de fouler cette terre pleine de promesse d’aventures.
En définissant le programme de notre périple, nous avons dû faire un choix en considérant la taille du pays. Rapidement, nous avons opté pour le Rajasthan et ses palais majestueux, et Agra et le mythique Taj Mahal. Mais nous avions aussi envie de découvrir une destination moins courue des touristes internationaux, Aurangabad et les incroyables complexes de grottes sacrées d’Ajanta et d’Ellora. Enfin, après toutes ces découvertes éreintantes, une parenthèse détente au bord de l’Océan Indien du côté de la sulfureuse Goa conclurait à merveille notre séjour.
New Delhi
Nous voilà arrivés en Inde et notre porte d’entrée sera New Delhi, capitale du pays située dans le Nord du pays. Il fait chaud et la foule est encore bien présente dans les rues. Une courte nuit réparatrice nous permettra de nous familiariser avec la ville le lendemain. Souvent considérée comme peu attractive et extrêmement polluée, nous avons hâte de nous faire notre propre opinion.
Après une bonne course dans le centre de New Delhi, nous découvrons une ville aérée et verte, loin de la vision que nous nous en faisions, même si nous avons conscience que nous sommes dans les beaux quartiers de la mégalopole. Le ciel est bleu et nous n’avons pas particulièrement de mal à respirer même si l’air de la ville est l’un des plus pollué de la planète.
Mosquée Jama et marché Chandni Chowk
Le guide nous amène d’abord découvrir la plus grande mosquée du pays : la mosquée Jama. Pouvant accueillir 25 000 fidèles, elle nous impressionne par ses dimensions. De style moghole, elle a été édifiée au 17ème siècle en blocs de gré rouge. Une fois entrés dans l’enceinte du lieu de culte, nous découvrons un véritable havre de paix, loin du tumulte incessant de la ville. Il y a très peu de touristes ici. Zacharie sympathise avec des enfants sur place. Il est chez lui partout, comme un poisson dans l’eau et ça nous fait chaud au cœur.
Nous quittons la mosquée et rejoignons un vélo pousse-pousse pour une petite balade au cœur du marché Chandni Chowk. Une première expérience très originale en famille. Les ruelles deviennent de plus en plus étroites et nous admirons la conduite millimétrée du chauffeur entre les marchands et les badauds !
Petite pause méritée pour nous remettre de nos émotions et boire un authentique thé masala, boisson nationale. Un vrai régal. Après quelques courses d’épices et produits locaux, nous reprenons la route. On se fait déposer pile devant notre restaurant, mais avant cela, nous croisons un charmeur de serpent qui fera danser son cobra devant nous. Spectaculaire ! A peine quelques heures dans cette ville et nous sommes déjà sous le charme !











Mausolée d’Humayun
Après ce bon repas, nous poursuivons notre visite de la ville en direction du Mausolée d’Humayun, immense complexe d’architecture moghole. Si la majeure partie du pays est hindoue, l’islam est également assez répandu, en particulier dans le Nord du pays. Sa pratique s’est largement développée avec l’incursion de conquérants issus d’Asie Mineure, d’Afghanistan et de Perse.
Fruit de ces différentes invasions, l’empire moghol qui régna du 16ème siècle au 19ème siècle, coïncide avec l’apogée de l’expansion de la religion musulmane en Inde. L’art moghol se caractérise par le développement d’une architecture typique fusionnant standards perses et hindous. Le mausolée d’Humayun en est un magnifique exemple. Premier tombeau dynastique moghol érigé en Inde, l’influence perse est évidente et une certaine quiétude se dégage de ces jardins et édifices aux formes géométriques hypnotisantes.






















Temple du lotus
Notre guide nous amène ensuite visiter le Temple du Lotus. Construit dans les années 80, ce bâtiment a été conçu comme une fleur de lotus à peine éclose et compte 27 pétales et 9 côtés. Il s’agit en fait de la plus grande maison d’adoration de la foi bahaïe, une religion monothéiste qui proclame l’unité spirituelle de l’Humanité. Je dois dire qu’il s’agit d’un site surprenant, véritable témoin de la diversité des cultes pratiqués en Inde.
Pour la petite histoire, le marbre utilisé pour la construction du temple provient de la même carrière qui a servi à l’édification du Parthénon à Athènes en Grèce.




Agrasen ki Baoli
Nous rejoignons ensuite l’Agrasen ki Baoli, un magnifique puits à degrés. Il servait à la fois de lieu de culte pour les ablutions et bains rituels chez les sikhs et les hindous, mais constituait également une source d’approvisionnement en eau.





Temple sikh Gurudwara Bangla Sahib
Nous terminons notre journée par la visite du plus grand temple sikh de la capitale. 5ème religion mondiale comptant 30 millions de fidèles, le sikhisme a été fondé au 15ème siècle dans le Pendjab. Les sikhs croient en un seul Dieu éternel, prêchent une vie intègre et invitent à vivre de manière fraternelle, généreuse et désintéressée. Ils ne consomment ni viande, ni alcool, ni tabac et ne peuvent pas se couper les cheveux. Nombre d’entre eux portent également un kirpan, poignard traditionnel sikh symbole de courage.
Ce haut-lieu de rassemblement de la communauté sikh en impose et nous éblouit avec ses murs ciselés en marbre blanc et son dôme massif entièrement doré. Le sanctuaire comprend un temple très fréquenté par les fidèles qui y prient, des tombes, un sarovar (bassin d’eau sacrée), un musée, une école et une cuisine communautaire ouverte à tous. Nous sommes vraiment touchés par les préceptes sikhs et l’accueil universel palpable en ce lieu. Une touche d’espoir dans ce monde de brutes.






















Voilà notre première étape en terre indienne derrière nous, nous sommes ravis et nous pensons déjà à la suite de ce programme haut en couleurs. Pour continuer l’aventure, nous embarquons dans un train de nuit pour parcourir en 10 heures les 600 km qui nous séparent de Jodhpur, première escale au Rajasthan : un voyage dans le voyage !



Rajasthan
Le Rajasthan, état incontournable de l’Inde, est un véritable joyau. C’est le pays des maharajas et rajpoutes, littéralement « grands rois » et « fils de rois », qui recèle un patrimoine culturel d’une richesse rare. Ici, les palais, temples et forteresses sont légions, édifiés avec une finesse architecturale inégalée, de la véritable dentelle…
Jodhpur
Après nous avoir cherché de bonne heure sur le quai de la gare, notre chauffeur nous dépose à l’hôtel où nous laissons nos bagages. On en profite pour prendre une douche bien méritée, suivie d’un petit déjeuner de champion pour attaquer la journée comme il se doit.
Jaswand Thada
Il est encore assez tôt et nous arrivons quasiment les premiers au Jaswand Thada, un cénotaphe exceptionnel dédié à la mémoire du maharaja Jaswant Singh II.
En pénétrant dans l’enceinte du lieu sacré, un joueur de musique traditionnelle nous met dans l’ambiance. Le lieu est d’une beauté saisissante, bâti sur les hauteurs de la ville, en bordure d’un petit lac. Les couleurs du gré et du marbre se marient à merveille, absorbant les rayons du soleil qui commencent à devenir plus mordants. Nous prenons toute la mesure de l’expertise des artisans rajasthanis en observant les dômes, piliers, arches et portes finement sculptés et décorés. Il s’agit là d’un travail d’orfèvre sans nul doute.































Fort de Mehrangarh
Nous reprenons la route pour quelques centaines de mètres et rejoignons la sentinelle de Jodhpur, le Fort de Mehrangarh, signifiant « Majesté ». Cette imposante forteresse domine fièrement la ville et parait absolument impénétrable avec ses remparts de plusieurs dizaines de mètres.
Après avoir pris nos tickets, nous accédons rapidement à la plateforme sommitale pour profiter d’un panorama exceptionnel sur Jodhpur, la ville bleue. En effet, nombre de ses maisons présentent des murs peints en bleu, couleur originelle caractéristique des habitations brahmanes, caste prestigieuse associée à la royauté, à l’apprentissage et à la spiritualité. La vue est à couper le souffle !
Nous visitons ensuite les différents palais et cours intérieures qu’il englobe. Là encore, la finesse du travail réalisé sur les façades nous émerveille. Le Sheesh Mahal, palais des miroirs, brille de milles feux et n’est pas sans nous rappeler les majestueux palais persans, maîtres du style.
Pour clôturer le spectacle, nous aurons la chance de croiser le maharaja en personne, accompagné par sa garde royale coiffée d’un long turban aux couleurs chaudes.





















































La ville bleue…
Nous nous dirigeons ensuite vers la ville basse et notre guide nous fait découvrir le dédale des ruelles aux maisons bleues, particulièrement photogéniques. Jusque là, la ville parait très calme.
Puis, en descendant vers la place centrale, nous percevons des bruits de processions de plus en plus marqués. Quelques mètres de plus et nous nous joignons à la fête hindoue qui bat son plein. La population nous invite littéralement aux réjouissances et nous partageons un moment rare, bienveillant, coloré, jovial et très bruyant. Zacharie est tout excité et fait une petite démonstration de breakdance sur une musique endiablée et assourdissante, encouragé par des femmes indiennes sous le charme. Quelle expérience incroyable !






















Nous quittons cette première ville du Rajasthan complètement conquis. Mais il est temps de rependre la route pour une étape de choix, Ranakpur et son incroyable temple jaïn…
Ranakpur
Temple d’Adinatha
Sur notre route en direction d’Udaipur, nous traversons la chaîne de moyennes montagnes des Aravalli. Elle marque la fin du désert de Thar dans le Nord-Ouest du Rajasthan et laisse place à une plaine verdoyante vers laquelle nous nous acheminons.
Mais avant de la franchir, nous marquons un arrêt dans la petite ville de Ranakpur, qui abrite le plus beau et le plus vaste temple jaïn d’Inde. Il s’agit du Temple d’Adinatha, qui constitue l’un des cinq lieux de pèlerinage de la religion jaïn.
Le jaïnisme est une ancienne religion indienne. Le terme vient de « jina », signifiant « celui qui a vaincu ses passions et son karma. Les jaïns prônent la non-violence envers tout être vivant, même les plus petits. Ils sont strictement végétariens et tentent de purifier leurs âmes en adoptant une conduite irréprochable et pure.
Nous arrivons enfin à proximité du temple. Il fait très chaud, le thermomètre de la voiture indique une température écrasante de 47°C. On se dépêche d’entrer dans l’enceinte du lieu sacré pour chercher un peu de fraîcheur.
Rapidement la magie opère, le temple de marbre blanc est intégralement orné de fines et splendides sculptures, toutes uniques. C’est grandiose. Le plan du temple est tout simplement l’un des plus complexes et élaborés de toute l’architecture indienne. Comptant 29 salles et plus de 1440 piliers, c’est certainement l’un des temples les plus spectaculaires qu’il m’ait été donné de voir. Nous sommes ébahis par tant de raffinement.











































Udaipur
Encore quelques heures de route nous séparent d’Udaipur, l’une des villes les plus séduisantes du Nord de l’Inde. Blottie au bord du Lac Pichola, la cité aux ruelles étroites et sinueuses et aux maisons blanchies à la chaux est l’une des plus anciennes du Rajasthan. Ses habitants, hindous, sont fiers de n’avoir jamais cédé à l’envahisseur musulman. La ville compte de nombreux temples, palais et cénotaphes, sans oublier des artisans très réputés.
Jagdish Temple
Il fait une chaleur écrasante en ce milieu de matinée. Nous cheminons tranquillement avec notre guide dans les ruelles animées du centre pour rejoindre le Jagdish Temple. Haut en couleurs, il s’agit du plus grand temple hindou dédié à Vishnou dans le Nord de l’Inde. Pour pénétrer en son sein, il faut d’abord gravir un escalier raide et imposant.
A la fois massif et finement décoré, le temple est intégralement orné de sculptures de figures divines, de danseurs et autres éléphants. Les fidèles, arborant des tenues traditionnelles aux couleurs vives et chaudes, se joignent avec ferveur à la cérémonie en cours.
Tous ces détails sont un véritable régal pour les yeux. L’odorat et l’ouïe sont également bien mis à contribution au cours de notre visite avec les senteurs enivrantes d’encens et la musique rituelle.


















City Palace
A quelques encablures de là se dresse la star d’Udaipur : le City Palace. Il fut la résidence des maharanas du Mewar, souverains héréditaires d’une dynastie royale insoumise encore présente en Inde de nos jours.
Construit sur près de 400 ans, l’immense palais est un véritable dédale où s’imbriquent avec raffinement, cours, jardins, pavillons, balcons, portes monumentales, tours et galeries parées de fresques, vitraux, mosaïques ou miroirs vénitiens.
Dominant fièrement le Lac Pichola, l’édifice a servi de lieu de tournage au célèbre Octopussy, 13ème volet de l’incontournable saga James Bond.

































Croisière sur le lac Pichola
Après un peu de repos bien mérité, Yogesh, notre guide, nous amène à l’embarcadère situé au pied du City Palace pour profiter d’une petite croisière paisible de fin de journée.
Nous longeons dans un premier temps le palais et prenons le pleine mesures de ses dimensions hors normes. La lumière rasante nous offre un spectacle grandiose, valorisant avec brio le complexe architectural d’un jaune étincelant.
Puis nous voguons à proximité de l’élégante résidence d’été des souverains, Jag Niwas, édifiée sur une première île et transformée de nos jours en hôtel de luxe : le Lake Palace Hotel.
Nous arrivons finalement sur une deuxième île qui abrite le Jag Mandir, aussi appelé « Palais du jardin du lac ». La famille royale s’en servait comme Palais d’été et de loisirs. Aujourd’hui, il se visite et propose un bar et un restaurant particulièrement prisés par les locaux et les touristes qui viennent profiter de la vue sur le City Palace et le Lake Palace Hotel.
A notre retour au pied du City Palace, nous constatons la présence d’innombrables chauves-souris suspendues aux branches de deux magnifiques arbres habillant la place accueillant les croisiéristes. Il s’agit de chauves-souris géantes d’Inde aux dimensions exceptionnelles. Elles peuvent atteindre 1 mètre d’envergure. C’est la première que j’en vois d’aussi grandes en liberté et ça fait un sacré effet !














































Pushkar
La prochaine étape de notre périple au Rajasthan nous mène à Pushkar, lieu de pèlerinage majeur pour les Hindous. Ces derniers viennent vénérer Brahma, le Dieu créateur. Il est l’un des trois principaux Dieux de la foi hindoue avec Vishnou, le protecteur et Shiva, le destructeur.
On apprécie alors, depuis la terrasse panoramique de l’Hotel Pushkar Palace dans lequel nous sommes descendus, le calme et l’atmosphère pieuse qui se dégage de la ville. Les croyants viennent assister à des cérémonies religieuses, pratiquer des bains rituels dans le lac sacré et prier au sein du mystérieux temple Jagatpita Shri Brahma Mandir qui lui est consacré.
Ce dernier est considéré comme étant le plus important temple dédié au Dieu créateur en Inde. On en compte seulement quatre dans tous le pays car Shiva, le Dieu destructeur, a porté une malédiction à Brahma pour limiter son culte.
La présence de touristes étrangers se fait davantage ressentir que lors de nos précédentes étapes. Nous croisons de nombreux Européens qui semblent être ici pour un motif spirituel, mais dont l’attitude nous dérange parfois quelque peu. Quoi qu’il en soit, l’ambiance de la ville reste assez unique.
Notre journée se finit par une cérémonie rituelle sur les bords du lac sacré, à laquelle nous sommes chaleureusement invités. On en gardera un excellent souvenir.































Jaipur
Nous concluons notre tour du Rajasthan de la plus belle des manières qui soit, en nous laissant envouter par le charme fou de Jaipur, la cité rose. Capitale de l’État comptant pas moins de 4 millions d’habitants, la ville a été bâtie au 18ème siècle et a été intégralement planifiée. Cela explique ainsi le plan en damier et les grandes avenues bordées de colonnades abritant des commerces aux dimensions standardisées. On ressent l’influence européenne comme lors de notre passage dans les beaux quartiers de New Delhi.
Elle est surnommée ville rose en raison de la couleur de ses façades, totalement repeintes pour la visite officielle du Prince de Galles il y a plus d’un siècle, et synonyme d’hospitalité.
Notre premier arrêt rapide se fait devant le Hawa Mahal, ou Palais des Vents. De style moghole et rajput, sa façade inspirée par la couronne du Dieu hindou Krishna est un véritable chef d’œuvre ! Orné de nombreux Jharokha (oriels), le palais comporte plus de 950 fenêtres, desquelles les femmes du harem royal pouvaient voir sans être vues.



Fort Amber
Sans plus attendre, notre guide nous fait remonter le temps en direction d’Amber, capitale originelle de l’État, à 11 kilomètres de là. C’est ici que se dresse fièrement le Fort d’Amber, blotti au pieds des Monts Aravelli. Il fut le centre politique et militaire du royaume avant le développement de Jaipur.
Mêlant style rajput et moghol, le palais-forteresse de couleur ocre impressionne par sa taille et la longueur de ses remparts crénelés. Après quelques efforts pour rejoindre la porte monumentale, nous pénétrons dans une vaste cours intérieure, véritable esplanade où se côtoient gardes, éléphants et touristes dans un ballet rythmé.
Nous continuons notre ascension et gagnons une nouvelle vaste cours comprenant le Diwan-i-am, magnifique salle des conseils ouverte aux colonnes associant gré rouge et marbre blanc. Nous tombons ensuite sur la Porte de Ganesh, aux décors finement exécutés et permettant d’accéder à l’étage le plus raffiné du fort, comptant un agréable jardin et des palais de style moghol. Le plus majestueux d’entre eux est probablement le Sheesh Mahal, ou Palais des Glaces, incrusté de miroirs, qui nous rappelle à nouveau l’influence perse.
Quelle splendeur à nouveau ! Après avoir visité l’ancienne capitale, nous avons hâte de prendre le pouls de la cité rose de Jaipur !



























































Jaipur
Jantar Mandir
Nous retournons donc à Jaipur et commençons par visiter le Jantar Mandir, observatoire créé au début du 18ème siècle par le maharaja Jai Singh II passionné d’astronomie. Précurseur pour l’époque, le site comporte une vingtaine d’instruments aux dimensions monumentales et capables d’établir des thèmes astraux hindous et d’identifier les périodes idéales pour l’organisation d’évènements.














City Palace
Résidence du maharaja de Jaipur, ce palais nous séduit à nouveau par la diversité et la finesse de ses façades, jardins, pavillons, temples et cours intérieures. Nous admirons les innombrables arches et portes finement sculptées et décorées. Zacharie en profite pour immortaliser ce moment en se faisant photographier fièrement avec deux gardes rajputs devant l’une d’elles.
Nous sommes particulièrement impressionnés par la spectaculaire Diwan-i-Khas, salle des audiences privées aux colonnades roses, ouverte sur l’extérieur, qui nous rappelle un instant le Palais des Vents.
Enfin, jouxtant le Chandra Mahal, résidence actuelle du maharaja, la cours Pritam Chawk nous émerveille également avec ses portes monumentales aux couleurs des quatre saisons.



























Décidément, ce tour du Rajasthan n’en finit plus de nous éblouir. Nous prenons désormais la route pour un nouvel État, l’Uttar Pradesh, qui renferme l’iconique Taj Mahal. Mais avant cela, je demande à notre chauffeur de nous arrêter pour une ultime étape rajasthani afin de nous émerveiller devant l’un des plus incroyables puits à degrés du monde : le Chand Baori.
Abhaneri
Chand Baori
Nous arrivons ainsi à Abhaneri, village célèbre pour son baoli, puits à degrés traditionnel du Rajasthan. Construit entre le 8ème et le 9ème siècle de notre ère, le puits est remarquable par ses dimensions et sa profondeur. Bâti sur un plan carré de 30 mètres de côté, il est profond de 30 mètres et compte plus de 3 500 marches réparties sur 13 étages !
C’est clairement l’un des lieux les plus spectaculaires qu’il m’ait été donné de voir ! Ce puits à degré est extrêmement graphique et j’apprends par le guide qu’il a servi de décor à plusieurs tournages de films, parmi lesquels l’un des volets de la série des Batman.
Un petit temple hindou à l’ambiance unique jouxte le baoli et mérite amplement une visite.






















Fatehpur Sikri
En compagnie de notre sympathique guide Furkan, nous nous arrêtons à Fatehpur Sikri. La cité planifiée par le souverain Akbar fut la capitale de l’Empire Moghol de 1571 à 1584. Abandonnée par la suite pendant près de 5 siècles, elle est restée par chance en parfait état de conservation.
Sa couleur ocre rouge et son atmosphère toute particulière tranchent par rapport à nos découvertes récentes. Akbar, empereur moghol puissant mais tolérant, intégra dans la conception des bâtiments et palais une forte influence hindoue avec les décors sculptés et voûtes fleuries typiques du Rajasthan et du Gujarat.
Avec très peu de visiteurs, on a l’impression de visiter une cité perdue et on ne s’y attendait pas vraiment, c’est une nouvelle belle surprise et un petit coup de cœur.

































Agra
Nous voilà donc à Agra, la ville qui abrite l’un des symboles de l’Inde, j’ai nommé l’emblématique Taj Mahal. Mais avant de découvrir le lieu le plus visité et admiré d’Inde, nous regagnons notre guesthouse pour un repos bien mérité. Pour la première fois depuis notre arrivée, nous passons d’un climat chaud et sec à un climat chaud et humide, avec un taux d’humidité avoisinant les 70%.
Taj Mahal
Cet immense mausolée funéraire, construit en marbre blanc sur les rives du fleuve Yamuna, a été édifié au 17ème siècle par l’empereur moghol Shah Jahan. Il perpétue la mémoire de son épouse favorite surnommée Mumtaz Mahal, signifiant en persan « Lumière du Palais ». Le Taj Mahal constitue ainsi l’un des plus grands hommages jamais rendus à l’amour.
Véritable joyau de l’art indo-musulman, il est reconnu comme l’une des 7 nouvelles Merveilles du Monde. Il faut dire que lorsqu’on franchit la porte monumentale qui s’ouvre sur le jardin, la vue sur cet édifice à la silhouette immaculée nous parait irréelle. Le temps s’arrête l’espace d’un instant, tellement nous sommes saisis par la beauté du lieu.
Le mausolée s’inscrit dans un magnifique et immense jardin de style persan traversé par quatre canaux symbolisant les points cardinaux. La grande coupole centrale se dresse à 35 mètres de haut. Elle est entourée de coupoles plus petites et de minarets disposés avec une symétrie parfaite. Les façades du mausolée sont ornées de versets coraniques tracés en pierre noire et de délicates incrustations de pierres semi-précieuses. Motifs floraux et arabesques polychromes se mêlent dans une rare élégance. Chaque détail témoigne du raffinement et de la puissance de l’Empire moghol alors à son apogée lors de la construction du Taj Mahal.
Le site est tellement vaste que lors de notre visite, nous n’avons absolument pas été dérangé par la foule. Il accueille pourtant plus de 7 millions de visiteurs chaque année.


































Pour une fois, nous nous attachons les services d’un photographe professionnel pour immortaliser notre visite du Taj Mahal et nous y prenons beaucoup de plaisir.






Fort rouge d’Agra
Bâti sur les rives du fleuve Yamuna, le Fort Rouge se situe à seulement quelques kilomètres du Taj Mahal. Moins fréquenté que son voisin, il n’en demeure pas moins le plus important des forts construits en Inde. D’une superficie de 38 ha, il dispose de solides remparts d’une longueur de 2.5 km et haut de plus de 20 mètres.
Superbe exemple d’architecture moghole, cette résidence impériale fut construite au 16ème siècle sous le règne du puissant et aimé empereur Akbar. Elle fut transformée et embellie par ses successeurs dont Shah Jahan, à l’origine du romantique Taj Mahal.























Nous finissons ainsi notre séjour dans le Nord de l’Inde et nous apprêtons à faire un bon dans le passé en rejoignant l’État du Maharastra et Aurangabad. Prochaine étape pour nous : les merveilleux temples rupestres d’Ajantâ et Ellorâ.
Aurangabad
La ville d’Aurangabad, située dans le centre-ouest du pays à quelques centaines de kilomètres de Bombay, ne fait pas partie des circuits touristiques classiques en Inde. Ces derniers se limitent souvent au Triangle d’Or dans le Nord entre New Delhi, Jaipur et Agra ; puis Goa et le Kerala dans le Sud. Pour autant, le région d’Aurangabad recèle de nombreuses pépites peu connues des touristes étrangers et c’est tant mieux.
Ajantâ cave
Situées à une centaine de kilomètres au nord d’Aurangabad, nous nous acheminons vers le complexe monastique des grottes d’Ajantâ avec notre guide local.
Après avoir emprunté un bus collectif pour rejoindre l’entrée du site, nous rejoignons tranquillement un cours d’eau asséché sous une chaleur écrasante. Nous prenons un peu de hauteur et découvrons les falaises qui bordent la rivière Vaghora, formant ici une magnifique méandre en forme de fer à cheval, au cœur des Monts Indhyagiri. Ces falaises abritent une trentaine de temples bouddhistes sculptées dans la roche basaltique noire. Longtemps abandonnés, ils furent redécouverts par hasard par des soldats britanniques en 1819 lors d’une partie de chasse.
Le complexe est très ancien, les plus anciens temples rupestres datent du IIème et Ier siècle avant J.-C. et les plus récents remontent au 7ème siècle après J.-C. On distingue deux types de salles, une vingtaine d’entre elles servait de refuges aux moines pendant la mousson et une petite dizaine était dévolue au culte bouddhique. Parmi elles, cinq sont des chaitya, elles présentent une magnifique façade sculptée et renferment une spectaculaire stupa. Il y règne une ambiance à la Indiana Jones qui résonne en nous !
Notre guide nous fait visiter les salles les plus intéressants et nous sommes subjugués par la beauté, la finesse et la diversité des peintures rupestres. A vrai dire, j’avais entendu parler des temples rupestres d’Ellorâ depuis un moment mais je n’avais jamais entendu parlé de ceux d’Ajantâ et je dois dire que c’est un véritable coup de cœur ! Je n’ai pour ainsi dire jamais vu quelque chose de comparable. Ce haut centre spirituel bouddhiste est exceptionnel !





































































Ellorâ cave
Si nous avons fait étape à Aurangabad, c’est bien pour visiter le complexe monastique troglodyte d’Ellorâ. Je l’ai découvert il y a une dizaine d’année un peu par hasard en me baladant à Metz dans une galerie Yellow Corner. La vue du temple principal d’Ellorâ sur ce magnifique cliché m’a littéralement laissé bouche bée. Je m’étais fait la promesse de partir découvrir cette pépite un jour et c’est aujourd’hui chose faite !
Les grottes d’Ellorâ sont situées à une trentaine de kilomètres d’Aurangabad. Édifiées à partir du 7ème siècle, elles sont postérieures à celles d’Ajantâ et coïncident avec le déclin de ces dernières. Si Ajantâ est réputé pour la qualité et la quantité de ses peintures rupestres, Ellorâ l’est pour la beauté de ses temples et sculptures.
Contrairement à Ajantâ exclusivement bouddhiste, Ellorâ est métissé et compte 34 grottes sculptées : 12 salles bouddhistes, 17 hindoues et 5 jaïns, témoignant de la tolérance qui existait à cette époque.
La star du site est évidemment le Temple de Kailâsanâtha, celui qui figurait sur le cliché qui a déclenché ma venue en Inde. Et autant dire qu’il a été à la hauteur de mes attentes ! Quelle splendeur ! Entièrement excavé du haut vers le bas, c’est près de 400 000 tonnes de roches basaltiques qui ont été dégagées de la falaise, laissant apparaître piliers, cours intérieures, salles de réunion et de prière, sculptures et décorations.
Le temple hindou construit au 8ème siècle est dédié à Shiva, il s’avère très impressionnant et présente une taille monumentale, deux fois plus grand que la Parthénon à Athènes. Les sculptures sont d’une grande finesse et l’ambiance est juste incroyable. Une véritable merveille non sans me rappeler les temples khmers !
Parmi les autres espaces remarquables du site, la seule et majestueuse chaitya bouddhiste du complexe arbore une magnifique stupa présentant une statue de Bouddha assis. Enfin, à deux kilomètres du Temple de Kailâsanâtha, le Temple jaïn Chota Kailasha est également un petit bijou. Il ressemble à une version miniature du Temple de Kailâsanâtha et recèle des traces de peintures ornementales.








































































Nous avons particulièrement apprécié cette étape du voyage et la magnificence des complexes d’Ajantâ et d’Ellorâ, loin des foules de touristes occidentaux et à l’ambiance si particulière qui collerait parfaitement au tournage d’un film d’aventure de Steven Spielberg !
Il est maintenant temps de prendre un peu de repos et pour cela nous allons poser nos valises à Goa, une destination encore bien différente de tout ce que nous avons pu découvrir jusqu’à présent en Inde !
Goa
Il est temps de relâcher un peu la pression et de profiter du bord de mer ! Goa nous semble être l’endroit idéal pour cela. Colonisée par les Portugais au 16ème siècle, Goa dénote quelque peu par rapport à ce que nous avons pu voir de l’Inde jusque là. Ici, le climat est tropical, la végétation luxuriante et l’empreinte chrétienne bien ancrée avec de nombreuses églises. Même si la population est majoritairement hindoue, 1/4 de la population est catholique.
Mondialement célèbre pour être un repère hippie dans les années 1960, la destination balnéaire est devenue le temple branché de la musique électronique entre la fin des années 1980 et le début des années 1990. Depuis, les touristes internationaux l’ont un peu délaissé mais elle continue d’être fréquentée par les Indiens. Il faut dire que la région de Goa a un statut particulier autorisant les jeux de hasard et la vente d’alcool, elle continue donc d’attirer les fêtards.
Calangute – Chalston beach resort
Après une petite heure de route, nous prenons possession de nos chambres dans un magnifique resort familial extrêmement bien tenu à Calangute, une localité assez branchée de la côte goanaise. L’établissement comporte un restaurant en front de mer, une belle plage privée ainsi que deux piscines à taille humaine. On sait qu’on a fait le bon choix !
Le deuxième soir sera celui des retrouvailles avec mon ami d’enfance Jonathan et sa future femme Andrea, qui nous ont rejoint à Goa pour finir en beauté leur tour du Monde avant de rentrer en Guadeloupe. C’est assez étrange et amusant à la fois de se retrouver à plusieurs milliers de kilomètres de nos domiciles respectifs ! On passe vraiment quelques jours agréables ensemble tout en profitant des magnifiques couchers de soleils qui s’offrent à nous !


























Arambol beach
Après avoir bien profité de la plage de Calangute, nous avons envie d’explorer les environs et choisissons Arambol Beach pour une nouvelle journée farniente et plage. L’ambiance est plutôt cool mais le plage est nettement moins bien entretenue qu’à Calangute. On profitera du petit promontoire rocheux pour décrocher quelques clichés panoramiques de la baie d’Arambol.

















Panjim
Après ces journées farniente, la bougeotte nous reprend et nous partons à l’assaut de Panjim, la capitale administrative goanaise. La ville s’est développée tardivement suite à l’édification de la résidence du vice-roi des Indes portugaises en 1759.
Le quartier de Fontainhas présente des maisons coloniales colorées au charme suranné et à l’ambiance agréable. On visitera également le Temple hindou Maruti rouge orangé dédié à Hanuman, célèbre Dieu mi-homme mi-singe. Il dispose d’une surprenante pagode octogonale et offre une magnifique vue sur la ville basse.
Enfin, nous finirons en beauté avec l’église Notre-Dame-de-l’Immaculée-Conception, construite en 1609 et présentant un style colonial baroque portugais caractéristique. Elle s’avère particulièrement impressionnante avec sa double volée d’escaliers symétriques en zigzags et la lumière intense produite par ses murs d’un blanc immaculé ! Petite déception ceci dit car la visite de l’intérieur de l’église n’est pas possible.































Jardin des épices de Sahakari
Nous quittons la ville de Panjim pour rejoindre la campagne et Ponda, situé à une petite heure de là. La petite localité abrite une plantation d’épices qui se visite et permet une parenthèse verte lors de notre séjour balnéaire. La Sahakari spice farm propose ainsi un repas typique goanais suivi d’une visite guidée où sont présenté les plants de vanille, cannelle, noix de muscade, cardamome, poivre, café, clous de girofle, feuilles de curry, piment, curcuma, gingembre et jackfruit. Zacharie se sent à l’aise dans la jungle de Goa !




















Old Goa
On finit enfin la journée par une courte visite de Old Goa, situé à 10 kilomètres en amont de Panjim le long du fleuve Mandovi. Elle fut la capitale des Indes portugaises pendant plusieurs siècles, surnommée la Lisbonne d’Orient, et compta jusqu’à 60 000 habitants. De nos jours la petite cité endormie compte un incroyable nombre d’édifices religieux catholiques très anciens comme la Basilique du Bon Jésus et la Cathédrale Sainte-Catherine. Le coucher du soleil en ce lieu si spécial a une saveur particulière. C’est très apaisant.













Nous finissons ainsi notre incroyable périple en Inde et nous sommes particulièrement fier de notre petit baroudeur qui a vécu une sacrée aventure pour son âge ! Pas moins de 5 états, 13 villes et des milliers de kilomètres parcourus en voiture et en avion.
Ce voyage de trois semaines a été un pur délice pour toute la famille et nous avons eu l’occasion de bien nous imprégner de la culture indienne dans toute sa diversité, musulmane, hindoue, jaïn, catholique…
Je tiens à remercier tout particulièrement l’ensemble des guides qui nous ont fait visiter les merveilles de leur pays et Piyush, notre contact qui travaille au sein de l’agence locale « Inde en Liberté » pour son grand professionnalisme et sa grande réactivité.







